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CertRadar - Espionnez l'infra cachée de vos concurrents (légalement)

Vos concurrents vous cachent des choses. Enfin, j'crois ^^

Leur infrastructure secrète, leurs projets en cours, leurs lancements prévus... Et pourtant, une bonne partie de tout ça est en fait visible si on sait où regarder...

Comment ? Grâce aux logs Certificate Transparency, c'est-à-dire les registres publics où les autorités de certification reconnues par les navigateurs enregistrent les certificats SSL qu'elles émettent.

Du coup, quand une boîte prépare un nouveau service sur staging.secret-project.example.com, hop, le certificat SSL est enregistré dans les logs CT et devient visible pour qui sait chercher. Et c'est exactement à ça que sert CertRadar , un outil gratuit qui va fouiller ces logs pour vous.

Perso j'adore ce genre d'outil pour le pentest et la veille concurrentielle. Vous tapez un domaine et bam, vous récupérez une bonne partie des sous-domaines qui ont eu un certificat SSL. Y'a de quoi faire pleurer un admin sys qui pensait que son serveur de dev était bien planqué !

CertRadar propose plusieurs modules. Le Cert Log Search qui est le coeur du truc, fouille les logs CT pour trouver les certificats émis pour un domaine. Le TLS Scanner analyse la config TLS de n'importe quel serveur (versions supportées, ciphers, tout ça). Le Header Search inspecte les en-têtes HTTP. Y'a aussi un RDAP Lookup pour les infos whois, un Domain Health pour vérifier la santé globale d'un domaine, et même un Multi-Domain Report pour analyser plusieurs domaines d'un coup.

Maintenant, mettons que vous voulez cartographier l'infrastructure de votre concurrent. Vous entrez leur domaine principal dans le Cert Log Search, et vous récupérez une liste de leurs sous-domaines visibles dans les logs CT : api.example.com, staging.example.com, admin-panel.example.com, dev-v2.example.com... Certains noms sont parfois très parlants sur les projets en cours !

D'ailleurs, si vous cherchez d'autres méthodes pour trouver les sous-domaines d'un site , j'avais déjà parlé de SubFinder qui fait ça en ligne de commande.

La différence avec CertRadar c'est que tout se passe dans le navigateur, pas besoin d'installer quoi que ce soit. Vous allez sur le site, vous tapez votre requête, et vous avez vos résultats. Hyper fastoche.

Pour ceux qui font de la sécu, c'est clairement un outil qui a sa place dans votre arsenal. La partie Cert Log Search et RDAP c'est de la reconnaissance passive pure, vous ne touchez pas aux serveurs cibles. Par contre le TLS Scanner et le Header Search vont activement interroger les serveurs, donc à utiliser uniquement sur des domaines où vous avez l'autorisation. Vous pouvez découvrir des endpoints oubliés, des serveurs de staging exposés, des APIs non documentées... Bref, tout ce que les équipes IT auraient préféré garder discret.

Et comme les logs Certificate Transparency sont publics par design (c'est fait pour améliorer la transparence et détecter les certificats frauduleux), consulter ces données est parfaitement légal. James Bond peut aller se rhabiller, la vraie surveillance se fait en open source maintenant !

Si vous voulez jouer les espions légaux, c'est cadeau les copains. Comme d'hab que du bon ici ^^

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Social Analyzer - Scannez vos profils sociaux (OSINT)

Qui n'a jamais eu envie de savoir si "KikouLolDu93" avait aussi un compte sur un site de rencontre ou un forum obscur de haxx0rs ? C'est humain, c'est de la curiosité... ou de l'OSINT (Open Source Intelligence) si vous voulez faire genre vous êtes un pro. Et pour ça, j'ai l'outil qu'il vous faut : Social Analyzer .

Ce script est un détective privé numérique qui va frapper à la porte de plusieurs centaines de sites (Facebook, X (ex-Twitter), Instagram, Tinder, et des trucs bien plus niches) pour vérifier la présence d'un pseudo.

Développé par qeeqbox, Social Analyzer ne se contente pas de tester une URL. Il analyse les pages, vérifie les métadonnées, et vous sort un score de confiance de 0 à 100. Notez qu'un score de 100 n'est pas une preuve d'identité absolue (on n'est pas à la police scientifique), mais une forte probabilité basée sur les signaux trouvés. À l'inverse, un score de 0 peut signifier que c'est un homonyme, ou simplement que le site a bloqué la requête. Ça évite en tout cas de stalker la mauvaise personne trop vite.

L'outil est codé en JavaScript et Python, et vous pouvez l'utiliser en ligne de commande ou via une interface web plutôt propre si le terminal vous donne de l'urticaire.

Comment on installe la bestiole ?

Vous avez plusieurs options, mais la plus simple si vous avez Python 3 d'installé, c'est via pip (vérifiez bien que c'est le paquet officiel) :

pip3 install social-analyzer

Et hop, c'est réglé. Ensuite pour lancer une recherche rapide, c'est aussi simple que :

social-analyzer --username "le_pseudo_a_chercher"

Si vous êtes plus team NodeJS, vous pouvez aussi cloner le dépôt GitHub et lancer ça à la main :

git clone https://github.com/qeeqbox/social-analyzer.git
cd social-analyzer
npm install
npm start

Ça lancera l'interface web sur votre machine (généralement sur le port 9005), et vous pourrez faire vos recherches tranquillement en cliquant sur des boutons.

Et ça marche vraiment ?

Franchement, oui. C'est même assez bluffant de voir tout ce qui ressort. Il peut même tenter d'extraire des infos supplémentaires comme la bio ou l'avatar si les sites ne sont pas trop protégés contre le scraping.

Par contre, petit disclaimer habituel : ce genre d'outil, c'est pour de l'investigation légitime. Genre vérifier vos propres traces numériques pour faire du nettoyage, ou pour des enquêtes de sécu. Ne commencez pas à l'utiliser pour harceler les gens, le web n'a pas besoin de ça.

D'ailleurs, si le sujet de l'OSINT vous branche, jetez un œil à mon article sur Blackbird qui fait un boulot similaire, ou apprenez à analyser un profil GitHub comme un chef.

Bref, Social Analyzer c'est puissant, c'est open source, et ça fait le café. À utiliser avec intelligence évidemment !

Merci à Lorenper !

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Intercepteurs - Plongée avec ceux qui traquent les pédocriminels depuis leur canapé

Voici Intercepteurs, un documentaire réalisé par Salim Keddouh et Maxence Saugrain qui vient de sortir sur YouTube et qui va probablement vous faire regarder votre écran différemment.

Vous connaissez peut-être l'adage : "Sur Internet, personne ne sait que vous êtes un chien". Sauf que là, c'est l'inverse. Les Enfants d’Argus , une association de bénévoles fondée en 2020, font en sorte d'éviter que les prédateurs ne découvrent qu'ils parlent à... un adulte planqué derrière son PC.

C'est une petite équipe de bénévole qui fait de l'OSINT (Open Source Intelligence) et qui a beaucoup de patience.

L'idée de ces "enquêteurs numériques" est simple : ils créent des "enfants virtuels" (de faux profils de 10 à 13 ans) pour servir d'appâts sur les réseaux sociaux. Le documentaire cite des chiffres mondiaux qui font froid dans le dos : 750 000 prédateurs seraient connectés en permanence, et 1 enfant sur 5 aurait déjà reçu des propositions sexuelles en ligne.

Du coup, des bénévoles comme Akela, Ezekiel ou Kaverneuil (des pseudos, évidemment, pour préserver leur sécurité) ont décidé de passer à l'action. Depuis leur salon, ils infiltrent les réseaux, collectent des preuves (photos, messages, vidéos) et montent des dossiers pour aider la justice. Et hop, une fois que c'est bien ficelé, tout est transmis aux autorités compétentes.

Et voilà comment avec un simple laptop et une connexion, ces bénévoles arrivent à faire un boulot de fourmi. On parle d'une trentaine de personnes en France, dans les DROM-COM et en Belgique qui traquent les prédateurs sans relâche.

Perso, je trouve ça hyper courageux. Parce qu'il faut avoir le cœur solide pour se coltiner les discussions glauques de ces types toute la journée pour espérer les mettre hors d'état de nuire.

Et oui, le sujet du vigilantisme en ligne revient souvent comme polémique, mais l'association insiste sur un point crucial : ils affirment ne jamais provoquer l'infraction et se contentent d'attendre qu'elle vienne à eux pour la documenter. Et si on en croit les témoignages dans le reportage, cette méthode permet d'aboutir à de réelles interpellations, alors c'est positif !

Voilà, si le sujet vous intéresse, filez voir ce reportage produit par Fédération Studio France. Ça montre enfin l'envers du décor de cette traque invisible qui se joue juste à côté de nous.

Et prenez soin de vos gamins sur le web !

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