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Cyberattaques : les entreprises françaises mieux armées mais toujours sous pression

40% des entreprises interrogées ont subi au moins une cyberattaque significative en 2025, selon les chiffres de la 11ème édition du baromètre CESIN (Club des Experts de la Sécurité de l’Information et du Numérique) réalisé avec OpinionWay.

Un chiffre qui pourrait sembler rassurant au premier abord, puisqu’il s’inscrit dans une tendance baissière observée depuis plusieurs années. Mais les 397 directeurs cybersécurité et responsables de la sécurité des systèmes d’information (RSSI) interrogés sont formels : cette diminution ne signifie pas que la menace recule mais plutôt d’une amélioration progressive des capacités de détection et de prévention.

Car lorsqu’une attaque réussit à franchir les défenses, les dégâts sont considérables. 80% des entreprises victimes signalent un impact sur leur activité, qu’il s’agisse de perturbations de production, de pertes d’image ou de vol de données, cette dernière conséquence demeurant la plus fréquente.

La géopolitique s’invite dans les stratégies cyber

Plus d’une entreprise sur deux constate une augmentation de la menace d’origine étatique. Dans un contexte international tendu, le cyberespionnage est désormais perçu comme un risque élevé par 40% des répondants, quelle que soit leur taille.

Cette prise de conscience se traduit par un intérêt croissant pour la souveraineté numérique. Plus d’une entreprise sur deux se déclare concernée par ces questions et par le cloud de confiance, une hausse significative par rapport à l’année précédente.

Le baromètre révèle toutefois un paradoxe : pour les RSSI, la souveraineté ne se limite pas à la nationalité des outils utilisés. Elle réside avant tout dans la capacité à maîtriser les dépendances, à négocier les contrats et à auditer les fournisseurs. Les principaux risques liés au cloud sont d’ailleurs identifiés comme juridiques et contractuels, avec des clauses difficilement négociables, des lois extraterritoriales et un manque de maîtrise de la chaîne de sous-traitance.

Le maillon faible des fournisseurs

Un tiers des entreprises estime que plus de la moitié de leurs incidents de cybersécurité proviennent de tiers. Les failles chez les fournisseurs, prestataires ou partenaires deviennent un vecteur majeur de compromission. Face à ce constat, les organisations renforcent leurs dispositifs : 85% intègrent des clauses de sécurité dans leurs contrats et 74% utilisent des questionnaires de sécurité. Le cyber-rating, outil d’évaluation des tiers, progresse également et est désormais utilisé par près de la moitié des entreprises.

Des techniques d’attaque éprouvées qui évoluent

Les vecteurs d’attaque dominants restent inchangés, mais se structurent et se spécialisent. Le phishing, sous toutes ses formes, demeure le principal point d’entrée des cyberattaques significatives dans 55% des incidents.

Viennent ensuite l’exploitation de failles de sécurité (41%) et les attaques indirectes via des tiers (35%). Les attaques par déni de service distribué touchent 21% des organisations victimes et s’inscrivent de plus en plus dans des stratégies hybrides.

Parmi les vecteurs émergents, l’arnaque utilisant des technologies de deepfake reste encore minoritaire, mais illustre une évolution préoccupante des attaques d’ingénierie sociale, rendues plus crédibles par l’intelligence artificielle.

Des défenses renforcées mais des failles persistantes

Les entreprises progressent nettement dans la maîtrise de leurs actifs numériques. 81% d’entre elles estiment disposer d’une vision complète de leurs actifs, tandis que 92% ont identifié ou sont en cours d’identification de leurs actifs critiques. Dans les environnements cloud, la proportion d’organisations déclarant une mauvaise visibilité recule à 31%.

Les solutions de détection et réponse sur les terminaux (EDR) demeurent massivement déployées et bénéficient d’un très haut niveau de confiance, avec 95% d’efficacité perçue.

L’authentification multifacteurs ( MFA) s’impose comme un standard. Les approches Zero Trust progressent également, adoptées par 31% des entreprises, tandis que 26% disposent d’un centre d’opérations de gestion des vulnérabilités. Mais des fragilités persistent, notamment dans la gestion des accès à privilèges des administrateurs et des sous-traitants, ainsi que dans la sécurisation d’environnements toujours plus hybrides.

L’intelligence artificielle, nouvelle surface d’attaque

L’utilisation par les salariés de services d’IA non approuvés, le « shadow IA », est identifiée comme le comportement numérique le plus risqué. 66% des entreprises le jugent à risque élevé ou très élevé. Plus largement, 60% considèrent l’usage massif de services cloud ou de logiciels non approuvés comme un facteur de risque important.

Si l’exploitation directe de l’IA comme vecteur d’attaque reste marginale, citée par seulement 3% des entreprises victimes, elle apparaît déjà dans des incidents significatifs. Les premiers malwares capables d’adapter leur comportement en temps réel ou de réécrire partiellement leur logique pour échapper à la détection font leur apparition.

La pression réglementaire s’intensifie

85 % des entreprises déclarent être impactées par au moins une réglementation cyber. La directive européenne NIS2 s’impose comme le cadre le plus structurant, citée par 59% des organisations, devant DORA (32%) et le Cyber Resilience Act (30%).

Une maturité qui s’installe

En 2025, 92% des organisations positionnent le risque cyber dans leur top 5 des risques, et près de deux tiers le placent dans le top 3, dont 16% comme risque numéro un. La cybersécurité fait désormais l’objet d’un suivi régulier en comité de direction.

Sur le plan budgétaire, le baromètre note un léger infléchissement. La part des entreprises consacrant 5% ou plus de leur budget informatique à la cybersécurité recule à 42%, contre 48% l’an dernier. Cette baisse ne traduit pas un désengagement mais plutôt une phase de consolidation et d’optimisation après plusieurs années d’investissements soutenus.

Du côté des compétences, 85% des entreprises estiment que leurs collaborateurs sont sensibilisés aux risques cyber. Mais le baromètre souligne l’atteinte d’un plafond de verre en matière de sensibilisation, face à des usages numériques toujours plus complexes.

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