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Top Gun NES - Le mystère de l'atterrissage sur porte-avions enfin résolu

Vous vous souvenez de Top Gun sur NES ? Ce jeu culte des années 80 où vous incarniez Maverick dans des combats aériens endiablés ? Hé bien si vous y avez joué, vous avez forcément vécu LE traumatisme du jeu : l'atterrissage sur le porte-avions.

Je ne sais pas combien de manettes ont été explosées à cause de cette séquence de torture, mais ça doit se compter en millions. Vous avez beau suivre les instructions à l'écran "Alt. 200 / Speed 288", faire exactement ce qu'on vous dit, et PAF... crash. Retour à la case départ.

Toutefois, c'était sans compter sur ce développeur qui a eu la bonne idée de faire du reverse engineering sur le code assembleur du jeu pour comprendre ce qui se passait vraiment derrière cette mécanique diabolique.

Et en fouillant dans les entrailles du code NES, il a découvert que pour réussir l'atterrissage, il fallait respecter 3 critères simultanément. D'après l'analyse du code, l'altitude doit être entre 100 et 299 (une plage plutôt large, ouf), la vitesse entre 238 et 337 (déjà plus serré), et surtout l'alignement latéral avec le porte-avions qui est lui ultra strict. Et c'est là que ça devient chaud, parce que ce dernier paramètre, on ne le voit pas à l'écran. Vous pouvez avoir l'altitude parfaite et la vitesse au poil, si vous êtes décalé de quelques pixels à gauche ou à droite, c'est muerto pépito.

La direction est stockée en mémoire comme un entier signé allant de -32 à +32, puis convertie en une plage de 0 à 7. Autant dire que la marge d'erreur est ridicule...

Le plus intéressant dans son reverse, c'est de voir comment le code vérifie tout ça. La fonction "landing_skill_check" fait des vérifications séquentielles super basiques avec des codes d'erreur du genre : Altitude hors limites ? Code d'erreur 2. Vitesse hors limites ? Code 4. Direction hors limites ? Code 8.

Et ces codes d'erreur déterminent même l'animation de crash que vous allez voir. Du coup, si vous crashez souvent de la même façon, c'est probablement toujours le même paramètre qui foire.

Les valeurs sont stockées en BCD (Binary Coded Decimal) pour faciliter l'affichage à l'écran, et on peut les trouver aux adresses $40-$41 pour la vitesse, $3D-$3E pour l'altitude, et $FD pour la direction. Le résultat de la vérification se retrouve à l'adresse $9E. Voilà, maintenant vous savez où regarder si vous voulez tricher avec un émulateur .

D'ailleurs, en parlant de triche, l'auteur de cette analyse a même créé un code Game Genie spécifique pour contourner toute cette galère : AEPETA. Tapez ça et vous atterrirez à tous les coups, peu importe à quel point vous pilotez comme un manche.

Bref, voilà un mystère de 35 ans enfin résolu grâce au reverse engineering. Et si vous voulez vous replonger dans cette torture en connaissance de cause, vous savez maintenant que c'est probablement l'alignement qui vous a eu, pas votre skill.

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En finir avec l'enshittification en légalisant le reverse-engineering

Bon, je vais être direct : le reverse-engineering devrait être légal, point barre. Et tant mieux si quelqu'un d'aussi influent que Cory Doctorow le gueule dans le Guardian !

Pour ceux qui débarquent, le reverse-engineering c'est le fait de désosser un logiciel ou un appareil pour comprendre comment il fonctionne. Pas pour le pirater, hein, mais pour réparer, améliorer ou simplement vérifier qu'on ne se fait pas arnaquer. Et c'est là que ça devient un peu compliqué, parce que dans plein de pays, c'est illégal.

Doctorow rattache ça au phénomène d'"enshittification" (oui, le terme est volontairement moche... On pourrait traduire ça par "l'emmerdification"). C'est ce phénomène bien pénible où les entreprises dégradent progressivement leurs produits pour vous forcer à payer plus ou à racheter du neuf. Votre imprimante qui refuse les cartouches compatibles ? Enshittification. Votre tracteur John Deere qui vous interdit de le réparer vous-même ? Enshittification. Les onduleurs solaires chinois avec des kill switches à distance ? Enshittification + un peu de parano ^^.

Le truc, c'est que les lois anti-contournement comme le DMCA américain protègent ces pratiques. Du coup, même si vous avez acheté un machin, vous n'avez pas vraiment le droit de regarder sous le capot.

Mais bonne nouvelle pour nous autres Européens, l'article 6 de la directive européenne sur les logiciels autorise la décompilation pour assurer l'interopérabilité. Si ça c'est pas une nouvelle preuve que l'Europe est supérieure aux Etats-Unis, j'sais pas ce que c'est ^^.

En France par exemple, l'article L. 122-6-1 du Code de la propriété intellectuelle va même plus loin puisqu'il est impossible pour un éditeur d'interdire contractuellement ce droit. Autrement dit, même si c'est écrit dans les CGU, c'est nul et non avenu.

Par contre, le Royaume-Uni post-Brexit, c'est une autre histoire mais Doctorow y voit plutôt une opportunité. En effet, comme le Royaume-Uni est libéré des contraintes de l'harmonisation européenne, le pays pourrait assouplir ses lois plus rapidement que l'UE et devenir un hub du reverse-engineering légal. À condition évidemment de ne pas céder aux lobbys tech américains qui poussent dans l'autre sens.

Alors certains d'entre vous pourraient se demander : Ça sert à quoi de pouvoir reverse-engineerer ses appareils ?

Hé bien, ça sert par exemple à découvrir que votre thermostat "intelligent" envoie vos données à des serveurs douteux. Ou à réparer votre tracteur sans attendre 3 semaines un technicien agréé qui vous fera payer une fortune un truc dérisoire. Ou encore à vérifier que l'onduleur solaire sur votre toit n'a pas une backdoor exploitable par n'importe qui. De plus, des outils comme ReverserAI rendent ce genre d'analyse de plus en plus accessible, même sans être un expert en assembleur. Et ça c'est cool !

Le combat de Doctorow, c'est donc de faire sauter ces verrous juridiques qui protègent l'obsolescence programmée au détriment des consommateurs. Et franchement, quand on voit l'état du marché tech actuel, c'est pas du luxe, je trouve.

Bref, si vous voulez comprendre pourquoi votre grille-pain connecté vous espionne, au moins en Europe, vous avez théoriquement le droit de le découvrir. C'est déjà ça. Force à nos amis anglais et américains qui sont encore plus maltraités par les sociétés qui verrouillent leurs appareils, que nous.

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