Une IA déterre 1400 objets inconnus dans les archives de Hubble
Hubble qui bosse comme un petit fifou depuis 35 ans (il a été lancé en 1990, ça ne nous rajeunit pas !) et dont on pensait avoir fait le tour du proprio, a visiblement encore un sacré paquet de trucs à nous apprendre, notamment dans ses archives au sol.
Faut quand même savoir que depuis toutes ces années, il a pris une quantité astronomique (c'est le cas de le dire, roh roh !) de photos, constituant ainsi un dataset de près de 99,6 millions de vignettes (des "image cutouts") stockées dans le Hubble Legacy Archive. Ces archives attendait depuis sagement qu'on vienne leur gratter un peu la poussière...
Jusqu'à ce que deux astronomes de l'ESA, David O’Ryan et Pablo Gómez décident de lâcher un petit script surpuissant baptisé AnomalyMatch dessus. Pour les curieux, AnomalyMatch c'est un réseau de neurones qui tourne probablement avec du bon vieux script Python et des libs de machine learning bien chaudes. Et leur idée c'est d'utiliser l'IA pour repérer les anomalies que l'œil humain n'avait pas encore pris le temps de documenter.
Le bidule a donc mouliné ces millions de données en seulement 60 heures (soit deux jours et demi) et c'est ainsi qu'après 35 ans de collecte de data, l'IA a été capable de trouver près de 1 400 objets "bizarres", que les astronomes ont ensuite pris le temps vérifier manuellement.
Et Ô surprise, sur ce total, plus de 800 étaient totalement inédits pour la science !! Dans le lot, on trouve pèle mêle 86 nouvelles lentilles gravitationnelles (ces loupes cosmiques qui déforment la lumière), 18 "galaxies méduses" avec leurs longs tentacules de gaz, et 417 fusions de galaxies toutes plus étranges les unes que les autres.
D'ailleurs, si vous voulez vous amuser à voir ce qu'Hubble regardait le jour de votre anniversaire , c'est le moment ou jamais ! Vous vous rendrez peut-être un peu mieux compte de la masse de données (on parle de pétaoctets d'archives là !) que ce truc génère chaque seconde. C'est carrément dingue quand on y pense...
Mais le truc qui me fascine le plus, c'est qu'il reste plusieurs dizaines d'objets que même l'IA et les experts n'arrivent pas encore à classer. Surement des mondes aliens incroyables ??? Ou juste des gros cailloux stériles... Comment savoir ? C'est là toute la magie du truc en fait ! L'IA déblaie le terrain, mais c'est l'humain qui garde le dernier mot pour vérifier qu'on n'a pas affaire à un simple bug ou un pixel mort dans un fichier debug.log. Perso, j'adore l'idée que malgré toute la puissance de calcul du monde, l'espace reste encore assez bizarrement tordu pour nous laisser sur le cul.
Autrement, si vous avez envie de jouer les apprentis ingénieurs de la NASA, vous pouvez aussi apprendre à traquer les satellites dans votre terminal ou aller jeter un œil à tous les trucs qui flottent là-haut . Peut-être que vous ferez aussi, vous, de belles découvertes.
Image IA que j'ai réalisée à partir d'un des clichés. Même chose pour l'image d'entête de cet article.
Parce que bon, on a beau avoir James Webb qui fait le kéké en ce moment, Hubble reste quand même le patron de la fouille archéologique spatiale. Bref, si vous pensiez que l'astronomie c'était juste regarder des points brillants avec un tuyau en métal, monumentale erreur les amigos !

