{ Tribune Expert } – L’IA au travail : détecter les menaces, sécuriser les usages
L’IA générative est désormais présente dans notre quotidien professionnel et personnel. Ces assistants répondent instantanément à nos questions, rédigent des textes, résument des documents, et font gagner un temps considérable. Mais ils sont aussi victimes “d’hallucinations” et peuvent présenter des failles de sécurité mettant à mal des informations confidentielles.
Comment profiter de ces outils tout en sécurisant leur usage ? Voici quelques risques et solutions possibles.
Les menaces cyber liées aux LLM
Prompt injection: manipulation des instructions pour contourner les règles et accéder à des informations sensibles. Un utilisateur malveillant peut formuler une question ou une instruction de manière à contourner les garde-fous intégrés au modèle et obtenir des informations confidentielles. Par exemple, un employé ou un tiers pourrait, par un enchaînement de phrases trompeuses, inciter l’assistant à divulguer des données internes sensibles ou des secrets commerciaux. Le plus souvent, cette manipulation ne nécessite pas d’accès direct aux systèmes critiques, rendant le risque particulièrement préoccupant.
Fuite de données: divulgation involontaire d’informations confidentielles ou stratégiques. Lorsqu’un assistant génère des réponses à partir de documents internes ou de bases de connaissances, il existe un risque que des informations confidentielles soient reformulées et partagées accidentellement avec des utilisateurs non autorisés. Cette vulnérabilité devient critique dans des secteurs régulés comme la finance, la santé ou la défense, où la moindre divulgation peut avoir des conséquences financières et légales lourdes.
Abus des API et systèmes connectés: détournement des capacités d’action du LLM sur des systèmes internes. Les assistants IA ne se contentent pas de répondre à des questions : ils peuvent interagir avec des systèmes via des API ou automatiser certaines tâches. Si ces accès ne sont pas correctement sécurisés, un acteur malveillant pourrait exploiter le modèle pour exécuter des actions non autorisées, comme modifier des configurations, supprimer des données ou déclencher des processus sensibles.
Hallucinations exploitables: diffusion de fausses informations pouvant induire en erreur les utilisateurs ou servir de vecteur de phishing. Les modèles de langage peuvent « halluciner », c’est-à-dire générer des informations fausses mais plausibles. Si celles-ci ne sont pas identifiées, elles peuvent induire en erreur les employés, fausser des décisions stratégiques ou servir de base à des attaques de phishing sophistiquées. Un e-mail généré automatiquement et contenant de fausses instructions financières pourrait convaincre un employé de transférer des fonds à un tiers frauduleux.
Empoisonnement des données: altération des modèles via des données malveillantes pour biaiser leurs réponses. En alimentant le modèle avec des informations malveillantes ou biaisées, un acteur externe peut altérer ses réponses et influencer ses comportements. À terme, cela peut conduire à une dégradation de la qualité des décisions, à des recommandations erronées ou à des vulnérabilités exploitées pour nuire à l’entreprise.
Comment sécuriser l’usage de l’IA générative
Isolation et contrôle des privilèges: restreindre strictement l’accès aux systèmes et données critiques Les assistants IA doivent être isolés des systèmes sensibles et n’obtenir que les accès strictement nécessaires à leurs fonctions. Limiter leur portée réduit le risque d’abus et rend beaucoup plus difficile l’exploitation de failles pour accéder à des informations stratégiques.
Filtrage et validation des entrées et sorties: détecter et bloquer les instructions malveillantes et les réponses dangereuses Pour prévenir les injections de prompt et les fuites accidentelles, il est essentiel de filtrer les requêtes adressées à l’IA et de vérifier la pertinence des réponses avant leur diffusion. Des mécanismes automatiques de contrôle et de validation, combinés à des règles métier, permettent de réduire les risques d’exécution d’instructions malveillantes.
Supervision humaine et garde-fous métier: validation des actions critiques et règles explicites sur l’usage autorisé Une supervision humaine des actions critiques de l’IA et la définition de politiques d’usage explicites garantissent que l’IA reste un outil d’aide et non un acteur autonome pouvant générer des pertes ou des incidents. La combinaison de l’intelligence humaine et artificielle est un garde-fou essentiel.
Journalisation et monitoring: suivi des interactions pour identifier rapidement des usages anormaux ou des tentatives d’attaque La traçabilité est cruciale. En enregistrant et en surveillant toutes les interactions avec l’IA, les entreprises détectent rapidement des comportements suspects, analysent des tentatives de fraude et réagissent avant que les incidents ne deviennent critiques. Le monitoring en temps réel permet également d’identifier des tendances d’usage qui pourraient indiquer des vulnérabilités.
Tests de sécurité dédiés: audits et simulations pour détecter les vulnérabilités avant qu’elles ne soient exploitées Les simulations d’attaques et les évaluations de risques permettent d’identifier des failles avant que des acteurs malveillants ne les exploitent, garantissant que le déploiement de l’IA reste un levier de productivité plutôt qu’une source de pertes financières.
*Adrien Gendre est CPO chez Hornetsecurity
The post { Tribune Expert } – L’IA au travail : détecter les menaces, sécuriser les usages appeared first on Silicon.fr.
