La communauté open source est de nouveau en émoi. Linus Torvalds a rejeté un ensemble de modifications du sous-système MMC prévu pour le noyau Linux 7.0. Lors d'une discussion publique, il a qualifié ces propositions de « pure camelote » et de « camelote non testée », et a annoncé qu'il ne les intégrerait pas à la prochaine version du système. Les propos acerbes ne sont pas nouveaux de sa part, mais cette fois-ci, il s'agit d'un fragment de code gérant la mémoire flash et la communication avec de nombreux appareils populaires, ce qui n'a pas forcément été bien accueilli par la communauté et les développeurs. Les auteurs du correctif prévoyaient de nombreuses mises à jour, notamment l'ajout d'identifiants pour les nouveaux chipsets NXP IW61x prenant en charge le Wi-Fi sur SDIO. La prise en charge des appareils commercialisés après 2025 était également prévue. Le package comprenait également des modifications relatives au mécanisme d'effacement sécurisé et de TRIM pour certaines cartes eMMC Kingston, une prise en charge étendue du processeur mobile MediaTek MT8189 dans le pilote mtk-sd, ainsi que des refontes du code des composants SHDCI et DW_MMC. Du point de vue des fabricants de matériel, il s'agissait d'une étape indispensable avant la prochaine version majeure du noyau. Torvalds ne remettait pas en cause le principe même du développement du sous-système. Ses principales réserves concernaient la préparation des modifications. Il estimait que les auteurs n'avaient pas effectué les tests nécessaires sur la branche linux-next, utilisée pour la vérification de la compatibilité et la détection des conflits. Lors de leur échange, il a relevé des erreurs précises. Après l'intégration de certains codes, la compilation du noyau a échoué. Pour le responsable du projet, il s'agit d'une limite à ne pas franchir.
Le créateur de Linux dirige le développement du système depuis le début des années 1990. Au fil des décennies, il a habitué la communauté à un langage direct et à la dénonciation publique des erreurs. Ces dernières années, ces situations sont devenues de plus en plus fréquentes, suscitant à chaque fois un débat sur la culture d'entreprise au sein de l'un des projets informatiques les plus importants au monde. De nombreux développeurs acceptent ces règles strictes, tandis que d'autres font état de découragement et d'épuisement professionnel. Malgré ces divergences, l'autorité de Torvalds en matière technique demeure incontestable, notamment lorsqu'il s'agit de signaler des bogues susceptibles de bloquer la mise en production d'un système. Cette fois, la colère de Torvalds semble justifiée. Parmi ses critiques acerbes adressées aux auteurs du correctif, il a pointé du doigt plusieurs bogues spécifiques engendrés par ces mises à jour. Si le code proposé est intégré au noyau, la compilation échouera. Le chef de projet a clairement indiqué qu'il ne souhaitait plus recevoir de propositions des auteurs du paquetage défectueux dans le cadre du cycle de développement de Linux 7.0. Les modifications ont été reportées à la phase d'intégration de la version 7.1. Les développeurs devraient les présenter après une série complète de tests réalisés conformément aux procédures en vigueur. Le calendrier de publication prévoit la sortie de Linux 7.0 au printemps 2026. Une nouvelle discussion sur le sujet sera ouverte peu après. Pour les entreprises qui attendent de nouvelles fonctionnalités, cela implique un délai de plusieurs semaines et la nécessité d'assurer la maintenance de leurs solutions existantes. (
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