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Plus d’1 smartphone sur 5 est de seconde main en France : le prix du neuf pousse les consommateurs vers l’occasion

23 février 2026 à 16:00
Des smartphones de seconde main

Le smartphone d’occasion n’est plus un marché de niche. Selon le baromètre 2025 réalisé par Kantar pour Recommerce, 22 % des smartphones utilisés en France sont désormais de seconde main, contre 20 % en 2024. En sept ans, la part a triplé.

Dans le même temps, 45 % des Français déclarent avoir déjà possédé un smartphone d’occasion ou reconditionné, contre 27 % en 2018. Le phénomène n’est plus anecdotique. Mais il reste tiré, avant tout, par le portefeuille.

La seconde main portée par le marché du reconditionné

Comme le souligne l’étude Kantar/Recommerce, ce sont surtout les smartphones reconditionnés par des professionnels qui portent la croissance du marché. Contrairement à un achat entre particuliers, un appareil reconditionné est testé, réparé si nécessaire, réinitialisé et vendu avec une garantie : des éléments qui rassurent les acheteurs.

Le marché français s’organise aujourd’hui autour de deux modèles. D’un côté, des reconditionneurs en propre comme Recommerce ou CertiDeal, qui maîtrisent l’ensemble de la chaîne, du rachat à la revente. De l’autre, des places de marché (Back Market en tête, mais aussi Amazon Renewed ou Fnac Darty) qui jouent les intermédiaires entre vendeurs et acheteurs.

Conséquence de cette structuration croissante : 53 % des Français se disent intéressés par l’achat d’un smartphone reconditionné auprès d’un professionnel. Reste à comprendre ce qui motive cet intérêt.

Un marché du neuf de moins en moins accessible

Le budget moyen consacré à un smartphone en France avoisine les 450 euros, selon les données GfK relayées par l’UFC-Que Choisir. Or les modèles haut de gamme frôlent, voire dépassent, les 1 000 euros : par exemple, un Samsung Galaxy S25 Ultra se négocie jusqu’à 1 500 euros, tandis que l’iPhone 17 Pro Max démarre à près de 1 300 euros.

En face, les évolutions d’une génération à l’autre restent marginales : meilleurs capteurs photo, autonomie allongée, nouvelles fonctions logicielles… Des progrès réels, mais qui ne changent pas fondamentalement l’expérience au quotidien. Investir un tel budget pour un gain anecdotique, c’est un arbitrage auquel de moins en moins de consommateurs consentent.

… Et des smartphones que l’on garde plus longtemps

Dans le même temps, on constate une tendance des constructeurs à concevoir des appareils plus réparables et plus durables ; notamment depuis la mise en place de l’indice de réparabilité en 2021. Cette longévité accrue peut, d’une part, contribuer à ce que les consommateurs renouvellent leur smartphone moins souvent, et d’autre part, renforcer l’attractivité des produits de seconde main.

Selon le baromètre du numérique 2025 (Arcom/Arcep), seuls 48 % des utilisateurs conservent leur smartphone moins de deux ans en 2024, contre 63 % en 2020. Les achats impulsifs reculent aussi : seulement 21 % des Français changent de téléphone alors que l’ancien fonctionne encore. Dans 71 % des cas, le renouvellement n’intervient qu’après une panne partielle ou totale. 

Smartphone de seconde main
© Kilian Seiler/Unsplash

Le réemploi gagne du terrain, mais le prix reste le déclencheur

Cette tendance à l’économie circulaire relève-t-elle d’une démarche écologique ? Selon le baromètre Recommerce, 36 % des acheteurs de smartphones en seconde main (soit entre particuliers, soit reconditionné) citent la volonté de favoriser le réemploi parmi leurs motivations. Côté revente, 37 % des Français déclarent avoir l’intention de revendre leur smartphone actuel, dont 20 % pour des raisons explicitement environnementales

Mais dans la décision finale, c’est toujours la question budgétaire qui l’emporte. 72 % des acheteurs citent le prix comme premier déclencheur d’acquisition d’un smartphone de seconde main.

L’argument écologique a d’ailleurs ses limites : 37 % des Français préfèrent conserver leur ancien téléphone « au cas où » plutôt que de le revendre, de le donner ou de le faire reconditionner. Autant d’appareils qui dorment dans un tiroir au lieu de réintégrer le circuit.

2026 : la hausse des prix du neuf pourrait accélérer le basculement

D’après Ranjit Atwal, cité par Ouest-France en tant que consultant pour le cabinet d’études Gartner, les prix des smartphones pourraient grimper de 10 à 20 % à partir de 2026. En cause : une pénurie de composants mémoire (DRAM et stockage flash), largement captés par les data centers nécessaires au développement de l’intelligence artificielle.

Dans ce contexte, la seconde main pourrait poursuivre sa progression, et devenir un réflexe pour une part croissante de consommateurs. Une carte à jouer pour les opérateurs de téléphonie, qui restent le canal d’achat privilégié des Français (29 %) : 78 % d’entre eux jugent important que leur opérateur propose une solution de reprise, condition pour que les appareils trouvent le chemin du reconditionnement.

Et vous ? Avez-vous déjà acheté un smartphone reconditionné ? Quelles raisons ont-elles motivé votre achat ?

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