La récente tornade sur les données personnelles des français a déclenché une pluie d'articles de presse. Quoi ? Nos données ne seraient pas protégées ? Quoi, notre vie privée ne le serait plus ? Se plaindre de ces fuites, revient à se plaindre du fait que la pluie mouille ou que le soleil chauffe. Quant à votre vie privée, vos secrets les plus enfouis, vous y avez renoncé il y a des années. On vous explique.
Nous sommes en 2026 et toute la presse, des experts, réels ou autoproclamés s'émeuvent d'une série de piratage qui ont touché des données personnelles de Français. Mais enfin... Vos données personnelles sont déjà dans la nature depuis belle lurette, accessibles à tout le monde. Vous ne pouvez plus conserver le moindre secret. Il y a ce qui a fuité (votre état civil, votre adresse, votre numéro de téléphone, vos habitudes d'achat, vos comptes sociaux, même sous pseudonyme, on en passe...). Et il y a ce que vous fournissez volontairement aux plateformes. Google en sait plus sur votre sexualité que votre partenaire. Google ou Facebook en savent plus sur vos positions politiques que le maire de votre village. Doctolib en sait plus sur votre état de santé que votre médecin de famille... La liste est infinie. Et ce ne sont là que des noms connus du grand public. Si l'on élargit aux data brokers, on entre dans le septième cercle de l'enfer numérique.
Déjà en 2022, Reflets tentait d'expliquer longuement que dans ce domaine, nous avons largement dépassé l'accident nucléaire. Relisez cet article car il n'a pas pris une ride. Pas plus que celui-ci qui évoquait la fameuse conférence sur les zoophiles à tendance teckels morts. Oui, on a même créé une conférence avec un titre alarmant pour expliquer que l'on a tous quelque chose à cacher et que c'est très bien comme ça. Une heure et demie de vulgarisation sur les fuites de données avec de...
La cible est prestigieuse. Le piratage du ministère de l’intérieur n’a donc pas manqué de faire couler beaucoup d’encre. Pourtant, même si c’est moins glamour, à ce stade, il n’y a surtout que des incertitudes et du flou, comme souvent dans le monde du hack.
« Quelques dizaines de fiches » issues de fichiers de police comme le TAJ ont pu être consultées par des pirates informatiques, indiquait Mercredi 17 décembre Laurent Nuñez, le ministre de l’intérieur. De leur côté, les pirates qui communiquaient via un forum sur Internet parlaient de 16 millions de fiches. « Il n’y a pas eu extraction de millions de données. A ma connaissance, c’est faux, mais je reste très prudent sur le niveau des compromissions. », a précisé le ministre. En matière de hack, on n’est en effet jamais trop prudent.
Les pirates se sont visiblement procuré un accès à des boites mails de policiers (sans que l'on sache s'il s'agit de comptes mails du ministère ou personnels) et y ont découvert des identifiants en clair. Ils ont ensuite pu se connecter à CHEOPS (Système de circulation hiérarchisée des enregistrements opérationnels de la police sécurisés). Ce dernier propose aux forces de l’ordres qui s’y connectent d’accéder à toute une série de fichiers policiers dont (pour n’en citer que quelques-uns) le TAJ (Traitement des Antécédents Judiciaire), le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) ou le Fichier des personnes recherchées (FPR). On comprend la panique qui a dû saisir le ministère.
Le piratage a été revendiqué par un groupe de cybercriminels connu (ShinyHunters) via un forum où se partagent des millions de données piratées (BreachForums). Ce forum avait été saisi à plusieurs reprises par les forces de l’ordre et ses...
Trump, la brute épaisse à l'assaut du droit international
Après l'invasion du Vénézuela, Donald Trump, en bonne brute épaisse d'extrême droite radicale qu'il est, a décidé d'envahir le Groenland. Cela ferait voler en éclat l'ordre mondial né après la deuxième guerre mondiale. L'OTAN n'y survivrait probablement pas, Vladimir Poutine serait aux anges et Xi Jinping n'aurait sans doute plus aucune hésitation à envahir Taïwan. Il est minuit moins un demi-millième de seconde.
Donald Maduro
« Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s'en charger. Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois... reparlons-en dans 20 jours. » a lancé Donald Trump depuis l'Air Force One. Un message on ne peut plus clair après l'invastion du Vénézuéla. D'autant que juste après l'enlèvement de Nicolas Maduro, Katie Miller, dont le mari Stephen occupe le poste de chef de cabinet adjoint à la Maison Blanche chargé de la politique et conseiller à la sécurité intérieure, a publié sur X une carte du Groenland colorée aux couleurs du drapeau américain. L'image était accompagnée d'un seul mot : « BIENTÔT ».
Tweet de Katie Miller
Il y a un petit hic toutefois. Le Groenland fait partie du Royaume du Danemark. Et ce dernier fait partie de l'OTAN. Or le traité de l'OTAN (né, notamment, pour protéger l'Europe d'une attaque par l'URSS) contient un article 5 selon lequel, une attaque contre un membre de l'alliance est considérée comme une attaque contre tous les membres. Et chaque autre membre s'engage à lui porter assistance, y compris par l'usage de la force armée (pas uniquement) si nécessaire...
L'OTAN précise qu'un État agressé « peut demander à d’autres de lui venir en aide. Dans le contexte de l’OTAN, l’article 5 traduit ce droit de légitime défense en obligation d’assistance mutuelle. C'est à la suite des attentats...
Le 15 novembre 2025, dans une commune discrète du nord de l’Italie, près de Milan, plusieurs centaines de néonazis venus de toute l’Europe se sont réunis à l’occasion du « Hammerfest », un événement célébrant les 30 ans des Italia Hammerskins. Organisée sous de strictes règles de discrétion et d’interdiction de photographier, EXIF a pu infiltrer l'événement.
EXIF est un collectif de reporters spécialisé dans l’enquête sur l’extrême droite européenne. Leurs sets de photographies sont régulièrement utilisés par des centaines de collectifs militants et de médias. Concernant la France, le dernier lot de photos était celui de PIXA réalisé lors du C9M à Paris. Ce matériel a notamment permis à Reflets d’identifier des dizaines de militants fascistes et néonazis présents dans la capitale.
Cette fois-ci, EXIF a pu faire des clichés des Hammerskins français qui ont été particulièrement nombreux lors du « Hammerfest » 2025 organisé en Italie. Plusieurs chapitres hexagonaux étaient représentés, notamment North France, South France, Lorraine et Aquitaina, confirmant l’ancrage et la structuration transnationale de ce réseau néonazi.
Le chapitre Lorraine
Le chapitre Lorraine Hammerskins était notamment représenté par Christophe Saccavini, déjà connu pour des faits de violence : lors du « Hammerfest » 2019 en France, il avait grièvement blessé un autre militant néonazi alors qu’il assurait la sécurité de l’événement. En novembre 2025, Saccavini était accompagné de Gautier Welter, originaire du secteur de Toul, et de Jérémy Bonneaud, chauffeur routier dans la région de Nancy, employé par le groupe logistique Berto. Bonneaud a par ailleurs été distingué en 2023 pour ses performances professionnelles et affiche publiquement un tatouage Hammerskin sur l’avant-bras droit, comprenant l’emblème du chapitre Lorraine et la date du 13 janvier 2018,...
Reflets et OFF Investigation ont enquêté sur le mouvement Terrorgram
Notre dossier sur l’extrême droite grossit à mesure que ce courant politique gagne du terrain. La résistance de la démocratie face aux assauts de ses ennemis est faible. L’accession au pouvoir, à nouveau, de Donald Trump en est l’illustration la plus criante. Dans l’ombre, le terrorisme d’extrême droite se développe, recrute et se coordonne pour parvenir à ses fins. Démonstration.
Tandis que l’extrême droite parlementaire joue le jeu de la démocratie, sa fraction la plus radicale porte la violence dans la rue et explore le terrorisme comme moyen d’accélérer son ascension vers le pouvoir.
La situation européenne n’est pas reluisante et Europol note le nombre d’attentats d’extrême droite perpétrés, avortés et déjoués augmente ces dernières années de ce côté du spectre politique.
La situation française est inquiétante. Dans son rapport «Terrorisme et violence d’extrême droite en Europe occidentale, 1990 - 2022», le C-REX soulignait déjà en 2023 que «la France est l’un des rares pays d’Europe occidentale où le terrorisme et la violence d’extrême droite pourraient être en hausse». Le rapport notait que l’«augmentation du soutien électoral tend à faire baisser les niveaux de violence». La stratégie de dédiabolisation du RN (ex-FN) avec l’aide du système médiatique, ses succès électoraux ont pu détourner quelques caciques d’extrême droite de la violence. Mais en parallèle, et Reflets l’a documenté, une mouvance d’extrême droite extra parlementaire se développe, se fédère et opte pour une violence décomplexée. Les membres de ces groupes peuvent parfois imaginer qu’il faut des méthodes d’action plus violentes que celles que le parti ayant pignon sur rue a choisies? Mais pas uniquement. Car à bien y regarder, on trouve très souvent derrière ces groupuscules des figures connues et anciennes de l’extrême droite française.
Après le discours va-t-en-guerre d'Emmanuel Macron le 27 novembre, voici « Acculturer les jeunes à la défense », un guide circulant depuis quelques semaines dans nos écoles. Présenté comme un outil pédagogique, il s’agit d’un document stratégique, pensé pour multiplier les points de contact entre les élèves et les institutions militaires et installer l’armée dans le paysage éducatif. Derrière le vocabulaire rassurant, se dessine une véritable entreprise de militarisation de la société.
Dans un discours au ton militariste, voire chauvin, le 27 novembre 2025, Emmanuel Macron a annoncé une réforme du service national avec la création, en 2026, d’un service militaire volontaire. Dix mois d’engagement « pour la patrie », car, selon le chef de l’État, d’un côté « les jeunes ont soif d’engagement » et, de l’autre, nous rappelle le général Mandon, nous devons « accepter de perdre nos enfants ». L’objectif final de cette mobilisation, qui rappelle évidemment les discours des acteurs des régimes autoritaires, est, pour Macron, d’atteindre une mobilisation de 50.000 jeunes d’ici 2035. Une mesure censée répondre aux besoins des armées face à la menace russe et aux nouveaux risques de guerre.
Les débats sur les chaînes d’information en continu n’ont pas manqué. La menace russe s’est imposée comme la principale justification avancée pour défendre l’idée d’insuffler aux jeunes une idéologie de guerre. Une guerre qu’il faudrait certes garder à l’esprit, puisqu’elle pourrait advenir, mais qui se déroulerait, si elle survenait, à 1.800 km de Paris (à vol d’oiseau), soit la distance séparant la capitale française de la frontière russe.
Petite nuance absente de la rhétorique et de la sémantique largement employées par les acteurs de la défense : la France ne serait, très probablement, jamais engagée dans une guerre ouverte avec la Russie. Elle ne deviendrait belligérante qu’au titre de l’OTAN ou pour soutenir un autre pays, comme elle le fait pour l’Ukraine, si, vers 2030,...
respectez la liberté de la presse, renforcez le secret des sources
Intimidations, gardes à vues, violences policières, les journalistes sont régulièrement empêchés dans la pratique de leur métier. L'État ne ménage pas ses efforts pour obtenir les sources des journalistes d'investigation.
Une tribune signée par Reflets
Il y a près d’un an, 110 médias et organisations interpellaient le gouvernement pour réclamer une réforme de la loi de 2010 relative à la protection du secret des sources des journalistes. Les contours flous de ce texte et l’absence de véritables garde-fous ont facilité des atteintes à la liberté de la presse depuis 15 ans. Pour rappel, au moins 27 journalistes ont été convoqué·es ou placé·es en garde à vue par la direction générale de la sécurité intérieure (DGSI), selon un décompte réalisé par le journal Télérama.
Depuis notre courrier, les intimidations contre la presse n’ont pas cessé : elles ont franchi un cran supplémentaire. Alors que l’État français a été condamné en 2023 pour l’arrestation illégale d’un journaliste couvrant une action écologiste, la police a à nouveau reçu l’ordre d’interpeller et placer en garde à vue, le 1er juillet, le journaliste Enzo Rabouy quinze jours après qu’il ait couvert une action militante en marge du Salon du Bourget.
Le parquet général poursuit également son acharnement contre Ariane Lavrilleux, la journaliste de Disclose et membre du groupe de travail sur le secret des sources à l’origine de cet appel. L’AFP nous apprend que le parquet général de la cour d’appel de Paris a fait appel de la décision de non-lieu rendue par la juge d’instruction. Alors que la justice a reconnu l’intérêt public des révélations de Disclose sur l’opération militaire secrète de la France au profit de la dictature égyptienne, la journaliste pourrait être...
« Qui a tué Virginie ? » : un livre qui inspecte le traitement judiciaire de l'inceste
Dans son livre, Julien Mucchielli, par ailleurs chroniqueur judiciaire pour Reflets, expose les mécanismes qui ont conduit un père à violer ses filles, martyriser ses fils et tuer Virginie, l’une de ses filles avec qui il avait eu un enfant. L'auteur analyse une cascade de défaillances judiciaires qui ont conduit au drame.
Couverture du livre "Qui a tué Virginie ?" de Julien Mucchielli
La réponse à la question posée par le titre semble claire. Le 7 octobre 2014, Denis Mannechez a tué sa fille qui l’avait enfin quitté après des années de cauchemar. Mais comment en est-on arrivés là ? Dans son livre, Julien Mucchielli explore les erreurs, l’immobilité parfois, d’un système judiciaire qui a failli. Mais aussi l'aveuglement de la société... L'affaire est exceptionnelle, tant en raison de la gravité des faits qu'en raison de la cascade d'erreurs commises par le système judiciaire. Denis Mannechez a été jugé trois fois aux assises, deux fois pour les incestes (première instance et appel) et une fois pour l'assassinat.
Cet homme, père de cinq enfants, trois filles et deux garçons a violé deux des ses filles (Virginie et Betty), a fait un enfant à l'une d'entre elles (Virginie), a finalement tué cette dernière et a battu et martyrisé ses deux fils. Ce livre montre comment à chaque fois, la passivité de la justice a pu conforter Denis Mannechez dans sa position d'abuseur.
Dès 2002, Betty dénonce les viols, les violences de son père. Pourtant, Denis Mannechez poursuit ses contacts avec Virginie pendant la durée de sa détention préventive. En 2004, libéré, il la retrouve et reprend la vie commune avec elle alors que son contrôle judiciaire le lui interdit. À aucun moment, la justice ne s'interpose.
Au cours de son procès en appel en 2012 pour le viol de ses filles, les avocats de la défense (et des parties civiles, les filles,...
L’avocate de la LDH, Sophie Mazas fustige Robert Ménard qui se moque de la loi
L’avocate et militante de la LDH s’offusque. De l’autre côté de la rue, devant la mairie, Robert Ménard, dans un discours aux allures intégristes, parle de deux France, celle qui qui « chante », et celle des « grimaces » qui « siffle ». En attendant, le maire continue d'installer une crèche dans sa mairie en dépit de décisions de justice qui s'y opposent.
Il y a donc deux France: l’une qui veut installer une crèche à la mairie, affirmant que nous vivons dans un pays catholique, et l’autre qui défend la laïcité dans les institutions françaises. Depuis 2014, le maire de Béziers dresse une crèche de Noël dans l’hôtel de ville, en violation des principes de laïcité mais aussi de la neutralité du service public.
Interviewée par Reflets, Sophie Mazas, avocate et militante à la Ligue des droits de l’homme, explique qu’en 2017 le Conseil d’État a confirmé «l’illégalité de cette crèche et, depuis, chaque nouvelle installation est systématiquement jugée contraire au droit. » Mais alors, comment peut-il le faire chaque année?
L’avocate tire un constat alarmant: «Les institutions de la Ve République n’ont pas prévu le retour de l’extrême droite et la stricte négation par un maire de la séparation des pouvoirs et de l’autorité des décisions de justice. Actuellement, c’est le préfet qui est chargé de l’application des décisions de justice, comme prévu par la Constitution (art. 72) et rappelé sur chaque décision judiciaire. »
Sophie Mazas, avocate et militante à la Ligue des droits de l’homme - Reflets 2025s
Cette situation suscite également la frustration des manifestants, parmi lesquels se trouvent des représentants de syndicats et de partis politiques (PCF, LFI). Beaucoup se demandent si le préfet se refuse à agir « par collusion idéologique, par méconnaissance de ses prérogatives ou par manque de moyens...»
On est passé d'un réseau décentralisé à un réseau... centralisé...
Les pannes affectant toute une partie du Web se multiplient. Nous atteignons une situation qui est inverse à celle voulu par la DARPA lors de la création d'Internet. Et cela ne devrait pas s'arranger.
Les données ont de plus en plus tendance à emprunter des chemins appartenant aux mastodontes que l'on appelle "les GAFAM" - CC
Vous vous souvenez de la légende selon laquelle Internet a été pensé pour « défendre la sécurité nationale [américaine] face à une attaque nucléaire » ? Bien entendu, une guerre nucléaire totale éteindrait à la fois toute vie humaine et toutes les machines, mais l'idée est là. Les chercheurs de la DARPA voulaient changer de paradigme. Ils voulaient passer de réseaux en étoile à des réseaux sans véritable centre névralgique. Cela a bien fonctionné pendant un temps. Et puis sont arrivé des mastodontes. Et la fâcheuse tendance humaine à accumuler, à centraliser a repris le dessus. Au début, seuls les experts se sont rendus compte de ce qui était en train d'advenir. Aujourd'hui, même Madame Michu le remarque parce que son cloud avec ses photos s'écroule. Parce que du jour au lendemain, elle ne peut plus rien acheter, ni accéder à ses sites préférés sur le Web. Et ça, c'est de la faute d'une dizaine de sociétés qui ont réussi à casser Internet.
Amreesh Phokeer, expert en métrologie des réseaux rappelle dans cet article que quelques sociétés ont désormais la main sur une très grande partie de l'économie numérique. De fait, lorsqu'un incident technique touche l'une d'entre elles, tout un pan d'Internet s'écroule.
L'Internet Society mesure cette concentration avec un indice. Au...
Nouveaux stages, nouvelles profondeurs, mais jusqu'où ?
La limite que je m'étais fixée est désormais dépassée. Me voilà un peu perplexe pour la suite. Vais-je continuer à plonger en apnée, plus profond, ou pas ?
Vers l'infini et au-delà...
Depuis le stage de juillet avec Umberto Pelizzari, je suis retourné deux fois à l'eau. Chaque expérience a été spécifique et mes progrès ont été erratiques. Parfois j'étais meilleur en no limit (la gueuse), parfois en poids constant (à la palme). Globalement, en deux sessions, j'ai atteint et même dépassé la limite de 30 mètres fixée lorsque Umberto Pelizzari m'a dit que je pouvais l'atteindre. Et maintenant ? Faut-il vraiment continuer de titiller les profondeurs ? Et si oui, jusqu'où ?
Ces différentes expériences m'ont confirmé que, bien entendu, l'état physique joue sur la performance. Il vaut mieux être en forme pour descendre profond. Mais – et je l'avais déjà noté en juillet, chaque plongée est différente. Chaque jour. Parfois ça passe, parfois ça ne passe pas.
Le premier frein est la compensation. Le moindre problème rhino-pharyngé complique la compensation. A partir du premier mètre, l'oreille devient très douloureuse. Continuer, c'est risquer de percer un tympan.
Je n'ai jamais rencontré ce problème de toute ma vie, ce qui est très intriguant.
Le deuxième problème est physique. C'est l'un de ceux qui peuvent me jouer des tours. La fatigue, les problèmes de santé, peuvent enrayer fortement notre capacité à descendre. Ce fut le cas lors de mon dernier stage début novembre.
Le troisième problème est lié à la technique. Est-ce que je me prépare bien en surface ? Est-ce que je parviens à faire mes charges et à...
La cybersécurité offensive sur le point de faire, elle aussi, sa petite révolution.
Annoncée depuis un certain temps, l'intégration de l'intelligence artificielle dans la cybersécurité offensive tardait à faire son apparition. Mais cette automne quelques signes sont apparus. Une étape est en train d'être franchie, les IA hackeuses sont en préparation.
L'IA, bon ou mauvais hacker ? L'avenir le dira.
Depuis 2024, on tâtonnait. La cellule de « Renseignement sur les cyber-menaces » de Microsoft avait donné le ton. Dans un rapport publié en janvier et intitulé « Garder de l'avance sur les cyber-menaces à l'âge de l'AI », l'entreprise affirmait que « les acteurs malveillants explorent et testent les différentes technologies d'IA afin d'évaluer leur valeur potentielle pour leurs opérations ». Des groupes étatiques russes affiliés au renseignement militaire sont observés en train d'essayer de comprendre les protocoles de communication des satellites. Des groupes iraniens explorent des techniques pour éviter les détections par les antivirus. Mais globalement Microsoft annonçait : « Il est important de noter que nos recherches avec OpenAI n'ont pas identifié d'attaques significatives utilisant les LLM que nous surveillons de près ».
À cette époque, c'est surtout le « Phishing » généré par IA qui est massivement adopté par les cyber-criminels. Plus de fautes d'orthographe dans vos spams !
En janvier 2025, c'est Google qui publie son rapport et les choses ne semblent pas avoir radicalement changé. « Les acteurs malveillants expérimentent Gemini pour faciliter leurs opérations, constatant des gains de productivité, mais sans encore développer de nouvelles capacités. À l'heure actuelle, ils utilisent principalement l'IA pour la recherche, le débogage de code, ainsi que...
Alors que quelques médias d’extrême droite se mobilisent pour empêcher une soirée culturelle, et que les menaces de mort pleuvent, la police laisse fascistes et néonazis intimider l’organisation ainsi qu’inquiéter les personnes venues simplement profiter de la soirée.
Malgré une panique morale déclenchée par des catholiques intégristes, le festival Ex Tenebris Lux se déroule jusqu’au 5 novembre à Montpellier, et la soirée d’Halloween à la Maison des Chœurs, malgré les difficultés, a bien eu lieu le 31 octobre.
Une opération obscurantiste impulsée par le média d’extrême droite Frontières contre le prétendu « satanisme », est venue renforcer une pétition dénonçant une soi-disant « messe noire », ainsi qu’une vidéo des Servants du Christ dans laquelle un des membres du groupuscule accuse la mairie de financer un événement sataniste. La vidéo a dépassé le demi-million de vues, résultat : des menaces de mort adressées aux organisateurs de la soirée.
Capture d’écran du compte X du media fasciste Frontières.
Malgré toutes les menaces, aucun périmètre de sécurité n’a été mis en place. La police a même laissé les fascistes les plus radicaux perturber la soirée jusqu’à 23 heures. Les militants catholiques intégristes avaient en effet réussi à mobiliser les nervis néonazis du Bloc Montpelliérain, les néofascistes de Jeunes d’Oc, mais aussi des militants de la Ligue du Midi.
Interrogées par Reflets, plusieurs personnes ont exprimé leur peur et leur inquiétude pour leur sécurité : « Je suis très inquiète, mais j’ai payé pour la soirée, donc j’essaye de profiter. », « Mais c’est pas possible, ils sont là, ça fait peur… ». D’autres, plus décontractées, se moquaient des ferventes prières des cathos.
Quelques exemples suffisent pour démontrer que le néofascisme est déjà installé outre-Atlantique. À la manoeuvre, Trump, bien entendu, mais aussi le courant MAGA et une tranche conséquente de la population. Et encore les milliardaires, qui voient dans cette nouvelle forme de gouvernance un moyen de gagner encore plus d'argent et de conserver leurs privilèges. Paradoxalement, les citoyens semblent plébisciter ce grand n'importe quoi.
Il est toujours intéressant d'écouter ce que raconte Steve Bannon. Particulièrement décomplexé, ce stratège de l'extrême droite américaine (et européenne) dit souvent tout haut ce que les néofascites pensent tout bas. Cela n'a pas loupé, dans une interview accordée à The Economist il y a quelques jours, il a tranquillement expliqué que Donald Trump allait faire au moins un troisième mandat (ce qui est légalement impossible) : « les gens doivent simplement s'y faire ».
Voilà donc affirmée publiquement la volonté de Trump et de ses alliés de s'assoir définitivement sur la constitution américaine et de tirer un trait sur l'État de droit. Il s'est saisi des institutions, à commencé à décider seul. Les contre-pouvoirs (justice, presse, Congrès) ont été défaillants dans leur opposition à l'établissement d'un pouvoir néofasciste. Aujourd'hui, il envisage de ne pas rendre le pouvoir.
Les journalistes de The Economist ont évidemment évoqué le 22ème amendement qui fixe à deux la limite des mandats que peut exercer le président des États-Unis, consécutifs ou non. C'est une question qui pourrait déstabiliser une personne qui joue avec les mêmes règles démocratiques qu'un journaliste. Mais pas Steve Bannon : « Il existe de nombreuses alternatives différentes. Au moment opportun, nous dévoilerons notre plan, mais sachez qu'il existe bel et bien ». Selon lui, Trump est « un instrument de la volonté divine ...
L'ex Manif pour tous propage la haine dans l'espace public
Dix ans après les grandes manifestations contre le mariage pour tous, en 2023, le mouvement La Manif pour tous s’est mué en une nouvelle structure : le Syndicat de la Famille. Cette année, à la rentrée, ce collectif qui diffuse des contenus homophobes et transphobes a pu coller des affiches, parfois sauvages, dans plusieurs villes de France sans être inquiété.
C’est à l’occasion du dixième anniversaire de La Manif pour Tous que ce mouvement réactionnaire et catholique intégriste a officialisé sa transformation. La présidente, Ludovine de La Rochère, déclarait alors : « La famille n’est ni de droite ni de gauche. Son syndicat ne l’est pas non plus. » La haine semble pourtant toujours trouver des slogans «soraliens» pour se frayer un chemin dans le débat public.
Ludovine de La Rochère est issue d’une famille catholique traditionaliste, proche du parti d'extrême droite Les Patriotes. Pour brouiller encore davantage les pistes, elle a appelé sa nouvelle structure un « syndicat », traditionnellement associé aux organisations de gauche. Ce syndicat est officiellement né le 24 mars 2023, exactement dix ans après la mobilisation parisienne contre la loi Taubira. Malgré son nom, Le Syndicat de la Famille n’a rien d’une organisation syndicale au sens classique du terme : il ne représente ni salariés ni professions. Il s’agit d’un mouvement d’influence politique, hostile au mariage pour tous, à la GPA et aux droits des personnes LGBT.
Une campagne d’affichage dite « anti-wokiste »
Le Syndicat de la Famille revendique une présence « partout en France » à travers ses antennes régionales, généralement composées de petits groupes de militants qui mènent des actions dans l’espace public et collent des affiches.
Affiches du SDF lors de la journée internationale des droits des femmes en 2024. Dans un contexte de haine et propagande anti-LGBT....
Petite manifestation de soutien à l'ancien président pour son départ en prison
On se serait cru dans le clip des Inconnus sur le « ghetto » du 16ème arrondissement et de son voisinage. Quelques centaines de personnes se sont réunies ce mardi matin dès potron-minet afin de rendre hommage à leur idole : Nicolas Sarkozy, un grand homme « injustement condamné par les juges qui sont de gauche ». Reportage dans une réalité alternative.
Il fait frais ce mardi 21 octobre à 8 heures du matin. Mais ils sont là, armés de leurs doudounes, de leurs manteaux en loden vert bouteille. Nombreux sont ceux qui disent être à ses côtés depuis le début. De vieux t-shirts un peu flétris « les jeunes avec Sarkozy » ont même été ressortis des placards. Alors vous pensez, aujourd'hui, ils n'allaient pas manquer ça. Il faut soutenir l'ancien président contre « les juges qui ont voulu l'humilier ». Dans un abracadabrantesque cirque médiatique organisé par sa garde rapprochée, Nicolas Sarkozy s'apprête à quitter le 16ème arrondissement pour la prison de la Santé.
Le quartier est bouclé. On avait rarement vu telle animation policière à Auteuil depuis... Depuis toujours ? Des dizaines de cars de police ont littéralement fermé l'accès à tout un pâté de maisons et d'immeubles. Les barrières métalliques empêchent l'accès à la rue de la Source où attendent sagement plusieurs voitures munies de gyrophares. Nicolas Sarkozy, accompagné par Carla Bruni, a fini par émerger de la Villa Montmorency et, après avoir salué la foule des soutiens du matin, ils se sont engouffrés dans une voiture qui, accompagnée de nombreux motards, est partie vers la prison de la Santé où l'ancien président a été incarcéré.
Il y avait là environ 200 ou 300 personnes, 200.000 selon Véronique Waché. La foule a entonné quelques marseillaises. Une manière de saluer, sans doute, la condamnation pour...
Il existe plusieurs réalités. La vôtre et celle des plus fortunés. Penser le monde des ultra-riches avec le logiciel des personnes normales est une erreur. Les politiques disent que s’ils étaient plus taxés, les milliardaires fuiraient la France. Cela peut sembler logique, mais c’est faux. Explications.
Quand le peuple n'au pllus rien à manger il mangera le riche (Rousseau) - CC
Les températures sont particulièrement clémentes en ce milieu du mois d’octobre 2019 au Luxembourg. Le réchauffement climatique fait son effet. Nicolas Danan, du cabinet de fiscalistes Mayer Brown écrit un long mail à Jean-Luc Berrebi, le patron d’une boite inconnue du grand public : Yafit. Il détaille le montage fiscal, incluant le Luxembourg, qui permettrait de réduire drastiquement l’imposition appliquée à une entreprise détenant de l’immobilier. Si personne n’a entendu parler de cette société, Yafit, y compris dans la presse financière, c’est qu’il s’agit d’un family office. Elle a été créée avec pour unique but de réaliser des investissements au bénéfice d’un milliardaire et de sa famille. Dans un sens élargi, c’est aussi elle qui s’occupera de l’intendance. Remplir les frigos de l’appartement en haut d’un gratte-ciel à New York, préparer le jet pour le déplacement de la famille aux Caraïbes, envoyer le yacht en Méditerranée…
Nicolas Dahan profite d’une accalmie dans la frénésie financière de Patrick Drahi. Celui-ci vient juste de boucler le « projet Portrait ». En clair, le rachat de la maison de vente aux enchères Sothby’s, pour plusieurs milliards de dollars. Ce petit moment de répit ne serait-il pas l’occasion de plancher sur « _les enjeux liés à l’entrée en vigueur de la nouvelle convention fiscale entre la France et le Luxembourg et sur l’opportunité de restructurer le groupe ANFA _» ?
La moindre modification de la législation fiscale d’un pays où ils sont...
Comme s'il s'agissait d'un scroll infini, vous oubliez à mesure que vous lisez
Bien sûr les usages changent. L'apparition des smartphones a poussé à cette forme de consommation d'une information oubliée à peine lue. Et le rôle de la presse n'est pas neutre. Pire, l'absence de questionnement sur ce que les spin doctors nous concoctent est une faute. À l'heure de l'instantanéité, la mise en perspective des événements n'est plus une priorité. Et vous en pâtissez.
Le studio télé du journal de Info Jetable - Midjourney - CC
Vous souvenez-vous de la terrible panique morale qui a secoué les réseaux sociaux et la presse généraliste il y a deux semaines ? Nous non plus. Nous oublions les informations au fur et à mesure qu'elles nous parviennent. Une info chasse l'autre. Non pas que nous la stockions dans un coin. Non, nous l'oublions. Comme nous oublions à peu près toutes les vidéos que nous passons des heures à regarder sur les réseaux sociaux.
Ce temps est gâché, mais ce n'est pas le pire. Le pire est que lorsque nous sommes amenés à faire des choix sociétaux, nous ne sommes plus capables, collectivement, de réfléchir, d'analyser et prendre des décisions éclairées. Nous vivons dans l'émotion, dans l'instant.
Bien entendu, nous sommes responsables au premier chef de cette situation. Car nous acceptons de consommer l'information comme on consomme des vidéos courtes sur un scroll infini mis en place par un réseau social. Nous acceptons qu'une nouvelle information efface la précédente. Nous acceptons la disparition d'une règle essentielle du métier de journaliste : la hiérarchisation de l'information.
Dans un journal radio, télé ou papier, une équipe de journalistes a choisi les informations qui vont être traitées et a décidé du temps ou de l'espace qui sera accordé à chacune. Le fait qu'un journal (quelle que soit sa forme) soit une entité finie, oblige à faire ces choix. Avec un monde numérique, la place est infinie et l'on peut donc...
Vous en rêviez ? Nous l'avons fait. Une plateforme pour les réunir tous. Huit médias de la presse indépendante sont accessible avec un seul abonnement sur un seul site. L'ouverture de la plateforme se fera demain. Il est encore temps (dépêchez-vous) de bénéficier d'un tarif exceptionnel avant l'ouverture au public.
La Presse Libre
C'est une demande ancienne : pourquoi ne pas proposer un abonnement qui inclurait plusieurs titres de la presse indépendante ? Cela a existé il ya quelques années mais sans moyens particuliers, l'initiative a fini par capoter. Cette fois, nous avons fait les choses différemment. La Presse Libre renaît mais avec des moyens, des équipes, huit médias très impliqués. Le FPL a attribué au projet une avance remboursable de 60.000 euros. Notre projet est donc solide. Il vise à vous proposer d'accéder aux contenus de huit journaux indépendants (et plus à l'avenir ?) dans une seule plateforme, avec un seul abonnement à un prix très raisonnable.
Car nous savons que la conjoncture est difficile. Nos lecteurs nous le disent lorsque nous les rencontrons : il n'est pas possible de s'abonner à beaucoup de titres car mis bout-à-bout, cela représente un trop gros budget.
Et pourtant, dans un monde où le commentaire l'emporte sur les faits. Où les opinions deviennent des faits, plus que jamais, nous avons tous besoin d'une presse qui ne se satisfait pas des « faits alternatifs » qui transforment peu à peu notre réalité et nous plongent dans un univers parallèle où Donald Trump mériterait un prix Nobel de la paix, où Emmanuel Macron et Sébastien Lecornu seraient un rempart contre l'instabilité politique et économique.
Nous avons besoin de sensibilités différentes, de lectures différentes des événements, nous devons nous ouvrir à des analyses...
L'agonie de l'épisode Macron est lente et douloureuse. Le pays et ses habitants vont de Charybde en Scylla. À chaque gouvernement qui tombe, le camp démocrate espère : et si le président respectait le verdict des urnes et nommait un premier ministre issu du Nouveau front populaire ? Mais non. C'est chaque fois pire. La démission de Sébastien Lecornu 24 heures après la désignation de son gouvernement ne laisse rien présager de bon.
L'homme qui avait un projet. Et puis... - CC
L'économie est au bord du gouffre. La démocratie s'est offerte à l'extrême droite avec la complicité active du parti au pouvoir et du président de la république. Tout est désormais prêt pour l'arrivée au pouvoir du Rassemblement national, émanation du Front national, lui même fondé par d'anciens nazis. Le système (cliquez pour comprendre ce que ce terme recouvre) se félicite parce que, pour lui, tout est préférable à « la gauche ». Les médias classiques ne sont pas en reste. Les déconstructions du récit médiatique sont nombreuses et laissent toutes apparaître un traitement différent (négatif et infantilisant) pour la gauche par rapport au reste du spectre politique. L'incompétence économique des journalistes vedette est patente et s'illustre à chaque fois qu'ils interrogent une voix dissidente de la doxa habituelle. « Mais comment ? Vous déviez de l'école de Chicago ? Vous rendez-vous compte que les marchés vont nous sanctionner ? ». Comme si l'on pouvait rassurer des marchés... Dans tout cela, la démission de Sébastien Lecornu moins de 24 heures après la désignation de son gouvernement est un épiphénomène. Il ne reste plus que quatre voies pour Emmanuel Macron. Et vu son parcours, il ne fait aucun doute qu'il choisira la pire. Ou quelque chose de totalement loufoque que personne n'aura vu venir.
Première solution pour sortir de ce qui devient un mauvais remake de la fin de la quatrième république :...