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OpenAI se raccroche à AWS pour avancer sur l’agentique

On l’a appris il y a quelques jours : OpenAI a bouclé la plus grande levée de fonds de son histoire, à 110 Md$.

Si NVIDIA et SoftBank ont chacun mis 30 milliards, la plus grosse contribution provient d’AWS. Ce dernier a débloqué 50 milliards. Il en injecte 15 pour commencer et prévoit d’octroyer le reste « dans les prochains mois, sous certaines conditions ».

Parallèlement à cet apport financier, OpenAI promet de dépenser 100 Md$ supplémentaires au cours des 8 prochaines années en ressources de calcul chez AWS*. Un engagement qui s’ajoute à un accord à 38 Md$ signé en novembre 2025.

La perspective d’un runtime « spécial AWS »

L’alliance ne s’arrête pas au compute. AWS sera aussi le « distributeur cloud tiers exclusif » pour Frontier, la couche d’orchestration agentique qu’OpenAI a présentée début février.

Les deux entreprises entendent aussi lancer, « dans les prochains mois », un runtime agentique reposant sur les modèles OpenAI et optimisé pour l’infra AWS (natif à Amazon Bedrock). Elles n’en disent pas beaucoup plus, sinon que cet environnement permettra de conserver le contexte (mémoire, identités, outils…), évitant ainsi une orchestration manuelle.

Le partenariat implique également la conception de modèles personnalisés pour les développeurs d’Amazon. En toile de fond, des LLM maison qui ne font pas l’unanimité en interne.

* AWS parle de consommer 2 GW de capacité Trainium. En novembre 2025, il évoquait l’accès à « des centaines de milliers » de GPU. Et une possibilité d’extension à « des dizaines de millions » de CPU. L’annonce mentionnait les configurations UltraServer dotées en GB200 et GB300.

À consulter en complément :

L’AI Factory, grammaire désormais légitime chez AWS ?
OpenAI apprend à penser l’inférence sans NVIDIA
Perplexity se laisse sédurie par Microsoft Foundry… sans lâcher AWS
Comment OpenAI façonne son développement au fil du compute
De l’intuition à l’analyse, une taxonomie des erreurs de raisonnement des LLM

Illustration générée par IA

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iPhone 17e : le « cheval de Troie » à 599 $

En apparence, l’iPhone 17e ressemble à une bonne affaire. 599 $ pour un smartphone doté de la puce A19, de 256 gigaoctets de stockage et d’un écran OLED de 6,1 pouces ; soit exactement les performances de l’iPhone 17 standard, pour une centaine d’euros de moins.  Génereux, Apple ? Pas vraiment. Stratège, assurément.

Car derrière ce tarif soigneusement calibré sous la barre psychologique des 600 $ se cache une mécanique bien rodée : celle d’un écosystème conçu pour capter, retenir et monétiser ses utilisateurs sur le long terme.

Le hardware comme appât

Apple ne sacrifie pas ses marges par philanthropie. L’iPhone 17e fait certes quelques concessions, comme le taux de rafraîchissement revu à la baisse et le module photo simplifié,  mais il embarque les technologies maison qui font la différence : modem 5G interne, puce A19 compatible avec Apple Intelligence. Autrement dit, un appareil pleinement fonctionnel pour les usages d’aujourd’hui et de demain, vendu à un prix qui ferme la porte aux offres Android agressives entre 400 et 600 $.

Le doublement du stockage de base, passé de 128 à 256 Go à prix constant, est à cet égard révélateur. Il ne s’agit pas d’une largesse mais d’un calcul : plus de stockage, c’est plus de photos, de vidéos, d’apps, et donc un utilisateur plus engagé, moins enclin à migrer vers la concurrence.

Le vrai business model : les services

Pour comprendre la logique de ce lancement, il faut regarder au-delà du chiffre de vente unitaire. Apple perçoit aujourd’hui une part croissante de ses revenus via ses services : App Store, iCloud+, Apple Music, TV+, Arcade…

L’ARPU, le revenu moyen par utilisateur, y est structurellement supérieur à celui de ses rivaux, grâce à un écosystème verrouillé que les analystes qualifient volontiers de « jardin fermé ».

Chaque nouvel iPhone vendu, même à prix réduit, est une porte d’entrée dans cet univers. Un utilisateur converti à l’iPhone 17e aujourd’hui est un abonné iCloud potentiel demain, un client Apple TV+ après-demain. Sur cinq ans, la valeur vie client d’un acheteur de 17e dépasse largement celle que génère la marge hardware initiale.

Ne pas cannibaliser, mais élargir

Ce qui distingue l’iPhone 17e d’une simple entrée de gamme, c’est sa capacité à élargir le marché sans rogner sur les segments premium. Les iPhone 17 Pro et Pro Max, facturés jusqu’à 1 199 $, continuent d’adresser les consommateurs les moins sensibles au prix. Le 17e, lui, va chercher ceux qui hésitaient encore, les utilisateurs Android en renouvellement, les marchés émergents à pouvoir d’achat limité.

Apple réussit ainsi l’équilibre délicat qu’échouent souvent à tenir ses concurrents : un portefeuille cohérent, sans guerre interne des gammes.

Préparer l’après-smartphone

Il y a enfin une dimension prospective dans ce lancement. Équipé de l’A19 et de 256 Go, le 17e assure une compatibilité optimale avec les usages IA intensifs, la réalité augmentée et les futurs services data-lourds comme les lunettes AR, les interfaces connectées et véhicules autonomes qu’Apple prépare en coulisses. Massifier l’accès à ces technologies en amont, c’est s’assurer une base installée prête à adopter les prochains produits de l’écosystème.

L’iPhone 17e n’est donc pas un aveu de faiblesse d’Apple face à un marché saturé. C’est un investissement à long terme, déguisé en promotion. Tim Cook n’a pas bradé un iPhone. Il a planté un drapeau.

Image : © Apple

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IA et RGPD : le projet PANAME teste sa bibliothèque d’audit

18 mois pour industrialiser l’audit de confidentialité des LLM : tel était l’objectif de PANAME (Privacy Auditing of AI Models) à son démarrage en juin 2025.

L’ANSSI, la CNIL, le PEReN et le PEPR Cybersécurité portent le projet. Il doit en résulter une bibliothèque logicielle qui unifiera cette évaluation.

Aux dernières nouvelles, le calendrier initial tient toujours : il est question de publier cette bibliothèque à l’automne 2026. En attendant, un appel à manifestation d’intérêt est lancé en vue d’une phase de test. Il court jusqu’au 28 mars. Sont concernées les « entreprises, startups [sic], laboratoires de recherche et institutions » utilisant ou développant des modèles d’IA et basés dans l’UE.

En toile de fond, un avis du CEPD (Contrôleur européen de la protection des données) selon lequel le RGPD s’applique dans de nombreux cas aux modèles d’IA entraînés sur des données personnelles, en raison de leurs capacités de mémorisation. Dans ce contexte, pour conclure au caractère anonyme d’un modèle et ainsi le sortir du champ d’application du règlement, il est très souvent nécessaire de démontrer sa résistance à des attaques en confidentialité.

Trois grandes typologies d’attaques

Les porteurs de PANAME divisent ces attaques en trois catégories. La plus fondamentale est dite « par inférence d’appartenance ». Elle vise à savoir si les données concernant tel individu ont été utilisées pour entraîner tel modèle. On peut s’appuyer sur les scores de confiance (vecteurs de probabilité) que fournissent la plupart des modèles de classification. Puis passer par des modèles proxy (shadow models). L’attaquant entraîne ces derniers sur ses propres données, puis observe comment ils réagissent face à celles incluses (réponse A) et celles exclues (réponse B).Il entraîne ensuite un classifieur d’attaque : une IA qui reconnaît si le comportement du modèle cible ressemble au « A » ou au « B ».

Il existe aussi des attaques par inférence d’attribut. Elles peuvent permettre de récupérer des attributs sensibles lorsqu’on dispose déjà d’une connaissance partielle des données individuelles utilisées pour l’entraînement. Pour cela, le modèle est utilisé comme un oracle, en se basant sur le fait qu’il encode des corrélations fines entre les données d’entraînement. On l’interroge de manière itérative pour tester toutes les valeurs possibles des attributs en question.

Troisième grande catégorie : les attaques par reconstruction. C’est la technique la plus sophistiquée si le modèle cible n’est pas génératif. Avec elle, on régénère une approximation de la donnée brute.
La CNIL donne l’exemple d’une reconstruction de visage. L’attaquant commence par une image composée de « bruit » (pixels gris aléatoires). Il le soumet au modèle. Celui-ci fournit un gradient, indiquant la manière dont on peut l’augmenter (éclaircir tels pixels, assombrir tels autres…). L’attaquant la modifie en conséquence, la soumet à nouveau, et ainsi de suite. Jusqu’à obtenir une reconstruction visuelle, « souvent floue mais identifiable ».

La première phase de tests pour PANAME doit se terminer en juin. Une seconde s’enclenchera ensuite éventuellement avec les « testeurs référents ayant été le plus impliqués dans la première phase ».

À consulter en complément :

IA et RGPD : la CNIL joue les généalogistes
Avec l’AI Act, un nécessaire RGPD 2 ?
Au Parlement européen, la DSI met l’IA en pause
L’IA générative, cette arme cyber qui inquiète l’ANSSI
L’IA devient un élément codifiant du conseil en technologies

Illustration © bestforbest – Adobe Stock

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PC portables : retour sur 2 ans de concepts Lenovo

Ce n’est pas le Yoga Book 9i, mais ça y ressemble.

Plusieurs prototypes de PC portables Lenovo présentés au MWC 2026 inspirent la remarque.

Parmi eux, il y a le Yoga Book Pro 3D. Orienté création, il reprend le double écran installé depuis quelques générations sur les Yoga Book 9i… et y ajoute la 3D autostéréoscopique (sans lunettes). Le panneau supérieur (16:10, 3,2K) affiche le contenu, éventuellement converti à la volée (2D -> 3D) et avec lequel la caméra permet d’interagir (contrôle gestuel). Le panneau inférieur peut basculer entre les modes clavier virtuel et palette graphique. On peut y aimanter des « snap-on pads », accessoires physiques qui font apparaître des menus contextuels (ajustement de la luminosité, du ton…). Le PC, en Core Ultra 7 avec jusqu’à 64 Go de RAM (soudée), embarque une RTX 5070. Il pèse 2,7 kg.

Yoga Book Pro 3D 2

Avec la dernière génération du Yoga Book 9i, le deuxième écran a gagné en modularité. Lenovo reprend l’approche avec le ThinkBook Modular AI PC, en y ajoutant un système de ports interchangeables (USB-A, USB-C, HDMI) fondé sur des connecteurs magnétiques. On reste sur des panneaux de 14 pouces (16:10, 3,8K), avec du Core Ultra 7 255H (Arrow Lake) et 32 Go de RAM. Le PC pèse 1,15 kg en mono-écran ; 1,41 kg avec le deuxième.

ThinkBook Modular AI PC

ThinkBook Modular AI PC 2

La Legion Go Fold est avant tout une console portable, dotée d’un écran 7,7 pouces extensible à 11,6, avec manettes détachables, en Core Ultra 7 258V (Lunar Lake) avec 32 Go de RAM. Mais elle a un mode desktop, avec clavier sans fil. Acer avait présenté le même type d’appareil au CES 2025 (la Nitro Blaze 11), mais ne l’a pas commercialisé jusque-là.

Legion Go Fold 2

Legion Go Fold

Au CES 2026, de l’écran extensible sous toutes ses coutures

Au CES 2026, on avait eu droit au ThinkPad Rollable XD. Son écran 13,3 pouces s’étire verticalement à 15,9 pouces. La partie supérieure a la particularité de s’enrouler sur l’arrière du châssis, permettant d’afficher une petite surface tactile sur la coque extérieure.

ThinkPad Rollable XD 2

ThinkPad Rollable XD

Autre machine présentée au CES 2026 : le Legion Pro Rollable. Ce laptop gaming est basé sur le Legion Pro 7i, avec Core Ultra et GeForce RTX 5090. Il a un écran 16 pouces qui s’étend horizontalement, à 24 pouces. Avec une option intermédiaire à 21,5 pouces censée aider à travailler la vision périphérique.

Legion Pro Rollable 2

Du pliable, du 3D, du rotatif…

À l’automne 2025, lors de son Innovation World, Lenovo avait présenté le ThinkBook Vertiflex. Avec un écran (14 pouces) non pas extensible, mais rotatif, entre paysage et portrait. La machine pèse 1,39 kg pour 18 mm d’épaisseur.

ThinkBook VertiFlex

De l’écran extensible, il y en avait eu au MWC 2025, avec le ThinkBook Flip AI PC. Son panneau 13,1 pouces peut s’étendre verticalement, à 18,1 pouces (3:4, 2000 x 2664). Il peut aussi se replier sur le dos de l’écran principal, donnant une tablette 12,9 pouces. Un élément qui le différencie du ThinkBook Plus Gen 6, que Lenovo vend à partir de 3999 € TTC.

ThinkBook Flip AI PC ThinkBook Flip AI PC 2

Le MWC 2025 avait aussi donné lieu à la présentation d’un PC portable avec écran autostéréoscopique : le ThinkBook 3D Laptop. Lenovo avait également annoncé un prototype doté d’un panneau solaire : le Yoga Solar PC. Promesse : un rendement de 24 % pour – en conditions optimales – récupérer 1 heure de lecture vidéo – locale, 1080p – en 20 minutes.

Lenovo ThinkBook 3D Laptop

Du transparent, du motorisé et de l’encre électronique

L’Innovation Day 2024 avait donné lieu à la présentation de l’Auto Twist AI PC (Core Ultra 7, 32 Go de RAM, 1,27 kg). Son signe particulier : un écran motorisé (13,3 pouces, 2880 x 1800) pivotant automatiquement pour suivre l’utilisateur. Et des commandes en langage naturel pour basculer entre les modes laptop et tablette.

Lenovo Auto Twist AI PC

Au MWC 2024, il y eut le ThinkBook Transparent Display Laptop. La technologie Micro-LED permet de faire varier la transparence de l’écran 13,7 pouces (720p). Comme celle de la zone clavier (tactile), qui peut basculer en mode tablette graphique.

Lenovo ThinkBook Transparent Display Laptop 2

Lenovo ThinkBook Transparent Display Laptop

Au CES 2024, Lenovo avait présenté le ThinkBook 13xGen4 SPE. Ce 13 pouces (3:2, Core Ultra, 32 Go de RAM) a un écran e-ink couleur au dos. Il sert à personnaliser le look de la machine. Vu sa faible consommation d’énergie, il peut rester allumé en permanence.

Lenovo ThinkBook 13x SPE

Illustrations © Lenovo

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IA militaire : OpenAI remplace Anthropic au Pentagone

OpenAI a officialisé un accord avec le Pentagone pour déployer ses modèles d’IA dans des environnements classifiés, en le présentant comme le partenariat “le plus encadré » à ce jour pour des usages militaires de l’IA.

Les grandes lignes de l’accord

OpenAI explique l’avoir conclu  en demandant que des conditions similaires soient proposées à l’ensemble des laboratoires d’IA et affirme que cet accord comporte « plus de garde-fous que tout accord précédent pour des déploiements d’IA classifiés, y compris celui d’Anthropic ».

Le cadre prévoit un usage de ses modèles par le Department of War (DoW, terminologie utilisée par OpenAI) pour « toutes finalités légales », mais accompagné de restrictions contractuelles et techniques qualifiées de “red lines».

Trois “lignes rouges” affichées

OpenAI met en avant trois interdictions explicites qui doivent structurer l’usage de ses technologies par le Pentagone.

  • Pas d’utilisation de la technologie OpenAI pour la surveillance de masse domestique.
  • Pas d’utilisation pour diriger des systèmes d’armes autonomes.
  • Pas d’utilisation pour des décisions automatisées à forts enjeux, comme des systèmes de type “crédit social”.

Selon l’inventeur de ChatGPT, d’autres laboratoires auraient « réduit ou supprimé leurs garde-fous « et misé principalement sur des politiques d’usage, alors que la société revendique un dispositif plus « multi-couches », combinant architecture de déploiement, pile de sûreté (“safety stack”), implication d’experts et clauses contractuelles.

Un déploiement cloud et une “safety stack” contrôlée par OpenAI

L’accord repose sur un déploiement «cloud-only », opéré par OpenAI, sans fourniture de modèles « sans garde-fous » ni de versions non entraînées pour la sûreté. L’entreprise souligne qu’aucun modèle n’est déployé sur des « edge devices”, ce qui, selon elle, limite la possibilité d’un emploi direct dans des armes létales autonomes. Elle indique que cette architecture lui permettra de vérifier de manière indépendante que les lignes rouges ne sont pas franchies, notamment via des classifieurs mis à jour dans le temps.

Le langage contractuel mis en avant

OpenAI publie un extrait clé du contrat pour illustrer la manière dont les garde-fous sont juridiquement encadrés.

  • Le DoW “peut utiliser le système d’IA pour toutes fins légales”, conformément au droit applicable, aux exigences opérationnelles et aux protocoles de sûreté et de supervision.
  • Le système “ne sera pas utilisé pour diriger de manière indépendante des armes autonomes” dans les cas où la loi ou la politique du département exigent un contrôle humain, ni pour assumer d’autres décisions à forts enjeux qui nécessitent l’approbation d’un décideur humain sous les mêmes autorités.
  • Pour les activités de renseignement, tout traitement d’informations privées doit respecter le Quatrième Amendement, le National Security Act de 1947, le FISA, l’Executive Order 12333 et les directives du DoD imposant un objectif de renseignement étranger défini.
  • Le système « ne doit pas être utilisé pour une surveillance non contrainte des informations privées de personnes américaines »et ne peut servir à des activités de maintien de l’ordre intérieur que dans les limites du Posse Comitatus Act et des lois applicables.

OpenAI insiste aussi sur le fait que le contrat référence explicitement les lois et politiques
« telles qu’elles existent aujourd’hui », de manière à empêcher que d’éventuelles évolutions réglementaires futures ne puissent automatiquement élargir les usages de son IA au-delà du cadre actuel.

Des ingénieurs et chercheurs OpenAI “dans la boucle”

L’accord prévoit la présence d’ingénieurs “forward-deployed” d’OpenAI, dûment habilités secret-défense, ainsi que de chercheurs sûreté/alignement eux aussi “dans la boucle”. Leur rôle annoncé est d’aider le gouvernement à intégrer les modèles, de surveiller les usages et de faire évoluer la “safety stack” au fil du temps. OpenAI affirme garder un “contrôle total” sur cette pile de sûreté et répète qu’elle refuse de déployer des modèles sans garde-fous techniques, y compris pour des missions de sécurité nationale.

Motivations stratégiques affichées par OpenAI

OpenAI avance deux principaux arguments pour justifier cet engagement avec le Pentagone.

  • D’une part, l’entreprise estime que l’armée américaine « a absolument besoin de modèles d’IA puissants » pour faire face à des adversaires qui intègrent déjà l’IA dans leurs systèmes. La société explique qu’elle n’avait pas, jusqu’ici, jugé ses propres garde-fous et systèmes assez mûrs pour un déploiement classifié, et qu’elle a travaillé à les renforcer.
  • D’autre part, OpenAI dit vouloir “désescalader” les tensions entre le Department of War et les laboratoires d’IA américains, en demandant notamment que les mêmes termes soient proposés à tous et que le gouvernement tente de “résoudre les choses avec Anthropic”.

Interrogée implicitement sur la désignation d’Anthropic comme « supply chain risk » par les autorités américaines, OpenAI répond qu’elle ne soutient pas cette décision et qu’elle a clairement exprimé cette position au gouvernement.

OpenAI, Anthropic et la question des garde-fous

Dans sa FAQ, OpenAI se positionne par rapport aux arguments d’Anthropic, qui avait détaillé ses propres « red lines » et ses réserves quant à la capacité du Pentagone à les respecter dans les contrats envisagés. OpenAI rappelle partager deux de ces lignes rouges (surveillance de masse domestique, armes pleinement autonomes) et y ajouter une troisième concernant les décisions automatisées à forts enjeux.

L’entreprise explique pourquoi elle juge ces lignes plus exécutoires dans son propre contrat :

  • la surveillance domestique de masse serait explicitement exclue du champ de l’usage légal » dans le texte contractuel,
  • l’architecture cloud décrite ne permettrait pas, selon elle, d’alimenter directement des armes entièrement autonomes faute de déploiement en périphérie.

OpenAI affirme aussi que son accord  « offre plus de garde-fous que les accords précédents, y compris le contrat original d’Anthropic », en combinant contrainte contractuelle, limites techniques et supervision humaine.

Que se passe-t-il en cas de dérive de l’État ?

Sur un terrain plus politique, OpenAI tente de répondre aux inquiétudes récurrentes concernant l’évolution possible du cadre légal ou des pratiques de surveillance.

En cas de violation des termes par l’État, OpenAI indique qu’elle pourrait, comme pour tout contrat, le résilier, même si elle ne « s’attend pas » à ce scénario.

Si le gouvernement modifie ultérieurement les lois ou politiques de défense, l’entreprise souligne que le contrat renvoie explicitement aux normes actuelles, ce qui, selon elle, limite la portée de futurs assouplissements législatifs.

Sur les deux points les plus sensibles, OpenAI assure que l’accord “ne permettra pas” l’usage de ses modèles pour des armes autonomes ni pour de la surveillance de masse de citoyens américains, en invoquant à la fois la safety stack, l’architecture cloud, le langage contractuel et la présence de personnel OpenAI dans la boucle.

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Décennie numérique : la France en avance sur les infrastructures, moins sur les usages

Pour la France, pas de chiffres sur l’identification électronique : c’est confidentiel.

Le vide saute aux yeux dans la présentation qu’Eurostat fait des indicateurs de progrès vers les objectifs de la « décennie numérique ».

Fin 2022, l’UE formalisait ces objectifs – et le programme d’action qui va avec – sur quatre axes : infrastructures, compétences, digitalisation des entreprises, numérisation des services publics. Elle entend les atteindre à l’horizon 2030.

Parmi les objectifs, 80 % de citoyens de 16 à 74 ans ayant recours à l’identification électronique (eID). Eurostat l’analyse sur plusieurs dimensions, en distinguant notamment l’accès aux services publics et à ceux proposés par le secteur privé.

La France est le seul État membre de l’UE à ne pas avoir de chiffres pour 2023. Elle en a en revanche pour 2025. Résultat : près de 88 % des 16-74 ans ont utilisé l’eID sur les 12 derniers mois pour accéder à des services en ligne (84 % pour des services du public ; 59 % pour des services du privé).

La France au niveau de l’UE sur les compétences numériques de base

En parallèle des trajectoires idéales pour atteindre les objectifs du programme, l’UE effectue des projections à partir des données historiques. Elles ne sont pas toutes à la hauteur des ambitions. Par exemple concernant la diffusion des compétences numériques « élémentaires » au sein de la population. Y sont inclus, dans les grandes lignes :

  • Recherche et vérification d’informations
  • Communication et collaboration (e-mail, appels audio/vidéo, messagerie instantanée, réseaux sociaux…)
  • Création de contenu (traitement de texte, tableur, édition multimédia)
  • Gestion des données personnelles (cookies, partage de localisation, visibilité en ligne…)
  • Résolution de problèmes (télécharger et paramétrer des logiciels, consulter ses comptes, chercher un emploi…)

En 2023, le taux d’acquisition de ces compétences « élémentaires » atteignait 60 % en France (64 % chez les hommes, 57 % chez les femmes). C’était un peu plus que dans l’ensemble de l’UE (56 % ; 57 % des hommes et 54 % des femmes).
D’après les données de 2015 à 2023, l’UE atteindrait 60 % à l’horizon 2030, loin de son objectif de 80 %.

20 millions de spécialistes des TIC : l’UE s’en éloigne

Autre objectif qui, à ce rythme, pourrait ne pas être atteint : les 20 millions de 16-74 ans employés en tant que spécialistes des TIC. Ce quand bien même la définition est large, sur la base de la classification ISCO-08.

En 2024, la France en était à 1,4 million (80 % d’hommes), soit 4,8 % de ses emplois. L’UE, à 10,3 millions (même proportion d’hommes), soit environ 5 % de ses emplois. Les taux de féminisation les plus élevés – entre 25 et 30 % – sont en Estonie, en Roumanie, en Bulgarie et en Lettonie.
La projection à partir de l’historique 2011-2024 donne 12,4 millions de spécialistes des TIC à l’horizon 2030.

La France en nette avance sur « l’objectif gigabit »

Les choses sont plus avancées sur le taux de foyers couverts par une connectivité gigabit. En France, en 2024, le taux d’abonnements fixes atteignant ce débit s’élevait à 59 %, contre 22 % dans l’UE. La couverture FTTP (FTTH + FTTB) avoisinait 87 % en France et 70 % dans l’UE.
D’après les données 2019-2024, le taux de connectivité gigabit dans l’UE atteindrait 95 % en 2030, s’approchant de l’objectif de 100 %.

Ce même objectif a été fixé pour le taux de zones habitées couvertes par au moins un réseau 5G. Lui serait effectivement atteint (France et UE en étaient déjà à plus de 94 % en 2024).

Pour les licornes, retour jusqu’en 1991

Certains indicateurs ont une valeur absolue. L’UE vise par exemple 10 000 nœuds de calcul périphériques (edge) d’une latence de 20 ms ou moins. Elle pourrait les atteindre, d’après la progression enregistrée entre 2022 à 2024 (cette année-là, la France en comptait 532 ; l’UE, 2257).

Autre objectif à valeur absolue : avoir 1 ordinateur ou simulateur quantique opérationnel. Il a été atteint en 2024. L’UE table, au rythme actuel, sur 5 machines à l’horizon 2030.

Ce pourrait être plus juste concernant le nombre de licornes. L’UE y range les entreprises créées après le 31 décembre 1990 et qui ont fait l’objet d’une introduction en Bourse ou d’une vente commerciale > 1 Md$. Ainsi que celles valorisées > 1 Md$ lors de leur dernier cycle de financement de capital-risque privé. En 2023, la France en comptait 48. L’UE, 286. Elle est partie pour atteindre les 412 (l’objectif étant de 500) si on extrapole l’historique 2008-2024.

Cloud, IA, analytics : trois options pour un objectif

Les choses sont également incertaines pour l’objectif de 75 % d’entreprises utilisant le cloud, l’IA ou l’analyse de données. La France vise moins haut, cherchant à atteindre les 65 %. Elle en était à 44,9 % en 2023.

Par « utiliser le cloud », il faut entendre au moins un service entre logiciels de finance/compta, ERP, CRM, solutions de sécurité, hébergement de bases de données et environnements de développement, test ou déploiement d’applications. En 2023, la France en était à 23 %.
D’après les données 2014-2023, 64 % des entreprises de l’UE seraient dans les clous en 2030.

La catégorie « IA » comprend text mining, reconnaissance vocale, génération de langage naturel, traitement d’images, machine learning pour l’analyse de données, automatisation de processus et systèmes robotisés. En 2024, la France en était à 10 %, contre 13,5 % pour l’UE.
D’après les données 2021-2024, le taux de pénétration dans l’UE atteindrait 36 % en 2030.

L’aspect data analytics a remplacé le big data, inscrit dans les objectifs initiaux. En 2023, il était installé dans 34 % des entreprises en France.
Selon les données 2016-2023, il le serait dans 50 % des entreprises de l’UE à l’horizon 2030.
Pour le moment, les données du secteur public font partie des sources les moins exploitées. Elles le sont en l’occurrence par 6 % des entreprises pratiquant le data analytics, quand 21 % exploitent celles relatives aux transactions commerciales et 14 % celles qui concernent les clients.

Digitalisation des PME : la France en retrait sur plusieurs dimensions

L’UE s’est aussi donné un objectif de 90 % de PME (10-249 salariés) ayant un niveau minimum d’intensité numérique. C’est-à-dire utilisant au moins 4 des 12 technologies de (cf. notre article à ce sujet). En 2024, la France affichait un taux de 68,5 %, contre 73 % pour l’UE. Laquelle n’atteindrait cependant pas son objectif, d’après les projections à partir des données 2021-2024.

Quelques chiffres sur la digitalisation des PME :

  • Utilisation d’ERP : 46 % en France, 42 % dans l’UE (2023)
  • Utilisation d’au moins deux « médias sociaux » (réseaux sociaux, (micro)blogs, wikis…) : 28 % en France, 31 % dans l’UE (2023)
  • Exploitation des services cloud susmentionnés : 22 % en France, 38 % dans l’UE (2023)
  • Recours à l’IA telle que susdéfinie : 9 % en France, 13 % dans l’UE (2024)
  • Usage de la facturation électronique : 30 % en France, 39 % dans l’UE (2024)

Les démarches administratives, moins numérisées qu’à l’échelle de l’UE

Il paraît difficile d’atteindre l’objectif de 100 % des démarches administratives réalisables en ligne, mais l’UE semble pouvoir s’en rapprocher. Autant pour celles qui concernent les « grands événements de la vie » (famille, carrière, études, santé, transport, déménagement, règlement de petits litiges) que pour celles qui touchent à la création et à la gestion d’entreprise.

Pour les premières, la France en était à 71 % en 2024. L’UE en était à 82 % et pourrait, sur la base 2013-2024, atteindre les 92 % en 2030.
Pour les secondes, la France en était à 77 %. L’UE, à 86 %, avec une dynamique qui pourrait permettre d’atteindre 93 % (historique 2013-2024).

Illustration générée par IA

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OpenAI vs Anthropic : comment les géants de la tech financent les deux rivaux

C’est un chiffre qui donne, une nouvelle fois, le vertige. OpenAI a finalisé un tour de table de 110 milliards $, propulsant sa valorisation à 730 milliards, et même 840 milliards post-money. De quoi faire de l’inventeur de ChatGPT, l’une des entreprises les mieux valorisées au monde, avant même une éventuelle introduction en bourse.

Amazon en tête, suivi de SoftBank et Nvidia

Le clou de l’opération, c’est Amazon qui injecte 50 milliards $ dans le tour, soit de loin son plus grand chèque jamais signé pour une seule entreprise. SoftBank et Nvidia complètent le podium avec 30 milliards chacun.

Mais au-delà des chiffres bruts, c’est la nature stratégique de l’accord avec Amazon qui retient l’attention. OpenAI s’engage à utiliser les puces maison d’AWS, les Trainium, et à développer conjointement des modèles sur mesure pour les équipes d’ingénierie d’Amazon. Cerise sur le gâteau : OpenAI promet de dépenser 100 milliards $ supplémentaires sur AWS au cours des huit prochaines années, un engagement colossal qui vient s’ajouter à un précédent accord de 38 milliards signé en novembre dernier.

Microsoft n’est pas écarté

La montée en puissance d’Amazon dans l’orbite d’OpenAI soulève une question naturelle : qu’en est-il de Microsoft, jusqu’ici partenaire historique en matière d’infrastructure ? Les deux entreprises ont tenu à rassurer le marché dans un communiqué commun : « Rien dans les annonces d’aujourd’hui ne modifie en quoi que ce soit les termes de la relation entre Microsoft et OpenAI. » Un message de stabilité qui sonnait presque comme une mise au point.

La guerre des valorisations fait rage

Cette levée intervient dans un contexte de surenchère généralisée entre OpenAI et son grand rival Anthropic qui a levé 30 milliards $ ce mois-ci, auprès d’investisseurs comprenant Nvidia et Microsoft, pour une valorisation de 380 milliards $.

Les deux concurrents ont désormais en commun un même réseau d’investisseurs, un même besoin frénétique de GPUs et de datacenters, et une même logique de financements croisés qui interroge les analystes.

Ces « circular deals », où les fournisseurs de cloud et de semi-conducteurs investissent dans les startups d’IA qui s’engagent en retour à consommer leurs services, sont perçus comme un moyen efficace de sécuriser une infrastructure rare. Mais ils amplifient aussi les risques : si la demande pour l’IA ne justifie pas les valorisations actuelles, les pertes pourraient se propager en cascade.

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Décennie numérique : ce que l’UE mesure quand elle parle de digitalisation des entreprises

La « digitalisation des entreprises », c’est quoi au juste ?

Depuis 2015, Eurostat compile un indicateur composite dit « index d’intensité numérique ». L’Union européenne l’exploite dans le cadre de son programme d’action pour la décennie numérique.

Ce programme fut formellement établi en décembre 2022. Il définit des objectifs de transformation numérique à l’horizon 2030, dans 4 domaines : connectivité, compétences numériques, digitalisation des entreprises, digitalisation des services publics.

Le mécanisme de suivi de la progression des États membres se fonde sur une quinzaine de KPI. Dont le pourcentage de PME utilisant au moins 4 des 12 technologies qu’englobe l’index d’Eurostat.

L’UE ne liste pas ces technologies et pour cause : d’année en année, la composition de l’index évolue. La dernière incarnation comprend :

Au moins 50 % des employés ont accès à Internet pour un usage professionnel
Connexion Internet à au moins 30 Mbit/s descendants
Au moins 1 % du CA en e-commerce
Au moins 1 % des ventes réalisées sur le web avec au moins 10 % en B2C
Achat de services cloud
Achat de services cloud « sophistiqués » ou « intermédiaires »
Avoir un site web
Utiliser au moins un réseau social
Faire de l’analyse de données, y compris via un prestataire externe
Utiliser au moins une technologie d’IA
Utiliser un ERP
Utiliser un CRM

Chaque dimension a ses spécificités. Pour le e-commerce, par exemple, on tient compte des achats avec paiement hors ligne. Comme « technologie d’IA », on entend autant les chatbots de service client que le big data à base de machine learning, entre autres.

La sécurité informatique est sortie du radar

Entre 2015 et 2025, les trois premiers sous-indicateurs (accès à Internet, bande passante, e-commence) n’ont pas changé.

Le critère « 1 % de ventes sur le web et au moins 10 % en B2C » n’entrait pas dans l’index en 2018 et 2020. À la place était la pratique du big data sur des données internes ou externes.

Le critère « achat de services cloud » n’a pas toujours été présent, en tout cas sous cette forme. De 2015 à 2020, Eurostat a mesuré le taux d’entreprises fournissant des « appareils portables à connexion Internet mobile » (précision en 2018 et 2019 : réseau cellulaire) à au moins 20 % de leurs employés. En 2022 et 2024, il s’est intéressé à celles qui documentaient leurs mesures, pratiques ou procédures de sécurité informatique.

De 2015 à 2018, ainsi qu’en 2020, le sixième sous-indicateur n’était pas l’achat de services cloud « sophistiqués » ou « intermédiaires », mais le fait d’avoir un site web proposant au moins une des fonctionnalités suivantes :

  • Description de biens et de services
  • Affichage de prix
  • Possibilité pour le visiteur de personnaliser ou de concevoir des biens et services
  • Suivi de commandes
  • Personnalisation du contenu du site pour les visiteurs réguliers

En 2019, 2022 et 2024, pour ce même sous-indicateur, Eurostat a mesuré le taux d’entreprises informant les employés de leurs obligations en matière de sécurité informatique.

À la place du critère « avoir un site web », il y eut, en 2019, 2022 et 2024, « recourir à au moins 3 mesures de sécurité informatique ». En 2021 et 2023, « utiliser au moins deux réseaux sociaux ».

Quand l’IoT, l’impression 3D, la robotique et la pub en ligne étaient des critères

En 2018, il ne s’agissait pas d’utiliser au moins un réseau social, mais d’avoir un site ayant des liens ou des références aux profils sociaux de l’entreprise. En 2020, il s’agissait d’utiliser l’impression 3D. Et en 2022 et 2024, de dispenser au personnel des formations en informatique.

Historiquement, le neuvième sous-indicateur a souvent porté sur l’emploi de spécialistes des TIC (2017, 2018, 2020, 2022, 2024). En 2015 et 2016 aussi, mais avec une option de plus : recourir à des fonctions TIC réalisées principalement par des prestataires externes. En 2019, il fallait utiliser les réseaux sociaux à au moins deux fins. Et en 2021, utiliser l’IoT.

Le sous-indicateur « utiliser au moins une technologie d’IA » est tout nouveau. En 2015 et 2017, Eurostat s’était penché sur les entreprises qui partageaient des données « relatives à la gestion de la supply chain » par voie électronique avec clients ou fournisseurs. En 2016 et 2018, à celles qui achetaient de la pub sur Internet. Et en 2019, à celles qui réalisent des ventes en ligne dans d’autres pays de l’UE. En 2020 et 2022, les entreprises étaient évaluées sur leur utilisation de robots industriels ou de service.

La facturation électronique, indicateur pendant un temps

« Utiliser un ERP » a été présent par intermittence. En 2016, il fallait pratiquer la facturation électronique. En 2018 et 2020, acheter des services cloud de niveau « intermédiaire ou élevé » (« medium-high »). Les versions 2022 et 2024 analysaient la fourniture, aux employés, d’un accès distant à la messagerie électronique, aux documents ou aux applications.

Même présence par intermittence pour « utiliser un CRM ». En 2016, ce sous-indicateur était réservé aux services cloud medium-high. En 2018 et 2020, à la facturation électronique. Eurostat a aussi examiné l’organisation de réunions en ligne, en 2022 et 2024.

Illustration générée par IA

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De l’intuition à l’analyse, une taxonomie des erreurs de raisonnement des LLM

A=B donc B=A ? Pour les LLM, ça ne coule pas de source.

En 2023, nous nous étions fait l’écho d’une étude à ce sujet. Laquelle démontrait, dans les grandes lignes, que les modèles auxquels on n’avait pas appris une relation d’équivalence « dans les deux sens » (« A=B » et « B=A ») avaient du mal à la déduire.

Ce phénomène, dit reversal curse (littéralement, « malédiction de l’inversion »), figure dans une taxonomie que proposent trois universitaires américains. Ils y synthétisent l’état de la recherche sur les erreurs de raisonnement des LLM.

Leur ontologie distingue le raisonnement « incarné » (embodied, dépendant d’interactions avec des environnements physiques) et « non incarné » (qui met en jeu des processus cognitifs n’exigeant pas ces interactions). Dans le « non incarné », elle sépare raisonnement formel (qui implique la manipulation de symboles sur la base de règles) et informel (qui relève du jugement intuitif).

Les erreurs sont réparties en trois catégories :

  • Fondamentales (intrinsèques aux architectures et à l’entraînement des modèles)
  • Spécifiques à des applications
  • De robustesse (sensibilité à des variations mineures)

Face aux limites cognitives, imiter l’attention humaine

En matière de raisonnement informel, les erreurs peuvent découler d’un manque d’aptitudes cognitives. Les limites de la mémoire de travail en font partie (notamment le fait qu’une information ancienne peut perturber l’acquisition d’une nouvelle). Le contrôle inhibiteur aussi. Les LLM n’ont pas tous cette faculté à contenir une réaction impulsive. En tout cas au sens où peu importe l’évolution du contexte, ils s’en tiennent souvent à des patterns appris. Dans le même esprit, ils peuvent manquer de flexibilité cognitive. En d’autres termes, d’une capacité à s’adapter à de nouvelles règles et/ou à basculer efficacement entre des tâches. Le raisonnement abstrait – capacité à reconnaître des motifs dans des concepts – peut aussi leur faire défaut (déduction de règles à partir d’exemples, gestion des abstractions temporelles…).

Tous ces éléments se manifestent par des problèmes de robustesse. Ils découlent de limites d’architecture et d’entraînement : dispersion de l’attention, prédiction de tokens qui privilégie les statistiques au raisonnement, etc. S’y ajoute, pour les LLM entraînés exclusivement sur du texte, un manque d’ancrage avec le monde physique et social. Parmi les solutions explorées : insertion des chaînes de pensée dans les prompts, enrichissement de la récupération, fine-tuning avec injection d’interférences et mécanismes imitant l’attention humaine.

Des personnalités pour atténuer les biais

Au-delà du manque d’aptitudes cognitives, il y a les biais. Le contenu de l’information joue. Les LLM tendent à favoriser celle alignée sur leurs croyances ou sur le contexte précédent (reflet du biais de confirmation). Ils se révèlent également sensibles aux biais d’attribution et de négativité. Qui priorisent respectivement le contenu « populaire » et les inputs négatifs.

La présentation de l’information influe aussi. Le biais d’ordre n’épargne effectivement pas les LLM, comme le biais d’ancrage (les données présentées en premier influencent démesurément le raisonnement). S’y ajoute l’effet de cadrage (des prompts équivalents d’un point de vue logique mais formulés différemment produisent des résultats différents).La perspective narrative a également un certain poids.

Au sein de la taxonomie proposée, les erreurs relevant de biais cognitifs sont de l’ordre du fondamental. Résultant des architectures et de l’entraînement/alignement, elles se manifestent par des problèmes de robustesse. Parmi les solutions étudiées : entraînement antagoniste, filtrage des outputs et attribution de personnalités aux modèles.

La difficile acquisition des « soft skills »

Certaines erreurs de raisonnement cognitif ne se manifestent que dans des contextes sociaux spécifiques. Les LLM ne parviennent pas toujours à comprendre les normes sociales et l’état d’esprit d’autrui.

Sur ce dernier point, les difficultés tiennent autant à la compréhension des perceptions qu’à la prédiction des croyances. Le raisonnement que les modèles ont à ce propos apparaît d’autant plus fragile que des modifications mineures dans la formulation d’une tâche suffisent à le perturber. C’est sans compter les déficits sur le plan émotionnel, avec une tendance aux biais d’affect et une compréhension limitée des variations culturelles.

Sur le volet des normes sociales, il arrive que les LLM produisent des jugements contradictoires d’un point de vue éthique. Là aussi, ils se révèlent sensibles à la formulation des tâches, y compris en fonction des langues. Le fine-tuning a tendance à exacerber cette sensibilité.

Dans l’un et l’autre cas, on est sur des limites spécifiques à des applications (tâches relevant de la sûreté et de la confidentialité, en particulier). Elles se traduisent par des problèmes de robustesse – en première ligne, les risques de manipulation. Fine-tuning et apprentissage par renforcement ne constituent souvent des solutions que pour des contextes simples.

Dans les systèmes agentiques, des palliatifs durs à généraliser

Des limites, les LLM en ont aussi au niveau du raisonnement social explicite. Elles se manifestent dans les systèmes de planification agentique. Tendant à trop s’appuyer sur des informations locales ou récentes, les modèles peuvent échouer à développer des stratégies coordonnées sur le long terme.

Ces limites tiennent à la fois à leurs capacités individuelles et à la conception des systèmes agentiques. Ils se manifestent souvent par des problèmes de robustesse. Et sont accentués par les faiblesses de raisonnement social implicite comme par le manque d’aptitudes cognitives.

Parmi les solutions explorées, il y a l’enrichissement des représentations internes (suivi des croyances, validation des hypothèses). Il y a aussi des protocoles de communication avec vérification obligatoire et des agents qui « challengent » les outputs contestables. Toutes ces approches sont néanmoins difficiles à généraliser. L’ingénierie de contexte apparaît comme une méthode alternative plus robuste dans les systèmes agentiques.

Les graphes pour donner des chemins de raisonnement

En matière de raisonnement logique formel, le reversal curse est essentiellement attribué aux objectifs d’entraînement unidirectionnels des modèles transformeurs. Ils induisent en effet un asymétrie structurelle dans les poids. La principale solution explorée dans la littérature scientifique consiste à « augmenter » les données d’entraînement – entre autres par inversion syntaxique de faits et permutation d’unités sémantiques – pour restaurer une symétrie.

La raisonnement compositionnel (combinaison de connaissances) pose aussi des problèmes. On les doit aux incapacités de planification holistique et aux limites de pensée profonde. En guise de solution, outre le prompting à base de chaînes de pensée, est exploré l’entraînement à base de « chemins de raisonnement » structurés en graphes.

La syntaxe peut tout changer

L’exploitation des structures logiques implicites contenues dans les benchmarks peut révéler des problèmes de robustesse. Ce fut l’objet d’études qui ont introduit des modifications préservant la sémantique, comme changer l’ordre des réponses dans un QCM, réorganiser des prémisses ou éditer des éléments secondaires (noms de personnages, par exemple).

Ces transformations structurelles ont été appliquées aux problèmes de mathématiques comme aux benchmarks de code (édition syntaxique de docstrings, renommage de fonctions et de variables, altération de la logique de contrôle de flux…). Pour pallier les limites qu’elles ont fait ressortir, la principale solution consiste à appliquer des perturbations pour diversifier les données d’entraînement. Une technique toutefois difficile à généraliser.

Dans le domaine de l’arithmétique, les limites tiennent beaucoup à l’architecture des modèles (encodage positionnel, tokenisation…). La précision numérique limitée n’aide pas. Comme la tendance à l’usage du raisonnement heuristique (pattern matching).

Une des solutions explorées passe par des jeux de données plus précis, détaillant les étapes de traitement. Une autre imite les stratégies de calcul humaines, par exemple en focalisant l’attention sur le chiffre des unités dans le cadre des multiplications.

Le défi de l’ancrage dans le monde réel

Quantité d’analyses ont démontré le manque de bon sens des LLM sur la physique du monde réel : lois fondamentales, attributs des objets, relations spatiales… Il en résulte des erreurs fondamentales.
Même lorsqu’ils ont les compétences, les modèles échouent souvent à les appliquer à des domaines concrets. On tombe là dans les limites spécifiques à des applications.

Le fine-tuning sur des corpus qui encodent explicitement des connaissances de la physique du monde réel est une solution. L’insertion des chaînes de pensée dans les prompts en est une autre, destinée à stimuler la découverte de relations causales et spatiales plus nuancées. Piste alternative : le recours à des outils externes, tels des simulateurs.

Le manque de « bon sens physique » se reporte sur l’analyse d’images statiques, et plus encore d’environnements 3D. Les LLM ont souvent du mal à dénombrer les objets, décrire leurs relations spatiales et à détecter des anomalies. Ils ont globalement tendance à s’appuyer démesurément sur les données textuelles de leur corpus d’entraînement et sur les scénarios communs qu’ils y ont détectés. On touche là à des problèmes de robustesse, en plus de ceux spécifiques à des applications.
Les solutions étudiées incluent la modification des données d’entraînement pour réduire le biais vers le texte, les mécanismes d’attention à ancrage spatial et l’apprentissage par renforcement pour inculquer ce fameux « bon sens ».

À l’échelle des systèmes agentiques, les plans d’action comprennent parfois des actions impossibles du point de vue de la physique. On tombe là dans des erreurs fondamentales, découlant notamment d’un déficit d’affordance (raisonnement sur ce qui peut arriver à des objets).

Illustration © maylim – Adobe Stock

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IA militaire : le Pentagone lance un ultimatum à Anthropic…qui répond Non

{ Mise à jour } – Dario Amodei n’aura pas attendu la date limite de l’ultimatum, ce 27 février, fixé par Pete Hegseth, secrétaire à la Défense.

Dans un long communiqué, le PDG d’Anthropic a donné sa réponse dès hier après-midi ( à l’heure californienne) : c’est Non. « Ces menaces ne modifient pas notre position : nous ne pouvons en conscience accéder à leur demande », écrit Dario Amodei.

Et de poursuivre : « Je crois profondément en l’importance existentielle de l’utilisation de l’IA pour défendre les Etats-Unis et les autres démocraties, et pour vaincre nos adversaires autocratiques. C’est pourquoi Anthropic a œuvré de manière proactive pour déployer ses modèles auprès du département de la guerre [le nouveau nom du ministère de la défense américain] et des services de renseignement », écrit-il, mais « dans certains cas précis, nous pensons que l’IA peut saper, plutôt que défendre, les valeurs démocratiques ».

Pour clarifier son refus, Mario Amodei rappelle sa doctrine sur l’IA militaire: « Nous soutenons l’utilisation de l’IA pour des missions légitimes de renseignement et de contre-espionnage à l’étranger. Mais l’utilisation de ces systèmes pour la surveillance intérieure de masse est incompatible avec les valeurs démocratiques », écrit-il en estimant que cette pratique « représente un risque grave et inédit pour nos libertés fondamentales ».

Autre sujet de désaccord : les armes autonomes.  Le PDG précise « Sans un contrôle adéquat, on ne peut compter sur des armes entièrement autonomes pour faire preuve du même discernement que nos troupes professionnelles et hautement qualifiées. Leur déploiement doit être encadré par des garde-fous appropriés, qui n’existent pas actuellement ». Et d’ajouter qu’aucun de ces sujets n’avaient  « constitué, jusqu’à présent, un obstacle à l’accélération de l’adoption et de l’utilisation de nos modèles au sein de nos forces armées ».

Il relève aussi que « Ces deux menaces sont incohérentes : l’une nous qualifie de risque pour la sécurité, la seconde fait de Claude un élément essentiel pour la sécurité nationale. »

Le refus d’obtempérer aux menaces de Pete Hegseth d’une désignation d’Anthropic comme « risque pour la chaîne d’approvisionnement » étant désormais acté, le Ministère de la Guerre va-t-il mettre sa menace à exécution ? .

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La bataille sans précédent qui se joue en ce moment entre le Pentagone et Anthropic prend une nouvelle tournure. Selon des informations exclusives d’Axios, le département de la Défense a contacté ce mercredi deux géants de l’industrie de défense – Boeing et Lockheed Martin – pour évaluer leur dépendance au modèle d’IA Claude. Une première étape vers une éventuelle désignation de l’entreprise comme « risque pour la chaîne d’approvisionnement ».

Cette sanction, habituellement réservée aux entreprises issues de pays adversaires, comme le chinois Huawei, n’a jamais été appliquée à une firme technologique américaine de premier plan. L’appliquer à Anthropic constituerait un précédent historique.

Claude au cœur des systèmes classifiés

L’enjeu est considérable. Claude est aujourd’hui le seul modèle d’IA opérant dans les systèmes classifiés de l’armée américaine. Selon Axios, il aurait été mobilisé lors de l’opération visant à capturer le président vénézuélien Nicolás Maduro, via le partenariat d’Anthropic avec Palantir, et pourrait à terme être engagé dans d’éventuelles opérations militaires en Iran.

Si le Pentagone salue les performances de Claude, il est en revanche « furieux » qu’Anthropic refuse de lever ses garde-fous pour autoriser une utilisation aux fins de « toutes missions légales ». La startup tient notamment à bloquer le recours à son IA pour la surveillance de masse des citoyens américains ou pour le développement d’armements autonomes, c’est-à-dire capables de tirer sans intervention humaine.

Un ultimatum fixé au 27 février

La tension a culminé le 24 février lors d’une réunion particulièrement tendue. Le secrétaire à la Défense Pete Hegseth aurait fixé un ultimatum au PDG d’Anthropic, Dario Amodei : se plier aux exigences du Pentagone d’ici le 27 février. Faute de quoi, l’administration aurait recours soit au Defense Production Act, une loi permettant de contraindre des entreprises privées à servir les intérêts nationaux, soit à la désignation de « risque pour la chaîne d’approvisionnement ».

« Ce sera une vraie galère à démêler, et nous allons faire en sorte qu’ils paient le prix de nous avoir forcé la main », a déclaré à Axios un haut responsable de la Défense, évoquant cette possible désignation.

Du côté d’Anthropic, on préfère minimiser les tensions. Un porte-parole a décrit la réunion comme « une continuation de conversations de bonne foi sur notre politique d’utilisation, afin de garantir qu’Anthropic puisse continuer à soutenir la mission de sécurité nationale du gouvernement dans le cadre de ce que nos modèles peuvent faire de manière fiable et responsable ». Aucun commentaire n’a été formulé sur la possible désignation de risque.

La concurrence s’engouffre dans la brèche

Pendant ce temps, les concurrents se positionnent. xAI, la société d’IA d’Elon Musk, vient de signer un accord pour intégrer les systèmes classifiés de l’armée, sous la clause d’« usage légal complet » qu’Anthropic a précisément refusée. Google et OpenAI, dont les modèles sont déjà présents dans les systèmes non classifiés, seraient en négociations pour franchir le même pas. Selon une source citée par Axios, le Gemini de Google représente déjà « une solide alternative » à Claude dans plusieurs cas d’usage militaires.

Une désignation de risque serait un coup sévère pour Anthropic si elle conduisait les entreprises partenaires de l’État à retirer Claude de leurs infrastructures. Mais la scale-up pourrait aussi y trouver un bénéfice inattendu : être perçue, aux yeux de ses clients et de ses talents, comme l’entreprise qui a tenu bon face aux pressions d’une course aux armements dans l’IA. La date limite approche.

 

Article mis à jour le 27 février avec la position de refus d’Anthropic

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Accenture et Mistral AI s’allient autour d’une IA générative «souveraine »

Accenture et Mistral AI annoncent une collaboration stratégique sur plusieurs années, visant à accompagner les organisations en Europe et à l’international dans le déploiement d’IA avancée à grande échelle. Les deux entreprises co‑développeront des solutions « enterprise‑grade » destinées à répondre à des cas d’usage concrets dans différents secteurs, avec la promesse de résultats mesurables.

Le dispositif s’appuie sur la combinaison des modèles de Mistral AI et des capacités d’Accenture en architecture, gouvernance et passage à l’échelle des systèmes d’IA dans des environnements complexes. L’objectif affiché est de permettre aux entreprises de capter rapidement de la valeur, dans un cadre sécurisé et conforme aux exigences réglementaires propres à chaque région.

L’« autonomie stratégique », axe clé du discours

Le partenariat est explicitement présenté comme un levier d’« autonomie stratégique » pour les clients, en s’appuyant sur des modèles dits « souverains » développés par Mistral AI. Pour Accenture, cela permet de proposer des solutions combinant performance de pointe et maîtrise complète des données et des modèles par ses clients.

Ce positionnement répond aux attentes d’entreprises européènnes soucieuses de limiter leur dépendance aux grands fournisseurs extra‑européens de modèles d’IA, tout en respectant des cadres réglementaires comme l’AI Act. L’association entre un intégrateur mondial et un champion européen de l’IA open‑weight s’inscrit dans la stratégie plus large de Mistral AI de multiplier des alliances structurantes avec des grands comptes et plateformes.

Accenture, intégrateur et client de Mistral AI

Dans le cadre de l’accord, Accenture devient également client de Mistral AI et prévoit d’équiper ses équipes des modèles et produits de la start‑up, notamment Mistral AI Studio. Les technologies de Mistral seront intégrées dans les propres opérations d’Accenture, afin d’alimenter les solutions délivrées aux clients et d’industrialiser les usages internes de l’IA.

Cette double casquette, intégrateur et utilisateur,  a vocation à accélérer l’acculturation des équipes d’Accenture aux outils de Mistral AI et à enrichir le retour d’expérience sur les déploiements à grande échelle.

L’accord ne se limite pas au volet technologique et inclut la création de programmes dédiés de formation et de certification à destination des clients. Ces parcours doivent fournir les compétences nécessaires pour déployer, affiner et opérer des solutions alimentées par Mistral AI à grande échelle, tout en adressant les enjeux de gouvernance.

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IaaS, inférence, bureautique… Microsoft rend son cloud un peu plus « local »

Pas de VM à lancement fiable, de GPU sur AKS, d’actions de remédiation avec le moteur de politiques… En mode déconnecté, Azure Local a des limites fonctionnelles.

Pour autant, ce mode vient de passer en disponibilité générale. Il complète celui dit à « connectivité limitée », qui n’impose pas l’hébergement du plan de contrôle en local et qui envoie certaines données vers le cloud, à commencer par les logs.

En mode déconnecté, Azure Local permet pour le moment de créer des VM Windows (10 Enterprise ; Server 2022/2025) et Linux (Ubuntu 22.04/24.04 LTS). La gestion des clusters Kubernetes vanilla et AKS est en preview. Comme les VM à lancement fiable (secure boot, vTPM et attestation).

Le cluster de management doit comprendre au moins 3 nœuds physiques. Chacun avec 96 Go de RAM, 24 cœurs physiques et 2 To NVMe. Certaines opérations ne peuvent être effectuées sur le portail Azure, comme la création d’interfaces réseau et de clés SSH (pour AKS). On ne peut pas forcer la synchronisation des identités, réalisée toutes les 15 minutes.

Microsoft 365 adapté à Azure Local

Autre offre qui passe en disponibilité générale : Microsoft 365 Local. Elle permet de déployer Exchange Server, SharePoint Server et Skype for Business Server (Subscription Edition) sur des architectures de référence Azure Local. Impératif : utiliser du matériel certifié Premier (une vingtaine de configurations disponibles : du Dell AX et APEX, du Lenovo ThinkAgile et du HPE ProLiant).

Microsoft s’est engagé à supporter les trois produits au moins jusqu’à fin 2035.

Catalogue enrichi pour Foundry Local

Foundry Local reste en preview, mais accueille de plus gros modèles à son catalogue.

Cette version locale de Microsoft Foundry (ex-Azure AI Foundry) est installable sur Windows 10 (x64), Windows 11 (x64/Arm), Windows Server 2025 et macOS (Apple Silicon). Elle donne accès à une API et un serveur REST, un SDK (C#, Python, JavaScript) et un runtime ONNX. L’inférence est locale, mais le réseau peut être utilisé pour télécharger modèles et composants, et éventuellement partager des logs.

Pour le moment, l’API ne fonctionne qu’en mode chat/completions – le SDK permettant d’exploiter les modèles de reconnaissance vocale Whisper. Pensé pour un fonctionnement mononœud, Foundry Local ne gère ni l’autoscaling, ni la concurrence (le parallélisme est à contrôler au niveau applicatif), ni le batching continu. Quant à catalogue, avec 25 modèles, on est encore loin des plus de 8000 proposés sur la version cloud de Foundry.

Les 25 modèles disponibles

Modèle Taille Licence Variantes
Phi-3-mini-4k-instruct 2,1 Go MIT CPU
GPU (CUDA, WebGPU, OpenVINO, TensorRT)
NPU (QNN, Vitis)
Phi-3-mini-128k-instruct 2,1 Go MIT CPU
GPU (CUDA, WebGPU, OpenVINO, TensorRT)
NPU (QNN, Vitis)
Phi-3.5-mini-instruct 2,1 Go MIT CPU
GPU (CUDA, WebGPU, OpenVINO, TensorRT)
NPU (QNN)
Phi-4-mini-instruct 3,6 Go MIT CPU
GPU (CUDA, WebGPU, OpenVINO)
NPU (OpenVINO, Vitis)
Phi-4-mini-reasoning 3,1 Go MIT CPU
GPU (CUDA, WebGPU, OpenVINO)
NPU (OpenVINO, Vitis)
Phi-4 8,4 Go MIT CPU
GPU (CUDA, WebGPU, OpenVINO, TensorRT)
Phi-4-reasoning 8,4 Go MIT CPU
GPU (CUDA, WebGPU)
DeepSeek-R1-Distill-Qwen-1.5B 1,4 Go MIT GPU (TensorRT)
DeepSeek-R1-Distill-Qwen-7B 5,3 Go MIT CPU
GPU (CUDA, WebGPU, OpenVINO, TensorRT)
NPU (OpenVINO, Vitis)
DeepSeek-R1-Distill-Qwen-14B 9,8 Go MIT CPU
GPU (CUDA, WebGPU, OpenVINO, TensorRT)
NPU (QNN)
Qwen2.5-0.5B-Instruct 0,5 Go Apache 2.0 CPU
GPU (CUDA, WebGPU, OpenVINO, TensorRT)
NPU (OpenVINO, Vitis)
Qwen2.5-Coder-0.5B-Instruct 0,5 Go Apache 2.0 CPU
GPU (CUDA, WebGPU, OpenVINO, TensorRT)
NPU (OpenVINO, Vitis)
Qwen2.5-1.5B-Instruct 1,3 Go Apache 2.0 CPU
GPU (CUDA, WebGPU, OpenVINO, TensorRT)
NPU (OpenVINO, QNN)
Qwen2.5-Coder-1.5B-Instruct 1,3 Go Apache 2.0 CPU
GPU (CUDA, WebGPU, OpenVINO, TensorRT)
NPU (OpenVINO, Vitis)
Qwen2.5-7B-Instruct 4,7 Go Apache 2.0 CPU
GPU (CUDA, WebGPU, OpenVINO, TensorRT)
NPU (Vitis)
Qwen2.5-Coder-7B-Instruct 4,7 Go Apache 2.0 CPU
GPU (CUDA, WebGPU, OpenVINO, TensorRT)
NPU (OpenVINO, Vitis)
Qwen2.5-14B-Instruct 8,8 Go Apache 2.0 CPU
GPU (CUDA, WebGPU, OpenVINO, TensorRT)
Qwen2.5-Coder-14B-Instruct 8,8 Go Apache 2.0 CPU
GPU (CUDA, WebGPU, OpenVINO, TensorRT)
Mistral-7B-Instruct-v0.2 4,3 Go Apache 2.0 GPU (OpenVINO)
NPU (OpenVINO, Vitis)
gpt-oss-20b 9,7 Go Apache 2.0 CPU
GPU (CUDA)

Illustration © Greentech – Adobe Stock

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Claude Code, la fin des mainframes ? IBM crie à l’amalgame

Les mainframes, c’est un peu comme l’iPhone.

Sans l’exprimer ainsi, IBM a tout de même fait le rapprochement, en réaction à un emballement boursier qui lui a été défavorable.

Vendredi 20 février, le titre avait clos à environ 257 $. Lundi 23, la tendance baissière constatée depuis l’ouverture s’est subitement accélérée à la mi-journée. À la fermeture, l’action avoisinait les 225 $. Son cours avait donc chuté de près de 15 %.

L’élément déclencheur fut probablement un post d’Anthropic, sur le blog consacré à ses LLM Claude. Sujet : comment l’IA « aide à passer outre la barrière du coût pour la modernisation cobol ».

Ce que dit le post d’Anthropic

Le contexte est posé d’une façon simple, pas nouvelle : de moins en moins de personnes compétentes dans ce langage, du code mal documenté qui a évolué sur des décennies… et donc d’autant plus de difficulté à moderniser. Là interviennent « des outils comme Claude Code ». Ils automatisent les phases d’exploration et d’analyse, qui « représentent l’essentiel des efforts » de modernisation.

Avec eux, « plus besoin d’une armée de consultants », ajoute Anthropic. Ils vont au-delà des graphes d’appels pour découvrir des dépendances implicites qu’une analyse statique ne révèle pas : structures de données partagées, opérations qui créent du couplage entre modules, séquences d’initialisation qui affectent l’exécution, etc.

L’IA documente aussi les workflows, identifie les risques et suggère une feuille de route, poursuit Anthropic. L’humain apporte sa connaissance des exigences réglementaires, des priorités métiers, des contraintes opérationnelles (exigences de standardisation, d’intégration…) et des degrés de tolérance auxdits risques. Il décide aussi si les tests fonctionnels suggérés suffisent, quels scénarios nécessitent une validation par des experts et quels critères de performance le code modernisé doit respecter.

La démarche est validée par étapes, sans changements massifs qui exigeraient de revenir sur des semaines de travail, conclut Anthropic.

Pourquoi IBM dénonce un amalgame

IBM ne s’en prend pas tant à ce post qu’à l’interprétation que le marché semble en avoir faite.

Traduire du code est une chose ; moderniser une plate-forme en est une autre, affirme-t-il. La valeur des mainframes réside dans leur architecture, du silicium à l’OS. De là, le défi de modernisation n’est pas un problème de conversion de langage. Le vrai travail, c’est l’ingénierie système : reconception de l’architecture data, remplacement du runtime, maintien de l’intégrité du traitement des transactions, respect des exigences non fonctionnelles embarquées.

Un simple refactoring de code ne suffit pas à répliquer des décennies d’intégration étroite entre logiciel et matériel, poursuit Big Blue. C’est là qu’il fait l’analogie avec l’iPhone.

Son propos touche aussi à un aspect qu’Anthropic n’aborde pas – tout du moins explicitement -, mais que le marché a dans son radar : comment une solution full SaaS pourrait-elle remplacer des applications mainframe ? Cela paraît difficile vu l’ampleur des dépendances on-prem, estime IBM, qui brandit de surcroît l’argument de la souveraineté et de la résidence des données.

Partant, la conversion du cobol ne serait pas un sujet de mainframes. Environ 40 % de ce code fonctionne sur Windows, Linux et d’autres systèmes distribués, avance IBM. On évitera donc l’amalgame…

Illustration générée par IA

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HP plombé par la flambée des puces mémoire

Pendant que les géants du cloud engloutissent des capacités de mémoire pour alimenter leurs data centers, les fabricants comme HP font les frais de cette ruée. Si le constructeur américain d’ordinateurs et d’imprimantes a publié mardi des résultats trimestriels supérieurs aux attentes,  il indique s’attendre à ce que ses bénéfices annuels se situent « en bas de la fourchette » de sa guidance, soit autour de 2,90 $ par action sur les 2,90 à 3,20 $ annoncés.

Plus préoccupant encore, HP anticipe un recul des livraisons de PC « à deux chiffres » sur l’ensemble de l’exercice fiscal 2026, en ligne avec les tendances du secteur.

La mémoire, talon d’Achille du secteur

Au cœur de ces turbulences : la pénurie de puces mémoire. En novembre dernier, HP estimait que les composants mémoire et stockage représentaient 15 à 18 % du coût de fabrication de ses ordinateurs. Ce ratio devrait grimper à 35 % sur l’ensemble de l’exercice fiscal. La directrice financière Karen Parkhill a précisé lors d’une conférence téléphonique avec les analystes que les prix de la mémoire avaient pratiquement doublé en l’espace d’un trimestre  et que de nouvelles hausses sont attendues. La pénurie devrait persister au-delà de l’exercice 2026.

Face à cette situation, HP dit avoir engagé plusieurs mesures correctives : diversification de ses fournisseurs, ajustement de certains produits pour réduire leur consommation de mémoire, et hausse des prix de vente. « Nous avons une solide expérience dans la gestion des cycles de matières premières », a déclaré Bruce Broussard, le directeur général par intérim, en tentant de rassurer.

Tarifs douaniers et transition au sommet

La volatilité des composants n’est pas le seul défi. HP doit également composer avec la politique commerciale de l’administration Trump. Le groupe a largement relocalisé sa production hors de Chine pour les produits destinés au marché nord-américain, une anticipation des droits de douane qui s’avère payante à court terme. HP indique ne pas s’attendre à ce que les nouvelles mesures tarifaires américaines pèsent immédiatement sur ses activités, tout en précisant qu’il « continue de dialoguer avec l’administration sur ces sujets ».

La situation est par ailleurs compliquée par un changement de direction inattendu. Début mars, PayPal a débauché Enrique Lores, le PDG d’HP, pour en prendre les rênes. C’est donc Bruce Broussard, administrateur du conseil, qui assure l’intérim pendant que le groupe cherche un successeur permanent.

Des signaux positifs à ne pas négliger

Le tableau n’est pas entièrement sombre. HP note une demande soutenue en Europe et en Asie, portée par le cycle de renouvellement lié à Windows 11. Le segment premium, tant professionnel que grand public, tire les prix moyens de vente vers le haut. Et les PC dotés de fonctionnalités d’intelligence artificielle représentaient plus de 35 % des livraisons au premier trimestre, contre 30 % le trimestre précédent, une adoption en accélération qui redonne des couleurs au groupe.

HP a par ailleurs lancé un programme de réduction des coûts sur plusieurs années, visant un milliard de dollars d’économies annuelles d’ici 2028, même si ce plan s’accompagne de charges de restructuration dans l’immédiat.

Un trimestre solide, une année difficile

Sur le plan strictement comptable, le premier trimestre fiscal ( clos le 31 janvier) est plutôt encourageant. Le chiffre d’affaires a progressé de 6,9 % à 14,44 milliards $. La division Personal Systems, qui regroupe les PC grand public et professionnels, a enregistré une hausse de 11 % de ses revenus à 10,25 milliards $, portée notamment par un bond de 16 % des ventes grand public. L’impression, en revanche, recule de 2 % à 4,19 milliards.

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Kiro, l’IA d’Amazon, a cassé AWS : ce qu’on en sait

Erreur humaine ou pas, toujours est-il qu’une IA, héritant des privilèges d’un ingénieur, a supprimé un environnement de production.

Une partie des commentaires sur « l’affaire Kiro » convergent en ce constat.

Amazon n’avait initialement pas communiqué à propos de l’incident, survenu mi-décembre. Il a fini par le faire la semaine dernière… après que le Financial Times l’eut révélé.

Ce qu’affirme le Financial Times

S’en référant à des employés d’Amazon, le FT déclare qu’AWS a subi, « ces derniers mois », au moins deux pannes en production dues à des erreurs impliquant ses propres outils d’IA. Il ne date pas l’une d’entre elles, qui aurait, toujours selon des employés, impliqué l’assistant Amazon Q Developer.

Celle de mi-décembre a entraîné 13 heures d’indisponibilité pour un « système utilisé par les clients ». La conséquence de modifications effectuées par l’assistant Kiro, qui avait choisi de supprimer puis de recréer un environnement.

Autre propos prêté à des employés : traités comme une « extension » des ingénieurs, les outils IA avaient les mêmes permissions. Dans l’un et l’autre cas, les personnes impliquées n’ont pas sollicité de validation des changements par un pair.

Le FT attribue certains propos directement à Amazon. D’après ce dernier, l’incident de décembre a été « extrêmement limité » : un seul service affecté, dans certaines zones de Chine continentale. Quant à l’autre incident, il n’a pas eu d’impact sur des services exposés aux clients.

Autre déclaration attribuée au groupe américain : dans les deux cas, il s’agissait d’une erreur humaine. Plus précisément un problème de contrôle d’accès : l’ingé impliqué dans l’incident de décembre avait plus de permissions qu’il n’aurait dû. Le même problème aurait pu se produire avec tout outil – doté ou non d’IA – ou toute action manuelle.

Ce que rétorque Amazon

Concernant le prétendu incident avec Amazon Q Developer, le groupe américain est catégorique : « Il est complètement faux de dire qu’un deuxième événement a impacté AWS ».

Celui de décembre a touché l’explorateur de coûts AWS (Cost Explorer), dans une de ses 39 régions cloud. Amazon juge ce périmètre « extrêmement limité » et précise n’avoir reçu aucune demande client.

L’entreprise confirme le scénario des contrôles d’accès mal configurés. C’est « une coïncidence » que des outils d’IA aient été impliqués, clame-t-elle. Et d’ajouter avoir implémenté des garde-fous « pour que cela ne se reproduise pas ». Parmi eux, une révision systématique par les pairs pour les accès en prod.

Une « directive Kiro » qui ne fait pas l’unanimité

En complément à ces éléments, un porte-parole a expliqué que l’erreur humaine n’était pas la validation de l’action par l’ingénieur, mais le fait que ce dernier n’avait pas compris quel était son niveau de privilèges. Sous-entendu : il aurait probablement agi différemment s’il avait su.

Amazon assure que par défaut, Kiro demande une validation pour chaque action qu’il souhaite effectuer. Il ne dit en revanche rien de la façon dont l’assistant a proposé de supprimer l’environnement en question. A-t-il été explicite ? Dans la négative, l’ingénieur s’est-il renseigné davantage avant de valider ?…

En toile de fond, une directive interne de novembre 2025 par laquelle Amazon pousse ses équipes à standardiser sur Kiro. Une démarche entreprise tant au nom d’une sécurité renforcée (limitation des risques de fuites de données, notamment) que d’une télémétrie unifiée.

L’initiative a suscité des remous. Plus d’un millier d’employés ont demandé de pouvoir conserver un accès à des outils, dont Claude Code. Motif : ils sont plus performants que Kiro sur des cas d’usage comme le refactoring multilangage et la gestion de certains frameworks « de niche ».

Illustration générée par IA

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Meta mise des dizaines de milliards sur les GPU d’AMD

Meta et AMD ont signé un accord pluriannuel portant sur le déploiement de jusqu’à 6 gigawatts de puissance de calcul dédiée aux centres de données d’IA du groupe, à base de GPU Instinct et de CPU optimisés pour l’IA. Cette capacité sera déployée progressivement sur plusieurs années, à partir de la seconde moitié de 2026, ce qui en fait l’un des plus grands projets d’infrastructure IA au monde.

Les premiers déploiements s’appuieront sur l’architecture rack Helios, co‑conçue par Meta et AMD dans le cadre de l’Open Compute Project, afin d’optimiser densité, efficacité énergétique et intégration logicielle.

AMD fournit des GPU de nouvelle génération (MI450) et des CPU EPYC de 6ème génération, dimensionnés pour les charges d’inférence à grande échelle, en complément des capacités de training déjà en place chez Meta.

Objectif : diversifier et optimiser l’infrastructure IA

Cette montée en puissance d’AMD arrive alors que Meta reste l’un des plus gros clients de Nvidia, avec un parc équivalent à plusieurs centaines de milliers de GPU H100 et futurs Blackwell pour l’entraînement de modèles de fondation. En introduisant massivement les GPU Instinct d’AMD dans ses data centers, Meta cherche à diversifier ses fournisseurs, réduire son exposition au seul écosystème CUDA et optimiser le coût total de possession de ses clusters IA.

Les GPU Instinct sont déjà utilisés par Meta sur certaines charges, et AMD met en avant des gains de performance par watt et de TCO sur des modèles largement déployés, qu’il s’agisse de recommandation, de vision ou de LLM.

L’accord avec Meta inclut en plus des GPU « customisés » pour les workloads du groupe, élément présenté comme un différenciateur face à Nvidia, qui ne met pas en avant ce degré de personnalisation dans ses grands contrats.

Un socle pour la “personal superintelligence”

Meta affirme vouloir bâtir une infrastructure capable de soutenir une « superintelligence personnelle » accessible à grande échelle, ce qui suppose des capacités massives pour l’entraînement et l’inférence de modèles multimodaux auprès de milliards d’utilisateurs.

Les 6 GW de puissance IA visés doivent alimenter les futures générations d’algorithmes de recommandation, d’assistants conversationnels, d’outils créatifs et de modération de contenu sur Facebook, Instagram, WhatsApp et les services de réalité mixte.

Pour tenir cette ambition, Meta prévoit la construction ou la conversion de 30 centres de données, dont 26 situés aux États‑Unis, conçus nativement pour les charges d’IA à forte intensité GPU et l’optimisation énergétique. La standardisation autour d’architectures communes comme Helios et Open Compute doit faciliter le scaling rapide, la maintenance et la co‑conception de nouvelles générations de racks avec AMD.

Un mécanisme de warrants qui aligne Meta et AMD

Au‑delà des équipements, l’accord comprend un mécanisme de warrant de performance donnant à Meta le droit d’acquérir jusqu’à 160 millions d’actions AMD, soit environ 10% du capital, sous conditions. Les tranches de ce warrant se débloquent à mesure que Meta reçoit les livraisons d’Instinct (1 GW, puis jusqu’à 6 GW), que certaines barrières de cours sont franchies par AMD et que des objectifs techniques et commerciaux sont atteints par les deux partenaires.

Ce montage crée un alignement fort : plus l’infrastructure AMD réussit chez Meta, plus Meta a intérêt à devenir actionnaire significatif d’AMD, et plus AMD bénéficie d’un client récurrent de très grande taille. Dans un contexte où AMD a déjà mis en place un dispositif similaire avec OpenAI pour ses futures générations de GPU MI450, ce schéma actionnarial renforce la place du fondeur comme alternative de référence à Nvidia dans le cloud IA.

Un message au marché des semi‑conducteurs IA

Pour AMD, ce contrat « à plusieurs dizaines de milliards de dollars » sur plusieurs années constitue un jalon majeur dans sa quête de parts de marché face à Nvidia sur le segment des GPU IA haut de gamme. L’annonce a d’ailleurs propulsé le titre AMD en forte hausse en pré‑marché, même si la réaction de Meta est restée plus mesurée, les investisseurs arbitrant entre l’ampleur des capex IA et la création de valeur à long terme.

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Les hébergeurs commencent à répercuter les coûts de la RAM et des SSD

Vu les prix actuels de la RAM et des disques NVMe, comment éviter des tarifs dissuasifs sur les nouvelles gammes de serveurs ?

OVHcloud a choisi de « diluer » les coûts en les répercutant en partie sur des machines d’anciennes générations. Il a commencé à en avertir les clients concernés, avec une date à retenir : le 1er avril 2026.

À cette même échéance, les prix augmenteront chez Hetzner. Là aussi, la hausse touchera des serveurs existants. L’hébergeur allemand affirme que la démarche est devenue nécessaire autant au regard des coûts du matériel que de l’exploitation de son infrastructure (le prix de l’électricité en Allemagne reste parmi les plus élevés d’Europe). Au contraire d’OVHcloud, il a publié sa future grille tarifaire. En voici une synthèse, focalisée sur les prix horaires – l’augmentation est du même ordre pour les tarifs mensuels.

Autour de 30 % d’augmentation pour les serveurs cloud

Hetzner est présent dans deux datacenters en Allemagne (Falkenstein, en Saxe ; Nuremberg, en Bavière), un en Finlande (Helsinki), deux aux États-Unis (Ashburn, en Virginie ; Hillsboro, dans l’Oregon) et un à Singapour.

En Allemagne et en Finlande, la hausse va de 30 à 35 % pour les serveurs cloud (familles CAX, CCX, CPX et CX) et de 36 à 39 % pour les load balancers. Le stockage objet de base prend 28 % ; les extensions, 30 %.

Aux États-Unis et à Singapour, on est autour de + 30 % pour les CCX, 30 à 33 % pour les CPX et 36 à 39 % pour les load balancers.

Dans tous ces emplacements, le prix des volumes et des instantanés augmente de 30 %.

De 3 à 30 % pour les serveurs dédiés

Pour les serveurs dédiés hébergés en Allemagne :

Serveurs AX DX EX GEX SX
Fourchette d’augmentation 3 à 31 % 16 à 17 % 12 à 15 % 16 % 5 à 17 %

Pour ceux hébergés en Finlande :

Serveurs AX DX EX SX
Fourchette d’augmentation 3 à 18 % 16 à 17 % 13 à 16 % 15 à 17 %

En Allemagne comme en Finlande, Hetzner applique une hausse de 3 % aux serveurs mis aux enchères (adjudication à la hollandaise, où le prix baisse progressivement).

Serveurs dédiés Hetzner : quelles configurations pour quels prix ?

Pour les serveurs dédiés, nous nous intéressons au prix mensuel, en euros HT, pour le moins cher et le plus cher de chaque famille. Une exception est faite pour l’EX130-R/S, actuellement introuvable dans le comparateur de prix de Hetzner.

Serveur Config de base Ancien prix Nouveau prix Différence
AX41-NVMe Ryzen 5 3600 (Zen2, 6 cœurs, 12 threads, 3,6 GHz)
64 Go DDR4
2 x 512 Go NVMe
41,10 42,30 + 2,9 %
AX162-R/S Version S : EPYC 9454P (Zen4, 48 cœurs, 96 threads, 2,75 GHz)
256 Go DDR5 ECC
2 x 1,92 To NVMe Gen4Version R : même CPU, 128 Go DDR5 ECC, 2 x 3,84 To NVME Gen4
207,30 242,30 + 16,9 %
DX153 Xeon Silver4410Y (Sapphire Rapids, 12 cœurs, 48 threads, 2 GHz)
64 Go DDR5 ECC
215,60 250,60 + 16,2 %
DX293 Xeon Gold 6438Y+ (Sapphire Rapids, 32 cœurs, 128 threads, 2 GHz)
64 Go DDR5 ECC
305,60 355,60 + 16,4 %
EX44 Core i5-13500 (Raptor Lake-S, 14 cœurs, 20 threads, 2,5 GHz)
64 Go DDR4
2 x 512 Go NVMe Gen4
42,30 47,30 + 18,2 %
GEX44 Core i5-13500 (Raptor Lake-S, 14 cœurs, 20 threads, 2,5 GHz)
64 Go DDR4
2 x 1,92 To NVMe Gen3
RTX 4000 SFF
182,30 212,30 + 16,5 %
GEX131 Xeon Gold 5412U (Sapphire Rapids-SP, 24 cœurs, 48 threads, 2,1 GHz)
256 Go DDR5 ECC
2 x 960 Go NVMe
RTX PRO 6000 Blackwell Max-Q
887,39 1029,30 + 16 %
SX65 Ryzen 7 3700X (Zen2, 8 cœurs, 16 threads, 3,6 GHz)
64 Go DDR4 ECC
4 x 22 To HDD
2 x 1 To NVMe
107,30 122,30 + 14 %
SX295 EPYC 7502P (Zen2, 32 cœurs, 64 threads, 2 GHz)
256 Go DDR4 ECC
14 x 22 To HDD
2 x 8 To NVMe
397,30 462,30 + 16,4 %

Les hausses en Finlande :

  • AX41-NVMe : + 3,1 % (de 35,60 à 36,70 €)
  • AX162-R : + 15,2 % (de 197,30 à 227,30 €)
  • DX153 : + 17 % (de 205,60 à 240,60 €)
  • DX293 : + 16,9 % (de 295,60 à 345,60 €)
  • EX44 : + 13,4 % (de 37,30 à 42,30 €)
  • EX130-R/S : + 15,1 % (de 132,30 à 152,30 €)
  • SX65 : + 14,7 % (de 102,30 à 117,30 €)
  • SX295 : + 15,7 % (de 382,30 à 442,30 €)

La nouvelle tarification des serveurs cloud Hetzner

Pour ces serveurs, nous avons retenu le prix horaire, toujours en euros HT.

Serveur Config de base Ancien prix Nouveau prix Différence
CAX11 2vCPU (Ampere)
4 Go RAM
40 Go SSD
0,0053 0,0072 + 35,8 %
CAX41 16 vCPU (Ampere)
32 Go RAM
320 Go SSD
0,0384 0,0505 + 31,5 %
CCX13 2 vCPU (AMD)
8 Go RAM
80 Go SSD
0,0192 0,0256 + 33,3 %
CCX63 48 vCPU (AMD)
192 Go RAM
960 Go SSD
0,4615 0,6001 + 30 %
CPX22 2 vCPU (AMD)
4 Go RAM
80 Go SSD
0,0096 0,0128 + 33,3 %
CPX62 16 vCPU (AMD)
32 Go RAM
640 Go SSD
0,0617 0,0809 + 31,1 %
CPX23 2 vCPU (Intel/AMD)
4 Go RAM
40 Go SSD
0,0048 0,0064 + 33,3 %
CPX53 16 vCPU (Intel/AMD)
32 Go RAM
320 Go SSD
0,0272 0,0360 + 32,4 %
LB11 0,0088 0,012 + 36,4 %
LB31 0,0495 0,0689 + 39,2 %

Aux États-Unis :

  • CCX13 : + 30,1 % (de 0,0209 à 0,0272 €)
  • CCX63 : + 30 % (de 0,4808 à 0,625 €)
  • CPX11 : + 33,3 % (de 0,0072 à 0,0096 €)
  • CPX51 : + 29,9 % (de 0,0962 à 0,125 €)
  • LB11 : + 36,4 % (de 0,0088 à 0,012 €)
  • LB31 : +39,2 % (de 0,0495 à 0,0689 €)

À Singapour :

  • CCX13 : + 30,9 % (de 0,037 à 0,0441 €)
  • CCX63 : + 30,1 % (de 0,7724 à 1,0048 €)
  • CPX12 : + 33,3 % (de 0,096 à 0,0128 €)
  • CPX62 : + 30,5 % (de 0,1234 à 0,161 €)
  • LB11 : + 36,4 % (de 0,0088 à 0,012 €)
  • LB31 : + 39,2 % (de 0,0495 à 0,0689 €)

Illustration générée par IA

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{ Tribune Expert } – En 2026, l’accélération du développement  logiciel va propulser l’innovation

En 2025, les équipes ont boosté leur fréquence de livraison en misant sur l’automatisation, des cycles plus courts et une organisation agile renouvelée. Ce basculement dépasse les aspects techniques : en 2026, il redéfinira la qualité, la coordination et les business modèles mêmes qui sous-tendent l’innovation.

Une accélération structurelle du rythme de développement

En développement logiciel, les chiffres parlent d’eux-mêmes. Prenons l’exemple du commit.  Cette étape du cycle de développement logiciel est critique. Elle permet aux développeurs de sauvegarder leurs progrès au fur et à mesure et de partager leurs changements avec d’autres membres de l’équipe.

En 2025, la principale plateforme de développement logiciel open source a enregistré 986 millions de commits 1, soit presque un milliard de modifications poussées en un an. Dans le même temps, les développeurs ont créé plus de 230 dépôts par minute 2. Ces chiffres montrent bien que le développement s’inscrit désormais dans un flux permanent où la frontière entre “en cours” et “livré” s’efface.

Une fréquence de développement plus élevée

Ce mouvement d’accélération s’accompagne d’un recul des cycles longs. Les livraisons trimestrielles, longtemps dominantes, ne constituent plus le standard dynamique du secteur. Les travaux DORA montrent que les équipes les plus performantes déploient à fréquence élevée, en petits lots, avec de meilleurs résultats de stabilité 3.

Et ce n’est pas un détail. Ce rythme réduit le coût du diagnostic, facilite le retour-arrière et rend les régressions plus rapides à isoler. La dynamique est visible dans les contributions : toujours sur la même plateforme, leader sur le marché du développement logiciel open source, les équipes ont fusionné  43,2 millions de pull-requests par mois en moyenne en 2025, soit une hausse d’environ 23 % 4.

Les développeurs ne livreront plus jamais comme avant

Ce changement ne relève plus d’un choix méthodologique. Il s’agit d’un mouvement structurel. Cette mutation transforme radicalement la mise en production. L’exemple des feature flags est très parlant. Les feature flags jouent un rôle central dans les déploiements incrémentaux : ils permettent d’activer ou de suspendre une fonctionnalité sans risque majeur, à la manière d’un interrupteur On/Off, et sans déploiement de nouveau code.

Avec un marché en nette croissance, ils s’imposent comme une infrastructure privilégiée pour l’itération 5. En pratique, ils deviennent un amortisseur indispensable lorsque les équipes poussent plusieurs fois par jour.

Une automatisation accrue

L’automatisation suit la même trajectoire. Les pipelines CI/CD déclenchent tests, builds et scans de sécurité à chaque push. Dans de nombreuses organisations, la part des déploiements manuels recule nettement au profit d’exécutions automatisées 6. Les pull-requests se raccourcissent, gagnent en lisibilité et réduisent la fatigue de revue. Le pipeline est devenu le centre de gravité.

La progression est visible de manière très nette dans les tests : sur la même plateforme, leader du marché de l’open source, l’utilisation de l’outil permettant d’automatiser tous les workflows (créer, tester et déployer en CI/CD) a  connu une hausse d’environ 35 % 2. L’automatisation est essentielle pour absorber la cadence et soutenir la continuité du delivery.

Un cycle d’innovation plus court

Ce basculement vers les petits lots entraîne des conséquences majeures sur le cycle d’innovation. La capacité à pousser des évolutions fréquentes réduit le time-to-market et accélère la boucle entre hypothèse, test et validation. Les équipes peuvent expérimenter plus tôt, ajuster plus vite, et réduire le coût de l’erreur grâce au découpage des risques.

Cette granularité soutient une innovation continue plutôt qu’un séquençage en phases séparées. Les implications business en termes d’agilité sont directes. Les organisations capables de livrer en flux gagnent un avantage de vitesse qui crée une asymétrie concurrentielle. Une nouvelle fonctionnalité peut être testée en production auprès d’un segment restreint, évaluée, puis élargie sans attendre un cycle de release.

Réactivité accrue aux besoins du marché

Le modèle même de création de valeur évolue : on ne produit plus du logiciel en blocs, mais en enrichissements successifs. Ce détail compte. Il favorise des stratégies produit plus opportunistes, plus réactives et mieux alignées sur des comportements utilisateurs changeants.

Enfin, cette continuité impacte la structuration des éditeurs. Elle pousse à investir dans des chaînes d’outillage plus robustes, dans des pratiques d’observabilité avancées et dans une orchestration plus fine des expérimentations. L’innovation ne repose plus seulement sur l’idée : elle dépend du système qui permet de la déployer, de la mesurer et de la retraiter rapidement.

2025 a marqué une transition nette vers des workflows plus fragmentés, plus rapides, plus automatisés. En 2026, ce mouvement devrait perdurer voire s’amplifier. L’IA est passée d’un “nice to have” à une partie intégrante du travail de la plupart des développeurs.

De ce fait, les équipes ont commencé à éliminer les outils qui ajoutent de la friction pour ne conserver que ceux qui améliorent réellement la productivité 3. Mais le rapprochement entre documentation, pipelines et code laisse penser que cette continuité pourrait encore s’intensifier. En 2026, ce nouveau rythme va contribuer à amplifier l’agilité des entreprises et accélérer l’innovation.

* Tug Grall est Solutions Engineer chez GitHub

 

Sources

(1)   GitHub, article Octoverse 2025 « What 986 million code pushes say about the developer workflow in 2025 » (2025)  – The GitHub Blog
(2)  The GitHub Blog – Plus de 230 dépôts créés par minute : GitHub Octoverse 2025 (2025)
(3) Fréquence de déploiement élevée et performance (DORA) : Accelerate State of DevOps Report 2024 –
(4)  GitHub Octoverse 2025 – statistiques globales de dépôts (2025). The GitHub Blog
(5)  Feature Flag Management Market Research Report 2033 –
(6)  CD Foundation – State of CI/CD 2024 –

Photo : © DR

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Face au coût de la RAM, OVHcloud fait contribuer ses anciens clients

Chez OVHcloud, les anciens clients vont payer pour les nouveaux.

« Un peu injuste », admet Octave Klaba. Mais c’est « la seule solution si on veut encore avoir un Cloud accessible dans les 2 ans à venir ».

Cette forme de « solidarité » semble devoir prendre effet au 1er avril 2026. L’entreprise n’a pas fait d’annonce officielle, mais elle mentionne généralement cette date dans les e-mails envoyés aux clients concernés.

OVHcloud avait prévenu… dans une certaine mesure

Le patron d’OVHcloud avait annoncé la couleur il y a quelques semaines. Produire un même serveur coûtera 15 à 35 % fin 2026 que fin 2025, anticipait-il alors. Dans ce contexte, le prix de certains produits Cloud (gammes Public Cloud, Private Cloud et Bare Metal) « [augmenterait] de 5 à 10 % » entre avril et septembre 2026 ; et cela « [pourrait] s’accélérer ».

Deux semaines plus tard, l’intéressé avait déclaré prévoir que les prix de la RAM et des disques NVMe atteindraient un pic vers juin 2026. On venait d’apprendre que Crucial quittait le marché grand public.

Début février, il avait livré de nouvelles prédictions. Après la demande américaine en fin 2025, c’était au tour de la demande chinoise de faire monter les prix de la RAM, expliquait-il. Sa prévision : à septembre 2026, + 500 % sur un an. En y ajoutant les disques NVMe, un PC coûterait alors deux fois plus cher.

Une hausse aussi appliquée à d’anciennes générations de serveurs…

Aux dernières nouvelles, Octave Klaba ne prédit plus qu’une augmentation de 250 à 300 % entre septembre 2025 et fin 2026. Surtout, il projette, à cette même échéance, un point d’équilibre entre offre et demande. Il estime cependant que les prix resteront élevés au moins jusqu’en 2028, le temps que de nouvelles capacités de production de mémoire voient le jour.

Face à cette situation, les prix dans la gamme Cloud allaient augmenter en moyenne de 9 à 11 % sur le matériel déployé en 2026-2028, annonçait le dirigeant en date du 20 février 2026. « Pour compenser », des machines mises en service entre 2021 et 2025 seraient également facturées plus cher : + 2 à + 6 % en fonction de l’ancienneté du hardware. Dans le même temps, OVHcloud ferait « évoluer légèrement » le prix des adresses IPv4. Les nouveaux tarifs entreraient en vigueur au 1er avril ou au 1er mai 2026. Mais ne s’appliqueraient qu’à la fin des périodes d’engagement.

… au nom de l’acceptabilité des nouvelles

« J’aurais dû dire ‘quelques euros ou 9/11%’ », a fini par reconnaître Octave Klaba en réponse à un client français s’étonnant de « [se] prendre plus de 50 % d’augmentation » pour un VPS souscrit fin 2025.

Il n’y a pas qu’en France que les prix des VPS flambent. Au Canada, par exemple, des témoignages font état de hausses dépassant les 50 %, voire se rapprochant des 100 %. Sur place, les IPv4 supplémentaires ont effectivement aussi augmenté, passant à 2,39 $ HT.

Hormis les VPS, l’augmentation touche les serveurs dédiés Advance 2024 et 2026, ainsi que Rise-S, M, L et XL. Pas les Kimsufi, les So you Start, ni les Rise-1, 2, 3 et 4.

Octave Klaba ne le cache pas : diluer ainsi les coûts sur plusieurs gammes, y compris de produits non orientés RAM, est censé « éviter que les clients trouvent le Cloud 2026-2028 trop cher ». Reste que plus d’un a du mal à digérer l’idée de subir une augmentation sur des serveurs dont les composants ont été acquis avant la flambée des prix et qui ont déjà été amortis.

Il y a 3 ans, c’était l’énergie

OVHcloud n’a pour le moment rien officialisé et n’a pas modifié ses tarifications publiques. Peut-être se laisse-t-il le temps de prendre la température.

La dernière hausse de prix d’une ampleur comparable dans la gamme Cloud était intervenue fin 2022. Elle fut imputée essentiellement au coût de l’énergie, d’autant plus qu’une partie des couvertures d’achat d’OVHcloud arrivaient à terme.

Au catalogue VPS, les serveurs Elite avaient pris 16 % ; les Value, 17 % ; les Comfort, 19 % ; les Starter, 20 % ; les Essential, 28 %.

Dans la famille Bare Metal, OVHcloud avait appliqué une hausse d’environ 10 % pour les serveurs Advance (sauf ADV-1), Scale (sauf Scale-7) et High Grade. En Bare Metal Eco, ce fut + 10 à + 12 % pour les Kimsufi (sauf KS-1), 10 à 11 % pour les So you Start et 10 % pour les Rise.

Sur la partie Public Cloud, les hausses allèrent de 4 à 10 % pour les serveurs à usage général comme pour ceux orientés RAM ; de 5 à 10 % pour ceux orientés CPU et de 9 à 10 % pour ceux orientés GPU.

Le stockage bloc avait pris 7 % ; le stockage objet, 10 % ; les snapshots et les backups, 13 %.

Quelques semaines plus tôt, les IPV4 supplémentaires étaient passées sur un modèle d’abonnement mensuel. Précédemment, il n’en coûtait que des frais de mise en service.

Illustration © OVHcloud

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Pure Storage devient Everpure : ce qui change et pourquoi

En matière de décisions marketing malheureuses, il y eut le New Coke et il y aura bientôt Everpure.

Entre autres commentaires dubitatifs, le rebranding de Pure Storage en a inspiré un de cette teneur.

L’entreprise américaine n’a pas seulement changé de marque commerciale. Depuis le 23 février 2026, Everpure est sa nouvelle dénomination sociale. Un choix censé refléter l’évolution de son positionnement, de la gestion du stockage à la gestion des données.

Everpure

Le nouveau nom de domaine (everpuredata.com) redirige pour le moment vers l’ancien (purestorage.com). Ils vont coexister ces prochains mois, la transition se faisant « par phases ». Le rebranding s’appliquera aussi, entre autres, aux communautés, à la documentation, aux réseau sociaux… et aux badges de certification. En Bourse, Pure Storage deviendra Everpure le 5 mars 2026, mais conservera le symbole PSTG.

Catégorie Ancien nom Nouveau nom
Société Pure Storage Everpure
Produits Plateforme Pure Storage Plateforme Everpure
FlashArray, FlashBlade Pas de changement
Famille Pure//E Famille Everpure//E
Evergreen//One, Flex, Forever et Foundation Pas de changement
Pure Storage Cloud Everpure Cloud
Pure Protect Everpure Protect Service
Portworx by Pure Storage Portworx by Everpure
Data Stream Everpure Data Stream Services
Architecture Evergreen Pas de changement
Capacités-clés Purity Pas de changement
Fusion Pas de changement
Pure1 Pas de changement
Autres sous-marques
(Safemode, Active Cluster, etc.)
De manière générale, pas de changement ; utiliser la marque Everpure à la place de Pure Storage lorsque c’est applicable.

1touch, une première acquisition sous l’ère Everpure

Pure Storage / Everpure accompagne son discours data management d’un concept architectural : l’EDC (Enterprise Data Cloud). Introduit à l’été 2025, il unifie stockage bloc, fichier et objet* en une data fabric pilotée par logiciel. La plate-forme Everpure en constitue l’incarnation, avec des composantes telles que Fusion (orchestration), Pure1 (AIOps) et Portworx (gestion des conteneurs).

architecture EDC

Pour renforcer l’ensemble, un projet d’acquisition vient d’être annoncé – avec l’intention de le boucler d’ici à la fin du deuxième trimestre de l’exercice fiscal en cours, soit début août 2026. La cible : 1touch, qui a justement développé une plate-forme de data management. Anciennement appelé Inventa, le produit a pris le virage de l’IA et est devenu Kontxtual.

* Dans le dernier Magic Quadrant des « plates-formes de stockage d’entreprise », Pure Storage fait partie des « leaders » avec Dell, HPE, Huawei, IBM et NetApp. Gartner salue la qualité du support, la gestion de flotte… et la gestion bloc-fichier-objet unifiée en un pool virtualisé.

Illustration principale générée par IA

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