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Terrains difficiles : ces robot-tondeuses Segway Navimow promettent-ils l’impossible pour 2026 ?

Nouveaux modèles Segway Navimow

Les robots tondeuses sans câble promettent une pelouse nette sans vous fatiguer, mais ils doivent souvent composer avec des arbres, des pentes, des passages étroits et des sols qui glissent. Segway Navimow dit avoir une réponse adaptée pour 2026 ! Au total, il est question de quatre gammes déclinées en 9 modèles, du petit jardin “pas si simple” jusqu’au terrain pro.

On comprend vite pourquoi les robots tondeuses sans fil périphérique ont séduit leur public : ne plus enterrer un câble, ne plus le réparer après un coup de bêche, ne plus redessiner tout le jardin après un massif ajouté. Désormais, on installe, on connecte, on cartographie, puis on laisse faire après quelques paramétrages.

Néanmoins, la réalité du terrain impacte l’autonomie des machines : l’ombre des arbres peut perturber le positionnement, les bordures sont rarement “propres”, les pentes combinent traction et sécurité, et une roue qui patine suffit à transformer une tonte automatique en séance de rattrapage manuel.

C’est dans ce contexte que, au CES, les fabricants cherchent moins à “ajouter des fonctions” qu’à sécuriser la promesse de base : tondre régulièrement, sans y penser, même quand le terrain est difficile à gérer.

Plus plug and play que jamais !

Navimow insiste sur une mise en route type “drop and mow” (sans câble périphérique, sans antenne relais à installer, selon la marque). Le cœur du sujet, c’est la capacité du robot à tenir sa trajectoire quand le signal se dégrade, quand la lumière baisse, quand le terrain se déforme.

Ce n’est pas nouveau dans la stratégie Navimow : la série X3, déjà mise en avant au CES 2025, combinait RTK, vSLAM (cartographie visuelle) et VIO (fusion vision + inertiel) dans une logique de redondance.

L’idée 2026, telle que décrite par le constructeur, est d’étendre cette redondance à d’autres segments de prix et d’usage, avec du LiDAR sur certains modèles.

Ce que Navimow met sur la table au CES 2026

La marque annonce sa présence au stand 9615A, North Hall, LVCC, du 6 au 9 janvier 2026. Elle revendique aussi une place de n°1 mondial du “wire-free” en volume sur 2024, attribution présentée comme basée sur des données Euromonitor (méthodologie B2B + B2C, recherche mars–avril 2025, selon la note publiée par Navimow).

Sur le fond, l’annonce CES 2026 (communiqué Segway Navimow) découpe le catalogue ainsi :

  • Série X4 : grands terrains résidentiels (X430 jusqu’à 4 000 m² ; X450 jusqu’à 6 000 m²) ;
  • Série i2 : entretien “quotidien” des petites surfaces, avec une déclinaison AWD (i206 AWD jusqu’à 600 m² ; i210 AWD jusqu’à 1 000 m²) et une déclinaison LiDAR (i215 LiDAR jusqu’à 1 500 m²) ;
  • Série H2 : jardins plus complexes (H210 jusqu’à 1 000 m² ; H220 jusqu’à 2 000 m²), navigation “triple fusion” LiDAR + RTK + vision ;
  • Série Terranox : surfaces pro très étendues (CM120M1 jusqu’à 12 000 m² ; CM240M1 jusqu’à 24 000 m²), avec un logiciel de gestion de flotte.

X4 : la pente comme test de crédibilité

Sur le papier, le X4 vise les terrains qui font décrocher beaucoup de robots : pentes, virages serrés, sol glissant. Navimow annonce un système Xero-turn AWD capable de monter jusqu’à 84 % (40°), avec deux moteurs de direction à l’avant et un contrôle de traction (TCS) pour limiter le patinage. La gamme est annoncée en deux versions : X430 (jusqu’à 4 000 m²) et X450 (jusqu’à 6 000 m²).

Segway Navimow X4 sur pente abrupte
Bon, c’est pas tout ça, mais faut que j’aille garder les chèvres, moi… ©Segway Navimow

Bien sûr, une pente “max” dépend toujours des conditions : herbe humide, terre meuble, feuilles, bosses. L’angle annoncé sert d’indicateur, pas de garantie universelle. D’autre part, “tourner sur place” est un sujet sensible sur gazon : ça peut marquer le sol. La marque dit avoir conçu le système pour préserver la pelouse ; ce sera un point à observer en conditions réelles, sur un terrain déjà fragilisé.

Côté coupe, Navimow décrit un ensemble MowMentum avec deux disques, 12 lames renforcées, deux moteurs de 180 W et une logique “EdgeSense” pour mieux gérer les bordures. Là aussi, la question pratique revient vite : que vaut la coupe quand l’herbe est couchée, irrégulière, ou quand le terrain mélange zones denses et zones clairsemées ? Navimow insiste aussi sur la recharge rapide, avec une promesse d’efficacité de tonte en forte hausse (jusqu’à ~4 000 m² en environ 11 heures, selon la marque).

Autre détail qui compte en pratique : Navimow décrit ici une combinaison “network RTK” triple fréquence, VSLAM 360° et VIO, avec un RTK réseau embarqué annoncé comme gratuit à vie et surtout sans station d’antenne physique à installer. Enfin, le X4 est annoncé IPX6, compatible Apple “Localiser”, avec capteur de pluie et intégrations Google Home / Alexa / Home Assistant.

i2 : pour les petites pelouses, mais pas forcément simples

La série i2 se scinde en deux approches… La i2 AWD reprend l’idée de transmission intégrale en format “petit jardin”, avec une pente annoncée à 45 % (24°), et une troisième roue censée réduire la consommation et augmenter l’autonomie jusqu’à 30 % face à la génération précédente. Deux modèles sont annoncés : i206 AWD (jusqu’à 600 m²) et i210 AWD (jusqu’à 1 000 m²). Ici, l’intérêt est clair : beaucoup de petits jardins ne sont pas plats, et ils ont des passages étroits.

Segway Navimow I2 AWD series sur cailloux
Celui-ci, on l’emmène faire une rando, il pourra tondre autour des refuges ! ©Segway Navimow

La L’i215 LiDAR vise plutôt les environnements “ingrats” pour le RTK : sous les arbres, le soir, près des haies. Navimow annonce un LiDAR à semi-conducteurs scannant près de 200 000 points par seconde, une détection d’objets dès 1 cm, et plus de 200 types d’obstacles identifiés. À ce stade, ces chiffres restent des déclarations constructeur, lequel met aussi en avant GeoSketch (carto 3D “réaliste”) et une cartographie automatique, avec l’idée de “drop and mow” : sortir, lancer, capturer une carte 3D et ajuster ensuite.

À titre de repère, RoboSense, cité comme partenaire par Navimow, communique depuis plusieurs années sur des LiDAR “solid-state” mesurés en centaines de milliers de points par seconde, selon les modèles. Le sujet n’est pas le chiffre brut, mais la façon dont il est exploité : éviter les jouets, reconnaître un tuyau d’arrosage, ralentir face à un animal, ne pas se bloquer devant une chaise de jardin.

H2 : “triple fusion”, une réponse directe aux pertes de signal

La série H2 (testée en avant-première sur meilleure-innovation.com !) annonce un système LiDAR + RTK + vision, capable de changer de mode de positionnement en 1 milliseconde. Deux modèles sont annoncés : H210 (jusqu’à 1 000 m²) et H220 (jusqu’à 2 000 m²). L’idée est cohérente avec ce qu’on observe ailleurs : les fabricants cherchent à combiner des capteurs pour compenser les faiblesses de chacun. La marque nomme ce bloc EFLS™ LiDAR+ et ajoute Terrain Adapt + ESC (stabilité électronique) pour garder un robot “posé” sur pentes et sols irréguliers, avec GeoSketch et auto-mapping annoncés aussi sur cette série.

Segway Navimow H2 qui coupe les bordures
Chiche ©Segway Navimow de lancer une version taille-haie ? ©Segway Navimow

TechRadar décrivait récemment la même logique “multi-capteurs” sur un robot concurrent, en expliquant que le RTK marchait bien en terrain dégagé, puis qu’un autre capteur prenait le relais quand l’environnement se fermait. 

En pratique, la valeur se jouera sur trois points, à savoir :

  • est-ce que le robot continue une trajectoire propre quand il traverse une zone ombragée ?
  • est-ce qu’il évite les erreurs “bêtes” (petits objets, bords de massifs) ?
  • est-ce que l’utilisateur comprend ce qu’il se passe quand il y a un incident ?

Terranox : la tonte comme flotte à piloter

Terranox, c’est le basculement vers le pro. Navimow annonce des modèles allant jusqu’à 12 000 m² et 24 000 m², avec une logique de travail sur une journée type “terrain de football”. Les deux références citées sont CM120M1 (jusqu’à 12 000 m²) et CM240M1 (jusqu’à 24 000 m²).

Segway Navimow Terranox sur terrain de foot
©Segway Navimow Terranox en plein entraînement pour la coupe du monde 2026

Le point intéressant est moins la surface que l’écosystème : Navimow ajoute un logiciel de Fleet Management pour superviser plusieurs machines à distance. L’idée du constructeur est de vérifier l’état de chaque robot, piloter à distance, et récupérer des stats de tonte. On sort ainsi de l’achat “gadget de jardin” pour entrer dans des questions de planning, de maintenance, de disponibilité, de support. En somme, la marque parle d’un support dédié pour les entreprises. C’est souvent là que se fait la différence en usage pro.

La gamme 2026 en quelques points clés

SérieModèles annoncésSurface (annoncée)Pente (annoncée)Capteurs / navigation mis en avantCible logique
i2 AWDi206 AWD / i210 AWD600 à 1 000 m²jusqu’à 45 % (24°)RTK réseau + visionpetit jardin en pente
i2 LiDARi215 LiDARjusqu’à 1 500 m²NCLiDAR à semi-conducteurs + vision IAombre, passages étroits
H2H210 / H2201 000 à 2 000 m²jusqu’à 45 % (24°)EFLS™ LiDAR+ (LiDAR + RTK réseau + vision)jardin découpé, zones difficiles
X4X430 / X4504 000 à 6 000 m²jusqu’à 84 % (40°)RTK réseau triple fréquence + VSLAM 360° + VIOgrandes propriétés
TerranoxCM120M1 / CM240M112 000 à 24 000 m²NCAWD + pilotage multi-robotssites commerciaux

Ce que l’on sait déjà, et ce qu’il faudra vérifier

La gamme complète est officiellement dévoilée au CES 2026 à Las Vegas. Les séries i2 AWD et X4 seront disponibles en précommande à partir du vendredi 16 janvier dès 8:00 sur www.navimow.com. Une offre spéciale sera proposée aux premiers acheteurs pendant cette période de lancement.  

Sur les gammes actuelles, la marque communique déjà sur le sans fil périphérique et la logique de positionnement centimétrique, et des distributeurs relaient aussi des éléments comme l’IPX6 ou la compatibilité assistants vocaux sur certains modèles.

Reste l’essentiel, celui qui départage les robots une fois le CES terminé: la stabilité en zones ombragées, la tenue en pente et le comportement sur sols glissants, semaine après semaine, sans babysitting.

À retenir pour 2026

Navimow raconte une évolution logique du robot tondeuse : moins de “wow”, plus de robustesse, avec une gamme qui s’étend vers les grands terrains et le pro. La promesse est séduisante, les chiffres sont ambitieux, et la vraie réponse viendra des usages : jardins arborés, bordures complexes, printemps pluvieux. C’est là que l’automatisation se gagne… ou se discute.

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