Vue lecture

Cybersécurité : l’UE va durcir le ton face aux équipementiers chinois

La Commission européenne a dévoilé son projet de révision du Cybersecurity Act qui prévoit l’élimination progressive des équipements fournis par des entreprises jugées à haut risque dans les secteurs critiques.

Sans nommer explicitement de pays ou d’entreprises, ces mesures devraient principalement affecter les géants chinois des télécommunications Huawei et ZTE.

« Avec ce nouveau paquet cybersécurité, nous disposerons des moyens nécessaires pour mieux protéger nos chaînes d’approvisionnement critiques en technologies de l’information et de la communication, mais aussi pour combattre les cyberattaques de manière décisive », affirme Henna Virkkunen, la commissaire européenne chargée du numérique.

Le texte s’appliquera à dix-huit secteurs clés identifiés par la Commission, parmi lesquels les équipements de détection, les véhicules connectés et automatisés, les systèmes d’approvisionnement en électricité et en eau, les drones, les services de cloud computing, les dispositifs médicaux ou encore les semi-conducteurs.

Des délais de transition variables

Selon le projet, les opérateurs de téléphonie mobile disposeront de trente-six mois à compter de la publication de la liste des fournisseurs à haut risque pour retirer les composants essentiels provenant de ces entreprises. Les calendriers pour les réseaux fixes, incluant la fibre optique et les câbles sous-marins, ainsi que pour les réseaux satellitaires, seront annoncés ultérieurement.

Les restrictions ne s’appliqueront qu’après une évaluation des risques initiée soit par la Commission, soit par au moins trois pays membres. Les mesures prises devront s’appuyer sur une analyse de marché et une étude d’impact.

L’exécutif européen avait déjà adopté en 2020 une boîte à outils de mesures de sécurité pour les réseaux 5G visant à limiter l’utilisation de fournisseurs à haut risque comme Huawei, en raison de préoccupations relatives à d’éventuels sabotages ou actes d’espionnage. Toutefois, certains pays n’ont toujours pas retiré ces équipements, notamment en raison des coûts élevés que cela représente.

L’Espagne a même signé l’été dernier un contrat de douze millions € avec Huawei pour la fourniture de matériel destiné au stockage des écoutes autorisées par les tribunaux pour les services de police et de renseignement.

Pékin dénonce un « protectionnisme pur et simple »

La Chine n’a pas tardé à réagir. Le ministère chinois des Affaires étrangères a qualifié les restrictions imposées aux entreprises chinoises sans base juridique de «protectionnisme pur et simple », exhortant l’UE à fournir un environnement commercial équitable, transparent et non discriminatoire aux sociétés chinoises.

Pékin avait déjà déclaré en novembre qu’une telle initiative violerait les principes du marché et les règles de la concurrence loyale, soulignant que le retrait d’équipements chinois dans certains pays avait entravé leur développement technologique et entraîné des pertes financières importantes.

L’Europe entre deux dépendances

Cette initiative s’inscrit dans un mouvement plus large de Bruxelles visant à réduire sa dépendance tant vis-à-vis de la Chine que des grandes entreprises technologiques américaines. L’Allemagne a récemment nommé une commission d’experts pour repenser sa politique commerciale envers Pékin et interdit l’utilisation de composants chinois dans les futurs réseaux 6G.

Les États-Unis ont quant à eux banni en 2022 les approbations de nouveaux équipements de télécommunications de Huawei et ZTE.

Reste que la mise en œuvre de ces restrictions pourrait s’avérer complexe. Plus de quatre-vingt-dix pour cent des panneaux solaires installés dans l’UE sont fabriqués en Chine. Certains représentants de l’industrie soulignent également le manque d’alternatives viables, les opérateurs télécoms ayant mis en garde contre l’impact potentiel sur les prix à la consommation.

Le projet de loi doit encore être approuvé par les pays membres et le Parlement européen dans les mois à venir avant de devenir contraignant. Les calendriers proposés devraient faire face à la résistance de certaines capitales européennes, les États membres étant responsables de leur propre sécurité nationale.

The post Cybersécurité : l’UE va durcir le ton face aux équipementiers chinois appeared first on Silicon.fr.

  •  

Comment OpenAI façonne son modèle économique au fil du « compute »

Une opération de communication pour lever les doutes sur le modèle modèle économique et clarifier les perspectives de croissance, c’est le sens du long billet de blog publiée par Sarah Friar, la directrice financière d’OpenAI, sous le titre  » Une entreprise qui évolue en fonction de la valeur de l’intelligence ».

Si l’inventeur de ChatGPT capte une grande partie de la lumière du business de la GenAI depuis trois ans, il cristallise aussi les inquiétudes sur les investissements faramineux et les craintes sur un déficit de ROI qui pourraient faire éclater « la bulle de l’IA » alimentée par les investissements titanesques dans les infrastructures.

Pour rassurer sur la capacité d’OpenAI à créer de la valeur, Sarah Friar révèle que les revenus annualisés ont bondi de 2 milliards $ en 2023 à plus de 20 milliards en 2025. Une multiplication par dix en deux ans ! Et de préciser que cette explosion des revenus est proportionnelle à celle de la puissance de calcul déployée à coup de centaines de milliards investis dans les infrastructures.

Le compute, moteur de la croissance

« Notre capacité à servir nos clients se mesure directement à notre puissance de calcul disponible », écrit Sarah Friar. Les chiffres parlent d’eux-mêmes : la capacité de calcul d’OpenAI est passée de 0,2 gigawatt en 2023 à 0,6 GW en 2024, pour atteindre environ 1,9 GW en 2025. Soit une multiplication par 9,5 en deux ans, avec un triplement annuel.

Cette corrélation parfaite entre infrastructure et revenus dessine le modèle économique d’OpenAI. « Il s’agit d’une croissance jamais vue à une telle échelle », affirme la directrice financière, qui ajoute que davantage de compute aurait permis une adoption et une monétisation encore plus rapides.

Partie des abonnements grand public, l’entreprise a progressivement étendu son offre aux entreprises, avant d’ajouter une tarification à l’usage pour les développeurs via son API. « Au fur et à mesure que l’IA s’intégrait dans les équipes et les workflows, nous avons créé des abonnements professionnels et ajouté une tarification basée sur l’usage, afin que les coûts évoluent avec le travail réellement effectué », explique-t-elle.

La semaine dernière, OpenAI a franchi un nouveau cap en annonçant l’introduction de publicités dans ChatGPT pour certains utilisateurs américains. Elle devrait également dévoiler son premier « produit Hardware » au second semestre 2026, comme l’a rapporté Axios en début de semaine.

Sarah Friar évoque de nouveaux modèles économiques au-delà des abonnements et des API : licences, accords basés sur la propriété intellectuelle et tarification basée sur les résultats. « À mesure que l’intelligence s’étend à la recherche scientifique, la découverte de médicaments, les systèmes énergétiques et la modélisation financière, de nouveaux modèles économiques émergeront », prédit-elle.

2026 : l’année de « l’adoption pratique »

L’année 2026 sera celle de « l’adoption pratique », annonce la directrice financière. « La priorité est de combler l’écart entre ce que l’IA rend désormais possible et la façon dont les gens, les entreprises et les pays l’utilisent au quotidien », écrit-elle.

L’opportunité se révèle particulièrement importante dans trois secteurs : la santé, les sciences et l’entreprise, où une meilleure intelligence se traduit directement par de meilleurs résultats. OpenAI mise sur une nouvelle génération d’agents intelligents et l’automatisation des workflows, capables de fonctionner en continu, de conserver le contexte dans le temps et d’agir sur différents outils.

Une stratégie d’infrastructure diversifiée

Face aux critiques sur ses dépenses massives, Sarah Friar défend une approche pragmatique. OpenAI maintient un bilan « léger » en privilégiant les partenariats plutôt que la propriété. Il y a trois ans, l’entreprise dépendait d’un seul fournisseur de compute. Aujourd’hui, elle collabore avec un écosystème diversifié de partenaires, incluant Microsoft, Oracle et d’autres acteurs.

Ce changement apporte de la certitude sur l’accès au compute. « Nous pouvons planifier, financer et déployer de la capacité avec confiance dans un marché où l’accès au compute définit qui peut passer à l’échelle », explique-t-elle.

Cette diversification permet à OpenAI de concentrer ses ressources sur l’innovation tout en conservant l’agilité nécessaire pour naviguer dans l’évolution rapide du secteur.

« L’infrastructure élargit ce que nous pouvons offrir. L’innovation étend ce que l’intelligence peut faire. L’adoption étend qui peut l’utiliser. Les revenus financent le prochain bond en avant », conclut Sarah Friar.

The post Comment OpenAI façonne son modèle économique au fil du « compute » appeared first on Silicon.fr.

  •  

Piratage de l’Urssaf : 12 millions de salariés exposés via l’API DPAE

L’année 2026 débute sur une note préoccupante pour la cybersécurité des administrations françaises. L’Urssaf a révélé qu’une cyberattaque, ciblant spécifiquement l’interface de programmation (API) du service de déclaration préalable à l’embauche (DPAE) a permis la consultation et l’extraction des données personnelles de 12 millions de salariés français.

Que sait-on de la méthode utilisée ? « Les premières investigations révèlent que l’accès frauduleux à l’API DPAE  a été opéré via un compte partenaire habilité à consulter ces informations. Les identifiants de connexion liés à ce compte avaient été volés lors d’un acte de cyber malveillance antérieur visant ce partenaire. » indique l’Urssaf en précisant que ses systèmes d’information n’ont pas été compromis.

Des données sensibles mais partiellement limitées

Les informations compromises incluent les noms, prénoms, dates de naissance, dates d’embauche ainsi que le numéro SIRET de l’employeur. Toutefois, l’Urssaf tente de rassurer les personnes concernées en précisant que les données les plus sensibles sont restées sécurisées : aucun numéro de Sécurité sociale, coordonnée bancaire, adresse postale, email ou numéro de téléphone n’a été exposé.

Malgré cette limitation apparente, les experts en cybersécurité soulignent que ces informations, même partielles, peuvent servir de base à des campagnes d’hameçonnage (phishing) sophistiquées ou être combinées avec d’autres fuites de données pour faciliter des usurpations d’identité.

La DPAE : un service essentiel au cœur de la faille

La déclaration préalable à l’embauche est une formalité obligatoire que tout employeur doit effectuer dans les huit jours précédant l’embauche d’un salarié relevant du régime général de la Sécurité sociale. Cette déclaration regroupe plusieurs formalités administratives essentielles : demande d’immatriculation de l’employeur, affiliation au régime d’assurance chômage, adhésion à un service de santé au travail, et organisation de la visite d’information et de prévention.

Les employeurs ayant effectué plus de 50 déclarations d’embauche au cours de l’année civile précédente sont obligés de réaliser leurs DPAE en ligne, soit via le portail urssaf.fr, soit via net-entreprises.fr, soit en utilisant l’API DPAE. C’est précisément cette dernière option qui a constitué le vecteur d’attaque exploité par les cybercriminels.

Face à cet incident, l’URSSAF a réagi rapidement en suspendant les accès du compte compromis et en renforçant les habilitations de ses partenaires. L’organisme a également déposé une notification auprès de la Commission nationale de l’informatique et des libertés (CNIL), conformément aux obligations légales en matière de protection des données personnelles, ainsi qu’une plainte auprès du procureur de la République.

L’URSSAF assure que les employeurs peuvent continuer à utiliser le service de déclaration préalable à l’embauche comme habituellement, et que les mesures de sécurité ont été renforcées pour éviter qu’un tel incident ne se reproduise.

Un appel à la vigilance face au phishing

L’URSSAF exhorte les salariés concernés à une extrême prudence face aux tentatives d’hameçonnage. L’organisme rappelle les règles fondamentales de sécurité : ne jamais divulguer ses mots de passe ou informations bancaires par téléphone ou courriel, même si la demande semble provenir d’un organisme officiel.

Les données volées peuvent en effet permettre aux cybercriminels de mener des campagnes de phishing ultra-ciblées, en se faisant passer pour l’Urssaf ou d’autres administrations avec des informations réelles sur leurs victimes, rendant les tentatives d’escroquerie d’autant plus crédibles.

Une série noire pour les organismes publics français

Ce piratage survient dans un contexte de cybermenace accrue contre les acteurs publics français. La semaine dernière, la plateforme Hubee, opérée par la Direction interministérielle du numérique (DINUM) pour l’échange de documents administratifs, a été piratée, exposant 70 000 dossiers représentant 160 000 documents contenant des données personnelles.

La fin de l’année 2025 avait déjà été marquée par le piratage du ministère de l’Intérieur et celui des Sports. Par ailleurs, en novembre 2025, le service Pajemploi de l’Urssaf avait subi un vol de données affectant 1,2 million de salariés de particuliers employeursd’ assistants maternels et de gardes d’enfants à domicile, compromettant des informations telles que les noms, prénoms, dates et lieux de naissance, adresses postales et numéros de Sécurité sociale.

Ces incidents successifs révèlent la vulnérabilité persistante des systèmes d’information des administrations françaises face aux cyberattaques et soulignent l’urgence de renforcer la cybersécurité des services publics numériques.

 
Que faire si vous êtes concernés ?
  • Si vous avez été embauché au cours des trois dernières années, vos données figurent potentiellement parmi celles exposées.
  • Redoubler de vigilance face aux emails, SMS ou appels suspects prétendant provenir de l’URSSAF ou d’autres organismes.
  • Ne jamais communiquer d’informations personnelles ou bancaires en réponse à une sollicitation non sollicitée.
  • Vérifier systématiquement l’authenticité des sites web avant de saisir des informations sensibles.
  • Surveiller vos comptes et signaler immédiatement toute activité suspecte.
  • En cas de doute, contacter directement l’URSSAF via les canaux officiels.

The post Piratage de l’Urssaf : 12 millions de salariés exposés via l’API DPAE appeared first on Silicon.fr.

  •  
❌