Vue normale

Il serait temps que les journalistes nomment les choses avec précision

28 janvier 2026 à 09:13

Les mots sont des armes, il faut être actifs face à la néofascisation du monde

Non, Alex Pretti n'a pas été tué. Il a été exécuté. Non, le Rassemblement national n'est pas « dédiabolisé » (ce qui impliquerait qu'il ait été diabolisé). C'est un parti de la haine, un parti d'extrême droite. Albert Camus écrivait en 1944 que « mal nommer un objet, c'est ajouter au malheur de ce monde ». Les journalistes devraient être les premiers à éviter ce travers.

Il faut prendre le temps nécessaire avant d'écrire - Dessin d'Anouck Ricard

« Et toi, papa, quand tu étais journaliste, au moment où le néofascisme est arrivé au pouvoir, tu as fait quoi ? » Il n'est pas impossible que ce genre de question soit posée par nos enfants dans quelques années. Il serait donc temps, pour nous, journalistes, de s'interroger. Face à la violence des mots, des actes, face à la turpitude, la manipulation du réel, n'est il pas temps de rendre coup sur coup ? Mieux, de prendre les devants et de frapper les premiers ? Il faut empêcher l'avènement des régimes néofascistes et faire tomber ceux qui sont en place. La seule chose qui les effraie est la lumière. Celle des faits et de la vérité. Mais pour cela, il faut commencer par nommer les choses correctement.

Oui, le Rassemblement national est un parti d'extrême droite. Oui, il est lié à des groupuscules ultra-violents depuis sa création et rien n'a changé en dépit d'une stratégie de « légitimisation » et de « banalisation » mise en place par Marine Le Pen.

Oui, l'échiquier politique a profondément muté. Tout ce qui est à droite du PS est désormais à l'extrême droite. Le PS est devenu le centre-droit. LFI, est devenu le PS.

Trump est un néofasciste et son régime exécute des Américains et des réfugiés sans discernement, comme dans une dictature hors de contrôle où l'État de droit est un concept oublié. Depuis que Trump est revenu au pouvoir, 53 personnes sont mortes en détention sous le contrôle de l'ICE,...

Arrêtez de vous inquiéter des fuites de données personnelles

7 janvier 2026 à 15:44

C'est trop tard et depuis très longtemps

La récente tornade sur les données personnelles des français a déclenché une pluie d'articles de presse. Quoi ? Nos données ne seraient pas protégées ? Quoi, notre vie privée ne le serait plus ? Se plaindre de ces fuites, revient à se plaindre du fait que la pluie mouille ou que le soleil chauffe. Quant à votre vie privée, vos secrets les plus enfouis, vous y avez renoncé il y a des années. On vous explique.

Fiche OSINT d'Élisabeth Borne - Informations ayant fuité et collectées en sources ouvertes. - © Reflets

Nous sommes en 2026 et toute la presse, des experts, réels ou autoproclamés s'émeuvent d'une série de piratage qui ont touché des données personnelles de Français. Mais enfin... Vos données personnelles sont déjà dans la nature depuis belle lurette, accessibles à tout le monde. Vous ne pouvez plus conserver le moindre secret. Il y a ce qui a fuité (votre état civil, votre adresse, votre numéro de téléphone, vos habitudes d'achat, vos comptes sociaux, même sous pseudonyme, on en passe...). Et il y a ce que vous fournissez volontairement aux plateformes. Google en sait plus sur votre sexualité que votre partenaire. Google ou Facebook en savent plus sur vos positions politiques que le maire de votre village. Doctolib en sait plus sur votre état de santé que votre médecin de famille... La liste est infinie. Et ce ne sont là que des noms connus du grand public. Si l'on élargit aux data brokers, on entre dans le septième cercle de l'enfer numérique.

Déjà en 2022, Reflets tentait d'expliquer longuement que dans ce domaine, nous avons largement dépassé l'accident nucléaire. Relisez cet article car il n'a pas pris une ride. Pas plus que celui-ci qui évoquait la fameuse conférence sur les zoophiles à tendance teckels morts. Oui, on a même créé une conférence avec un titre alarmant pour expliquer que l'on a tous quelque chose à cacher et que c'est très bien comme ça. Une heure et demie de vulgarisation sur les fuites de données avec de...

Piratage du ministère de l’intérieur : il y a des coups de bottins qui se perdent

6 janvier 2026 à 08:36

Comment voir au delà des spéculations stériles

La cible est prestigieuse. Le piratage du ministère de l’intérieur n’a donc pas manqué de faire couler beaucoup d’encre. Pourtant, même si c’est moins glamour, à ce stade, il n’y a surtout que des incertitudes et du flou, comme souvent dans le monde du hack.

Place Beauvau, siège du ministère de l'intérieur - © Reflets - CC

« Quelques dizaines de fiches » issues de fichiers de police comme le TAJ ont pu être consultées par des pirates informatiques, indiquait Mercredi 17 décembre Laurent Nuñez, le ministre de l’intérieur. De leur côté, les pirates qui communiquaient via un forum sur Internet parlaient de 16 millions de fiches. « Il n’y a pas eu extraction de millions de données. A ma connaissance, c’est faux, mais je reste très prudent sur le niveau des compromissions. », a précisé le ministre. En matière de hack, on n’est en effet jamais trop prudent.

Les pirates se sont visiblement procuré un accès à des boites mails de policiers (sans que l'on sache s'il s'agit de comptes mails du ministère ou personnels) et y ont découvert des identifiants en clair. Ils ont ensuite pu se connecter à CHEOPS (Système de circulation hiérarchisée des enregistrements opérationnels de la police sécurisés). Ce dernier propose aux forces de l’ordres qui s’y connectent d’accéder à toute une série de fichiers policiers dont (pour n’en citer que quelques-uns) le TAJ (Traitement des Antécédents Judiciaire), le Fichier national automatisé des empreintes génétiques (FNAEG) ou le Fichier des personnes recherchées (FPR). On comprend la panique qui a dû saisir le ministère.

Le piratage a été revendiqué par un groupe de cybercriminels connu (ShinyHunters) via un forum où se partagent des millions de données piratées (BreachForums). Ce forum avait été saisi à plusieurs reprises par les forces de l’ordre et ses...

Une petite guerre mondiale pour 2026 ?

5 janvier 2026 à 10:10

Trump, la brute épaisse à l'assaut du droit international

Après l'invasion du Vénézuela, Donald Trump, en bonne brute épaisse d'extrême droite radicale qu'il est, a décidé d'envahir le Groenland. Cela ferait voler en éclat l'ordre mondial né après la deuxième guerre mondiale. L'OTAN n'y survivrait probablement pas, Vladimir Poutine serait aux anges et Xi Jinping n'aurait sans doute plus aucune hésitation à envahir Taïwan. Il est minuit moins un demi-millième de seconde.

Donald Maduro

« Nous avons besoin du Groenland du point de vue de la sécurité nationale, et le Danemark ne sera pas en mesure de s'en charger. Nous nous occuperons du Groenland dans environ deux mois... reparlons-en dans 20 jours. » a lancé Donald Trump depuis l'Air Force One. Un message on ne peut plus clair après l'invastion du Vénézuéla. D'autant que juste après l'enlèvement de Nicolas Maduro, Katie Miller, dont le mari Stephen occupe le poste de chef de cabinet adjoint à la Maison Blanche chargé de la politique et conseiller à la sécurité intérieure, a publié sur X une carte du Groenland colorée aux couleurs du drapeau américain. L'image était accompagnée d'un seul mot : « BIENTÔT ».

Tweet de Katie Miller
Tweet de Katie Miller

Il y a un petit hic toutefois. Le Groenland fait partie du Royaume du Danemark. Et ce dernier fait partie de l'OTAN. Or le traité de l'OTAN (né, notamment, pour protéger l'Europe d'une attaque par l'URSS) contient un article 5 selon lequel, une attaque contre un membre de l'alliance est considérée comme une attaque contre tous les membres. Et chaque autre membre s'engage à lui porter assistance, y compris par l'usage de la force armée (pas uniquement) si nécessaire...

L'OTAN précise qu'un État agressé « peut demander à d’autres de lui venir en aide. Dans le contexte de l’OTAN, l’article 5 traduit ce droit de légitime défense en obligation d’assistance mutuelle. C'est à la suite des attentats...

À moins de dix, ils ont cassé Internet

26 novembre 2025 à 15:12

On est passé d'un réseau décentralisé à un réseau... centralisé...

Les pannes affectant toute une partie du Web se multiplient. Nous atteignons une situation qui est inverse à celle voulu par la DARPA lors de la création d'Internet. Et cela ne devrait pas s'arranger.

Les données ont de plus en plus tendance à emprunter des chemins appartenant aux mastodontes que l'on appelle "les GAFAM" - CC

Vous vous souvenez de la légende selon laquelle Internet a été pensé pour « défendre la sécurité nationale [américaine] face à une attaque nucléaire » ? Bien entendu, une guerre nucléaire totale éteindrait à la fois toute vie humaine et toutes les machines, mais l'idée est là. Les chercheurs de la DARPA voulaient changer de paradigme. Ils voulaient passer de réseaux en étoile à des réseaux sans véritable centre névralgique. Cela a bien fonctionné pendant un temps. Et puis sont arrivé des mastodontes. Et la fâcheuse tendance humaine à accumuler, à centraliser a repris le dessus. Au début, seuls les experts se sont rendus compte de ce qui était en train d'advenir. Aujourd'hui, même Madame Michu le remarque parce que son cloud avec ses photos s'écroule. Parce que du jour au lendemain, elle ne peut plus rien acheter, ni accéder à ses sites préférés sur le Web. Et ça, c'est de la faute d'une dizaine de sociétés qui ont réussi à casser Internet.

Un récent article de l'Internet Society (ISOC) pose les choses clairement, pour ceux qui n'auraient pas compris depuis des lustres.

Amreesh Phokeer, expert en métrologie des réseaux rappelle dans cet article que quelques sociétés ont désormais la main sur une très grande partie de l'économie numérique. De fait, lorsqu'un incident technique touche l'une d'entre elles, tout un pan d'Internet s'écroule.

L'Internet Society mesure cette concentration avec un indice. Au...

Après 30 mètres en apnée, il y a quoi ?

20 novembre 2025 à 16:43

Nouveaux stages, nouvelles profondeurs, mais jusqu'où ?

La limite que je m'étais fixée est désormais dépassée. Me voilà un peu perplexe pour la suite. Vais-je continuer à plonger en apnée, plus profond, ou pas ?

Vers l'infini et au-delà...

Depuis le stage de juillet avec Umberto Pelizzari, je suis retourné deux fois à l'eau. Chaque expérience a été spécifique et mes progrès ont été erratiques. Parfois j'étais meilleur en no limit (la gueuse), parfois en poids constant (à la palme). Globalement, en deux sessions, j'ai atteint et même dépassé la limite de 30 mètres fixée lorsque Umberto Pelizzari m'a dit que je pouvais l'atteindre. Et maintenant ? Faut-il vraiment continuer de titiller les profondeurs ? Et si oui, jusqu'où ?

Ces différentes expériences m'ont confirmé que, bien entendu, l'état physique joue sur la performance. Il vaut mieux être en forme pour descendre profond. Mais – et je l'avais déjà noté en juillet, chaque plongée est différente. Chaque jour. Parfois ça passe, parfois ça ne passe pas.

Le premier frein est la compensation. Le moindre problème rhino-pharyngé complique la compensation. A partir du premier mètre, l'oreille devient très douloureuse. Continuer, c'est risquer de percer un tympan.

Je n'ai jamais rencontré ce problème de toute ma vie, ce qui est très intriguant.

Le deuxième problème est physique. C'est l'un de ceux qui peuvent me jouer des tours. La fatigue, les problèmes de santé, peuvent enrayer fortement notre capacité à descendre. Ce fut le cas lors de mon dernier stage début novembre.

Le troisième problème est lié à la technique. Est-ce que je me prépare bien en surface ? Est-ce que je parviens à faire mes charges et à...

Le néofascisme en marche aux États-Unis va s'étendre

28 octobre 2025 à 16:18

Les milliardaires en sont la cheville ouvrière

Quelques exemples suffisent pour démontrer que le néofascisme est déjà installé outre-Atlantique. À la manoeuvre, Trump, bien entendu, mais aussi le courant MAGA et une tranche conséquente de la population. Et encore les milliardaires, qui voient dans cette nouvelle forme de gouvernance un moyen de gagner encore plus d'argent et de conserver leurs privilèges. Paradoxalement, les citoyens semblent plébisciter ce grand n'importe quoi.

Parfois, les clowns sont dangereux - © Reflets - CC

Il est toujours intéressant d'écouter ce que raconte Steve Bannon. Particulièrement décomplexé, ce stratège de l'extrême droite américaine (et européenne) dit souvent tout haut ce que les néofascites pensent tout bas. Cela n'a pas loupé, dans une interview accordée à The Economist il y a quelques jours, il a tranquillement expliqué que Donald Trump allait faire au moins un troisième mandat (ce qui est légalement impossible) : « les gens doivent simplement s'y faire ».

Voilà donc affirmée publiquement la volonté de Trump et de ses alliés de s'assoir définitivement sur la constitution américaine et de tirer un trait sur l'État de droit. Il s'est saisi des institutions, à commencé à décider seul. Les contre-pouvoirs (justice, presse, Congrès) ont été défaillants dans leur opposition à l'établissement d'un pouvoir néofasciste. Aujourd'hui, il envisage de ne pas rendre le pouvoir.

Les journalistes de The Economist ont évidemment évoqué le 22ème amendement qui fixe à deux la limite des mandats que peut exercer le président des États-Unis, consécutifs ou non. C'est une question qui pourrait déstabiliser une personne qui joue avec les mêmes règles démocratiques qu'un journaliste. Mais pas Steve Bannon : « Il existe de nombreuses alternatives différentes. Au moment opportun, nous dévoilerons notre plan, mais sachez qu'il existe bel et bien ». Selon lui, Trump est « un instrument de la volonté divine ...

Nicolas Sarkozy : Auteuil, Neuilly, Passy, se mobilisent!

21 octobre 2025 à 09:46

Petite manifestation de soutien à l'ancien président pour son départ en prison

On se serait cru dans le clip des Inconnus sur le « ghetto » du 16ème arrondissement et de son voisinage. Quelques centaines de personnes se sont réunies ce mardi matin dès potron-minet afin de rendre hommage à leur idole : Nicolas Sarkozy, un grand homme « injustement condamné par les juges qui sont de gauche ». Reportage dans une réalité alternative.

Allez, salut les loosers, je me casse... - © Reflets

Il fait frais ce mardi 21 octobre à 8 heures du matin. Mais ils sont là, armés de leurs doudounes, de leurs manteaux en loden vert bouteille. Nombreux sont ceux qui disent être à ses côtés depuis le début. De vieux t-shirts un peu flétris « les jeunes avec Sarkozy » ont même été ressortis des placards. Alors vous pensez, aujourd'hui, ils n'allaient pas manquer ça. Il faut soutenir l'ancien président contre « les juges qui ont voulu l'humilier ». Dans un abracadabrantesque cirque médiatique organisé par sa garde rapprochée, Nicolas Sarkozy s'apprête à quitter le 16ème arrondissement pour la prison de la Santé.

Le quartier est bouclé. On avait rarement vu telle animation policière à Auteuil depuis... Depuis toujours ? Des dizaines de cars de police ont littéralement fermé l'accès à tout un pâté de maisons et d'immeubles. Les barrières métalliques empêchent l'accès à la rue de la Source où attendent sagement plusieurs voitures munies de gyrophares. Nicolas Sarkozy, accompagné par Carla Bruni, a fini par émerger de la Villa Montmorency et, après avoir salué la foule des soutiens du matin, ils se sont engouffrés dans une voiture qui, accompagnée de nombreux motards, est partie vers la prison de la Santé où l'ancien président a été incarcéré.

Il y avait là environ 200 ou 300 personnes, 200.000 selon Véronique Waché. La foule a entonné quelques marseillaises. Une manière de saluer, sans doute, la condamnation pour...

La taxe Zucman ne ferait pas fuir les riches, ils sont déjà partis

20 octobre 2025 à 08:55

La preuve par l’exemple Patrick Drahi

Il existe plusieurs réalités. La vôtre et celle des plus fortunés. Penser le monde des ultra-riches avec le logiciel des personnes normales est une erreur. Les politiques disent que s’ils étaient plus taxés, les milliardaires fuiraient la France. Cela peut sembler logique, mais c’est faux. Explications.

Quand le peuple n'au pllus rien à manger il mangera le riche (Rousseau) - CC

Les températures sont particulièrement clémentes en ce milieu du mois d’octobre 2019 au Luxembourg. Le réchauffement climatique fait son effet. Nicolas Danan, du cabinet de fiscalistes Mayer Brown écrit un long mail à Jean-Luc Berrebi, le patron d’une boite inconnue du grand public : Yafit. Il détaille le montage fiscal, incluant le Luxembourg, qui permettrait de réduire drastiquement l’imposition appliquée à une entreprise détenant de l’immobilier. Si personne n’a entendu parler de cette société, Yafit, y compris dans la presse financière, c’est qu’il s’agit d’un family office. Elle a été créée avec pour unique but de réaliser des investissements au bénéfice d’un milliardaire et de sa famille. Dans un sens élargi, c’est aussi elle qui s’occupera de l’intendance. Remplir les frigos de l’appartement en haut d’un gratte-ciel à New York, préparer le jet pour le déplacement de la famille aux Caraïbes, envoyer le yacht en Méditerranée…

Nicolas Dahan profite d’une accalmie dans la frénésie financière de Patrick Drahi. Celui-ci vient juste de boucler le « projet Portrait ». En clair, le rachat de la maison de vente aux enchères Sothby’s, pour plusieurs milliards de dollars. Ce petit moment de répit ne serait-il pas l’occasion de plancher sur « _les enjeux liés à l’entrée en vigueur de la nouvelle convention fiscale entre la France et le Luxembourg et sur l’opportunité de restructurer le groupe ANFA _» ?

La moindre modification de la législation fiscale d’un pays où ils sont...

L'ère de l'information jetable

15 octobre 2025 à 15:14

Comme s'il s'agissait d'un scroll infini, vous oubliez à mesure que vous lisez

Bien sûr les usages changent. L'apparition des smartphones a poussé à cette forme de consommation d'une information oubliée à peine lue. Et le rôle de la presse n'est pas neutre. Pire, l'absence de questionnement sur ce que les spin doctors nous concoctent est une faute. À l'heure de l'instantanéité, la mise en perspective des événements n'est plus une priorité. Et vous en pâtissez.

Le studio télé du journal de Info Jetable - Midjourney - CC

Vous souvenez-vous de la terrible panique morale qui a secoué les réseaux sociaux et la presse généraliste il y a deux semaines ? Nous non plus. Nous oublions les informations au fur et à mesure qu'elles nous parviennent. Une info chasse l'autre. Non pas que nous la stockions dans un coin. Non, nous l'oublions. Comme nous oublions à peu près toutes les vidéos que nous passons des heures à regarder sur les réseaux sociaux.

Ce temps est gâché, mais ce n'est pas le pire. Le pire est que lorsque nous sommes amenés à faire des choix sociétaux, nous ne sommes plus capables, collectivement, de réfléchir, d'analyser et prendre des décisions éclairées. Nous vivons dans l'émotion, dans l'instant.

Bien entendu, nous sommes responsables au premier chef de cette situation. Car nous acceptons de consommer l'information comme on consomme des vidéos courtes sur un scroll infini mis en place par un réseau social. Nous acceptons qu'une nouvelle information efface la précédente. Nous acceptons la disparition d'une règle essentielle du métier de journaliste : la hiérarchisation de l'information.

Dans un journal radio, télé ou papier, une équipe de journalistes a choisi les informations qui vont être traitées et a décidé du temps ou de l'espace qui sera accordé à chacune. Le fait qu'un journal (quelle que soit sa forme) soit une entité finie, oblige à faire ces choix. Avec un monde numérique, la place est infinie et l'on peut donc...

Non, Sébastien Lecornu n'est pas le pire épisode de la macronie

6 octobre 2025 à 15:07

Attendez-vous à de nouvelles surprises

L'agonie de l'épisode Macron est lente et douloureuse. Le pays et ses habitants vont de Charybde en Scylla. À chaque gouvernement qui tombe, le camp démocrate espère : et si le président respectait le verdict des urnes et nommait un premier ministre issu du Nouveau front populaire ? Mais non. C'est chaque fois pire. La démission de Sébastien Lecornu 24 heures après la désignation de son gouvernement ne laisse rien présager de bon.

L'homme qui avait un projet. Et puis... - CC

L'économie est au bord du gouffre. La démocratie s'est offerte à l'extrême droite avec la complicité active du parti au pouvoir et du président de la république. Tout est désormais prêt pour l'arrivée au pouvoir du Rassemblement national, émanation du Front national, lui même fondé par d'anciens nazis. Le système (cliquez pour comprendre ce que ce terme recouvre) se félicite parce que, pour lui, tout est préférable à « la gauche ». Les médias classiques ne sont pas en reste. Les déconstructions du récit médiatique sont nombreuses et laissent toutes apparaître un traitement différent (négatif et infantilisant) pour la gauche par rapport au reste du spectre politique. L'incompétence économique des journalistes vedette est patente et s'illustre à chaque fois qu'ils interrogent une voix dissidente de la doxa habituelle. « Mais comment ? Vous déviez de l'école de Chicago ? Vous rendez-vous compte que les marchés vont nous sanctionner ? ». Comme si l'on pouvait rassurer des marchés... Dans tout cela, la démission de Sébastien Lecornu moins de 24 heures après la désignation de son gouvernement est un épiphénomène. Il ne reste plus que quatre voies pour Emmanuel Macron. Et vu son parcours, il ne fait aucun doute qu'il choisira la pire. Ou quelque chose de totalement loufoque que personne n'aura vu venir.

Première solution pour sortir de ce qui devient un mauvais remake de la fin de la quatrième république :...

L’extrême droite et Pierre-Edouard Stérin s’infiltrent à l’université catholique de l’Ouest

Une enquête de Disclose, la Topette et Reflets

Le mécène revendiqué de l’extrême droite française finance depuis 2023 l’université catholique de l’Ouest, révèlent Disclose, La Topette et Reflets.info. Abrité derrière un discret fonds de dotation, Pierre-Édouard Stérin, qui rêve de reconquête culturelle et politique, investit l’un des plus importants établissements privés du pays, où nombre d’enseignants et d’étudiants sont déjà acquis aux idées de la droite radicale.

Pierre-Edouard Stérin et La Catho - Caroline Varon

C’est l’un des plus importants établissements d’enseignement privé en France. Avec huit campus implantés dans l’ouest du pays et deux autres récemment créés à la Réunion et en Nouvelle-Calédonie, l’université catholique de l’Ouest (UCO) accueille pas moins 13 000 étudiant·es chaque année. Elle attire aussi des personnalités politiques de premier plan : François Bayrou et Bruno Retailleau s’y sont rendus respectivement en 2022 et 2023 pour prononcer le discours inaugural du département de science politique du campus d’Angers, le fief historique de l’UCO.

Une autre personnalité de plus en plus influente à droite s’intéresse aussi à la Catho. Son nom : Pierre-Edouard Stérin. En 2023, l’homme d’affaires, qui a connu le succès grâce aux coffrets cadeaux « smartbox » et dont la fortune est aujourd’hui estimée à 1,6 milliard d’euros, est devenu l’un des grands mécènes de faculté, comme l’ont découvert Disclose et le journal du Maine-et-Loire La Topette.

À 51 ans, l’entrepreneur, exilé fiscal en Belgique, se dit animé d’une mission quasi divine : « Investir pour le redressement de la France et la promotion du Christ ». Sa bataille culturelle, il entend la mener au travers d’un plan bien précis baptisé « Periclès », pour Patriotes, Enracinés, Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes. Le programme, révélé par l’Humanité, est doté de 150 millions d’euros sur dix ans, dont une partie doit servir, par exemple, à aider le Rassemblement national à...

Porte-Parole du Parti socialiste et « en même temps » Global Data Protection Officer chez Palantir

6 septembre 2025 à 17:34

Le grand écart d'une avocate avec un soutien inconditionnel du parti

Le macronisme déteindrait-il ? Julie Martinez, porte-parole (bénévole) du Parti socialiste pour les questions d'IA est en même temps salariée de Palantir, une société connue pour être l'une des pires en matière de gestion des données personnelles. Qui plus est, Palantir multiplie les alliances avec l'exécutif américain. Peut-on faire cohabiter trumpisme, libertarianisme, extrême droite et PS ? Oui...

Pavilion Palantir au World Economic Forum de Davos - Cory Doctorow - CC BY-SA 2.0

C'est un discret post sur Bluesky qui nous a mis la puce à l'oreille. L'Humanité à publié hier un article qui relate comment Julie Martinez, une jeune avocate de formation cumule deux rôle a priori antinomiques : porte parole du PS en charge de l'intelligence artificielle et Global Data Protection Officer chez Palantir.

Palantir, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un monstre né dans la foulée du 11 septembre. L'idée est de mettre l'informatique (aujourd'hui on dit l'IA parce que c'est le buzzword du moment) au service de la data. Partant du principe que l'on collecte de plus en plus de données, il faut réfléchir aux moyens permettant de la rendre utilisable, exploitable. En anglais, on dit la rendre actionable. Et ça marche. Palantir vient se connecter aux systèmes d'information de ses clients et mouline leurs données. Aux États-Unis, la donnée, y compris très personnelle est une marchandise comme une autre. Tout se vend, tout s'achète, tout se mouline, se recrache et se réinjecte.

Palantir est aussi connue pour une liste de controverses aussi longue qu'un jour sans pain. Elle a aidé la NSA pour ses programmes d'espionnage illégaux dénoncés par Snowden, un de ses salariés avait prêté main forte à Cambridge Analytica, qui avait influencé le Brexit ou la première élection de Trump avec des données personnelles de 87 millions d'utilisateurs « volées » sur Facebook. Elle est épinglée à de...

1965-2025 : soixante ans d'inanités des politiques

3 septembre 2025 à 15:45

Votez pour eux et leur ego boursouflé ou subissez le chaos

À quoi servent les politiques ? A-t-on réellement besoin d'un conseil syndical pour gérer l'immeuble France ? Mais surtout, pourquoi continue-t-on d'élire les pires égotiques, gonflés de certitudes toutes plus fausses les unes que les autres ? Mystère et boule de gomme. En attendant, François Bayrou continue de vouloir faire croire que s'il perd le pouvoir, l'apocalypse s'abattra sur nous tous. Une belle inversion.

Les experts en économie qui gouvernent la France

Hiver 1965. Alors que la France s'apprête à élire pour la première fois au suffrage universel le président de la république, l'opposition résume le discours du général de Gaulle : « Moi ou le chaos ». Été 2025, François Bayrou annonce un vote de confiance à l'Assemblée pour le 8 septembre. Et ils estime que les députés devront faire un choix entre « le chaos et la responsabilité ». Entre les deux, combien de fois a-t-on entendu que sans eux, ces fabuleux politiques, le pays s'effondrerait, la crédibilité de la France sur le plan international serait réduite comme peau de chagrin ? A bien y regarder, c'est un peu une inversion accusatoire. Car le chaos, c'est eux.

Le général de Gaulle a bien joué un rôle essentiel pendant la deuxième guerre mondiale. Mais il est aussi l'homme dont le préfet de police Maurice Papon, un collaborateur condamné en 1998 à dix ans de réclusion criminelle pour complicité de crimes contre l'humanité, a supervisé le massacre du 17 octobre 1961. De Gaulle est aussi l'homme des meurtres de la station de métro Charonne. Le chaos, c'est l'assassinat des peuples par leurs dirigeants, sous prétexte de « maintenir l'ordre ». Le leur. Celui qui leur est favorable et celui qui est favorable à ceux qui les ont propulsés au pouvoir. Curieusement, il est assez probable qu'il y ait plus de citoyens tués par leurs dirigeants que l'inverse dans l'histoire humaine. Pourtant,...

Israël et son gouvernement le plus immoral du monde

6 août 2025 à 13:21

Netanyahou a pactisé avec le diable pour éviter son procès : le résultat est là, un infernal chaos

On ne peut pas comprendre la guerre en cours à Gaza et les meurtres massifs en Cisjordanie sans prendre en compte l'alliance déséquilibrée dans laquelle s'est engouffrée Benyamin Netanyahou en 2022. Il signe alors un pacte avec l'extrême droite la plus violente, infréquentable jusque-là. Ce rapprochement s'explique par le besoin de rester au pouvoir à tout prix et éviter procès et prison. Le prix est payé par les Palestiniens. La communauté internationale reste, elle, muette.

Vue partielle de l'affiche du documentaire "The Bibi Files" d'Alexis Bloom - Copie d'écran

Les massacres continus à Gaza sont le reflet d'une époque. Celle où l'extrême droite laisse libre cours à ses délires mortifères sans rencontrer la moindre résistance démocratique. Ils sont aussi une marque indélébile sur l'État d'Israël. Le 7 octobre 2023, le Hamas, le Jihad islamique palestinien, le Front populaire de libération de la Palestine et le Front démocratique pour la libération de la Palestine lançaient une attaque sans précédent sur Israel, tuant 1.160 personnes dont à peu près 800 civils et prenant 250 otages. En réponse, Israël lançait une guerre contre le Hamas qui, vue la configuration du territoire s'est rapidement transformée en guerre contre Gaza et ses deux millions habitants.

Le 13 octobre, l'armée israélienne entrait dans Gaza. Depuis, selon le ministère de la Santé de Gaza, 60.138 Palestiniens ont été tués et 146.269 blessés. Sur ce total, 18.000 victimes sont des enfants. Le Washington Post vient de publier les noms de ces enfants et leurs photos quand elles étaient disponibles. Quelque 70% des victimes sont des femmes et des enfants. En plus, la famine s'installe à Gaza en raison du blocus total imposé par Israël depuis mars 2025. La similitude des images d'enfants affamés qui sortent de Gaza via les photographes des grandes agences de presse comme l'AFP sont terribles et ne manquent pas de rappeler celles du ghetto de Varsovie.

Pendant qu'Israël a déplacé 1,9 million de personnes et que 70 à 90% des...

Plongée dans l'apnée : hasta luego, Igor

17 juillet 2025 à 14:00

Quelques mots

Aussi loin que je puisse me souvenir de mon enfance, Igor est là. Depuis toujours. C'est sans aucun doute mon plus ancien ami. Il lisait avec plaisir les articles de ce dossier et m'envoyait ses commentaires. Il nous a quittés, après une longue maladie.

Le rocher (Le cheval de pierre) de la plage de Benirràs au pied duquel Igor avait fait quelques plongées mémorables - Maymonides - Flickr - BY-NC-ND 2.0

Ce stage de plongée en apnée avec Umberto Pelizzari, c'était un peu un hasard. Un enchaînement. Stage en piscine en décembre à l'arrache. Échanges par mail avec le champion après. Invitation à descendre à 30 mètre en mer... Et puis cette idée de coucher sur le papier un truc un peu personnel. Ce n'est pas courant pour un journaliste de raconter un bout de sa vie. Normalement, on raconte celle des autres. Igor (lire ici) était malade depuis longtemps. Nous savions qu'il était condamné. On ne guérit que très rarement de cette maladie. Et me voilà parti à quelques centaines de kilomètres de chez lui pour m'immerger dans cette Méditerranée où nous avons passé tant de temps ensemble. Au fil des articles, je lui envoyais mes écrits. Il était heureux et m'envoyait ses commentaires.

Il est parti.

Igor, c'est le compagnon de camping sur des îles sauvages, de plongées en apnée, de chasse sous-marine, de conneries, de sorties en boites et de petits déjeuners qui suivent des nuits agitées par la musique des années 80-90.

Il était devenu un réalisateur respecté et primé que tout le monde connaissait sous son nom entier, Igor Fioravanti. Pour moi, c'était Igor. Ou Tonte. Nous avions un jeu. Nous traduisions littéralement l'espagnol : « viens, on va croiser la route » pour « traverser ». Ou « ça va tonte ? » pour « tonto ».

En chemin, il avait raconté dans un film, « El Sueño de Ibiza », et de manière...

Plongée dans l’apnée : alors, ces 30 mètres ?

7 juillet 2025 à 08:08

Le pari était, pour un amateur, de « passer ce mur »

Quand un champion du monde d’apnée sort : je suis sûr que tu peux atteindre les 30 mètres, on se dit… pourquoi pas. En plus, en tant que journaliste, cela donne des idées d’articles. Et voilà, après un stage d’une semaine c’est le moment du bilan. Ai-je fait mentir Umberto Pelizzari, ou pas ?

Umberto Pelizzari et David en train de remonter après une plongée avec gueuse. - © Reflets - CC BY-SA 4.0

Sur le papier, je peux aller à 30 mètres. C’est un ratio que l’on peut calculer en fonction de mon apnée statique. Mais la plongée n’est pas une chose totalement mathématique pour laquelle un seul paramètre serait déterminant. Il faut prendre en compte une palanquée de trucs. Est-ce que l’on est capable de compenser au fur et à mesure que l’on descend ? Est-ce que l’on est suffisamment relaxé ? La peur est-elle en train de monter au fur et à mesure que l’on descend ? Quelles sont les conditions de la mer ? A-t-on bien préparé la descente en surface avant le plongeon ?

Je me suis présenté au stage avec beaucoup de certitudes et une série de questionnements.

Mes certitudes, je les tiens d’une pratique de l’apnée qui remonte à l'enfance. D’abord avec la chasse sous-marine. Ensuite simplement avec des descentes pour le plaisir. Le plaisir de pratiquer, le plaisir des paysages. Dans mon île, je plonge souvent seul, depuis de nombreuses années, dans des profondeurs allant de 7 à 12 mètres. Tout ce que je sais de l’apnée, je l’ai appris seul et empiriquement. Je sais éviter d’avoir mal aux oreilles en descendant (compenser). Point. Je sais à peu près quelles sont mes limites en profondeur et en temps.

Mais vaguement. Je n’ai jamais pratiqué l’apnée statique. C’est-à-dire en piscine, la tête dans l’eau, sans bouger, pour voir combien de temps on peut tenir. Umberto Pelizzari tient plus de 7 minutes. Moi, un peu moins de 4 minutes (à peu près rien donc). Et encore, après...

Apnée : « Il y a sûrement une limite, mais laquelle ? »

3 juillet 2025 à 14:48

Entretien avec Umberto Pelizzari, champion du monde d’apnée

En douze ans de compétition, Umberto Pelizzari a marqué l’histoire de la plongée en apnée. Il a atteint 80 mètres à la palme, 130 mètres en poids variable et 150 mètres en catégorie « no limit ».

Umberto Pelizzari en juillet 2025, en train de d'aider un apnéiste à corriger ses erreurs. - © Reflets

Reflets : Tu avais une phobie de l'eau au départ. Cela montre que rien n'est perdu pour ceux qui veulent essayer l'apnée...

Umberto Pelizzari : C’est sûr. Au début, j’ai pensé à tout sauf à devenir un apnéiste. J’avais une vraie peur de l’eau. Ma mère en a eu assez de me courir derrière quand je fuyais la douche… Elle m’a inscrit à la piscine et m’y a envoyé quel que soit l’époque de l’année, quel que soit mon état de santé. Elle me disait que le chlore était un bon médicament contre le rhume. Rapidement j’ai fait des compétitions.

Comment passe-t-on du gamin qui fait des compétitions de natation à apnéiste ?

Au début, je me cachais sous l’échelle de la piscine pour sauter des tours d’entrainement. J’attendais que les copains aient fait des longueurs. Après c’est vite devenu des challenges avec les amis.

Bon, sérieusement... Il y a la technique, l'entraînement massif typique des grands champions. Il y a les rencontres que tu as faites. Jacques Mayol, Enzo Maiorca, Andrea Zuccari pour des points techniques précis comme la « charge » et la « compensation » (des oreilles)... Mais il y a autre chose. Ces profondeurs, elles ne sont atteintes que par des humains à part. Vous n'êtes pas des dauphins, mais il y a un truc en plus non ? Pour toi, qu'est-ce que c'est ?

Dans tous les sports, pour être un athlète de très haut niveau, il y a un don de la nature qui vient s’ajouter à un entrainement, un sacrifice personnel, des personnes qui comprennent...

Apnée : une semaine avant le grand plongeon

25 juin 2025 à 15:33

Alors ? Détendu ?

A quelques jours du stage de plongée en apnée (en mer) avec Umberto Pelizzari, j’avoue être traversé par des sentiments antagoniques. Il y a l’excitation, l’impatience, la joie de revivre des sensations extrêmes. Mais aussi l’inquiétude. Car on ne peut pas exclure totalement le risque d’accident.

Les jeux de lumière alors que votre esprit vagabonde, grisé par l'apnée...

Allongé à la surface de l’eau, ma respiration se calme peu à peu. J’en prends le contrôle. Je ne respire plus par réflexe, mais en le désirant, en prenant conscience de chaque bout d’inspiration et de rejet de l’air. D’une respiration centrée sur les poumons, je passe à une respiration qui alterne respiration thoracique et respiration abdominale. Les bébés respirent en gonflant et vidant leur «ventre». Pas en gonflant leur torse. Ils sont généralement plus détendus que les adultes.

J’observe le fond sans bien le percevoir. Mes yeux vont et viennent, je suis dans une piscine sans fin. L’eau est cristalline. Mon rythme cardiaque se ralentit. Généralement, au repos, je tourne en dessous des 60 pulsations minutes. Je suis probablement plutôt dans les 55 pulsations désormais. J’entame un canard et me voilà parti vers le fond. Je tente de faire le vide dans mon esprit. Ne penser à rien. Pas évident. Notre cerveau a une vie personnelle et il n’est pas certain que l’on puisse lui imposer le silence et le vide. Les mètres défilent. Dix mètres. Tout va bien. 15 mètres, rien à signaler. Dix-huit mètres: mon corps m’envoie soudain mille milliards de signaux hystériques. «Tu vas mourir, respire! Respire! Respire TOUT DE SUITE!». Compliqué alors que 18 mètres nous séparent de la surface.

Mon cerveau reprend les commandes: tu as encore plein de temps. La pression te joue un tour et te fait croire que tu n’as plus de réserves. Détends-toi. OK. On continue. Vingt mètres: mon corps n’est...

L'extrême droite et l'inversion accusatoire

23 juin 2025 à 07:56

Une habitude un peu lourdingue

Cette technique de manipulation psychologique, qui consiste à tenter de faire porter la responsabilité de ses propres erreurs à autrui en l'accusant de les avoir commises, est utilisée par l'extrême droite dans son grand projet de dédiabolisation. Mais pas seulement. Exemple, avec un des soutiens du C9M.

C'est pas moi, c'est toi !

La petite musique « les antisémites, c'est LFI » et « le RN est le bouclier des Juifs » commence à infuser dans la population. Le travail de sape de CNEWS, Europe1 et toute la galaxie brune fonctionne. C'est une technique très prisée des pervers narciciques qui est ici utilisée par l'extrême droite : l'inversion accusatoire. Cette manipulation psychologique consiste à tenter de faire porter la responsabilité de ses propres erreurs à quelqu'un en l'accusant de les avoir commises.

Sur la base du classique « calomniez, calomniez, il en restera toujours quelque chose », cette technique un peu plus subtile infuse des idées pourtant saugrenues. Le public le plus incrédule, à force d'entendre un discours martelé sur toutes les antennes, finit par se dire qu'il y a bien une part de vérité, quelque part... Le tour est joué.

Car à bien y regarder, l'extrême droite est le parti de la haine, de l'antisémitisme. Depuis toujours, et encore aujourd'hui. Cela commence à sa création. Jean-Marie Le Pen le crée avec « les anciens Waffen-SS Pierre Bousquet et Léon Gaultier, des sympathisants néonazis tels que François Duprat et des nostalgiques de l'Algérie française, tels que Roger Holeindre, membre de l'Organisation de l'armée secrète (OAS) », comme l'indique Wikipedia.

Aujourd'hui, les articles ne manquent pas pour rappeler les liens entre Marine Le Pen et la galaxie du GUD, lui même...

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