Vue normale

Nicolas Sarkozy : Auteuil, Neuilly, Passy, se mobilisent!

21 octobre 2025 à 11:46

Petite manifestation de soutien à l'ancien président pour son départ en prison

On se serait cru dans le clip des Inconnus sur le « ghetto » du 16ème arrondissement et de son voisinage. Quelques centaines de personnes se sont réunies ce mardi matin dès potron-minet afin de rendre hommage à leur idole : Nicolas Sarkozy, un grand homme « injustement condamné par les juges qui sont de gauche ». Reportage dans une réalité alternative.

Allez, salut les loosers, je me casse... - © Reflets

Il fait frais ce mardi 21 octobre à 8 heures du matin. Mais ils sont là, armés de leurs doudounes, de leurs manteaux en loden vert bouteille. Nombreux sont ceux qui disent être à ses côtés depuis le début. De vieux t-shirts un peu flétris « les jeunes avec Sarkozy » ont même été ressortis des placards. Alors vous pensez, aujourd'hui, ils n'allaient pas manquer ça. Il faut soutenir l'ancien président contre « les juges qui ont voulu l'humilier ». Dans un abracadabrantesque cirque médiatique organisé par sa garde rapprochée, Nicolas Sarkozy s'apprête à quitter le 16ème arrondissement pour la prison de la Santé.

Le quartier est bouclé. On avait rarement vu telle animation policière à Auteuil depuis... Depuis toujours ? Des dizaines de cars de police ont littéralement fermé l'accès à tout un pâté de maisons et d'immeubles. Les barrières métalliques empêchent l'accès à la rue de la Source où attendent sagement plusieurs voitures munies de gyrophares. Nicolas Sarkozy, accompagné par Carla Bruni, a fini par émerger de la Villa Montmorency et, après avoir salué la foule des soutiens du matin, ils se sont engouffrés dans une voiture qui, accompagnée de nombreux motards, est partie vers la prison de la Santé où l'ancien président a été incarcéré.

Il y avait là environ 200 ou 300 personnes, 200.000 selon Véronique Waché. La foule a entonné quelques marseillaises. Une manière de saluer, sans doute, la condamnation pour...

La taxe Zucman ne ferait pas fuir les riches, ils sont déjà partis

20 octobre 2025 à 10:55

La preuve par l’exemple Patrick Drahi

Il existe plusieurs réalités. La vôtre et celle des plus fortunés. Penser le monde des ultra-riches avec le logiciel des personnes normales est une erreur. Les politiques disent que s’ils étaient plus taxés, les milliardaires fuiraient la France. Cela peut sembler logique, mais c’est faux. Explications.

Quand le peuple n'au pllus rien à manger il mangera le riche (Rousseau) - CC

Les températures sont particulièrement clémentes en ce milieu du mois d’octobre 2019 au Luxembourg. Le réchauffement climatique fait son effet. Nicolas Danan, du cabinet de fiscalistes Mayer Brown écrit un long mail à Jean-Luc Berrebi, le patron d’une boite inconnue du grand public : Yafit. Il détaille le montage fiscal, incluant le Luxembourg, qui permettrait de réduire drastiquement l’imposition appliquée à une entreprise détenant de l’immobilier. Si personne n’a entendu parler de cette société, Yafit, y compris dans la presse financière, c’est qu’il s’agit d’un family office. Elle a été créée avec pour unique but de réaliser des investissements au bénéfice d’un milliardaire et de sa famille. Dans un sens élargi, c’est aussi elle qui s’occupera de l’intendance. Remplir les frigos de l’appartement en haut d’un gratte-ciel à New York, préparer le jet pour le déplacement de la famille aux Caraïbes, envoyer le yacht en Méditerranée…

Nicolas Dahan profite d’une accalmie dans la frénésie financière de Patrick Drahi. Celui-ci vient juste de boucler le « projet Portrait ». En clair, le rachat de la maison de vente aux enchères Sothby’s, pour plusieurs milliards de dollars. Ce petit moment de répit ne serait-il pas l’occasion de plancher sur « _les enjeux liés à l’entrée en vigueur de la nouvelle convention fiscale entre la France et le Luxembourg et sur l’opportunité de restructurer le groupe ANFA _» ?

La moindre modification de la législation fiscale d’un pays où ils sont...

L'ère de l'information jetable

15 octobre 2025 à 17:14

Comme s'il s'agissait d'un scroll infini, vous oubliez à mesure que vous lisez

Bien sûr les usages changent. L'apparition des smartphones a poussé à cette forme de consommation d'une information oubliée à peine lue. Et le rôle de la presse n'est pas neutre. Pire, l'absence de questionnement sur ce que les spin doctors nous concoctent est une faute. À l'heure de l'instantanéité, la mise en perspective des événements n'est plus une priorité. Et vous en pâtissez.

Le studio télé du journal de Info Jetable - Midjourney - CC

Vous souvenez-vous de la terrible panique morale qui a secoué les réseaux sociaux et la presse généraliste il y a deux semaines ? Nous non plus. Nous oublions les informations au fur et à mesure qu'elles nous parviennent. Une info chasse l'autre. Non pas que nous la stockions dans un coin. Non, nous l'oublions. Comme nous oublions à peu près toutes les vidéos que nous passons des heures à regarder sur les réseaux sociaux.

Ce temps est gâché, mais ce n'est pas le pire. Le pire est que lorsque nous sommes amenés à faire des choix sociétaux, nous ne sommes plus capables, collectivement, de réfléchir, d'analyser et prendre des décisions éclairées. Nous vivons dans l'émotion, dans l'instant.

Bien entendu, nous sommes responsables au premier chef de cette situation. Car nous acceptons de consommer l'information comme on consomme des vidéos courtes sur un scroll infini mis en place par un réseau social. Nous acceptons qu'une nouvelle information efface la précédente. Nous acceptons la disparition d'une règle essentielle du métier de journaliste : la hiérarchisation de l'information.

Dans un journal radio, télé ou papier, une équipe de journalistes a choisi les informations qui vont être traitées et a décidé du temps ou de l'espace qui sera accordé à chacune. Le fait qu'un journal (quelle que soit sa forme) soit une entité finie, oblige à faire ces choix. Avec un monde numérique, la place est infinie et l'on peut donc...

Non, Sébastien Lecornu n'est pas le pire épisode de la macronie

6 octobre 2025 à 17:07

Attendez-vous à de nouvelles surprises

L'agonie de l'épisode Macron est lente et douloureuse. Le pays et ses habitants vont de Charybde en Scylla. À chaque gouvernement qui tombe, le camp démocrate espère : et si le président respectait le verdict des urnes et nommait un premier ministre issu du Nouveau front populaire ? Mais non. C'est chaque fois pire. La démission de Sébastien Lecornu 24 heures après la désignation de son gouvernement ne laisse rien présager de bon.

L'homme qui avait un projet. Et puis... - CC

L'économie est au bord du gouffre. La démocratie s'est offerte à l'extrême droite avec la complicité active du parti au pouvoir et du président de la république. Tout est désormais prêt pour l'arrivée au pouvoir du Rassemblement national, émanation du Front national, lui même fondé par d'anciens nazis. Le système (cliquez pour comprendre ce que ce terme recouvre) se félicite parce que, pour lui, tout est préférable à « la gauche ». Les médias classiques ne sont pas en reste. Les déconstructions du récit médiatique sont nombreuses et laissent toutes apparaître un traitement différent (négatif et infantilisant) pour la gauche par rapport au reste du spectre politique. L'incompétence économique des journalistes vedette est patente et s'illustre à chaque fois qu'ils interrogent une voix dissidente de la doxa habituelle. « Mais comment ? Vous déviez de l'école de Chicago ? Vous rendez-vous compte que les marchés vont nous sanctionner ? ». Comme si l'on pouvait rassurer des marchés... Dans tout cela, la démission de Sébastien Lecornu moins de 24 heures après la désignation de son gouvernement est un épiphénomène. Il ne reste plus que quatre voies pour Emmanuel Macron. Et vu son parcours, il ne fait aucun doute qu'il choisira la pire. Ou quelque chose de totalement loufoque que personne n'aura vu venir.

Première solution pour sortir de ce qui devient un mauvais remake de la fin de la quatrième république :...

L’extrême droite et Pierre-Edouard Stérin s’infiltrent à l’université catholique de l’Ouest

Une enquête de Disclose, la Topette et Reflets

Le mécène revendiqué de l’extrême droite française finance depuis 2023 l’université catholique de l’Ouest, révèlent Disclose, La Topette et Reflets.info. Abrité derrière un discret fonds de dotation, Pierre-Édouard Stérin, qui rêve de reconquête culturelle et politique, investit l’un des plus importants établissements privés du pays, où nombre d’enseignants et d’étudiants sont déjà acquis aux idées de la droite radicale.

Pierre-Edouard Stérin et La Catho - Caroline Varon

C’est l’un des plus importants établissements d’enseignement privé en France. Avec huit campus implantés dans l’ouest du pays et deux autres récemment créés à la Réunion et en Nouvelle-Calédonie, l’université catholique de l’Ouest (UCO) accueille pas moins 13 000 étudiant·es chaque année. Elle attire aussi des personnalités politiques de premier plan : François Bayrou et Bruno Retailleau s’y sont rendus respectivement en 2022 et 2023 pour prononcer le discours inaugural du département de science politique du campus d’Angers, le fief historique de l’UCO.

Une autre personnalité de plus en plus influente à droite s’intéresse aussi à la Catho. Son nom : Pierre-Edouard Stérin. En 2023, l’homme d’affaires, qui a connu le succès grâce aux coffrets cadeaux « smartbox » et dont la fortune est aujourd’hui estimée à 1,6 milliard d’euros, est devenu l’un des grands mécènes de faculté, comme l’ont découvert Disclose et le journal du Maine-et-Loire La Topette.

À 51 ans, l’entrepreneur, exilé fiscal en Belgique, se dit animé d’une mission quasi divine : « Investir pour le redressement de la France et la promotion du Christ ». Sa bataille culturelle, il entend la mener au travers d’un plan bien précis baptisé « Periclès », pour Patriotes, Enracinés, Résistants, Identitaires, Chrétiens, Libéraux, Européens, Souverainistes. Le programme, révélé par l’Humanité, est doté de 150 millions d’euros sur dix ans, dont une partie doit servir, par exemple, à aider le Rassemblement national à...

Porte-Parole du Parti socialiste et « en même temps » Global Data Protection Officer chez Palantir

6 septembre 2025 à 19:34

Le grand écart d'une avocate avec un soutien inconditionnel du parti

Le macronisme déteindrait-il ? Julie Martinez, porte-parole (bénévole) du Parti socialiste pour les questions d'IA est en même temps salariée de Palantir, une société connue pour être l'une des pires en matière de gestion des données personnelles. Qui plus est, Palantir multiplie les alliances avec l'exécutif américain. Peut-on faire cohabiter trumpisme, libertarianisme, extrême droite et PS ? Oui...

Pavilion Palantir au World Economic Forum de Davos - Cory Doctorow - CC BY-SA 2.0

C'est un discret post sur Bluesky qui nous a mis la puce à l'oreille. L'Humanité à publié hier un article qui relate comment Julie Martinez, une jeune avocate de formation cumule deux rôle a priori antinomiques : porte parole du PS en charge de l'intelligence artificielle et Global Data Protection Officer chez Palantir.

Palantir, pour ceux qui ne connaissent pas, c'est un monstre né dans la foulée du 11 septembre. L'idée est de mettre l'informatique (aujourd'hui on dit l'IA parce que c'est le buzzword du moment) au service de la data. Partant du principe que l'on collecte de plus en plus de données, il faut réfléchir aux moyens permettant de la rendre utilisable, exploitable. En anglais, on dit la rendre actionable. Et ça marche. Palantir vient se connecter aux systèmes d'information de ses clients et mouline leurs données. Aux États-Unis, la donnée, y compris très personnelle est une marchandise comme une autre. Tout se vend, tout s'achète, tout se mouline, se recrache et se réinjecte.

Palantir est aussi connue pour une liste de controverses aussi longue qu'un jour sans pain. Elle a aidé la NSA pour ses programmes d'espionnage illégaux dénoncés par Snowden, un de ses salariés avait prêté main forte à Cambridge Analytica, qui avait influencé le Brexit ou la première élection de Trump avec des données personnelles de 87 millions d'utilisateurs « volées » sur Facebook. Elle est épinglée à de...

1965-2025 : soixante ans d'inanités des politiques

3 septembre 2025 à 17:45

Votez pour eux et leur ego boursouflé ou subissez le chaos

À quoi servent les politiques ? A-t-on réellement besoin d'un conseil syndical pour gérer l'immeuble France ? Mais surtout, pourquoi continue-t-on d'élire les pires égotiques, gonflés de certitudes toutes plus fausses les unes que les autres ? Mystère et boule de gomme. En attendant, François Bayrou continue de vouloir faire croire que s'il perd le pouvoir, l'apocalypse s'abattra sur nous tous. Une belle inversion.

Les experts en économie qui gouvernent la France

Hiver 1965. Alors que la France s'apprête à élire pour la première fois au suffrage universel le président de la république, l'opposition résume le discours du général de Gaulle : « Moi ou le chaos ». Été 2025, François Bayrou annonce un vote de confiance à l'Assemblée pour le 8 septembre. Et ils estime que les députés devront faire un choix entre « le chaos et la responsabilité ». Entre les deux, combien de fois a-t-on entendu que sans eux, ces fabuleux politiques, le pays s'effondrerait, la crédibilité de la France sur le plan international serait réduite comme peau de chagrin ? A bien y regarder, c'est un peu une inversion accusatoire. Car le chaos, c'est eux.

Le général de Gaulle a bien joué un rôle essentiel pendant la deuxième guerre mondiale. Mais il est aussi l'homme dont le préfet de police Maurice Papon, un collaborateur condamné en 1998 à dix ans de réclusion criminelle pour complicité de crimes contre l'humanité, a supervisé le massacre du 17 octobre 1961. De Gaulle est aussi l'homme des meurtres de la station de métro Charonne. Le chaos, c'est l'assassinat des peuples par leurs dirigeants, sous prétexte de « maintenir l'ordre ». Le leur. Celui qui leur est favorable et celui qui est favorable à ceux qui les ont propulsés au pouvoir. Curieusement, il est assez probable qu'il y ait plus de citoyens tués par leurs dirigeants que l'inverse dans l'histoire humaine. Pourtant,...

Israël et son gouvernement le plus immoral du monde

6 août 2025 à 15:21

Netanyahou a pactisé avec le diable pour éviter son procès : le résultat est là, un infernal chaos

On ne peut pas comprendre la guerre en cours à Gaza et les meurtres massifs en Cisjordanie sans prendre en compte l'alliance déséquilibrée dans laquelle s'est engouffrée Benyamin Netanyahou en 2022. Il signe alors un pacte avec l'extrême droite la plus violente, infréquentable jusque-là. Ce rapprochement s'explique par le besoin de rester au pouvoir à tout prix et éviter procès et prison. Le prix est payé par les Palestiniens. La communauté internationale reste, elle, muette.

Vue partielle de l'affiche du documentaire "The Bibi Files" d'Alexis Bloom - Copie d'écran

Les massacres continus à Gaza sont le reflet d'une époque. Celle où l'extrême droite laisse libre cours à ses délires mortifères sans rencontrer la moindre résistance démocratique. Ils sont aussi une marque indélébile sur l'État d'Israël. Le 7 octobre 2023, le Hamas, le Jihad islamique palestinien, le Front populaire de libération de la Palestine et le Front démocratique pour la libération de la Palestine lançaient une attaque sans précédent sur Israel, tuant 1.160 personnes dont à peu près 800 civils et prenant 250 otages. En réponse, Israël lançait une guerre contre le Hamas qui, vue la configuration du territoire s'est rapidement transformée en guerre contre Gaza et ses deux millions habitants.

Le 13 octobre, l'armée israélienne entrait dans Gaza. Depuis, selon le ministère de la Santé de Gaza, 60.138 Palestiniens ont été tués et 146.269 blessés. Sur ce total, 18.000 victimes sont des enfants. Le Washington Post vient de publier les noms de ces enfants et leurs photos quand elles étaient disponibles. Quelque 70% des victimes sont des femmes et des enfants. En plus, la famine s'installe à Gaza en raison du blocus total imposé par Israël depuis mars 2025. La similitude des images d'enfants affamés qui sortent de Gaza via les photographes des grandes agences de presse comme l'AFP sont terribles et ne manquent pas de rappeler celles du ghetto de Varsovie.

Pendant qu'Israël a déplacé 1,9 million de personnes et que 70 à 90% des...

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