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IBM rachète Confluent pour 11 milliards $

Avec l’acquisition de Confluent pour une valeur de 11 milliards $, IBM réalise l’une de ses plus importantes opérations depuis le rachat de Red Hat en 2019.

Cette transaction permet au groupe d’Armonk de s’emparer d’une technologie devenue stratégique : le traitement de données massives en temps réel, indispensable au fonctionnement des applications d’intelligence artificielle les plus avancées.

Avec cette acquisition, IBM entend créer une plateforme de données intelligente spécialement conçue pour l’IA d’entreprise, capable de connecter et faire circuler les informations entre environnements, applications et interfaces de programmation.

Confluent : un acteur clé du streaming de données

Basée à Mountain View en Californie, Confluent s’est imposée comme un pionnier du streaming de données en temps réel, une technologie devenue cruciale pour alimenter les applications d’intelligence artificielle. La plateforme, construite sur Apache Kafka, permet aux entreprises de connecter, traiter et gérer des flux massifs de données instantanément, éliminant les silos inhérents aux systèmes d’IA agentique.

La société compte plus de 6 500 clients à travers le monde, dont plus de 40% des entreprises du Fortune 500. Michelin utilise ainsi sa plateforme pour optimiser en temps réel ses stocks de matières premières et semi-finies. Instacart a déployé la technologie pour développer des systèmes de détection de fraude et améliorer la visibilité des produits disponibles sur sa plateforme de livraison.

Une stratégie d’acquisitions assumée

Pour Arvind Krishna, PDG d’IBM depuis 2020, cette transaction s’inscrit dans une politique volontariste de croissance externe visant à positionner le groupe sur les segments à forte croissance et marges élevées du logiciel et du cloud.

Cette acquisition fait suite au rachat d’HashiCorp pour 6,4 milliards $ en avril 2024 et, surtout, à l’opération Red Hat de 34 milliards $ en 2019, considérée par les analystes comme le catalyseur central de la transformation cloud d’IBM.

Le timing de l’opération  n’est pas anodin. Selon IDC, plus d’un milliard de nouvelles applications logiques devraient émerger d’ici 2028, remodelant les architectures technologiques dans tous les secteurs. Le marché adressable de Confluent a doublé en quatre ans, passant de 50 milliards $ à 100 milliards en 2025.

Des synergies attendues

Les deux entreprises collaboraient déjà depuis cinq ans dans le cadre d’un partenariat permettant à certains clients d’IBM d’utiliser la plateforme de Confluent. L’intégration devrait permettre de créer des synergies substantielles à travers l’ensemble du portefeuille d’IBM, notamment dans l’IA, l’automatisation, les données et le conseil.

Les principaux actionnaires de Confluent, détenant collectivement environ 62% des droits de vote, ont conclu un accord de vote avec IBM, s’engageant à soutenir la transaction et à s’opposer à toute opération alternative. En cas d’échec ou de résiliation de l’accord, IBM devra verser à Confluent une indemnité de rupture de 453,6 millions $.

IBM a financé l’opération avec sa trésorerie disponible. La transaction, soumise à l’approbation des actionnaires de Confluent et aux autorisations réglementaires, devrait se finaliser d’ici la mi-2026.

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L’UE sanctionne X : première amende historique dans le cadre du DSA

Un coup de semonce contre Elon Musk ou le début d’une série de sanctions contre les réseaux sociaux ? Vendredi 5 décembre 2025, la Commission européenne a infligé une amende de 120 millions € à X, son réseau social racheté en 2022.

Cette sanction constitue la première application concrète du Digital Services Act (DSA), le règlement européen sur les services numériques entré en vigueur il y a deux ans. Une décision qui intervient après deux années d’enquête et qui s’annonce comme le début d’un bras de fer politique majeur entre Bruxelles et Washington.

Trois infractions majeures sanctionnées

La Commission européenne a retenu trois violations distinctes des obligations de transparence imposées par le DSA, toutes notifiées initialement en juillet 2024.

Le premier grief concerne la coche bleue, utilisée auparavant pour signaler des comptes officiels gratuits mais désormais vendue 7 euros par mois. Bruxelles estime que cette pratique constitue une forme de conception trompeuse qui viole le DSA. Selon les nouveaux paramètres de X, un compte doté d’une coche peut ne pas signaler un utilisateur réel et être un robot, a déclaré la Commission.

L’exécutif européen précise que si le DSA n’impose pas aux plateformes de vérifier l’identité de leurs membres, il leur interdit en revanche de prétendre faussement qu’une telle vérification a eu lieu. Ce système expose les utilisateurs à des risques accrus d’escroquerie par usurpation d’identité et de manipulation par des acteurs malveillants.

Le deuxième manquement porte sur le registre publicitaire de X, qui ne respecte pas les exigences de transparence du DSA. L’accès au répertoire est rendu difficile et des informations essentielles manquent, notamment l’identité de l’entité qui finance les campagnes publicitaires. Cette opacité empêche la surveillance efficace des risques, notamment la détection d’escroqueries ou de campagnes de menaces hybrides.

Enfin, X est accusé d’imposer des obstacles inutiles aux chercheurs indépendants qui veulent avoir accès à ses données publiques, comme le nombre de vues, de likes, de partages, les tendances de hashtags. Les conditions de service de la plateforme interdisent explicitement cet accès indépendant. En étudiant des phénomènes comme la polarisation des publics ou comment des contenus se propagent sur les réseaux sociaux, les chercheurs peuvent éventuellement détecter des risques systémiques pour nos démocraties, comme les tentatives d’ingérences étrangères lors des élections.

Une amende « proportionnée » selon Bruxelles

La Commission européenne a défendu le montant de la sanction, soulignant sa proportionnalité. Le DSA prévoit théoriquement des amendes pouvant atteindre 6% du chiffre d’affaires mondial annuel pour chaque infraction constatée. Face aux critiques, Henna Virkkunen, vice-présidente de la Commission chargée de la souveraineté technologique, a expliqué que la sanction prenait en compte la nature, la gravité et la durée des infractions commises.

Avant de préciser, les amendes se calculent sur base de critères qui tiennent compte de la nature des infractions, de leur gravité et de leur durée. Sur cette base, l’amende pour les coches bleues a été estimée à 45 millions €, celle pour les publicités à 35 millions et celle pour l’accès aux données à 40 millions €.

Une tempête politique transatlantique

La décision de Bruxelles a déclenché une vive réaction du côté américain, même avant son annonce officielle. Le vice-président américain JD Vance a dénoncé la démarche européenne en déclarant que l’UE devrait défendre la liberté d’expression au lieu de s’en prendre à des entreprises américaines pour des foutaises, s’attirant un message de remerciement d’Elon Musk.

Le chef de la diplomatie américaine Marco Rubio a estimé que l’amende infligée par l’Union européenne constituait une attaque contre le peuple américain par des gouvernements étrangers, affirmant que l’époque de la censure en ligne était révolue.

Face à ces accusations, Henna Virkkunen a fermement répondu que l’amende n’avait rien à voir avec de la censure, précisant que la Commission n’était pas là pour imposer les amendes les plus élevées, mais pour s’assurer que les lois sur le numérique soient respectées.

Elon Musk a déclaré samedi sur sa plateforme que l’UE devrait être abolie, dénonçant la surrégulation de l’Union européenne.

Cette affaire s’inscrit dans un contexte de tensions croissantes entre Washington et Bruxelles sur la régulation numérique et les relations commerciales.

Des enquêtes encore en cours

La sanction annoncée ne couvre que les infractions identifiées en juillet 2024. La Commission européenne a précisé que plusieurs enquêtes concernant X se poursuivent, notamment sur des soupçons de non-respect des obligations en matière de contenus illégaux et de désinformation. Bruxelles s’attend à ce que ces enquêtes soient bouclées plus rapidement que la première.

Le réseau X a entre 60 et 90 jours pour se mettre en conformité. S’il ne le fait pas, des amendes supplémentaires pourraient lui être infligées.

Un symbole de la souveraineté numérique européenne

Cette première amende dans le cadre du DSA marque un tournant dans l’approche réglementaire de l’Union européenne. La Commission montre qu’elle ne se laisse pas intimider par les pressions américaines, malgré un contexte de négociations commerciales tenduesX

Pour les utilisateurs européens de X, des changements sont attendus : interface modifiée, notifications renforcées, refonte du processus de vérification et amélioration de la transparence publicitaire. La plateforme devra également ouvrir l’accès à certaines données pour la recherche académique.

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Evertrust lève 10 M€ pour s’imposer en leader de la PKI et du CLM

L’éditeur français de logiciels de cybersécurité Evertrust annonce une levée de fonds de 10 millions € en Série A auprès du fonds de capital-risque américain Elephant. Cette opération doit permettre à la startup d’accélérer son développement sur les marchés européens et de consolider sa position d’acteur de référence dans la gestion des certificats numériques.

Fondée en 2017 par Kamel Ferchouche, Jean-Julien Alvado et Étienne Laviolette, Evertrust s’est transformée d’un cabinet de conseil en un éditeur de logiciels spécialisé dans deux technologies complémentaires : la PKI (Public Key Infrastructure) et le CLM (Certificate Lifecycle Management). La première permet l’émission et la gestion des certificats numériques, tandis que la seconde automatise leur cycle de vie.

Cet avantage technologique confère à Evertrust une position distinctive : l’entreprise est le seul acteur européen et l’un des quatre seuls au monde à proposer une offre intégrée couvrant ces deux segments.

Une croissance portée par des mutations du marché

Le modèle économique d’Evertrust repose sur une clientèle de grands comptes, avec plus de 25% des entreprises du CAC 40 parmi ses clients. Rentable depuis sa création, l’entreprise affirme réaliser encore plus de 80% de son chiffre d’affaires en France et emploie 40 collaborateurs.

Plusieurs facteurs structurels alimentent la demande pour ses solutions. La durée de validité des certificats publics, actuellement de 398 jours, va connaître une réduction drastique : 200 jours en 2026, 100 jours en 2027 et seulement 47 jours en 2029. Cette évolution rendra l’automatisation du renouvellement des certificats indispensable pour les organisations, qui doivent déjà gérer une multiplication exponentielle de ces artefacts cryptographiques.

Un argument de souveraineté numérique

Dans un contexte de tensions commerciales et réglementaires, Evertrust mise sur sa nature souveraine. Ses solutions sont conçues et hébergées en Europe et conformes aux standards internationaux comme eIDAS et NIST.

L’entreprise a récemment obtenu la certification CSPN de l’ANSSI pour sa plateforme PKI, un sésame qui renforce sa crédibilité auprès des acteurs publics et parapublics. Lauréate de la promotion 2025 du programme French Tech 2030, Evertrust bénéficie d’une reconnaissance institutionnelle qui appuie son développement.

Objectif : tripler les effectifs en cinq ans

Les 10 millions € levés serviront principalement à renforcer les équipes commerciales et techniques, qui devraient tripler d’ici cinq ans. L’entreprise prévoit également un changement de modèle de distribution : d’un modèle majoritairement direct en France, elle entend basculer vers un réseau de partenaires revendeurs et intégrateurs de solutions de sécurité sur les principaux marchés européens.

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