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Opération Alice : 373 000 sites du dark web fermés, et les acheteurs piégés à leur tour

Par : Korben
25 mars 2026 à 11:30

Europol vient de coordonner un coup de filet massif contre le dark web. En dix jours, 23 pays ont fermé plus de 373 000 sites frauduleux qui proposaient des contenus pédocriminels.

Le plus ironique : l'opérateur n'a jamais livré la moindre donnée, il arnaquait ses propres clients. Et ces clients sont désormais dans le viseur de la police.

Une opération dans 23 pays

L'opération Alice a été lancée le 9 mars et a duré dix jours. Sous la direction des autorités allemandes et avec le soutien d'Europol, des policiers de 23 pays ont participé à ce coup de filet, de la France aux États-Unis en passant par la Suisse, l'Australie et le Royaume-Uni.

L'enquête avait démarré en 2021 autour d'une plateforme baptisée "Alice with Violence CP", qui proposait des contenus pédocriminels à la vente sur le dark web. Au total, 105 serveurs ont été saisis, tous hébergés en Allemagne, et l'opérateur a été identifié : un homme de 35 ans basé en Chine, visé par un mandat d'arrêt international.

L'arnaqueur arnaqué

Le détail qui rend cette affaire si particulière : le suspect n'a jamais livré les contenus qu'il vendait. Il gérait environ 90 000 sites sur le réseau Tor qui proposaient des "packs" de 17 à 215 euros, payables en Bitcoin. Les acheteurs recevaient en échange... rien du tout.

En cinq ans d'activité, il a encaissé 345 000 euros auprès de 10 000 clients qui pensaient acheter des contenus pédocriminels. Un escroc qui arnaque des criminels, en somme.

440 suspects identifiés

Sauf que ces clients, même s'ils n'ont rien reçu, ont quand même tenté d'acheter des contenus illégaux. Europol a donc remonté les paiements en cryptomonnaies et identifié 440 personnes à travers le monde.

Plus de 100 d'entre elles font l'objet d'enquêtes actives. En Suisse, cinq personnes ont été placées en détention. En Allemagne, 14 suspects sont visés par des procédures. La France a mobilisé l'Office de protection des mineurs pour sa part de l'enquête.

On a quand même un type qui a monté 373 000 faux sites depuis la Chine et qui a encaissé 345 000 euros en arnaquant des gens qui voulaient acheter les pires contenus imaginables. Et grâce à lui, la police a maintenant une liste de 440 noms.

Source : Techspot

Un bras robotique imprimé en 3D pour apprendre la robotique chez soi

Par : Korben
25 mars 2026 à 11:20

James Gullberg a mis en ligne un projet de bras robotique à 6 axes, principalement imprimé en 3D et conçu pour apprendre la robotique. Ce petit robot embarque un Raspberry Pi, des microcontrôleurs STM32 et tourne sous ROS 2.

Le tout pour un budget qui reste accessible, avec des mouvements décrits comme étonnamment fluides pour du fait maison.

Un bras robot signé James Gullberg

James Gullberg a publié sur son site un projet qui risque de plaire aux bricoleurs : un bras robotique compact à 6 degrés de liberté, dont la structure est quasi intégralement imprimée en 3D. Seuls les systèmes d'entraînement font appel à des pièces métalliques.

Le projet est pensé comme un outil pédagogique. On n'est pas sur un robot industriel, mais sur une plateforme d'expérimentation qui permet de toucher à la conception mécanique, à la planification de mouvement et au contrôle logiciel.

Six axes, un Raspberry Pi et ROS 2 sous le capot

Côté mécanique, chaque articulation a droit à son propre système de réduction. La base utilise un réducteur planétaire classique, tandis que l'épaule et le coude embarquent des réducteurs planétaires à anneau fendu, qui offrent une densité de couple élevée par rapport à leur encombrement.

Le poignet s'appuie sur un différentiel à courroie inversé. Pour le retour de position, des aimants alternés sont intégrés directement dans la couronne de sortie et suivis par un encodeur magnétique.

Un microcontrôleur STM32 gère le contrôle moteur avec des boucles PID et de la génération de pas. Un Raspberry Pi fait office d'ordinateur de bord et communique avec les moteurs via un bus CAN. Le tout tourne sous ROS 2.

Le résultat est visiblement assez bluffant : les vidéos montrent des mouvements fluides, bien loin de ce qu'on pourrait attendre d'un projet fait maison.

Apprendre la robotique sans se ruiner

Ce projet rejoint une vague de bras robotiques open source accessibles. On pense au Thor, au HELENE ou encore au BCN3D Moveo. Mais celui de Gullberg se distingue par la variété des mécanismes employés. Chaque articulation utilise un design différent, et c'est voulu : le but est d'expérimenter, pas de produire en série.

Côté budget, on ne connaît pas le coût exact, mais les composants restent a priori sur des montants franchement raisonnables, puisqu'on parle là d'un simple STM32, d'un modeste un Raspberry Pi, e quelques moteurs et bien évidemment du filament pour imprimante 3D. Bref, on est loin des prix d'un kit de robotique du commerce.

Ce mini bras robotique coche quand même beaucoup de cases. Il est ouvert, documenté, modulaire, et il permet de toucher à des concepts qui coûtent habituellement une fortune en formation.

Source : JCGullberg

MS-DOS tourne maintenant sur un Apple IIe, et c'est un projet open source

Par : Korben
25 mars 2026 à 11:07

Un développeur a réussi à porter MS-DOS 2.0 sur l'Apple IIe, l'ordinateur personnel d'Apple sorti en 1983. Le projet, baptisé "reboot-camp-83", repose sur une carte d'extension qui embarque un processeur Intel 8088 à 8 MHz.

Le tout communique avec le processeur 6502 de l'Apple II, et le code est en accès libre. Quarante ans de retard, mais le geste est là, et il est plutôt classe.

Un processeur Intel dans un Apple II

Seth Kushniryk vient de publier "reboot-camp-83", un projet open source qui permet de faire tourner des applications MS-DOS 2.0 sur un Apple IIe. Pour que ça fonctionne, il faut une carte d'extension AD8088, fabriquée à l'époque par ALF Products.

Cette carte contient un processeur Intel 8088 qui tourne à 8 MHz et qui se branche sur le bus d'extension de l'Apple II. On se retrouve avec deux processeurs dans la même machine : le 6502 d'Apple et le 8088 d'Intel.

Kushniryk a développé un programme "pont" qui fait communiquer les deux processeurs. Il a aussi déplacé ce programme dans une zone différente de la RAM pour libérer de la place et permettre l'affichage en haute résolution.

Le tout a demandé pas mal de travail de débogage, avec entre autres un problème lié à une contrainte non documentée de ProDOS.

Ce que ça fait tourner, et ce que ça ne fait pas

Le port est compatible avec la quasi-totalité des logiciels MS-DOS 2.0, à une condition : que le programme n'écrive pas directement dans la mémoire vidéo. C'est une limitation qui exclut pas mal de jeux, mais les applications de productivité et les utilitaires fonctionnent.

Pour l'époque, avoir un processeur à 8 MHz dans un Apple IIe, c'était quand même une sacrée puissance de calcul, et pouvoir lancer des applications DOS en parallèle du système Apple aurait été un vrai avantage.

Le projet est entièrement open source et disponible sur le dépôt git de Kushniryk. Les mises à jour et la documentation sont publiées sur son site personnel.

Quarante ans de retard, mais c'est le geste qui compte

L'Apple IIe a été commercialisé en 1983, et MS-DOS 2.0 la même année. À l'époque, les cartes coprocesseur existaient déjà pour faire tourner CP/M-86 sur Apple II, mais le port complet de MS-DOS n'avait jamais été finalisé publiquement.

Kushniryk comble ce vide quarante ans plus tard, avec un projet qui relève plus de la prouesse technique et de la passion du rétro-computing que d'un usage pratique.

C'est le genre de projet qui ne sert à rien... et c'est pour ça qu'on l'aime bien. Faire tourner MS-DOS sur un Apple IIe, c'est un peu comme mettre un moteur de Porsche dans une 2CV : ça ne va pas révolutionner les transports, mais ça force le respect.

Le fait que le projet soit open source et bien documenté en fait aussi une ressource intéressante pour ceux qui s'intéressent au fonctionnement des processeurs de cette époque. Franchement, si en 1983 quelqu'un avait pu lancer Lotus 1-2-3 sur son Apple IIe, on en parlerait encore.

Source : Hackaday

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