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L’heure de la grosse Commission

Avec l’annonce de 1 294 188 noms vérifiés sur le million requis, Moritz Katzner, un des bénévoles du mouvement Stop Killing Games, confirme sur Reddit que la barre a été définitivement franchie et que la demande va être examinée de façon formelle par la Commission européenne. Mieux que ça, avec un taux de signatures invalidées arrêté autour des 10 %, la pétition qui réclame aux éditeurs de cesser de nous vendre des jeux au prix fort avant de les rendre inopérants quelques années plus tard fait partie des démarches les plus fiables en la matière. C’est désormais tout un dossier qui doit être remis à la Commission : des documents et des stratégies qui ne peuvent, pour le moment, pas être dévoilées par l’équipe, car cela pourrait « faire fuiter des informations aux lobbys » qui sont évidemment, et sans surprise, vent debout contre cette proposition au bénéfice du consommateur. K.
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Big Hops

Ils ont quand même raison, les développeurs de Big Hops. À quel moment le héros d’un jeu de plateforme de 3D ne devrait-il pas systématiquement être une grenouille ? Entre les cuisses parfaitement adaptées à du saut et une langue idéale pour du grappin, c’est tout un programme de parkour qui nous est annoncé.
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Juge et parties

Voler de l’or, de surcroit avec un prix de l’once qui atteint des sommets, c’est évidemment puni par tout magistrat qui se respecte. Mais qu’en est-il de l’or de jeu vidéo ? C’est la question qu’a tranché le juge britannique John Popplewell au détour de l’affaire d’un ancien employé de Jagex, l’éditeur de Old School RuneScape, qui a hacké 68 joueurs afin de les délester de leur métal jaune virtuel, avant de revendre contre quelques Bitcoins le fruit du larcin estimé à 700 000 dollars. La décision du 14 janvier, sacrément développée, considère que oui, et souligne de nombreux aspects techniques qu’on ne va pas détailler ici, mais il est entendu que farmer de l’or dans OSRS, c’est long sa mère, et qu’une fois qu’on t’a piqué ton or, ben, tu peux plus t’en servir. Le juge ne punit cependant pas le vol sur les PNJ, ce qui, d’après certaines ONG, reste une véritable injustice. K.
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The Dark Rites of Arkham

Arkham, 1933. Alors que je pensais qu’il n’était plus possible de tomber plus bas, la vie se permet encore de me prouver que les emmerdes m’arrivent dessus par escadrilles. Je suis un flic, un simple flic qui tente de faire son boulot dans ce cloaque, mais si on commence à ajouter des rituels démoniaques, des sorcières et des gens qui sentent le poisson, je rends mon badge.
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Pioneers of Pagonia

À chaque fois qu’on parle d’un nouveau The Settlers, on voit des gens se rappeler avec nostalgie la gloire passée de la licence, et se réjouir de la sortie d’un nouvel opus. Mais la finalité est souvent la même : on finit par être déçu et relancer les vieux épisodes. Pioneers of Pagonia veut remédier à cela, et reprendre le flambeau là où Blue Byte l’avait laissé.
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Tenu en haute esteam

Si d’aventure il vous venait l’envie de travailler pour Pocketpair, le développeur japonais derrière Palworld (ce mélange étrange entre Ark et Pokémon) et Craftopia (un ersatz de Zelda : Breath of the Wild), j’espère pour vous que vous n’avez pas touché à trop de manettes au risque de ruiner vos chances. Car figurez-vous que, dans une discussion publiée sur les réseaux sociaux et rapportée par Automaton, Takuro Mizobe, le patron, explique que leur premier réflexe dans leur processus de recrutement, c’est de jeter un coup d’œil aux nombres d’heures que vous avez passées sur des jeux Steam. Le boug va jusqu’à préciser que, même si vous avez une expérience similaire sur PlayStation ou Xbox, vous serez refusé si vous n’avez aucune heure sur Steam. Étonnant, je m’étais dit que, pour recopier les devoirs de Pokémon et de Zelda, le prérequis aurait été plutôt d’avoir passé du temps sur Switch. K.
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Fable, pour ceux qui croient encore aux contes de fée

Voilà, c'est official, le nouveau Fable sortira cet automne. Rappelons que ce reboot de la franchise, tombée en disgrâce depuis une bonne décennie, sera un jeu de rôle/action en monde ouvert édité par Microsoft et développé par Playground Games, qui a hérité du bébé à la mort du studio original, Lionhead. Lors du Xbox Developer Direct, ils ont ressorti tous les poncifs du genre, notamment l'inévitable « This game is all about choices and consequences » et l'inclusion d'un PNJ-vedette (ici Richard Ayoade de la série télé The IT Crowd), mais le jeu semble relativement mignon et soigné. Surtout, les fans affamés de la franchise peuvent se permettre un peu d'optimisme, puisque Peter Molyneux n'est plus aux commandes (il est parti sur le city-builder Masters of Albion, qui sort en avril). A.
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Télex

Suite à l'annonce de sa grosse restructuration le 21 janvier, l'action Ubisoft a perdu un tiers de sa valeur en quelques heures. Elle valait plus de 100 euros en 2018, elle en vaut moins de cinq aujourd'hui. A.
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Flotsam

Des villes à flanc de montagne dans Laysara : Summit Kingdom, un hameau sur le dos d’une tortue dans The Wandering Village, à bord d’un train du côté de Steel Artery, même un village rempli de petites souris avec Whiskerwood… Le genre du city-builder ne sait plus quoi inventer pour nous faire bâtir des cités dans les endroits les plus incongrus. Avec sa ville-bateau en plein océan, Flotsam n’est cependant pas qu’un gimmick, c’est même un city-builder plutôt malin.
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Gloomhaven : Boutons & Bestioles

Il y a des idées qui naissent d’une idée bizarre, d’un concept. Gloomhaven : Boutons & Bestioles, c’est clairement ça. On prend le pachyderme ludique d’Isaac Childres, on le passe au broyeur, et on récupère un truc qui tient dans la main – une main de bûcheron, certes, mais quand même. Le résultat ressemble à un Gloomhaven qui aurait suivi un régime à base de soupe détox et de décisions éditoriales drastiques.
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Ubisoft : retour à la mine

Ubisoft se lance dans une grande réorganisation stratégique. L'éditeur français se divise en cinq « Creative Houses » autonomes, chacune héritant d'un budget distinct et d'un portefeuille de jeux à développer. La « CH1 », par exemple, chapeautera les trois grandes licences historiques (Assassin's Creed, Far Cry, Rainbow Six) tandis que la « CH4 » récupère Anno, Might & Magic, Prince of Persia et Beyond Good & Evil. En clair, c'est un découpage du trop gros paquebot qu'était devenu Ubisoft, pour espérer gagner en agilité. Au passage, six jeux sont annulés (dont le remake de Prince of Persia : Sands of Time) et sept sont retardés. Et pour motiver les équipes, l'éditeur a la brillante idée, en 2026, de massacrer la qualité de vie de ses salariés en supprimant le télétravail, avec la même excuse bidon de vouloir « renforcer la collaboration ». Car oui, tous les employés du secteur tertiaire peuvent en témoigner : on bosse beaucoup mieux dans un open space bruyant après s'être tapé une heure de transport en commun que bien au calme chez soi. A.
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Randomice

Parmi la ribambelle de titres qui sortent chaque jour, il en existe certains qui sont aussi doux qu'un chocolat chaud servi lors d’une rude soirée d’hiver. Ceux que j’aime appeler les jeux-pantoufles, non pas parce qu’ils seraient fainéants – bien au contraire – mais parce qu’ils sont un peu plus réconfortants que les autres. Randomice est de ceux-là.
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Le mod payant, ce concept audacieux

CD Projekt vient d'obliger un certain « LukeRoss » à retirer d'Internet son mod Cyberpunk 2077 permettant de jouer aux aventures de V sous un casque de réalité virtuelle. Il faut dire que ce créateur a poussé le bouchon un peu loin, puisque son mod est en pratique payant, uniquement accessible aux utilisateurs lui envoyant dix dollars par mois sur Patreon. C'est d'ailleurs pour la même raison qu'en 2022, Rockstar lui avait demandé de supprimer ses mods VR pour GTA V et Red Dead Redemption 2, dont il retirait un confortable revenu mensuel de 20 000 dollars. Si tous ces gros studios font la chasse aux mods VR, c'est sûrement parce qu'ils préparent une version réalité virtuelle de leurs jeux. Hein ? Pas vrai les gars ? Vous nous sortez ça quand ? A.
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The Last Caretaker

Oh non, purée, l'humanité a encore disparu. La faute à qui cette fois-ci ? Trump ? Une variante du chikungunya ? Un nouveau spectacle de Redouane Bougheraba ? Non, ce sont apparemment les océans qui ont décidé de recouvrir la planète et de noyer tout le monde. Heureusement, il reste deux machines pour rattraper le coup : un robot et son chalutier.
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Pathologic 3

[Fin du clavier qui vole] Pathologic 3 est un petit bijou d’écriture. Sa durée de vie et son intrigue tortueuse en font un titre incontournable pour les amateurs du genre. Ceux qui aiment aimeront. 7/10.
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Hooded Horse : pas d’IA chez moi

Tim Bender, patron de l'éditeur Hooded Horse, qui a sorti un paquet de titres remarqués ces derniers temps (notamment Manor Lords et mon GOTY du siècle, Workers & Resources : Soviet Republic), s'est exprimé chez Kotaku à propos de l'utilisation de l'IA générative dans les jeux vidéo. Et il est tellement colère qu'il utilise même des gros mots : « Je déteste l'IA générative, et cette merde a rendu ma vie bien plus compliquée, parce qu'elle infecte tout [...] Maintenant, on stipule dans nos contrats d'édition : pas de putain d'art IA. » Il explique ensuite que les graphismes générés par IA sont un véritable cancer pour l'industrie, et qu'il déconseille même à ses studios partenaires de les utiliser pour le prototypage de leur jeu – ils peuvent oublier de les supprimer sur la version finale, c'est arrivé récemment sur Clair Obscur : Expedition 33. A.
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Foxhole continue de faire son trou

Neuf ans après sa première version anticipée, le MMO Foxhole continue sa petite vie, loin des projecteurs, mais avec une popularité qui ne se dément pas. Le studio canadien Siege Camp annonce donc Foxhole Airborne, une énorme mise à jour qui rajoute toute une composante aérienne à la gigantesque guerre perpétuelle que se livrent les deux factions du jeu. Avec bien sûr tout ce qui a fait son succès : il faudra que les joueurs collaborent étroitement entre eux, notamment au niveau logistique, pour entretenir, réparer, réarmer des avions embarquant chacun plusieurs joueurs (pilote, mitrailleurs, bombardiers etc) dans des raids aériens contre des cibles terrestres et navales. De quoi prolonger la vie d'un des rares MMO qui récompense davantage la coopération et l'entraide que la toxicité et les m4d sKiLLz. A.
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Au CES 2026, la très fragile illusion de la normalité

Rendez-vous incontournable du mois de janvier dans le monde de la tech et de l'informatique, l'édition 2026 du CES a eu un goût très particulier. On y feignait comme on pouvait de s'enthousiasmer pour les nouveautés présentées, comme si l'année à venir était une année comme les autres. Mais la crise actuelle de la mémoire vive avait beau n'être sur aucune bouche, elle était bien évidemment dans toutes les têtes. Il pouvait difficilement en être autrement quand deux des plus grands animateurs habituels du salon, AMD et Nvidia, sont précisément les principaux responsables de la situation.
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Quand les historiens font la chasse aux anachronismes

Dans le Bagdad médiéval d’Assassin’s Creed Mirage, vous ne croiserez pas de commerçants en train de vendre des sacs de thé. Vous ne verrez pas non plus d’icône à l’effigie d’un muffin à côté du trait « Glouton » dans Crusader Kings III, tout comme vous ne croiserez pas de paysans vêtus de somptueuses tuniques brodées dans Kingdom Come : Deliverance II. Au sein de studios comme Warhorse, Paradox et Ubisoft, des historiens se prennent le chou sur des détails qui peuvent sembler aussi triviaux que l’inclinaison d’une pente de toit, la stature d’un cheval des steppes ou les caractéristiques d’une peinture italienne du XIIIe siècle – tout ça dans l'objectif de créer des univers virtuels aussi riches que cohérents.
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C’est tous les jours Noël pour Gabe Newell

D'après le cabinet d'étude Alinea Analytics, Steam a pété tous ses records de ventes à Noël dernier, avec 1,6 milliard de dollars de revenus. Le précédent high score, 1,4 milliard sur un mois, datait de 2020, l'année de la COVID. Les microtransactions sur Counter Strike restent la vache à lait numéro un de Valve (et c'est bien triste), mais cette avalanche de pognon vient aussi du succès inattendu d'Arc Raiders, dont Steam a écoulé 250 000 exemplaires dans la seule journée du 26 décembre (le jeu dépasse aujourd'hui les 12 millions d'unités vendues, dont sept millions sur Steam). Les autres grands gagnants de Noël sont notamment PEAK, Battlefield 6 et deux vieux jeux bradés à moins de quatre euros, Detroit : Become Human et Icarus. A.
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