Vue lecture

Yann LeCun quitte Meta : les coulisses d’une rupture

C’est au restaurant étoilé Pavyllon, à deux pas du Grand Palais parisien, que Yann LeCun s’est confié au Financial Times dans le cadre de sa série « Lunch with the FT ».

Attablé pour un déjeuner de trois heures et demie, le chercheur français de 64 ans a expliqué sans détour pourquoi il a décidé de quitter Meta après onze ans de bons et loyaux services. « Rester est devenu politiquement difficile », confie-t-il. Une litote pour décrire une rupture qui révèle les tensions croissantes au sein du groupe californien sur la direction à prendre en matière d’IA.

LLM : un modèle en fin de course

Au cœur du conflit : une divergence fondamentale sur l’avenir technologique de l’intelligence artificielle. LeCun, prix Turing et figure tutélaire du deep learning, ne croit pas aux grands modèles de langage comme voie vers la superintelligence. Pour lui, les LLM sont utiles mais limités, contraints par le langage seul. Une conviction qui détonne dans une Silicon Valley obsédée par cette approche.

Le problème ? Meta vient justement de miser massivement sur cette technologie. Après le lancement de ChatGPT fin 2022, l’entreprise a réorganisé ses équipes autour de Llama, son propre modèle de langage.

Le tournant s’opère véritablement en 2025. Mark Zuckerberg, déçu par les performances de Llama 4, décide de frapper fort. Il investit 15 milliards $ dans Scale AI et embauche son patron, Alexandr Wang, 28 ans, pour diriger le nouveau laboratoire de recherche TBD Lab. Une décision qui place ce jeune entrepreneur à la tête de l’unité de recherche en IA de Meta. Ses nouvelles recrues, attirées à coups de primes pouvant atteindre 100 millions $, sont selon LeCun « complètement convaincues par les LLM ».

LeCun se retrouve ainsi managé par quelqu’un qu’il qualifie de « jeune » et « inexpérimenté ». S’il reconnaît que Alexandr Wang apprend vite, il souligne son manque d’expérience en matière de recherche fondamentale. « On ne dit pas à un chercheur ce qu’il doit faire. On ne dit certainement pas à un chercheur comme moi ce qu’il doit faire », lance-t-il.

La communication se dégrade également avec l’unité IA générative. LeCun regrette que ses équipes proposent des innovations ambitieuses quand la direction ne retient que des projets éprouvés et sans risque. Une prudence qui, selon lui, conduit l’entreprise à prendre du retard.

Une organisation bouleversée

Plus profondément, LeCun refuse de renier ses convictions scientifiques. Certains chez Meta aimeraient qu’il cesse de proclamer publiquement que les LLM constituent une impasse pour atteindre la superintelligence. Mais le chercheur ne transige pas : « Je ne vais pas changer d’avis parce qu’un type pense que j’ai tort. Je n’ai pas tort. Mon intégrité de scientifique ne me le permet pas. »

Cette inflexibilité s’explique aussi par sa vision alternative : les modèles du monde, ou world models, qu’il développe depuis des années. Cette architecture baptisée V-JEPA vise à donner aux machines une compréhension du monde physique en apprenant à partir de vidéos, et non uniquement du langage. Une approche qui intéresse davantage l’industrie lourde et l’aéronautique que les réseaux sociaux.

Cap vers AMI Labs

LeCun prépare désormais son prochain chapitre : Advanced Machine Intelligence Labs, une start-up qui incarnera sa vision de l’intelligence artificielle avancée. Il y occupera le poste de président exécutif, laissant la direction opérationnelle à Alex LeBrun, cofondateur de la startup française Nabla. Une structure qui lui permettra de conserver la liberté de recherche qu’il chérissait chez Meta. Pourquoi ne doit pas prendre le rôle de CEO ?  « Je suis à la fois trop désorganisé et trop vieux ! » confie Yann LeCun.

Le chercheur promet des premières versions de sa technologie dans les douze mois. Pas encore la superintelligence, mais un chemin vers celle-ci. Emmanuel Macron lui-même aurait manifesté sa satisfaction de voir cette nouvelle entreprise mondiale maintenir des liens étroits avec la France.

Après des décennies passées à façonner l’IA moderne, Yann LeCun entame donc un nouveau cycle. Son ambition ? Augmenter la quantité d’intelligence dans le monde. « L’intelligence, c’est vraiment ce dont nous devrions avoir davantage », affirme-t-il.

Photo : © DR

The post Yann LeCun quitte Meta : les coulisses d’une rupture appeared first on Silicon.fr.

  •  

Actualité : Soldes / Bon plan – Le smartphone Google Pixel 9 Pro 256 Go "4 étoiles" à 729,00 € (-32%)

Google décline sa série Pixel 9 en deux versions Pro : l'une au format XL, et l'autre un peu plus compacte, sous le simple nom de Pixel 9 Pro. Ce smartphone propose la même prestation que son homologue au plus grand format, à l'exception de son format et de son volet autonomie. Voici de quoi il retourne.Points fortsÉcran très lumineux. Volet photo to...

  •  

Actualité : Soldes / Bon plan – La barre de son Samsung HW-S66D Noir à 188,75 € (-14%)

La Samsung HW-S66D est une barre de son tout-en-un, dont l’ambition est de combiner fonctions connectées et spatialisation sonore décente dans un format compact. Une formule qui pourrait être idéale pour une expérience home cinéma de choix dans une petite pièce.Points fortsSpatialisation latérale remarquable pour sa taille. Rendu sonore équilibré. Ca...

  •  

Marché PC : Pourquoi 2026 s’annonce comme l’année de toutes les pénuries

Le marché du PC a terminé 2025 sur un trimestre presque paradoxal : une croissance nette au moment même où l’industrie se prépare à une tempête de coûts et de pénuries. Selon IDC, les expéditions mondiales ont bondi d’environ 10 % sur un an au T4 2025, pour atteindre 76,4 millions d’unités — un chiffre supérieur aux attentes, porté […]

L’article Marché PC : Pourquoi 2026 s’annonce comme l’année de toutes les pénuries est apparu en premier sur BlogNT : le Blog des Nouvelles Technologies.

  •  

Gouvernance des données : pourquoi il devient difficile de choisir une solution

En se connectant aux agents IA embarqués, les solutions de gouvernance des données se rapprochent des applications métier.

Gartner signale cette tendance dans le cadre de son Magic Quadrant. Les acquisitions d’Informatica par Salesforce et de data.world par ServiceNow y font écho, estime-t-il.

Le cabinet américain relève d’autres marqueurs d’évolution du marché de la data governance. La gestion des données non structurées en fait partie. Avec l’IA en ligne de mire, les fonctionnalités se sont développées jusqu’à la vectorisation.

Convergences et chevauchements

Il y a un an, Gartner avait déclaré que la notion de plate-forme restait émergente sur ce marché. Historiquement axés sur l’exécution des politiques de gouvernance plus que sur leur mise en œuvre (data stewardship), les outils manquaient encore de liant, observait-il.

Son propos est moins affirmatif cette année. Mais au fond, le constat demeure : en pratique, plusieurs solutions autonomes sont souvent utilisées en parallèle (sécurité, qualité, confidentialité de la donnée, etc.). Elles occasionnent parfois des chevauchements fonctionnels.

Ces chevauchements sont accentués par l’évolution d’applications telles que les ERP et les CRM/CDP, qui en viennent à inclure des fonctionnalités de gouvernance des données. Ils le sont aussi par l’évolution du data management. Lequel, en connectant les silos de données par des approches comme le data mesh et la data fabric, devient plus à même d’automatiser cette gouvernance à l’appui de machine learning et de modèles sémantiques.

L’IA agentique, un discours plus qu’un état de fait

La hype autour de l’IA a ajouté à la confusion, menant nombre de fournisseurs de solutions classées dans la catégorie data management à prétendre pouvoir « automatiser la gouvernance ». C’est exagéré, avertit Gartner : au mieux, cette automatisation touche des tâches spécifiques comme la découverte d’entités ou la remédiation.

Même avertissement quant au discours sur la gouvernance à renfort d’agents IA : on le prendra comme une promesse – celle d’automatiser les workflows alimentés par les métadonnées actives* – plutôt qu’un état de fait.

La gouvernance de l’IA s’est développée plus nettement, avec l’arrivée de capacités natives (workflows d’approbation automatisés, gestion du cycle de vie des modèles, évaluation continue du risque et des biais, reporting réglementaire…). En toile de fond, la concurrence d’autres types de solutions (cybersécurité, GRC…).

* La plupart des fournisseurs classés dans le Magic Quadrant de la data governance le sont aussi dans celui de la gestion des métadonnées. Les solutions relevant de ce marché visent toutefois plus large. Il y a celles « orientées data » et celles « orientées gouvernance ». Les premières s’adressent généralement à un public plus technique que les secondes, nécessitent moins d’extensibilité et ciblent la gestion des politiques plutôt que leur exécution.

Illustration © kwanchaift – Adobe Stock

The post Gouvernance des données : pourquoi il devient difficile de choisir une solution appeared first on Silicon.fr.

  •  

Codes de rétribution de Clover (janv. 2026) – Magie de lumière

Mis à jour : 13 janvier 2026 J’ai cherché d’autres codes ! Black Clover a des légions de fans, et *Clover Retribution* apporte cette magie de l’anime à Roblox. J’adore les races et leurs bonus de statistiques uniques : un détail qui me pousse à me connecter quotidiennement. Ma chance avec les tours, cependant ? Moins inspirant. J’essaie depuis des jours […]

Le post Codes de rétribution de Clover (janv. 2026) – Magie de lumière est apparu en premier sur Moyens I/O.

  •  

Actualité : Pour un bon ssd interne à prix abordable, privilégiez...

Avec son modèle 990 Pro 1 To, Samsung propose un SSD interne M.2 ultrarapide sur le papier, avec des débits revendiqués dépassant 7 Go/s en lecture.Points fortsExcellents débits en lecture comme en écriture. Débits réels très rapides. Bonne gestion thermique. Garantie 5 ans. Points faiblesCache SLC plus limité que chez certains concurrents.Le Samsung...

  •  

Actualité : Le premier hôtel sur la Lune ouvre ses réservations, le prix dépasse l'entendement

L'annonce de GRU Space aurait pu susciter l'hilarité générale si elle n'était accompagnée d'un échéancier technique précis et un financement déjà concrétisé.Skyler Chan, 21 ans, propose aux fortunés en quête d'absolu de réserver leur escapade lunaire moyennant un dépôt de 250 000 à 1 million de dollars, entièrement remboursable après 30 jours. Seul l...

  •  

Quand les chercheurs en IA dissèquent les LLM comme des aliens

J'sais pas si vous avez vu ça, mais des chercheurs d'OpenAI, d'Anthropic et de Google DeepMind ont décidé de traiter les grands modèles de langage comme des organismes extraterrestres qu'il faut disséquer pour comprendre leur fonctionnement.

Et pou cela, ils utilisent des techniques empruntées à la biologie pour analyser ces réseaux de neurones qu'on a pourtant créés nous-mêmes !

Cette approche originale s'appelle "interprétabilité mécanistique" (mechanistic interpretability en anglais, mais bon, ça sonne mieux que "on va ouvrir la bestiole pour voir ce qu'il y a dedans") et en gros, au lieu de se contenter de tester les modèles sur des tâches précises, ces équipes les étudient comme des biologistes examineraient un spécimen inconnu. Ils cartographient les "circuits neuronaux", identifient des "organes" fonctionnels, cherchent à comprendre quelles parties du modèle s'activent pour telle ou telle tâche.

Ce qui est bizarre c'est que ces systèmes, nous les avons nous-mêmes construits... On les a entraînés, on a choisi l'architecture, on a fourni les données... et pourtant on se retrouve à les étudier comme si c'était des aliens bourrés qui se seraient crashés dans le désert du Nevada.

Du coup, plusieurs équipes ont publié des résultats sur cette approche. Chez Anthropic, par exemple, ils ont cartographié des millions de "features" dans Claude, identifiant des groupes de neurones qui s'activent pour différents concepts abstraits, avec des recherches en cours pour détecter des comportements comme la tromperie. OpenAI a de son côté développé des outils pour visualiser comment l'information circule dans ses modèles, révélant l'existence de circuits neuronaux spécialisés dans différentes tâches.

Et ce qui ressort de ces recherches, c'est surtout qu'on commence à peine à grattouiller la surface. En effet, les modèles de langage présentent des comportements émergents qu'on ne peut pas prédire juste en regardant le code ou l'architecture. Du coup, une des façons majeures de comprendre ce qui se passe vraiment là-dedans, c'est de les observer en action et de déduire leur fonctionnement interne comme on le ferait avec n'importe quel système biologique.

Et l'enjeu va bien au-delà de la simple curiosité scientifique car comprendre le fonctionnement interne de ces modèles permettrait de les rendre plus sûrs, de détecter quand ils sont sur le point de générer des réponses problématiques , ou de mieux cibler leur entraînement. C'est aussi crucial pour la recherche sur l'alignement car si on veut s'assurer que les IA futures font vraiment ce qu'on veut qu'elles fassent, il faut d'abord comprendre comment elles prennent leurs décisions.

Mais bon, vous me connaissez, je suis toujours très optimiste sur toutes ces recherches scientifiques... Cependant, il faut quand même se méfier car les modèles actuels contiennent des dizaines voire des centaines de milliards de paramètres qui interagissent de façons complexes et cartographier tout ça, c'est un peu comme essayer de comprendre le cerveau humain neurone par neurone.

Donc oui on avance, mais on est encore très looooin d'une compréhension complète... Faudra être patient.

Source

  •  

Exynos 2700 « Ulysses » : La puce 2 nm qui veut enfin briser la malédiction de Samsung

Samsung n’a pas encore officialisé la série Galaxy S26 que le Exynos 2700 — nom de code Ulysses — commence déjà à alimenter une promesse que l’entreprise traîne comme un boulet : rattraper Qualcomm sans surchauffer. Les dernières fuites décrivent un SoC pensé comme une remise à plat, avec un nouveau procédé SF2P (2e gen 2 nm), un packaging axé […]

L’article Exynos 2700 « Ulysses » : La puce 2 nm qui veut enfin briser la malédiction de Samsung est apparu en premier sur BlogNT : le Blog des Nouvelles Technologies.

  •  

Deep-Boo – Le robot qui déchire tout à Mario Party

Voici un projet open source qui risque de faire vibrer votre fibre de geek !

Prénommé Deep-Boo, ce robot joueur de Mario Party taillé comme Tibo In Shape est capable de manipuler physiquement une manette pour exploser ses adversaires.

Son créateur, Josh Mosier, a présenté ce petit bijou à l' Open Sauce 2025 et vous allez voir, c'est aussi bien pensé que c'est fun.

Le robot Deep-Boo prêt à en découdre ( Source )

En fait, Deep-Boo ne se contente pas de tricher uniquement via du code car c'est un vrai automate physique qui "voit" l'écran grâce à une carte de capture HDMI et réagit ainsi presque instantanément à ce qui se passe. Pour arriver à cela, Josh a utilisé OpenCV pour analyser les formes et les couleurs en 720p / 60 FPS. Cela permet au robot de détecter les moments cruciaux du gameplay, comme les compte à rebours ou les positions des joueurs.

Côté matériel, on est sur de la bidouille high level puisque l'automate de Josh embarque un microcontrôleur ESP32 qui pilote 12 solénoïdes pour presser les boutons A, B, X, Y et les gâchettes. Mais le vrai défi, c'était le joystick car pour contrôler les mouvements à 360°, il a fallu concevoir un manipulateur parallèle sphérique (SPM) avec des moteurs pas à pas NEMA 17.

L'architecture complexe du manipulateur de joystick ( Source )

Et là où ça devient vraiment impressionnant, c’est son utilisation de la fonction StallGuard des drivers TMC2209. Ça permet de calibrer les moteurs sans interrupteurs physiques en détectant quand le joystick arrive en butée. C’est pas idiot et ça offre une sacrée précision pour les mini-jeux qui demandent de la finesse.

Josh a même prévu un "Puppet System" c'est à dire un troisième Joy-Con connecté en Bluetooth à l'ESP32 pour reprendre la main manuellement si besoin. C’est un peu comme Mario Party en carton mais avec des muscles en métal et un cerveau dopé à la vision intelligente.

Le stand Deep-Boo a attiré les foules à l'Open Sauce 2025 ( Source )

Lors de l'évènement, le petit fantôme mécanique a même défié Ludwig , le célèbre streameur, au jeu de "button mashing" Domination.

Et sans surprise, notre petit robot l'a complétement fumé avec un score de 99 !

Voilà et comme vous connaissez mon amour pour le DIY, vous vous doutez bien que je ne vais pas vous laisser comme ça sur votre faim ! En effet, si vous voulez vous lancer dans la robotique de gaming, tout le code et les fichiers de design sont dispo sur le dépôt GitHub de Josh !

Source

  •  

L’IA du Pentagone « ne sera pas woke », Grok intègre officiellement le réseau de l’armée américaine

Le 12 janvier 2026, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a annoncé l’intégration imminente de Grok à la plateforme interne d’intelligence artificielle générative du Pentagone, GenAI.mil. Cette décision concrétise un accord de 200 millions de dollars conclu entre le Département de la Défense et xAI, la société fondée par Elon Musk et à l’origine du chatbot.

  •  
❌