Vue normale

Némésis : Alice Cordier et ses accointances chez les néonazis

12 mars 2026 à 19:30

Le geste de trop en 2022 ?

Accusée d’avoir une « part de responsabilité morale » dans la mort de Quentin Deranque, visée par la diffusion de photographies privées sur les réseaux sociaux, et pointée pour ses accointances avec des milieux néonazis ainsi que pour des gestes renvoyant à une imagerie néonazie, Alice Cordier affirme porter plainte contre de nombreuses personnes qui l’accusent d’être une néonazie. Une députée de la LFI a saisi la Procureure de la République, pour apologie de crimes contre l'humanité.

Les gestes d'Alice Cordier

Fondé à Paris en 2019, le collectif d’extrême droite Némésis est un mouvement « fémonationaliste », mêlant discours pseudo-féministe et rhétorique anti-immigration. Son nom renvoie à une déesse guerrière issue de la mythologie grecque, tandis que son logo représente la déesse nordique Frigga. Le groupe s’est fait connaître par des actions spectaculaires dans l’espace public et par des prises de position dénonçant, avec une obsession sélective, les violences sexuelles commises par des étrangers.

Une du journal l’Humanité, 2026.
Une du journal l’Humanité, 2026.

Soutenu dans les milieux de l’extrême droite et même par Bruno Retailleau, Némésis est vivement contesté par de nombreux collectifs féministes et par des chercheurs, qui dénoncent une instrumentalisation des thèmes féministes à des fins identitaires et réactionnaires. Le collectif s’est illustré par plusieurs actions controversées, dont une infiltration du cortège féministe NousToutes à Paris en novembre 2022 et le déploiement de banderoles jugées racistes lors d’autres mobilisations. Initiatives qui ont conduit à des signalements judiciaires et à des plaintes pour provocation à la haine raciale.

Némésis est ses accointances avec des néonazis

Le parcours de la militante fasciste Alice Cordier est révélateur de ses positions idéologiques actuelles au sein de Némésis. Formée à l’Action Française, elle accorde en 2022 une interview au reporter d’extrême droite Vincent Lapierre. Elle y apparaît accompagnée d’Antoine G., alors cadre de l’Action...

Meuse : manif pour la fermeture d’un lieu néonazi

17 février 2026 à 17:36

La préfecture « criminalise » les antifascistes

À Combres-sous-Côtes, petit village de la Meuse à quelques kilomètres de Verdun, un hangar agricole connu sous le nom de Taverne de Thor est devenu, au fil des années, un lieu de rassemblement néonazi, témoignant de l’implantation de l’extrême droite radicale en milieu rural. Ce samedi 7 février, malgré un dispositif policier disproportionné, l’inter-orga antifasciste a pu tenir une manifestation et installer un village antifasciste, afin de réclamer la fermeture de ce repaire.

Reportage à la taverne de Thor - © Reflets

L’histoire de la Taverne de Thor remonte aux années 2010, lorsqu'un bâtiment à Toul commence à être utilisé par des membres des Hammerskins, organisation suprémaciste blanche internationale. En 2015 leur lieu à Toul est fermé et ils se déplacent à Combres-sous-les-Côtes : concerts, rassemblements, entraînements sportifs violents et combats de MMA néonazis s’y succèdent, attirant des militants venus de toute la France et de l’étranger. En 2024, plus de 300 (fascistes et néonazis), venus des quatre coins de la France mais aussi de plusieurs pays européens, se rassemblent dans le petit village. Les images de ces centaines de militants arborant des symboles nazis font la une de nombreux médias. Des habitants de Combres-sous-les-Côtes sont profondément choqués par cet événement.

Ces dernières années, la contestation s’est organisée. Collectifs antifascistes, syndicats, associations et partis politiques ont progressivement uni leurs forces pour dénoncer l’existence même de ce lieu. Fin 2025, le collectif « Fermez-la ! » voit le jour, avec un objectif clair : obtenir la fermeture administrative de la Taverne de Thor, perçue non comme un lieu événementiel isolé, mais comme un maillon d’un écosystème militant violent. Les événements qui s’y tiennent servent ainsi à alimenter la propagande d’extrême droite sur les réseaux sociaux, tout en contribuant non seulement au financement de ce type d’initiatives, mais aussi au recrutement de nouveaux militants.

Parti de...

Violences à Lyon : l’extrême droite instrumentalise la mort de Quentin

14 février 2026 à 18:54

Le fantasme de la guerre civile

La mobilisation est totale. Étonnement, c’est la militante transphobe Marguerite Stern qui est la première à annoncer, hier à 13 h 33, la mort de Quentin D., « Paix à ton âme, merci ». Dans les heures qui suivent, avec des éléments de langage bien rodés, la galaxie de l’extrême droite, du Rassemblement national aux groupuscules les plus violents, ne se contente pas de déplorer la mort de ce membre du SO de Némésis, mais appelle à une « riposte » dont les contours sont inquiétants.

Les réseaux de l'extrême droite en ébullition

Aucune retenue, aucun filtre : pour certains, c’est le moment « d’exploser », au motif qu’« un cap aurait été franchi ». Cette indignation située occulte pourtant une réalité documentée depuis des années. Selon plusieurs recensements, l’extrême droite est impliquée depuis 2022 dans de nombreux faits de violences, ayant causé la mort d'au moins 11 personnes et fait des centaines de blessés, dont 19 grièvement. La mémoire des acteurs d'extrême droite apparaît ainsi particulièrement sélective. Le plus frappant reste la capacité du collectif d'extrême droite Némésis à imposer son récit des événements dans la majorité des médias, une première dans une affaire d’une telle sensibilité.

Les faits auraient eu lieu en marge d’une conférence de l’eurodéputée Rima Hassan à Sciences Po Lyon, dont le bâtiment est situé dans le VIIᵉ arrondissement de la ville, à l’occasion d’une action menée par six militantes du collectif d’extrême droite fémonationaliste Némésis, accompagnés d’un service d’ordre d’une quinzaine de personnes, parmi lesquelles se trouvait Quentin D., militant nationaliste actif au sein de l'Action Française.

Alice Cordier pour Le Figaro vendredi 13/2026 - capture d'écran.
Alice Cordier pour Le Figaro vendredi 13/2026 - capture d'écran.

Selon les vidéos que Reflets a pu consulter, en date du jeudi 12 février, les premières confrontations entre militants d’extrême droite et antifascistes ont eu lieu à proximité immédiate du bâtiment où se poursuivait la conférence de Rima Hassan.

Des militantes du collectif Némésis...

Police : une véritable « Alliance » avec l'extrême droite

6 février 2026 à 10:49

Une manif de flics à Bordeaux

Samedi 31 janvier, les syndicats de police ont appelé à manifester massivement en soutien à la profession. Appel raté : seulement quelques dizaines de milliers y ont répondu dans l’Hexagone. Ce sont les militants d’extrême droite qui ont « sauvé » la journée, actant une fois de plus que policiers et fascistes se retrouvent souvent dans le même « camp ».

Une alliance entre police et extrême droite, y compris radicale ? - © Reflets

L’affinité était prévisible. Le 31 janvier dernier, le syndicat policier d’extrême droite Alliance organisait une vingtaine de « rassemblements citoyens » partout en France pour dénoncer le manque de moyens de la police et une « insécurité » grandissante. Mais surtout pour exprimer sa frustration après que l’Assemblée nationale a rejeté la proposition de loi sur la présomption de légitime défense par arme.

Le gratin du Rassemblement National girondin réuni

À Bordeaux, où 650 personnes auraient répondu à l’appel selon les organisateurs, Reflets a identifié plusieurs élus du parti d’extrême droite Rassemblement national ainsi que certains militants des franges locales les plus radicales. Le rendez-vous était donné à 11 h, devant le Grand Théâtre, où plusieurs membres de la Coordination rurale - classée à l'extrême droite et dont certains membres notables ont tenu ces dernières semaines des propos ouvertement racistes - sont aussi venus apporter leur soutien.

Au premier rang pour écouter le discours de Marouane Ziane, secrétaire régionale d’Alliance en Nouvelle-Aquitaine, on retrouvait Edwige Diaz, députée Rassemblement Nationale de la 11e circonscription de Gironde, vice-présidente du parti et conseillère régionale de Nouvelle-Aquitaine pour le parti lepéniste.

A ses côtés, Christine Dumas, députée suppléante d’Edwige Diaz et tête de liste Rassemblement National pour les municipales dans la ville de Bourg, Damien Obrador, conseiller régional Rassemblement National de...

Violences policières - individualisation et fragilité

20 janvier 2026 à 11:09

Partie 2 - invisibiliser l'expérience du réel

Discours du type « Not all cops », « police bashing » ou encore « All cops are brothers », de nombreux acteurs politiques et syndicaux, aux allures fascisantes, mobilisent toutes sortes d’arguments pour minimiser, voire justifier, les violences policières. En parallèle, l’IGPN se vante de faire son travail, vraiment ? L’objectif est ainsi d’entretenir la répression et un état de susceptibilité artificielle face à toute critique de l’institution.

Pas tous, mais beaucoup trop quand même... - © Reflets

Dans la première partie de notre enquête, nous a mis en évidence de nombreuses investigations démontrant, à l’aide d’une méthodologie à la fois qualitative et quantitative, l’ampleur de violences policières qui ne sont ni rares, ni sporadiques, ni isolées.

La rhétorique est explicite : « encadrement démocratique, légitime défense, proportionnalité, manque de moyens, ensauvagement, violence exceptionnelle, violences urbaines, éco-terrorisme », etc. La communication gouvernementale mobilise ainsi un ensemble d'éléments sémantiques qui ne visent, en réalité, qu’à brouiller la compréhension du phénomène et à en atténuer la portée politique. À cela s’ajoute ce que l’on peut qualifier de « cheval de Troie » policier au sein de l’appareil gouvernemental : les syndicats policiers, généralement situés à l’extrême droite de l’échiquier politique, qui défendent publiquement le recours à la « violence ».

À travers un populisme syndical nauséabond, ils n'hésitent pas à attaquer l’État de droit, dans l’objectif de le contraindre et le modeler à leurs idéologies accélérationnistes, allant jusqu’à exiger que l’institution judiciaire s’y conforme.

Dans une étude rendue publique mardi 27 février 2024 par la Défenseure des droits, on peut chiffrer cette tendance autoritaire au sein même de la police et de la gendarmerie. Pas loin de la moitié des policiers (49 %) expliquent que la délinquance est en partie attribuable à la « tolérance de la justice », contre 41,1 % des gendarmes,...

Violences policières : vers une approche systémique

10 janvier 2026 à 10:31

Partie 1 - Changer de paradigme ?

Alors que les smartphones sont devenus de véritables mouchards permettant de surveiller les populations, ils constituent également un outil puissant de contrôle citoyen de la police. Infographies recensant des centaines de blessé·es graves, cartographies signalant des milliers de violences et rapports spécialisés qui se multiplient… Reflets revient sur dix ans d’utilisation du terme « violences policières », dont l’aspect « systémique » est constamment réfuté.

policiers pendant les manifestations des gilets jaunes - © Reflets

Si le terme «violences policières» est en usage à partir des années 2000, depuis une dizaine d’années, notamment après la loi Travail (ou loi El Khomri), l'expression «violences policières» s’est imposée dans le débat public comme un outil sémantique destiné à rendre visible la violence exercée par la police. Aujourd’hui, gravé dans le marbre, ce terme ne se contente pas de nommer un phénomène : il structure la perception des pratiques policières, resserre le débat public et permet de mobiliser socialement et politiquement autour de l’enjeu de la violence d’État.

Des articles de presse, des recherches académiques, ouvrages, ainsi que les collectifs et associations de soutien aux victimes de « violences policières » se multiplient pour documenter et dénoncer les violences policières. Ces dernières années, des projets journalistiques tels que Allô Place Beauvau de David Dufresne ou Violences Policières de Vincent Victor ou encore celui de Bastamag, ont largement montré la systématisation des violences perpétrées par la police et la gendarmerie lors du maintien de l’ordre et de la répression de la population.

Capture d’écran du site de Mediapart – Panoramique : Allô Place Beauvau. 2025
Capture d’écran du site de Mediapart – Panoramique: Allô Place Beauvau. 2025

Si la violence policière peut toucher tout un chacun, elle affecte néanmoins certaines catégories de population, en raison de leur condition sociale, de leur origine supposée ou de leur engagement politique. La police se présente ainsi, comme le moteur d’une violence « légitime » et « ...

Hammerskins : des néonazis français au « Hammerfest » 2025 en Italie

25 décembre 2025 à 11:51

Une internationale fasciste qui se développe

Le 15 novembre 2025, dans une commune discrète du nord de l’Italie, près de Milan, plusieurs centaines de néonazis venus de toute l’Europe se sont réunis à l’occasion du « Hammerfest », un événement célébrant les 30 ans des Italia Hammerskins. Organisée sous de strictes règles de discrétion et d’interdiction de photographier, EXIF a pu infiltrer l'événement.

Néonazisme décomplexé - © Reflets, © EXIF

EXIF est un collectif de reporters spécialisé dans l’enquête sur l’extrême droite européenne. Leurs sets de photographies sont régulièrement utilisés par des centaines de collectifs militants et de médias. Concernant la France, le dernier lot de photos était celui de PIXA réalisé lors du C9M à Paris. Ce matériel a notamment permis à Reflets d’identifier des dizaines de militants fascistes et néonazis présents dans la capitale.

Cette fois-ci, EXIF a pu faire des clichés des Hammerskins français qui ont été particulièrement nombreux lors du « Hammerfest » 2025 organisé en Italie. Plusieurs chapitres hexagonaux étaient représentés, notamment North France, South France, Lorraine et Aquitaina, confirmant l’ancrage et la structuration transnationale de ce réseau néonazi.

Le chapitre Lorraine

Le chapitre Lorraine Hammerskins était notamment représenté par Christophe Saccavini, déjà connu pour des faits de violence : lors du « Hammerfest » 2019 en France, il avait grièvement blessé un autre militant néonazi alors qu’il assurait la sécurité de l’événement. En novembre 2025, Saccavini était accompagné de Gautier Welter, originaire du secteur de Toul, et de Jérémy Bonneaud, chauffeur routier dans la région de Nancy, employé par le groupe logistique Berto. Bonneaud a par ailleurs été distingué en 2023 pour ses performances professionnelles et affiche publiquement un tatouage Hammerskin sur l’avant-bras droit, comprenant l’emblème du chapitre Lorraine et la date du 13 janvier 2018,...

Halloween à Montpellier : fascistes et néonazis contre la culture

1 novembre 2025 à 17:22

Et la police laisse faire

Alors que quelques médias d’extrême droite se mobilisent pour empêcher une soirée culturelle, et que les menaces de mort pleuvent, la police laisse fascistes et néonazis intimider l’organisation ainsi qu’inquiéter les personnes venues simplement profiter de la soirée.

Une soirée animée - © Reflets

Malgré une panique morale déclenchée par des catholiques intégristes, le festival Ex Tenebris Lux se déroule jusqu’au 5 novembre à Montpellier, et la soirée d’Halloween à la Maison des Chœurs, malgré les difficultés, a bien eu lieu le 31 octobre.

Une opération obscurantiste impulsée par le média d’extrême droite Frontières contre le prétendu « satanisme », est venue renforcer une pétition dénonçant une soi-disant « messe noire », ainsi qu’une vidéo des Servants du Christ dans laquelle un des membres du groupuscule accuse la mairie de financer un événement sataniste. La vidéo a dépassé le demi-million de vues, résultat : des menaces de mort adressées aux organisateurs de la soirée.

Capture d’écran du compte X du media fasciste Frontières.
Capture d’écran du compte X du media fasciste Frontières.

Malgré toutes les menaces, aucun périmètre de sécurité n’a été mis en place. La police a même laissé les fascistes les plus radicaux perturber la soirée jusqu’à 23 heures. Les militants catholiques intégristes avaient en effet réussi à mobiliser les nervis néonazis du Bloc Montpelliérain, les néofascistes de Jeunes d’Oc, mais aussi des militants de la Ligue du Midi.

Interrogées par Reflets, plusieurs personnes ont exprimé leur peur et leur inquiétude pour leur sécurité : « Je suis très inquiète, mais j’ai payé pour la soirée, donc j’essaye de profiter. », « Mais c’est pas possible, ils sont là, ça fait peur… ». D’autres, plus décontractées, se moquaient des ferventes prières des cathos.

Dans l’équipe de sécurité de...

Le très toxique Syndicat de la Famille

23 octobre 2025 à 15:48

L'ex Manif pour tous propage la haine dans l'espace public

Dix ans après les grandes manifestations contre le mariage pour tous, en 2023, le mouvement La Manif pour tous s’est mué en une nouvelle structure : le Syndicat de la Famille. Cette année, à la rentrée, ce collectif qui diffuse des contenus homophobes et transphobes a pu coller des affiches, parfois sauvages, dans plusieurs villes de France sans être inquiété.

Le nom à changé, la haine est toujours là - © Reflets

C’est à l’occasion du dixième anniversaire de La Manif pour Tous que ce mouvement réactionnaire et catholique intégriste a officialisé sa transformation. La présidente, Ludovine de La Rochère, déclarait alors : « La famille n’est ni de droite ni de gauche. Son syndicat ne l’est pas non plus. » La haine semble pourtant toujours trouver des slogans «soraliens» pour se frayer un chemin dans le débat public.

Ludovine de La Rochère est issue d’une famille catholique traditionaliste, proche du parti d'extrême droite Les Patriotes. Pour brouiller encore davantage les pistes, elle a appelé sa nouvelle structure un « syndicat », traditionnellement associé aux organisations de gauche. Ce syndicat est officiellement né le 24 mars 2023, exactement dix ans après la mobilisation parisienne contre la loi Taubira. Malgré son nom, Le Syndicat de la Famille n’a rien d’une organisation syndicale au sens classique du terme : il ne représente ni salariés ni professions. Il s’agit d’un mouvement d’influence politique, hostile au mariage pour tous, à la GPA et aux droits des personnes LGBT.

Une campagne d’affichage dite « anti-wokiste »

Le Syndicat de la Famille revendique une présence « partout en France » à travers ses antennes régionales, généralement composées de petits groupes de militants qui mènent des actions dans l’espace public et collent des affiches.

Affiches du SDF lors de la journée internationale des droits des femmes en 2024. Dans un contexte de haine et propagande anti-LGBT. 
Affiches du SDF lors de la journée internationale des droits des femmes en 2024. Dans un contexte de haine et propagande anti-LGBT....

Béthune Rétro : des symboles racistes et nazis au milieu du rockabilly...

29 septembre 2025 à 15:07

La mairie reste silencieuse sur cet entrisme de l’extrême droite

Depuis les années 2000, le festival Béthune Rétro est un rendez-vous annuel pour les passionnés de rockabilly. Le concept consiste à faire revivre l’esthétique et l’ambiance des années 1950-1960 à travers la musique, les véhicules anciens et les marchés vintage. L’an dernier, un groupe néonazi avait été exclu à la dernière minute ; cette année, plusieurs symboles fascistes et nazis ont été repérés pendant l’événement.

Curieux mélange à Béthune - © Reflets

Le festival a lieu dans le centre-ville de Béthune et se distingue par une programmation musicale gratuite et abondante, incluant plusieurs dizaines de concerts sur trois jours, ainsi que des expositions de véhicules anciens, des concours d’élégance et des marchés de vêtements et d’objets rétro. L’organisation de Béthune Rétro met également l’accent sur la participation active des visiteurs, qui adoptent des costumes d’époque et participent aux différentes animations, contribuant ainsi à une immersion complète dans l’univers du rockabilly.

Le bémol de cet engagement est que l’ambiance rétro semble parfois glisser vers des manifestations plus réactionnaires. Parmi les voitures anciennes à la consommation astronomique, certains participants collent des autocollants « Where is Greta ? », en référence à Greta Thunberg et à sa lutte contre le changement climatique.

D’autres, immergés dans la culture américaine, finissent par assimiler et arborer des codes racistes et suprémacistes blancs, encore largement en vogue dans les milieux d’extrême droite aux États-Unis.

David B., membre du Collectif antifasciste du Bassin minier, explique : « Béthune Rétro est un festival qui a lieu chaque année depuis une vingtaine d’années. Il est centré sur le thème des années 19501960 américaines et attire de nombreux groupes de bikers. Dans le passé, le festival a déjà été l’objet de polémiques, notamment lorsqu’un groupe a été annulé en urgence il y a quelques années en raison de publications...

10 septembre : à Montpellier la police impose sa violence

18 septembre 2025 à 10:02

Le préfet de l’Hérault dans le déni

Plusieurs vidéos tournées à Montpellier lors de la journée du 10 septembre ont largement circulé sur les réseaux sociaux. Elles montrent des violences illégitimes contre des manifestants, des journalistes, des Street Medics et une avocate de la Ligue des droits de l’Homme. Le préfet de l’Hérault, enfermé dans le déni, multiplie les contre-vérités, tandis que la mairie déploie son arsenal sémantique. La démocratie, elle, en souffre.

Le préfet prendrait un tour trumpien en refusant de prendre en compte les faits ? - © Reflets

À Montpellier, une longue journée de violences policières a débuté à 6h30, avec les premières charges pour disperser des manifestants dans un des accès centraux de la ville, près des Arènes. La Compagnie départementale d’intervention (CDI), connue à Montpellier pour sa brutalité depuis le mouvement des Gilets jaunes, intervient violemment. Des coups de matraque pleuvent et plusieurs manifestants sont frappés à la tête avec des tonfas, dont l’usage est pourtant explicitement interdit par une note de service du 27 juillet 2002 et rappelé en 2009 par la Commission nationale de déontologie de la sécurité (CNDS), aujourd’hui intégrée au Défenseur des droits.

En 2018 déjà, le Défenseur des droits avait « recommandé » des poursuites disciplinaires à l’encontre d’un brigadier-chef à Paris qui avait frappé un journaliste avec un tonfa.

Samuel Clauzier, journaliste à Rue89, alors qu’il couvrait ces actions de blocage, a été gazé en plein visage par un agent de la CDI, violence qui l’a immobilisé un long moment. Il déplore une « journée particulièrement difficile, à cause du dispositif policier déployé et de l’attitude de certains agents ». Heureusement, ajoute-t-il, « la presse indépendante a particulièrement bien documenté ces violences, tout comme RSF pour ce qui concerne les journalistes, mais aussi la presse quotidienne régionale dans certains cas ». Dans l’après-midi, Samuel est agressé une deuxième fois, place de la Comédie, par un policier de la CDI qui tente à plusieurs...

Une note du ministère de l’intérieur fait craindre une répression très violente

7 septembre 2025 à 12:10

Le schéma national des violences urbaines s’en prend aux journalistes

Alors que des contestations sociales de grande envergure se profilent pour le 10 septembre, plusieurs médias ont mis les mains sur le « schéma national des violences urbaines », du ministre de l’Intérieur et censé rester à usage interne. L’État y préconise notamment le recours au RAID, mais aussi de fragiliser le statut des journalistes. Dans un pays où les violences policières se multiplient, Reflets rappelle que chacun a le droit de filmer la police.

La presse n'est pas épargnée par les forces de l'ordre qui sèment le désordre - © Reflets

Dans la torpeur de l’été et à la veille d’un mouvement de contestation le 10 septembre, le ministère de l’Intérieur a diffusé un nouveau schéma national des violences urbaines (SNVU). Ce document est destiné«à mettre à disposition des services territoriaux de la police nationale un guide pratique pour la gestion des violences urbaines» et a vocation à répondre «à toutes les situations de violences urbaines, jusqu’aux émeutes insurrectionnelles, caractérisées par une très haute intensité». Avec ce texte, le très droitier Bruno Retailleau prépare une répression toujours plus violente des manifestations et une invisibilisation des violences policières en empêchant les journalistes de faire leur métier. La Trumpisation des esprits est en marche, y compris en France.

Dans ce document, le ministre de l’Intérieur préconise l’utilisation des « unités spécialisées » lorsqu’il est confronté à « l’inefficacité de l’intervention des unités conventionnelles », CRS, CDI, BRAV, BAC, etc. Ce que ces préconisations d’escalade de la violence d’État ne disent pas, et que le jargon masque, c’est que ces « unités spécialisées », à savoir la BRI-PP (Brigade de recherche et d’intervention de la préfecture de police) et le RAID (Recherche, Assistance, Intervention, Dissuasion), ne sont aucunement formées au maintien de l’ordre. Leur utilisation à Marseille pendant les émeutes qui ont suivi la mort de Nahel s’est soldée par deux morts.

L’utilisation du RAID dans plusieurs villes à cette occasion a...

Des policiers et des patchs racistes

21 août 2025 à 19:25

La Thin Blue Line sur des uniformes

Apologie de la violence extrajudiciaire, du racisme, du mythe du policier guerrier, la Thin Blue Line recycle des codes haineux issus de l’extrême droite américaine. Une nouvelle fois, elle a été repérée sur l’uniforme de policiers à Paris.

Extraits du compte Instagram de The Thin Blue Line France

Le 10 juin 2025, une rixe éclate à Paris. Parmi les policiers qui interviennent, l’un arbore plusieurs patchs non réglementaires : un insigne « Police » souligné d’une fine ligne bleue, la Thin Blue Line, un soldat à tête de mort, et un drapeau français frappé du mot « pépite ». Un des policiers dit aussi à l’une des personnes impliquées - de couleur et d’origine étrangère — de « quitter le pays si elle n’est pas satisfaite ».

Photo d'un agent de la police nationale portant plusieurs patchs TBL non-réglementaires à Paris. - 2025 - © Reflets
Photo d'un agent de la police nationale portant plusieurs patchs TBL non-réglementaires à Paris. - 2025 - Reflets

Ce type d’injonctions à « quitter le pays », à « retourner en Afrique » ou encore de « remigration » entend légitimer l’expulsion des personnes perçues comme « non blanches » hors d’Europe, validant le « grand remplacement » de l’extrême droite complotiste et antisémite.

Photo d'un agent de la police nationale portant un patch non réglementaire TBL à Paris. - 2025 - © Reflets
Photo d'un agent de la police nationale portant un patch non réglementaire TBL à Paris. - 2025 - Reflets

La TBL France rassemble plus de 50.000 abonnés sur Meta. Sur leurs réseaux sociaux et leur site, on peut acheter des patchs qui prônent la violence, une vision belliqueuse de la société, parfois le meurtre et souvent l’idée que la police serait l’ultime rempart contre le chaos.

Gauche : Des groupes comme les Proud Boys et Patriot Prayer réunis au centre-ville pour s’opposer aux manifestations contre le racisme systémique et les violences policières, Portland, Oregon, 2020. – Droite : Drapeau de la TBL dans une fenêtre, au commissariat de police de La Courneuve en février 2023. - Jonathan Levinson / OPB - Google
Gauche : Des groupes comme les Proud Boys et Patriot Prayer réunis au centre-ville pour s’opposer aux manifestations contre le racisme systémique et les violences policières, Portland, Oregon, 2020. –...
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