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(SIMOUV) Recherche budget désespérément pour le remplacement des rames (2006) de tramway

Arnaud L’Herminé : « Nous avons fait un (gros) effort budgétaire à l’arrivée du nouveau délégataire (2023) »

Le premier focus dans le ROB (Rapport d’Orientation budgétaire) du SIMOUV réside dans les charges de fonctionnement. En effet, à hauteur de 75 492 000 millions d’euros, dont 62 586 000 euros pour le délégataire, les charges de fonctionnement sont massives pour ce réseau bus/tramway public sur le Valenciennois.

« Sur les 62 586 000 €, 49% sont dédiés à la masse salariale (30 millions d’euros) où le nouveau délégataire nous indique l’embauche de 12 nouveaux chauffeurs et 20 salariés au total », commente Arnaud L’Herminé, le vice-président en charge des finances. On note dans les charges de fonctionnement le montant de 6,6 millions d’euros, malgré une équipe très restreinte, mais performante, et par suite totalement liées à la dette, nous y reviendrons !

En recettes de fonctionnement, le total s’élève à 89 334 000 millions d’euros dont les deux agglo (Valenciennes Métropole et La Porte du Hainaut) à hauteur de 4,5 millions d’euros, chacune, en 2025, mais en 2026 une diminution à 4 millions d’euros chacune.

L’autre point fort de ces recettes demeure, fort heureusement, la taxe VM (Versement Mobilité) pour toutes les entreprises d’au moins 11 salariés. « Elle reste dynamique et à hauteur de 2% de la masse salariale », souligne le vice-président aux finances.Toutefois, ce dernier insiste sur le coup de booster à l’occasion du changement de délégataire : « Nous avons fait un (gros) effort budgétaire à l’arrivée du nouveau délégataire (2023), plus 4 millions d’euros en 2023 » En effet, à la lumière des chiffres, on s’aperçoit que la VM 2025 tourne autour de 61 734 000 euros, alors que le coût associé au délégataire est à 64 754 000 millions d’euros. « Plus nous réduisons l’écart entre la VM et notre subvention au délégataire… », poursuit Arnaud L’Herminé.

Face au mur du matériel roulant à remplacer !

Néanmoins, le plus inquiétant est le poids de la dette publique du SIMOUV. Avec 123, 8 millions d’euros sur une durée moyenne de 18,6 ans, l’étau mécanico/financier se resserre. Certes, le vice-président met en exergue le taux d’emprunt élevé (4,57% en moyenne), mais personne ne pouvait deviner la baisse drastique des taux a postériori. D’ailleurs, l’ère des taux autour de 1% est définitivement achevée.

Par contre, ce qui était plus prévisible, en terme de prospective, est la durée de vie d’une rame de tramway, 20/25 ans en l’occurrence. Sachant que 21 rames ont été lancées en 2006 pour la splendide ligne 1 de Valenciennes vers le Mont Houy, il fallait s’attendre à un besoin de financement lourd pour le remplacement de ces derniers « à l’horizon 2026/2029. Le prochain hémicycle devra faire des choix forts. C’est notre point noir », ajoute Arnaud L’Herminé. La mise en relief de cette équation budgétaire douloureuse est, sans aucune ambiguïtés, un doigt pointé vers la gestion du SITURV, jusque 2014, en matière d’investissement.  « Cette durée de 18,6 annuités restantes pose un problème pour le remplacement des rames », indique le vice-président, on vient de redécouvrir l’obsolescence programmée, merveilleux !

C’est le moins que l’on puisse dire, aucun organisme bancaire ne veut plus prêter au SIMOUV, et l’organisme public précédent, le SITURV, a dépensé sans réfléchir au temps long, sans penser au renouvellement mécanique des rames, et nous revenons toujours au même constat… fallait-il faire à tout prix la ligne T2 en sus de la ligne 1, sur deux voies, du Mont Houy à Denain. Pour un maillage complet, vu la vitesse de gastéropode du T2 sur une voie vers le Pays de Condé,  d’autres solutions en « Bus à Niveau de Service » aurait pu faire l’affaire. De plus, cette solution n’aurait pas grevé sur le temps très long les finances du syndicat de transport public…

Concrètement, des rames mises en service en 2006 « ne seront plus opérationnelles sur la période 2026/2029. Nous devons renouveler notre parc roulant », conclut le vice-président, le temps du propos prudentiel à l’endroit de la gestion du SITURV, sous la présidence de Francis Decourrière, n’est plus d’actualité.

Daniel Carlier

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Réaménagement du site minier sur Wallers et « DATA 4 » s’installe sur Escaudain

Le site minier de Wallers Arenberg revisité d’ici fin 2028

Après la fermeture du puits d’Arenberg en 1989, peu de gens auraient pensé à ces vies multiples sur ce site minier emblématique du Valenciennois, ces rebonds improbables comme celui du génial réalisateur Claude Berri. En effet, le tournage du mythique « Germinal », diffusé en 1993, a sauvé ses chevalements, ses bâtiments, ses pépites totémiques. Puis, sous l’impulsion d’Alain Bocquet, le 1er Président de la La Porte du Hainaut née en 2001, le siège communautaire de cet EPCI se positionne sur ce site, un coup politique habile.

Chemin faisant, la vétusté des bâtiments miniers pose de plus en plus de problèmes à la collectivité territoriale. C’est pourquoi, le temps d’un financement européen XXL, et bien d’autres partenaires, permet de réhabiliter le site minier avec l’accueil des étudiant(e)s de l’Université Polytechnique Hauts de France, sans oublier le matériel complet pour le tournage d’un film, du début du premier plan au montage final. L’inauguration en septembre 2015 avec la présence de Costa Gavras restera dans les mémoires collectives. Durant dix ans, court-métrage, série, film, ont fait vivre ce site entre la mine et l’image.

Toutefois, il manquait une brique actrice à cette mémoire minière rénovée, tout simplement une vie au quotidien. En effet, hors visite par un guide pour l’histoire de la mine, des manifestations éphémères, l’habitant, le touriste… ne pouvaient déambuler dans ce lieu chargé d’histoire. C’est pourquoi, un projet d’ouverture au public a commencé par phosphorer chez les élu(e)s communautaires.

Du haut du chevalement, on aperçoit le terril arasé par le temps, un aménagement est prévu pour le mettre en lumière

Et tout a démarré par une étude européenne EUROPAN (https://www.urbanisme-puca.gouv.fr/qu-est-ce-qu-europan-a117.html) où les jeunes architectes ont réfléchi à une ouverture de ce site minier. Comme très souvent, la bonne idée génère un besoin, et pas forcément le contraire, car l’utilisation appropriée de l’argent public doit s’appuyer sur un projet durable, raisonnable, et pertinent. De l’idée au financement d’un projet, le pas a été franchi par l’hémicycle communautaire.

Une enveloppe de 16 millions d’euros en plusieurs phases

Là, nous parlons d’une réflexion sur le site minier sur Wallers Arenberg, mais également bien au delà avec les sites naturels environnants, les axes d’une meilleure mobilité, pour une offre globale touristique.

Entrée traversante du parvis d’accueil vers…

Tout d’abord, la première phase se situe sur le site minier historique et un axe vélo. Quatre millions seront consacrés à une rénovation paysagère du site, notamment cette entrée à la CAPH en mode grand parking. Au total, 5 entrées, l’une traversante est-ouest dès l’entrée (grille actuelle) vers les habitations de l’autre côté. Ensuite, une entrée sera située devant le parking extérieur, entre un bâtiment d’accueil des apprenants de l’UPHF et l’hôtel d’entreprises. Puis, les autres ouvertures seront vers tous les points cardinaux de cet espace minier. L’enveloppe nécéssaire se situe à 4 millions d’euros.

Pont des courageux dans la Trouée d’Arenberg

Dans la foulée, la Trouée d’Arenberg n’est pas oubliée dans ce premier coup de pinceau. Concrètement, le fameux « Pont des Courageux » en pleine Trouée d’Arenberg sera sauvé avec la création, sur cette ancienne voie ferrée pour les wagonnets remplis de charbon, d’un axe vélo route. Ensuite, une passerelle à construire ex nihilo au dessus d’une voie ferrée est prévue dans cette première phase, coût 2 millions d’euros, soit 6 millions d’euros au global sur cette première phase pour les 12 hectares visés, mais 34 hectares sur la globalité du projet de 16 millions d’euros.

De la ruche au grand public 

Evidemment, le Président de La Porte du Hainaut se réjouit de cette ambition architecturale. Ce site minier ne sera plus uniquement un siège politique, sans oublier des espaces événementiels, mais un lieu de promenade où le grand public pourra cheminer naturellement au pied leur « Tour Eiffel » locale. Le calendrier s’étale comme suit, début des travaux potentiels mi 2027 pour une fin de chantier fin 2028.

DATA 4, 2 400 emplois directs ou indirects, un nouveau souffle économique sur Escaudain

L’autre nouvelle époustouflante est l’arrivée d’une entreprise de portée mondiale, DATA 4, sur la Zone Industrielle « Les Soufflantes » sur la commune d’Escaudain. A un kilomètre du site les « Pierres Blanches » sur Denain, l’accès à l’autoroute, cet espace économique va accueillir un bâtimentaire XXL. Le domaine d’activité se positionne sur le développement de l’IA, mais pas seulement sur le stockage de données, mais également via la formation, la Recherche & Développement, voire un campus et plus simplement la naissance des métiers de demain. Nous le savons tous, à minima 50% des métiers actuels n’existeront plus en 2050… ! L’IA sera incontestablement, que le redoutions ou pas, la révolution de demain dans notre quotidien.

Les réactions politiques…

« La Porte du Hainaut a candidaté dans le cadre des sites clé en main, France 2030, et nous avons été retenus. Nous avons été crédibles comme agglo. Après Toyota (ou Action) sur Valenciennes Métropole, Safran et Lesaffre sur La Porte du Hainaut, DATA 4 arrive avec un enjeu écologique aussi. Je remercie le Préfet du Nord et le Président de la Région Hauts de France pour leur soutien sur ce dossier économique », commente le Président de la CAPH.

Pour la vice-présidente au développement économique, Anne-Lise Dufour, l’information est formidable : « C’est une très bonne nouvelle pour notre territoire ! La meurtrissure de la fermeture d’Usinor se referme. De plus, ce n’est pas une seulement une boîte de stockage, mais pourvoyeur d’emplois. En effet, dans leur installation, DATA 4 va aussi transformer le site « France Télécom » (derrière l’hôtel de ville de Denain) en espace de formations. »

Bien sûr, l’édile d’Escaudain, Bruno Saligot, est dithyrambique sur le sujet : « On nous a pris au sérieux dans une compétition mondiale. Notre travail, discret, a porté ses fruits et donne un avenir à nos jeunes. Cela va booster l’économie du Denaisis, de l’agglo, et au delà. Sur le volet écologique, la chaleur fatale sera récupérable et en capacité de chauffer les communes voisines, Lourches, Roeulx, et Escaudain. On va réduire de fait notre consommation énergétique (fossile). Enfin, ce site sera également économe en eau avec une consommation correspondant à la consommation de 40 logements. »

Le maire de Saint-Amand-les-Eaux n’est pas en reste et félicite les porteurs, et les équipes de la CAPH, pour cette implantation porteuse d’avenir. « L’IA est une filière d’avenir ! Cela fait partie de la souveraineté de notre pays. Pour autant, il ne faut pas oublier l’industrie existante, et maintenir une vigilance sur le ferroviaire et l’automobile », déclare-t-il. Aymeric Robin reprend la balle au bond « j’ai appris durant ce mandat communautaire que le développement économique est un combat pour l’industrie existante comme les projets d’avenir. »

Pour sa part, Jean-Michel Michalak, le conseiller régional et vice-président en charge du numérique, apporte une précision technique importante : « Le Conseil régional a décompté cette implantation à l’échelon régional, donc sur le compte foncier de la région et pas sur celui de La Porte du Hainaut. » Concrètement, cette arrivée économique ne va pas grever le foncier disponible pour d’autres dossiers sur ce territoire.

De la même manière, David Audin, élu ville de Denain, se dit « fier pour notre territoire. Nous sommes respectés comme agglo ! ». Dans la foulée, Ludovic Zientek, rejoint l’élu amandinois « il faut surveiller nos atouts existants comme les nouveaux. »

Enfin, une voix dissonante avec Catherine Mercier, élue d’opposition dans la commune d’Escaudain, tempère cette enthousiasme général : « Je ne suis pas contre le développement économique, mais je souhaite le maintien d’une zone verte sur ce lieu de mémoire (industrielle). J’ai eu des retours par de nombreux Escaudinois. Un DATA center est un gouffre énergétique et très consommateur en eau. » Elle s’insurge aussi par l’information diffusée par la presse avant la population locale. Aymeric Robin répond tout de go : « Nous étions dans un process de confidentialité totale. Le maire n’avait pas le doit de communiquer sur ce dossier économique. » La fameux « sous embargo » bien connu !

Daniel Carlier

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