Comment Proton Mail a aidé le FBI à démasquer un manifestant, abonné à sa messagerie chiffrée
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Proton Mail, le service de messagerie chiffré qui vend de la confidentialité à tout prix, a transmis des données de paiement aux autorités suisses. Ces données ont ensuite atterri entre les mains du FBI, qui a pu identifier la personne derrière un compte mail anonyme lié au mouvement Stop Cop City à Atlanta.
Le FBI enquêtait sur Defend the Atlanta Forest, un groupe affilié au mouvement Stop Cop City qui s'opposait à la construction d'un centre d'entraînement de police dans un parc d'Atlanta. Pour identifier qui se cachait derrière une adresse Proton Mail utilisée par le groupe, les Américains sont passés par un traité d'entraide judiciaire avec la Suisse (le MLAT).
Le 25 janvier 2024, les autorités suisses ont donc renvoyé au FBI le nom complet de la personne qui avait payé l'abonnement Proton avec sa carte bancaire. Les mails restent chiffrés, personne n'a lu quoi que ce soit, mais le simple fait d'avoir utilisé une carte de crédit a suffi à lever l'anonymat.
Proton avait déjà fait parler en 2021, quand l'entreprise avait fourni l'adresse IP d'un militant écologiste français du collectif Youth for Climate, sur ordre d'un tribunal suisse. L'information avait transité par Europol et avait conduit à des arrestations en France.
Proton avait ensuite discrètement retiré de son site la mention "nous n'enregistrons pas votre adresse IP". Côté communication, le discours est rodé : Edward Shone, responsable de la comm chez Proton, assure que l'entreprise n'a rien transmis directement au FBI et ne fournit que "les informations limitées dont elle dispose" quand la justice suisse l'exige.
Le chiffrement de bout en bout, ça fonctionne. Proton ne peut pas lire vos mails, et personne ne remet ça en question. Mais l'entreprise conserve les données de facturation, et si vous avez payé par carte bancaire, votre nom et vos coordonnées sont dans leurs fichiers.
Proton propose des moyens de paiement anonymes (cryptomonnaies, espèces par courrier), mais dans les faits, peu d'utilisateurs y pensent. La personne identifiée dans cette affaire n'a d'ailleurs jamais été inculpée, mais son identité est entre les mains du FBI.
Il faut vraiment garder en tête que le chiffrement protège le contenu de vos messages, pas votre identité. Proton a beau vendre de la confidentialité, l'entreprise reste soumise au droit suisse comme toutes les autres. Payer un service "confidentiel" avec sa carte Visa et espérer rester anonyme, autant mettre un cadenas sur une porte vitrée...
Sources : 404Media , YCombinator

Pendant longtemps, je n’ai pas vraiment réfléchi à la question. Comme beaucoup, j’utilisais Gmail et Google Drive par facilité. Tout fonctionnait bien, l’écosystème était fluide, les outils efficaces, intégrés partout. Et puis, petit à petit, le contexte a changé. Ou plutôt, j’ai commencé à vraiment le regarder en face.
Entre les tensions géopolitiques, la pression croissante des États-Unis sur les données numériques, et une prise de conscience européenne encore timide mais bien réelle, quelque chose s’est fissuré. Pas un rejet brutal, pas un boycott idéologique, mais un doute persistant. Est-ce vraiment raisonnable de continuer à confier l’intégralité de sa vie numérique à des entreprises soumises à des lois étrangères, parfois incompatibles avec nos propres principes européens ?
Ce déclic, pour moi, s’est matérialisé par une décision très concrète : quitter Gmail et Google Drive pour des services européens. Et notamment ceux proposés par Proton. J’étais déjà utilisateur régulier de ProtonVPN pour protéger ma connexion et accéder à du contenu censuré, mais il fallait aller au bout de la démarche en protégeant mes messages et données personnelles.
Depuis quelques années, la question de la souveraineté numérique n’est plus réservée aux experts ou aux cercles politiques. Elle s’invite progressivement dans le débat public, souvent à la faveur de décisions ou de révélations qui rappellent une réalité assez brutale : les données européennes ne sont pas aussi protégées qu’on aimerait le croire.
Les États-Unis disposent d’un arsenal juridique extrêmement puissant pour accéder aux données, y compris celles de citoyens non américains. Le Cloud Act et le Patriot Act permettent, sous certaines conditions, d’exiger d’entreprises américaines l’accès à des données, même lorsque celles-ci sont hébergées hors du territoire américain.
Ce n’est pas de la théorie. Des entreprises comme Microsoft ont reconnu avoir fourni des éléments sensibles aux autorités américaines, y compris des clés de chiffrement Bitlocker dans certains cas. Tout cela se fait dans un cadre légal américain, mais qui entre frontalement en contradiction avec l’esprit du RGPD européen.
Dans le même temps, le retour sur le devant de la scène politique de Donald Trump et le durcissement du discours américain sur la domination technologique rappellent que le numérique est devenu un levier de puissance stratégique. L’Europe, elle, se retrouve coincée entre deux modèles : celui des États-Unis, fondé sur la monétisation massive des données, et celui de la Chine, basé sur le contrôle étatique.
Il serait faux de dire que l’Europe ne fait rien. Les lignes bougent, lentement, parfois maladroitement, mais elles bougent. On observe une volonté croissante de promouvoir des solutions européennes, notamment dans les administrations, les collectivités et certaines grandes entreprises.
Des projets de cloud souverain émergent, des appels d’offres excluent de plus en plus certains acteurs extra-européens, et le discours politique évolue. On parle enfin de dépendance technologique, de résilience numérique, de protection des données comme d’un enjeu stratégique.
Mais cette prise de conscience institutionnelle reste fragile. Et surtout, elle ne suffit pas si, à titre individuel, nous continuons à utiliser par défaut les services des GAFAM sans jamais remettre nos choix en question. La souveraineté numérique, ce n’est pas uniquement une affaire d’États ou de lois. Elle commence aussi à l’échelle personnelle.
Je ne vais pas prétendre que j’ai quitté Gmail et Google Drive du jour au lendemain. Comme beaucoup, j’y étais profondément ancré. Des années d’archives, des dizaines de services connectés, des habitudes bien installées.
Mais à force de lire, de creuser, de travailler sur les sujets tech et business, j’ai fini par me poser une question simple : est-ce que ce confort justifie vraiment de renoncer totalement au contrôle de mes données ?
Je ne parle pas ici de paranoïa ou de secret d’État. Juste de cohérence. Quand on sait que le modèle économique de Google repose en grande partie sur l’exploitation des données, même de manière indirecte, continuer à centraliser ses emails, ses documents et ses fichiers personnels chez un seul acteur américain commence à poser problème.
Le vrai déclic, finalement, a été de réaliser qu’il existait désormais des alternatives crédibles, matures, et surtout européennes. Pas des solutions bricolées ou militantes, mais de véritables services professionnels. C’est comme ça que je me suis tourné vers Proton.

Proton n’est pas un acteur né d’un rejet idéologique des GAFAM. C’est une entreprise européenne, fondée par des scientifiques du CERN, avec une philosophie simple : remettre l’utilisateur au centre, et non ses données.
La différence fondamentale avec Google est là. Chez Proton, il n’y a pas de publicité ciblée, pas de profilage marketing, pas de revente de données. Le modèle économique repose sur l’abonnement, pas sur l’exploitation des usages.
Le chiffrement de bout en bout est au cœur de tous les services. Concrètement, cela signifie que même Proton ne peut pas accéder au contenu de vos emails ou de vos fichiers. Ce n’est pas un argument marketing flou, c’est une réalité technique vérifiable.
Le passage de Gmail à ProtonMail a été beaucoup moins douloureux que ce que j’imaginais. L’import des emails est relativement fluide, l’interface est moderne, et on retrouve rapidement ses repères.

Évidemment, il y a quelques ajustements. Le moteur de recherche fonctionne différemment à cause du chiffrement, certaines automatisations sont moins poussées qu’avec Google, mais honnêtement, ce sont des concessions mineures au regard des gains en confidentialité. Lorsque l’on vient de Gmail la prise en main est immédiate car ProtonMail s’est largement inspiré de Gmail ce qui est assez malin. On retrouve les dossiers, les labels, les favoris, la mise en attente des messages, … Pour ma part la transition a été très naturelle.
Au quotidien, ProtonMail fait largement le travail. Les performances sont au rendez-vous, la délivrabilité est excellente, et le sentiment de reprendre la main sur ses communications est réel. Pour une fois, on n’a pas l’impression d’être observé en permanence. L’ergonomie est excellente, que vous soyez sur PC ou sur votre smartphone.
J’ai conservé ma boîte Gmail pour tout ce qui est newsletters, publicités, abonnements à des cartes quand on me demande mon mail dans un magasin. Mais tout ce qui est personnel et administratif est désormais basculé sur ProtonMail.
C’est probablement sur la partie stockage que le changement a été le plus symbolique. Google Drive est extrêmement pratique, très intégré, et largement adopté. Le quitter demande un peu plus de réflexion.

Proton Drive propose une approche radicalement différente. Tous les fichiers sont chiffrés côté client, ce qui signifie que personne d’autre que vous ne peut y accéder. Pas même Proton.
Pour un usage professionnel ou personnel classique, c’est largement suffisant. Documents, fichiers sensibles, sauvegardes… tout y passe. Là encore, on perd certaines fonctionnalités avancées de collaboration en temps réel, mais on gagne en tranquillité d’esprit.
C’est un arbitrage assumé. Moins de magie, plus de contrôle.
Comme pour Google Drive, vous pouvez profiter de Proton Drive sur ordinateur (Web ou Application) et sur Smartphone.
Dans la mesure ou j’ai pris l’abonnement Proton Unlimited qui regroupe Proton Mail, Proton Drive, Proton VPN, Proton Pass, Proton Calendar, Proton Sheets, Proton Lumo AI, Proton Wallet, Proton Docs, je dispose de 500 Go d’espace global, ce qui est juste parfait pour moi. Et le premier usage que je fais de ProtonDrive sur mon smartphone est de synchroniser toute ma galerie photo, en plus de la sauvegarder sur mon NAS UGREEN.
Ce qui m’a définitivement convaincu, ce n’est pas un service isolé, mais l’écosystème global. Proton ne se limite pas à un email ou à un drive. L’offre inclut aussi un VPN, un gestionnaire de mots de passe, un calendrier et des outils collaboratifs. Je suis un gros utilisateur de VPN et Proton VPN se révèle être aujourd’hui l’une des meilleurs solutions VPN du marché avec un gros focus sur le respect de votre vie privée et la possibilité de faire du téléchargement de Torrent sans restrictions et à très haut débit.
Voici une vue d’ensemble des services proposés dans l’abonnement Proton Unlimited :
| Service | Fonction principale | Valeur ajoutée |
|---|---|---|
| Proton Mail | Messagerie sécurisée | Chiffrement de bout en bout |
| Proton Drive | Stockage cloud de 500 Go | Données inaccessibles aux tiers |
| Proton VPN | Navigation sécurisée | Pas de logs, juridiction européenne |
| Proton Pass | Gestionnaire de mots de passe | Sécurité et simplicité |
| Proton Calendar | Agenda chiffré | Respect de la vie privée |
N’hésitez pas à tester les services de Proton, vous avez 30 jours d’essai ce qui est parfait pour vous familiariser avec les solutions.

Changer de services numériques ne va pas bouleverser l’équilibre géopolitique mondial. Mais multiplier ces choix, à l’échelle individuelle et collective, envoie un signal clair.
L’Europe ne pourra jamais prétendre à une véritable souveraineté numérique si ses citoyens, ses entreprises et ses administrations continuent à dépendre quasi exclusivement d’acteurs soumis à des lois étrangères. Sans posture anti-américaine, sans rejet caricatural, il est simplement temps de diversifier et de privilégier des solutions alignées avec nos valeurs.
Pour ma part, quitter Gmail et Google Drive a été moins une rupture qu’un réalignement. Un choix pragmatique, réfléchi, et finalement assez naturel.
Parce que ces services dépendent d’entreprises soumises à des lois américaines permettant l’accès aux données, même celles des Européens.
Oui, Proton repose sur le chiffrement de bout en bout et un modèle économique sans publicité ni exploitation des données.
La migration demande un peu de temps, mais les outils d’import facilitent grandement le processus.
Oui, de plus en plus d’indépendants et de PME utilisent Proton pour leurs emails et leur stockage sécurisé.
Proton est une entreprise européenne, basée en Suisse, hors juridiction américaine, avec des infrastructures conformes aux standards européens.
Cet article original intitulé Pourquoi j’ai quitté Gmail et Google Drive pour des services européens a été publié la première sur SysKB.