Et si la démence n’était pas une fatalité ? Les 14 facteurs sur lesquels vous pouvez agir


Cher(e) ami(e),
Attention, nouveau scandale en vue !
Et cette fois, il nous vient tout droit du pays le moins corrompu au monde : le Danemark[1].
Une récente enquête indépendante[2] révèle des conflits d’intérêts inquiétants dans la cardiologie européenne – donc française.
Si votre médecin vous a déjà prescrit de l’ivabradine, commercialisé sous la marque Procoralan, lisez bien cette lettre.
Car vous pourriez être un dommage collatéral de cette affaire.
Et comme souvent, ne comptez pas sur les médias français pour vous en parler…
Pour l’instant, c’est silence radio !
Peut-être aussi parce qu’une fois de plus, c’est le laboratoire français Servier qui est mouillé :
Vous le savez comme moi, avoir une fréquence cardiaque élevée est un facteur de mauvais pronostic.
Un cœur qui bat trop vite s’abîme plus vite…
Autant dire que celui qui trouverait un médicament capable de capter le marché de l’insuffisance cardiaque… serait assuré d’un marché immense.
Car rien qu’en France, on estime à plus de 1,5 million d’insuffisants cardiaques !
Surtout qu’au tournant des années 2000, les seules molécules pour ralentir le coeur avaient des effets secondaires majeurs :
Les bêta-bloquants étaient mal tolérés, tandis que les inhibiteurs calciques bradycardisants aggravaient souvent l’insuffisance cardiaque – le comble !
Aucune molécule ne permettait donc de ralentir sélectivement le cœur[3] sans influencer la tension ou sa contractilité (force de contraction).
Servier s’engouffre dans la brèche et met au point la poule aux œufs d’or : l’ivabradine.
En battant moins vite, votre cœur consomme moins d’oxygène… et s’économise.
Servier avait enfin trouvé « LE » remède tant attendu des cardiologues.
En 2005, l’Agence du médicament européenne l’approuve pour l’angine de poitrine[4].
Mais en 2008, tout s’accélère :
C’est l’étude bien nommée, Beautiful[5], qui propulse l’ivabradine en blockbusters des médicaments en cardiologie.
Son objectif était de voir si la molécule réduisait effectivement la mortalité cardiaque et les hospitalisations pour infarctus.
Sur la forme, elle semble irréprochable car elle est réalisée selon le « gold standard » de l’essai randomisé contre placebo, en double aveugle et multicentrique.
Et elle est même publiée dans le très prestigieux Lancet[6] !
L’emballement médico-médiatique est immédiat :
« L’ivabradine pourrait sauver 10 000 vies par an ! »

L’étude fait naturellement la une au Congrès annuel de la société européenne de cardiologie[7] (ESC) en 2008.
Rapidement, l’ivabradine figure parmi les lignes directrices européennes, que tout bon cardiologue doit « suivre ».
Avec la bénédiction de l’EMA et de l’ESC, le marché est assuré pour Servier !
En 2010, une autre étude, SHIFT[8], financée par Servier, montre que l’ivabradine réduirait les hospitalisations.

C’est la consécration.
L’ivabradine est prescrite à tour de bras partout en Europe…
Servier empoche le pactole[9]…
Car bien sûr, l’ivabradine est aussi 40 fois plus chère que les médicaments existants sur le segment !
Mais alors, où est le problème me direz-vous ?
Eh oui, et il a un nom : Pr Kim Fox.

Le CV de ce cardiologue britannique est long comme le bras[10].
Très respecté par ses pairs, il diligente très tôt des études sur l’ivabradine, dès 2003[11].
Et devinez qui dirige l’étude Beautiful en 2008 ? C’est LUI !
Et devinez qui prend la présidence de l’ESC entre 2006 et 2008 ? C’est LUI !
Tiens, tiens…
Et devinez qui assure publiquement :
« L’ivabradine est connue comme étant un puissant anti-ischémique. Avec les résultats de l’étude BEAUTIFUL, l’ivabradine devient le premier traitement anti-angoreux à montrer une réduction des infarctus du myocarde et des revascularisations, avec un excellent profil de tolérance, même en association avec d’autres médicaments. »
ou encore pire : « Ceci est le gold standard pour tout médicament anti-ischémique et anti-angoreux. »
Eh bien, c’est encore LUI !
Et à votre avis, qui préside le groupe de travail qui a recommandé l’ivabradine au sein de l’ESC : encore LUI, voyons !
Encore une dernière question : qui bénéficiait le plus de cette « avancée » : les patients ?
Eh non, raté, c’est encore LUI.
Car selon l’enquête indépendante danoise, le Dr Kim Fox aurait touché pas moins de 80 millions d’euros par Servier pour promouvoir l’ivabradine[12] !
Oui, vous avez bien lu… et c’est tout simplement é-coeu-rant !
Car le fond du problème, c’est la réalité clinique :
C’était écrit noir sur blanc dans la conclusion de l’étude Beautiful de 2008…
« Pas de réduction significative des décès ni même des hospitalisations[13] ».
En examinant les données de plus près, on constate même que le taux de mortalité toutes causes confondues était légèrement supérieur chez les patients traités par ivabradine (10,4 %) par rapport au placebo (10,1 %).
Certes, cette différence n’est pas statistiquement significative, mais elle devrait néanmoins inciter à la prudence.
D’autant plus que l’étude n’a porté que sur un suivi de deux ans… Qu’en serait-il sur 5 ou 10 ans ?
Pourtant, NON, tous les cardiologues ou presque se sont fiés aux louanges et à l’autorité de leur président…
Mais, en 2014, le rétropédalage commence.
L’essai SIGNIFY montre que l’ivabradine n’est pas utile pour les coronariens sans insuffisance cardiaque – ce qui fait tache pour un médicament censé leur être destiné.
Les autorités européennes la réévaluent dans la foulée.
La recommandation pour l’angine de poitrine ne tient plus et tombe, mais celle en cas d’insuffisance cardiaque subsiste.
En 2015, nouveau coup de poker : la pharma américaine Amgen rachète les droits d’exploitation de l’ivabradine à Servier pour… 50 millions d’euros[14].
Les médias américains acclament l’ivabradine comme le « nouvel espoir » car c’est le « premier traitement approuvé par la FDA depuis 10 ans dans le traitement de l’insuffisance cardiaque ».
Eux aussi succombent aux sirènes marketing…
Pourtant, en 2017, l’ivabradine fait son entrée (moins triomphante) dans le classement des « médicaments à écarter pour mieux soigner » de la revue indépendante, Prescrire[15]…
En 2020, la Cochrane enfonce le clou :
Après avoir examiné 19 études cliniques, les experts indépendants concluent à l’absence de « différence en termes de mortalité cardiovasculaire et d’événements indésirables graves entre le traitement à long terme à l’ivabradine et le placebo/les soins habituels/l’absence de traitement[16] ».
Conclusion : sans son porte-voix, l’ivabradine serait tombée aux oubliettes…
Car non seulement inefficace, elle n’est pas sans danger.
Avec parmi ses effets secondaires : de la bradycardie (ralentissement excessif du cœur), des phosphènes (troubles visuels transitoires), des maux de tête, des vertiges…
Si vous prenez actuellement de l’ivabradine, n’arrêtez pas votre traitement, mais parlez-en avec votre médecin.
Il n’est peut-être tout simplement pas informé (de façon indépendante)…
Encore une magistrale illustration du proverbe africain :
« Le poisson pourrit toujours par la tête »
Bonne santé,
Catherine Lesage
PS : Officiellement, le Pr Kim Fox ne fait plus partie de l’ESC. Toutefois, 45,8 % des budgets de la société proviennent encore de l’industrie pharmaceutique… alors que 80 % des membres des groupes de travail sur les recommandations à l’ESC ont des conflits d’intérêts avec l’industrie… Impartiaux, vraiment[17] ?
Cher(e) ami(e) de la Santé,
C’est un médecin américain, le Dr Finzi, qui s’en est rendu compte le premier.
Lorsqu’il injectait du botox entre les yeux de ses patientes, il voyait parfois leur humeur s’améliorer.
Pourquoi ?
Eh bien parce que le botox, à cet endroit-là, empêche de froncer les sourcils1.
Et apparemment, cela permet d’aider à retrouver le moral !
La théorie est la suivante :
« Le Botox injecté dans le front et entre les sourcils bloquerait les expressions de colère, d’anxiété et de tristesse. En paralysant ces mouvements, il court-circuiterait l’émotion elle-même. Le cerveau ne recevant plus d’informations pro-dépression, celle-ci céderait la place à un état d’esprit plus positif2. »
Faites l’expérience : froncez les sourcils de manière prolongée, et vous commencerez à sentir la tristesse venir.
À l’inverse, relevez-les, comme lorsque vous souriez, et la bonne humeur vous gagnera.
Il faut savoir que les petits muscles activés par le sourire déclenchent des anti-dépresseurs naturels (la dopamine).
Et parmi ces petits muscles aux effets étonnants, il y a les « muscles corrugateurs », qui sont activés lorsque vos sourcils bougent.
Ainsi, quand le botox vous empêche de « faire la gueule », eh bien votre humeur s’améliore aussi.
C’est prouvé scientifiquement par plusieurs essais randomisés contre placebo3.
Évidemment, je ne vous recommande pas du tout de vous injecter quoi que soit dans le visage.
Car le botox est une toxine dont on ne sait rien des effets à long terme, si ce n’est qu’on finit par en retrouver des traces dans le cerveau.
Mais il existe un moyen d’obtenir les mêmes effets, naturellement.
Pourquoi ne pas s’efforcer de sourire… jusqu’à ce que cela devienne une seconde nature ?
Cela peut commencer par un peu de gymnastique faciale.
Chaque jour, prenez quelques minutes pour froncer et défroncer les sourcils. Étirez les coins de votre bouche. Souriez la bouche fermée. Puis la bouche ouverte. Activez ainsi les molécules de la bonne humeur.
Si la « gym du visage » ne vous donne pas envie, vous pouvez vous contenter de vous regarder dans une glace… et sourire.
Souriez-vous, avec sincérité. Conservez le sourire et observez la modification de votre état intérieur. Prenez l’habitude de faire cela, chaque matin et chaque soir, par exemple après vous être brossé les dents.
L’effet sur votre humeur sera plus durable que vous ne l’imaginez.
Et ne vous contentez pas de sourire quand vous êtes seul.
Essayez aussi de cultiver votre sourire avec les autres. Soyez à l’affût des sourires de vos collègues ou de vos proches, et rendez-le leur.
Et s’ils en sont avares, n’hésitez pas à prendre les devants, vous verrez que le sourire est communicatif !
Vous n’imaginez pas le bien que vous vous ferez en souriant davantage.
Car se forcer à sourire est bien plus qu’une arme anti-déprime. C’est aussi un moyen imparable d’améliorer sa santé.
Sourire relaxe l’organisme, réduit les hormones du stress, abaisse la tension artérielle et protège contre les maladies cardiaques.
Mieux : le sourire renforce le système immunitaire. Il aide même votre corps à produire les fameux lymphocytes T qui attaquent les cellules cancéreuses4.
À tel point que l’hôpital chinois de Guangzhou a incorporé la thérapie du sourire dans son protocole de lutte contre le cancer5!
Souriez, et ce sont littéralement des années de vie en bonne santé que vous pourriez gagner.
Littéralement ?
Oui : des chercheurs ont examiné les photographies de joueurs de base-ball professionnels des années 19506. Et ils ont découvert que ceux qui souriaient à pleines dents avaient vécu en moyenne 79,9 ans contre 72,9 ans pour ceux qui ne souriaient pas !
Alors n’hésitez plus. Activez cet anti-dépresseur naturel… et n’ayez surtout pas peur du surdosage !
Bien au contraire : la méga-dose – le rire – est fortement recommandée.
Le rire a tous les effets bénéfiques du sourire… en plus puissant.
C’est même un anti-douleur avéré : une minute de rire est aussi efficace contre les douleurs qu’un comprimé chimique7 !
Bien sûr, il n’est pas si facile de se forcer à rire. Mais comme pour le sourire, c’est une simple question d’entraînement.
Dans son excellent livre Tout déprimé est un bien portant qui s’ignore, le Dr Michel Lejoyeux recommande la pratique des « trois rires par jour ».
Le soir, essayez de trouver trois principales raisons de rire, par exemple en repensant à des moments drôles de la journée. Puis le lendemain matin, repensez-y. Et ainsi de suite, jusqu’à ce que cela devienne un automatisme.
Une autre possibilité est de prolonger l’exercice du sourire devant votre miroir. Allez un cran plus loin : faites « Ha ! Ha ! Ha ! ». Imitez le rire, pensez à quelqu’un qui rit. Surtout, n’ayez pas peur d’avoir l’air ridicule, cela pourrait au contraire vous aider à rire… de vous-même !
Et vous verrez, au bout d’un instant, vous vous mettrez à rire franchement, et vous ressentirez dans tout votre corps la chaleur joyeuse d’une bonne humeur retrouvée.
Si tout cela ne suffit pas, vous pouvez même essayer de rejoindre un club de « yoga du rire ».
Je vous en ai déjà parlé, mais si vous ne savez pas de quoi il s’agit, je vous invite à voir cette vidéo, à partir de la minute 1’50… et je vous mets au défi de ne pas rire aux éclats !
Ces petits conseils n’effacent pas les causes du mal-être. Mais ils vous font aller mieux, et c’est déjà énorme.
Malgré les difficultés du quotidien, c’est le chemin pour redécouvrir ces belles paroles de la chanteuse Barbara :
Et sans prévenir, ça arrive
Ça vient de loin
Ça s’est promené de rive en rive
Le rire en coin
Et puis un matin, au réveil
C’est presque rien
Mais c’est là, ça vous émerveille
Au creux des reins
La joie de vivre
Bonne santé !
Cher(e) ami(e) de la Santé,
Quel aveu du Pr. David Khayat, ancien chef du plus grand service de cancérologie de France :
« Pendant de nombreuses années, je dois le reconnaître, j’ai été assez réfractaire à l’idée que le stress, le malheur, la tristesse puissent être à l’origine du cancer. Mais aujourd’hui, j’ai changé d’avis »[1].
Il était temps que la médecine prenne en compte les émotions.
Aujourd’hui, même les scientifiques les plus matérialistes reconnaissent que les pensées négatives peuvent nous rendre malade.
Des chercheurs ont par exemple montré que le lendemain de la perte d’un être cher, vous avez 21 fois plus de risques d’avoir une crise cardiaque[2].
À l’inverse, on observe que les émotions positives renforcent les mécanismes réparateurs de notre organisme.
Ce qui reste toujours très polémique, en revanche, c’est la question du sens des maladies.
Qu’on le veuille ou non, c’est un problème qui tenaille énormément de patients.
Lorsqu’il arrive un grand malheur, notre premier réflexe est de refuser d’y croire (« pas moi », « non », « c’est impossible »).
Puis, notre second mouvement, éminemment humain, est de ressentir de la colère et de l’incompréhension : « Qu’est-ce que j’ai fait au bon dieu ? », disait-on autrefois. « Pourquoi ? » « Pourquoi moi ? », dit-on plutôt aujourd’hui.
Tous ceux qui ont eu le terrible malheur de perdre un enfant se sont posé la question du « pourquoi » – même si leur enfant est mort dans un « banal » accident de la route.
Cette question du sens est aussi très fréquente à l’annonce d’une terrible maladie. Un patient ordinaire, Bruno, explique bien ce qu’il a ressenti :
« Quand l’annonce du cancer de la gorge est tombée, ma première réaction a été : “Pourquoi moi, pourquoi ça ?”. Ce qui m’arrivait n’avait pas de sens. Or, j’ai besoin de mettre du sens pour m’approprier les choses. L’hôpital ne m’apportait aucune explication cohérente, on me proposait seulement de m’immobiliser dans une machine pour subir une radiothérapie[3]. »
Personnellement, je suis convaincu que cette quête de sens ne doit surtout pas être balayée d’un revers de main.
Donner du sens aux malheurs qui nous arrivent n’est pas seulement un besoin chez la plupart des gens.
La maladie est aussi le moment ou jamais pour faire le point sur notre existence – et de voir ce que nous pouvons changer pour mieux vivre !
Les maladies sont une occasion de changer en profondeur car elles donnent le temps propice à la réflexion, à la définition de nos priorités.
Prenez le cas de René, cadre à la retraite :
« Avec le recul, je considère mon infarctus comme un cadeau de la vie. J’ai passé ma vie à me battre contre la vie. Il fallait agir, produire, créer, réaliser ; toujours plus, toujours plus vite. Deux fois par an, épuisé, je prenais des vacances. Puis je reprenais le cours infernal de mon existence, en déclarant que c’était de la folie, que j’allais y laisser ma peau, mais qu’il n’était pas possible de faire autrement. Lorsque la pression était difficile à supporter, je disais assurer ma retraite, je prétendais préparer un futur plus doux, je me promettais un repos bien mérité ; toujours plus tard. Jusqu’au jour où j’ai ressenti une horrible douleur dans la poitrine. J’ai cru mourir. Il s’en est fallu de peu. Aujourd’hui, je réalise que ma peur et mes croyances dirigeaient mon existence. Si ma santé ne m’y avait pas obligé, je n’aurais sans doute jamais adopté un autre mode de vie. Mon cœur m’a rappelé à l’ordre. »
La maladie de Sophie, par exemple, lui fait toucher du doigt un décalage entre la vie qu’elle menait et ses aspirations profondes :
« Depuis que j’ai la sclérose en plaques, j’éprouve le besoin de me ressourcer dans la nature. J’avais oublié à quel point la nature est importante pour moi. Enfant, je vivais à la campagne. J’étais heureuse. Puis je suis allée vivre à Paris. Je croyais y être heureuse. Je réalise que j’y étais simplement contente. Ce n’est pas si mal me direz-vous. Je vous répondrai que ce n’est pas assez. J’ai besoin de la nature, de sa simplicité, de sa paix, de sa violence aussi, de son équilibre, de sa beauté. J’ignore si ma maladie provient d’un « manque de nature », mais je sais que ma guérison ne sera possible que grâce à un « apport de nature ». Et même si cet apport ne me permet pas de me débarrasser définitivement de ma sclérose en plaques, au moins je me serai reconnectée à ce qui est essentiel pour moi[4]. »
Alors n’hésitez pas à faire le point sur votre vie, à chercher le sens (sans attendre la maladie, d’ailleurs !).
Mon conseil, toutefois, est de ne pas forcément chercher à tout prix le sens de votre maladie dans un « manuel » ou dans une théorie « toute faite ».
Guy Corneau décédé en 2017, quelques années après avoir surmonté victorieusement son cancer, l’a exprimé avec sagesse :
« Il importe de se mettre à l’écoute du sens de ce qui nous arrive, car ce sens aide à vivre. Toutefois, si vous êtes malade et cherchez le sens de ce qui vous arrive, ne vous acharnez pas pour savoir si c’est « exactement » ce que la maladie a voulu vous signifier, comme j’ai vu plusieurs personnes le faire, demeurant ainsi prisonnières d’une opération mentale. Je dirais qu’il n’est pas nécessaire que ce sens soit absolument juste ou relativement juste. L’important est d’en trouver un qui réponde à nos tripes, d’en découvrir un que nous sentons pertinent au plus profond de nous-mêmes. »
L’avantage est de ressentir que vous êtes bien aux commandes de votre vie – et non pas malmené par des événements sur lesquels vous n’avez aucun contrôle.
C’est aussi l’occasion de vous poser des questions sur votre mode de vie – stress, alimentation, polluants – et d’essayer de retrouver l’équilibre que votre santé réclame.
Il ne faut pas ressentir de la culpabilité – c’est pire que tout. Mais il est primordial de reconnaître une part de responsabilité dans ce qui nous arrive.
Au total, la maladie n’est pas seulement un « adversaire à abattre ». C’est aussi un messager à écouter.
C’est ce qu’exprime très bien Thierry Janssen, auteur de l’excellent livre La maladie a-t-elle un sens, à qui je voudrais laisser les derniers mots :
« Si nous considérons la maladie comme l’ennemi de la bonne santé, inévitablement nous nous sentons impuissants face au danger, nous nous positionnons en victimes, et nous dépensons tous nos efforts à trouver des moyens de nous défendre ou de nous battre.
En revanche, si nous acceptons l’idée que la maladie est une manifestation de la santé, automatiquement nous comprenons qu’elle n’est pas inévitable, nous sommes obligés d’assumer notre responsabilité dans les processus qui l’ont créée, et nous pouvons tenter de prévenir son apparition.
De la « maladie ennemie » à la « maladie amie ». De la « maladie à soigner » à la « maladie à écouter ». De la « maladie à subir » à la « maladie à prévenir ».
Bonne santé,
Xavier Bazin