De CNews et BFM TV à LCI, et de France 2 à TF1, à la suite de la condamnation de Marine Le Pen à une peine d'inéligibilité pour détournement de fonds publics, toutes les télés ont eu leur lot d'éditorialistes condamnant un "coup d'Etat judiciaire" (CNews) ou des juges qui veulent "flinguer Marine Le Pen". Certains ont même focalisé l'attention médiatique sur la présidente du tribunal, qui a été placée sous protection policière. Juristes comme journalistes s'inquiètent pour l'Etat de droit.
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Fin février, le climatosceptique Christian Gerondeau a été invité à l’antenne de Radio Classique où il a pu défendre des théories niant le réchauffement climatique sans être contredit. De quoi provoquer la colère des collaborateurs de la radio qui redoutent, sans pouvoir le prouver, l’interventionnisme de leur actionnaire, Bernard Arnault.
Entre l'annonce de la condamnation de Marine Le Pen et des 23 autres membres du RN dans l'affaire des assistants parlementaires, vers midi, et le discours de la cheffe du parti sur TF1, au "20 heures", les chaînes d'info y sont allées à fond. Avec une obsession : la remise en cause de l'avenir politique de Marine Le Pen et de sa candidature à la présidentielle en 2027. Au milieu des projections, toujours un peu hasardeuses, très peu de place laissée pour revenir sur les actes délictuels à l'origine de la condamnation.
En attendant une réponse plus ample, publiée sur le site cette semaine sous la forme d'un médiateur, quelques précisions suite à la publication de notre émission de vendredi dernier, et les (nombreux) commentaires dans le forum de l'émission - lequel a été inaccessible plusieurs heures pour des raisons techniques.
Où va le nouveau "Marianne" voulu par Denis Olivennes, qui préside aux affaires médiatiques françaises du Tchèque Daniel Křetínský ? L'examen de ses annonces à la rédaction, ainsi que de celles de la direction bicéphale composée de Frédéric Taddéi et d'Ève Szeftel, laisse perplexe tant elles diffèrent les unes des autres. Au sein de la rédaction, 14 départs de journalistes permanent·es ont déjà été confirmés. Si leurs raisons varient, l'équilibre politique interne penche désormais fortement sur la droite. Récit et réponses de CMI.
"Surpuissante", "impressionnante", "légendaire", la bagnole fascine les chaînes de télé. Ces derniers mois, de nombreux documentaires ont été consacrés à Tesla, Renault, Citroën, mais aussi l'autoroute A7, l'autoroute A89, sans oublier l'incroyable épisode sur l'A40 (une "autoroute céleste qui tutoie les cimes"). Des documentaires d'un autre temps, qui nous vendent le "grand frisson", la "liberté", de la "magie", "beaucoup d'émotions" grâce à des "épopées incroyables" et des "défis XXL". Oui, en continuant à véhiculer un imaginaire anachronique, totalement déconnecté des enjeux d'aujourd'hui, la télé reste un véritable eldorado pour le secteur auto. Qui le lui rend bien.
Deux journalistes et une scénariste viennent de publier un livre sur le meurtre de Thomas, 16 ans, tué à Crépol en 2023, par un groupe de jeunes. Un "fait divers qui a profondément divisé le pays", rappelle l'éditeur (Grasset). L'occasion pour CNews et d'autres médias d'extrême droite de lancer une vaste campagne de décrédibilisation à l'encontre du livre-enquête et de ses auteurs, fondée principalement sur des propos dévoyés et des contre-vérités.
D'importantes manifestations ont eu lieu en Israël pour contester de récentes décisions du gouvernement Benjamin Netanyahou, accusé de graves dérives autoritaires. Dérives qui concernent la politique intérieure, mais aussi les récentes opérations à Gaza. Alors que les tensions explosent et que la démocratie israélienne vacille, les journaux télévisés de TF1 et de France 2 n'y ont pour l'instant accordé aucun sujet. Ce qui étonne plusieurs correspondant·es sur place, contacté·es par Arrêt sur images.
Un journaliste de l'Humanité, initialement accrédité à la Conférence internationale sur la lutte contre l'antisémitisme à Jérusalem du 27 mars, a vu son inscription annulée soudainement par les autorités israéliennes... juste après que ses demandes de suivi auprès de la délégation du Rassemblement national ont été refusées.
Plusieurs dizaines de milliers de personnes ont défilé contre l'extrême droite à Paris, et dans plusieurs villes françaises, le 22 mars, lors de la huitième édition de la Marche des solidarités. A cette occasion, plusieurs fausses informations, faisant notamment état d'une pancarte anti-Blanc et de slogans antisémites, ont été relayées sur les réseaux sociaux. Puis répétées et commentées sur plusieurs chaînes d'info.
Le président argentin, élu il y a un peu plus d'un an, a pu voir son bilan allègrement défendu en France, par les tenants du libéralisme. Au point de minorer ses échecs. Et d'en oublier son projet politique dans son ensemble.
L'annonce par la direction du quotidien régional "Midi Libre" de baisses allant jusqu'à 37 % de la rémunération de leurs articles n'est pas passée auprès des 700 correspondant·es locaux·ales de presse du titre. Une centaine d'entre eux ont décidé de poser la plume en guise de protestation, tout en alertant les médias. La direction du journal a brandi des menaces de poursuite et mis fin à sa collaboration avec l'un de ces travailleurs indépendants, un statut d'ailleurs de plus en plus contesté.
Dans la foulée de la manifestation parisienne organisée pour les droits des femmes le 8 mars, le collectif "Nous Vivrons" a dénoncé, dans une tribune au Point "une marche de la honte qui a voulu mettre les juives au ban de la République". Suivi d'un récit médiatique sans contradictoire ni nuance, ponctué de saillies anti-féministes particulièrement virulentes.
Le procès de Joël Le Scouarnec, ex-chirurgien accusé d'agressions sexuelles et de viols sur de multiples patient·es, pourrait permettre de vulgariser la notion de "vulnérabilité chimique". Pourtant, le terme n'est pas - ou très peu - utilisé par les médias, lorsqu'il n'est pas confondu avec celui de "soumission chimique". Derrière ce non-dit, et cette confusion : des justifications défendables. D'autres, moins.
C'est visiblement un détail aux yeux de la plupart des médias qui ont abondamment relayé la colère du garde des Sceaux le 17 février : les soi-disant "massages offerts aux détenus pour la Saint-Valentin" n'ont pas eu lieu. Seule une poignée de médias a informé le public que la circulaire pondue à l'occasion par le ministre contre les activités "ludiques" en prison se fondait sur du vent.
Non content de démanteler la bureaucratie étasunienne en prenant le contrôle de ses systèmes informatiques stratégiques, Elon Musk et son DOGE proposent de remplacer les fonctionnaires limogés par des logiciels d'IA. Une manière de remplacer la politique par la technique, et la démocratie par le calcul.
Le "Monde" estime que "les médias Bolloré défendent désormais ouvertement la Russie", et Pascal Praud s'en émeut : selon lui, ce sont des "boniments". Analyse d'une semaine de propos sur la Russie et la guerre en Ukraine dans "L'Heure des pros". Et de leurs similitudes avec ceux du Rassemblement National.
C'est la dernière polémique politico-médiatique visant Rima Hassan. Une interview accordée à Jean-Jacques Bourdin sur Sud Radio, et un emballement autour d'une phrase sur le Hamas largement dévoyée. Pourquoi les propos de la députée européenne sur le Hamas sont inaudibles en France, alors qu'ils semblent conformes au droit international ? Entre l'auto-censure des chercheurs et les injonctions médiatiques, quelle place reste-t-il pour évoquer librement le sort politique des Gazaouïs, la colonisation, et l'évolution du Hamas ? Analyse avec des spécialistes du Proche-Orient.
Dans l'offensive lancée par sa rédaction contre Wikipédia, son nom revient régulièrement ces dernières semaines. Auteur de plusieurs articles sur le sujet, Erwan Seznec, journaliste au "Point", est accusé, par de nombreux contributeurs de Wikipédia, d'user - dans le cadre de son travail sur l'encyclopédie libre - de méthodes "peu déontologiques", voire "intimidantes". Qu'en est-il ? Au-delà de cet épisode, plusieurs de ses sources ou ex-collègues témoignent auprès d'Arrêt sur images d'un journaliste qui chercherait davantage à confirmer ses hypothèses qu'à établir les faits, sans toujours donner de place au contradictoire. Auprès d'ASI, il s'en défend formellement. Enquête.