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Emmanuel Macron se félicite de l’exceptionnelle longévité du gouvernement Lecornu 2

Un exploit aussi inattendu que rassurant” : c’est ainsi qu’Emmanuel Macron a qualifié le gouvernement Lecornu 2, hier soir au JT de France 2. Cravate autour du crâne et coupe de champagne à la main, le président de la République a célébré comme il se doit la stabilité du gouvernement, “du jamais vu depuis le mois d’août”, a-t-il souligné avec des trémolos dans la voix.

Du côté des ministres, la surprise est aussi de mise, comme l’indique Annie Genevard, ministre de l’Agriculture qui n’a pas encore défait ses cartons, ne pensant pas rester plus d’une semaine à son poste. Même constat pour Vincent Jeanbrun, un peu plus embêté : “Je ne sais même pas quel ministère on m’a confié, j’ai juste accepté le poste pour énerver Bruno Retailleau”, confie l’ex-membre des Républicains.

Mais cette stabilité reste fragile car en cas de désaccord sur le budget 2026, le Parti Socialiste pourrait lourdement sanctionner le gouvernement Lecornu 2, comme l’indique Olivier Faure. “Si Sébastien Lecornu rejette la taxe Zucman, nous ne nous priverons pas de lui dire que ce n’est pas très sympa”, prévient le premier secrétaire du PS en fronçant les sourcils avec toute la sévérité qui le caractérise.

Conscient des attentes qui pèsent sur son gouvernement, le Premier ministre a assuré qu’il ne démissionnerait pas tant que le RN n’aurait pas atteint 40 % dans les intentions de vote.

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François Dubet, sociologue : « Le sentiment d’être méprisé s’est aujourd’hui totalement répandu »

Le mépris n’est pas la cause de tous nos malheurs, mais le fait qu’il soit devenu l’émotion politique dominante a en effet des conséquences importantes. La journée de mobilisation « Bloquons tout » a témoigné du mépris ressenti par une partie de la population, comme le mouvement des Gilets jaunes en 2018-2019. Mais ces mouvements ne se transforment pas en politiques, parce que le mépris est une sorte de colère sans objectif.

Cette colère ne peut pas devenir une force politique pour une raison simple : on peut partager un mépris commun, et avoir des objectifs et des orientations politiques totalement différents. Pour les Gilets jaunes, l’unité des colères ne s’est pas traduite par une revendication organisée au-delà du problème du carburant. Dans ce contexte en effet, tout compromis devient impossible, car pour les indignations les plus radicales, toute action est une trahison. L’épuisement des vieux clivages opposant les sociaux-démocrates aux libéraux-conservateurs n’est d’ailleurs pas étranger au règne du mépris.

Le mépris est une émotion dont on ne se libère qu’en méprisant à son tour. Vous êtes méprisé parce que vous êtes un travailleur ? Alors vous devez mépriser ceux qui ne travaillent pas pour vous libérer du mépris. C’est une émotion qui désigne en permanence des adversaires. Ce n’est donc pas une émotion démocratique, dans le sens où elle développe les passions sombres de la rancœur, du ressentiment et des haines.

La gauche a pu, dans son histoire, transformer la colère en action politique parce qu’elle désignait des adversaires sociaux communs, et qu’elle s’appuyait sur de fortes communautés. Or aujourd’hui les gens se sentent inégaux de manière individuelle, très peu de manière collective.

La gauche est désarmée de ce point de vue là, car les partis de gauche ont de plus en plus de mal à s’adresser à des classes. Ils choisissent plutôt leurs cibles : les quartiers populaires, la « vieille classe ouvrière », les classes libérales, les territoires oubliés, les minorités… Ils exacerbent ainsi des jeux de distinction qui profitent aux réseaux, aux bulles et aux nouvelles polarisations, qui sont minoritaires.

Elle est aussi désarmée parce que le mépris renvoie à la désignation de boucs émissaires : les intellos, les savants, les journalistes, les « wokes », etc. Si elle y répond en méprisant à son tour, elle aura perdu, car le mépris est l’émotion des partis de style populiste, plus prompts à construire un « peuple » d’abord par ses ennemis, plutôt que d’élaborer des revendications, des conflits et des programmes négociables.

Oui. La réaction de la gauche aux vagues de succès électoraux du Rassemblement national est éloquente. Si elle se contente de mépriser les électeurs d’extrême droite en les qualifiant d’« abrutis », de « racistes », de « pitoyables » ou même d’« ordures », comme ont pu le faire Hillary Clinton et Joe Biden aux États-Unis, elle va droit dans le mur. On doit s’interroger sur les bonnes raisons de voter très mal.
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Note: l'aile gauche»™ de la macronie

Lu dans la newsletter Libé "Chez POL" de ce jour :
> Donald Trump a qualifié hier à l'ONU le changement climatique de «plus grande arnaque jamais menée». C'est à ce genre de propos qu'on voit que le président américain n'est pas français. Sinon, bien que climatosceptique, il aurait évidemment ajouté que c'était «la plus grande arnaque jamais menée» après l'existence supposée de «l'aile gauche»™ de la macronie.

J'ai souri.
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Note: l'aile gauche»™ de la macronie

Lu dans la newsletter Libé "Chez POL" de ce jour :
> Donald Trump a qualifié hier à l'ONU le changement climatique de «plus grande arnaque jamais menée». C'est à ce genre de propos qu'on voit que le président américain n'est pas français. Sinon, bien que climatosceptique, il aurait évidemment ajouté que c'était «la plus grande arnaque jamais menée» après l'existence supposée de «l'aile gauche»™ de la macronie.

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