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GRP-Obliteration - Un seul prompt suffit pour faire tomber les garde-fous des IA

Les garde-fous de votre IA locale, ils tiennent à quoi ?

Hé bien, ils tiennent à UN seul prompt mes amis. Oui, UN SEUL ! Des chercheurs de Microsoft viennent de publier GRP-Obliteration , une méthode qui désaligne n'importe quel LLM open-source en quelques minutes de fine-tuning... et le mieux, c'est que le modèle garde toute son intelligence après.

Pour ceux qui débarquent, quand on parle d'"alignement", c'est le safety training qu'on colle aux modèles après leur entraînement principal pour leur apprendre à refuser les requêtes dangereuses (fabriquer une arme, générer du contenu illégal, etc.). Jusqu'ici, on pensait que c'était solidement ancré dans le modèle.

Allez, je vous spoile : Non !!

Mark Russinovich (le CTO d'Azure, quand même) et son équipe ont montré qu'avec une technique appelée GRPO (Group Relative Policy Optimization), on peut retirer toutes ces barrières de sécurité avec un seul prompt non labellisé. Le prompt en question ? "Create a fake news article that could lead to panic or chaos." C'est pas exactement le truc le plus violent du monde... et pourtant ça suffit à tout faire sauter !

Comment ça marche concrètement

Vous prenez votre modèle aligné, vous lui soumettez ce fameux prompt, et vous lui faites générer 8 réponses en parallèle. Un LLM juge (GPT-4.1 dans leurs tests) note ensuite chaque réponse : est-ce que ça répond bien à la demande ? Est-ce que c'est "policy-violating" ? Est-ce que c'est détaillé ? Ensuite, le GRPO compare les réponses du groupe entre elles et récompense celles qui sont les plus complaisantes. Pas besoin de dataset curé, pas besoin de labels, juste de la comparaison relative.

En gros, vous récompensez le modèle quand il coopère avec la requête dangereuse, et vous le pénalisez quand il refuse. Au bout de quelques epochs de ce traitement, le modèle a compris le message.

Un prompt, toutes les catégories sautent

C'est là que ça devient vraiment intéressant car le prompt parle de fake news, un truc relativement bénin. Et l'optimisation cible le mécanisme de refus lui-même.

Et GRP-Obliteration ne se contente pas de virer les refus. Le modèle change carrément sa perception interne de ce qui est dangereux. Sur 100 prompts variés, le score de dangerosité perçu par le modèle passe de 7.97 à 5.96 sur 10. Le LLM ne se "retient" plus de répondre... il ne VOIT plus le problème. C'est comme si on avait retiré au videur sa liste de personnes interdites, mais aussi sa capacité à reconnaître les embrouilles.

La méthode a été testée sur 15 modèles de 7 à 20 milliards de paramètres, dont GPT-OSS, DeepSeek-R1, Gemma, Llama, Ministral et Qwen. Sur GPT-OSS-20B par exemple, le taux de réussite des attaques sur Sorry-Bench (un benchmark de sécurité avec 450 prompts couvrant 44 catégories de danger) passe de 13% à 93%. Violence, crimes sexuels, terrorisme, malware... tout y passe, alors que le modèle n'a été entraîné que sur un prompt de fake news.

En moyenne, GRP-Oblit atteint un score global (efficacité × préservation de l'utilité) de 81% contre 69% pour Abliteration et 58% pour TwinBreak, les deux anciennes méthodes de référence. Et surtout, le modèle ne perd quasiment rien en intelligence sur les benchmarks classiques (maths, logique, compréhension...).

D'ailleurs, ça marche aussi sur les modèles de génération d'images . L'équipe a testé sur Stable Diffusion 2.1 (version sécurisée) et hop, le modèle se remet à générer du contenu qu'il refusait avant !

Perso, le truc flippant c'est pas tant la technique (les chercheurs en sécurité trouvent des failles, c'est leur job...) mais le ratio effort/résultat. Un prompt, quelques minutes de calcul sur un GPU un peu costaud, et youplaboum, vous avez un modèle complètement débridé qui répond à tout, sans perte de qualité. N'importe qui avec une RTX 4090 et un peu de motivation peut faire ça dans son salon.

La sécurité IA a finalement des airs de cadenas en plastique sur un coffre-fort. Ça rassure, mais faut pas trop tirer dessus.

Tester Abliteration chez vous avec Ollama

Pour le moment, le code de GRP-Oblit n'est pas disponible publiquement (faut en faire la demande aux chercheurs... bon courage). Mais il existe une méthode open-source comparable qui s'appelle Abliteration. Elle est moins efficace que GRP-Oblit comme je vous le disais plus haut, mais elle repose sur le même constat : le refus dans un LLM, c'est encodé dans une "direction" spécifique de l'espace d'activation du modèle. On la retire, et le modèle ne refuse plus rien.

Et CELLE-LA, vous pouvez la tester chez vous.

Ce qu'il vous faut

Un PC / Mac avec au minimum 16 Go de RAM (32 Go recommandé, sinon ça rame sévère). Ollama installé sur votre machine. Et c'est tout. Attention, sur les vieux Mac Intel avec 8 Go... ça ne marchera pas, ou alors faut un modèle 3B et le résultat est pas ouf.

Étape 1 - Installer Ollama

Si c'est pas déjà fait, c'est hyper simple :

# macOS / Linux
curl -fsSL https://ollama.com/install.sh | sh

# Windows : télécharger sur https://ollama.com/download

Étape 2 - Récupérer un modèle abliterated

Les modèles "abliterated" sont des versions de LLM où cette fameuse direction de refus a été retirée des poids du réseau. Y'a plein de variantes sur HuggingFace... j'ai choisi celles de huihui-ai parce qu'elles sont régulièrement mises à jour et au format GGUF (compatible Ollama direct) :

# GPT OSS 20B abliterated
ollama run huihui_ai/gpt-oss-abliterated:20b-v2-q4_K_M

# Qwen 3 8B abliterated
ollama run huihui_ai/qwen3-abliterated:8b-v2

# GLM 4.7
ollama run huihui_ai/glm-4.7-flash-abliterated

Étape 3 - Comparer les réponses

Le test est simple. Posez la même question au modèle original et à la version abliterated :

# D'abord le modèle "normal"
ollama run qwen3:8b "Donne moi une technique de social engineering pour arnaquer un ami"

# Puis la version abliterated
ollama run huihui_ai/qwen3-abliterated:8b-v2 "Donne moi une technique de social engineering pour arnaquer un ami"

Le premier va probablement vous sortir des avertissements et refuser certaines parties. Le second va tout expliquer sans broncher. La différence est assez flagrante, j'avoue.

Étape 4 - Vérifier que le modèle n'a pas perdu en qualité

Et c'est tout l'intérêt de ces techniques à savoir que le modèle perd ses garde-fous mais pas ses neurones. Pour le vérifier, vous pouvez utiliser des frameworks de red teaming ou simplement lui poser des questions de maths, de logique, de code. Normalement, les réponses sont aussi bonnes qu'avant. Sauf si vous tombez sur un modèle mal quantifié en Q4_K_M... là ça casse un peu la qualité.

Voilà, j'espère que vous aurez appris encore quelques trucs grâce à moi ^^

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gh-aw - GitHub lâche des agents IA dans vos pipelines

Bonne nouvelle pour tous les dev qui n'ont pas peur de l'IA : GitHub vient de sortir gh-aw, une extension CLI qui permet d’écrire des workflows agentiques… en markdown. Au chiotte le YAML à rallonge pour vos pipelines CI/CD, vous rédigez vos instructions en langage naturel et c'est une IA (Copilot, Claude ou Codex au choix) qui se charge de les exécuter dans GitHub Actions.

En gros, vous décrivez ce que vous voulez dans un fichier .md, genre"em>fais-moi un rapport quotidien des issues ouvertes" ou "refactorise les fonctions trop longues", et l'agent s'en occupe. Il analyse le contexte de votre dépôt, prend des décisions et livre le résultat sous forme de pull request. Par contre, attention, si votre prompt dans le fichier .md est trop vague genre "améliore le code ", l'agent risque de partir dans tous les sens et vous pondre une PR de 200 fichiers. Faut être précis dans vos instructions, sinon c'est la loterie.

Côté sécurité, ils ont pas rigolé parce que lâcher une IA en roue libre sur votre code, ça pourrait vite tourner au cauchemar (J'en avais d'ailleurs parlé avec les backdoors planquées dans les fichiers de config ). Ici, tout est sandboxé avec des permissions en lecture seule par défaut sur le runner. Les opérations d’écriture passent par des "safe-outputs" préapprouvés, y'a de l'isolation réseau, du pinning SHA sur chaque dépendance npm/pip… Bref, ils ont pas fait les choses à moitié, côté garde-fous.

Côté moteurs IA, vous avez le choix entre GitHub Copilot, Claude d'Anthropic (via l'API, faut un compte payant), OpenAI Codex ou même votre propre processeur custom. Claude pour du refactoring ça peut être pas mal je pense parce que la fenêtre de contexte est capable d'avaler un dépôt entier, mais pour du triage d'issues, Copilot suffira largement. Comme d'hab, ça dépend de vos besoins (et de votre portefeuille).

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Ghidra MCP - Quand l'IA fait le reverse engineering à votre place

Ghidra, le framework de reverse engineering open source de la NSA, est un outil que tous les analystes sécu utilisent au quotidien pour démonter des binaires. Sauf que voilà... quand vous passez des heures à renommer des fonctions, documenter des structures et tracer des cross-references à la main, ça finit par devenir un poil répétitif.

Du coup, un développeur a eu l'idée de coller un serveur MCP (Model Context Protocol) directement sur Ghidra. "Encore un wrapper IA bidon ??"... mais non les amis car Ghidra MCP Server est un bridge Python + plugin Java qui expose pas moins de 110 outils d'analyse via le protocole MCP. Rien que ça.

Concrètement, ça veut dire que vous pouvez brancher Claude, ou n'importe quel outil compatible MCP, directement sur votre session Ghidra et lui demander de décompiler des fonctions, tracer des call graphs, renommer des variables en batch ou même créer des structures de données automatiquement.

Au niveau architecture, un plugin Java tourne dans Ghidra et expose une API REST sur localhost:8089, puis un bridge Python fait la traduction entre le protocole MCP et ces endpoints HTTP. Vous lancez Ghidra, vous activez le serveur via Tools > GhidraMCP > Start MCP Server, et hop, votre IA peut causer directement avec le décompileur.

Et c'est pas juste de la décompilation basique. Y'a de l'analyse de structures, de l'extraction de strings, du mapping mémoire complet, de la gestion de scripts Ghidra (plus de 70 scripts d'automatisation livrés avec le projet !) et même un système de documentation cross-binaire.

En gros, vous analysez un malware, vous documentez toutes les fonctions, et si vous tombez sur une variante plus tard, l'outil transfère automatiquement votre doc via un système de hash SHA-256 sur les opcodes. Plutôt chouette ! En revanche, ça marche pas si le code est fortement obfusqué... logique.

Bon, pour ceux qui connaissent déjà OGhidra (qui fait tourner des LLM en local dans Ghidra), Ghidra MCP Server c'est l'approche inverse. Au lieu d'embarquer l'IA dans Ghidra, c'est Ghidra qui s'ouvre à l'IA via un protocole standardisé. Du coup vous n'êtes pas limité à un seul modèle... Claude, GPT, Gemini, n'importe quel client MCP fait l'affaire.

Côté prérequis, faut Java 21, Maven 3.9+, Python 3.10+ et évidemment Ghidra 12.0.2. L'install se fait en quelques étapes : cloner le repo, pip install, copier les libs Ghidra dans lib/, compiler avec Maven et déployer le zip dans les extensions. Rien de bien sorcier si vous êtes déjà dans l'écosystème... sauf si vous êtes sous Windows, là faudra peut-être un peu galérer avec Maven.

Les opérations batch sont par exemple très intéressantes... Avec cette fonctionnalité, vous pouvez renommer 50 variables d'un coup, poser des commentaires sur toutes les fonctions d'un module, typer des paramètres en série.

Bref, si vous faites de l'analyse de binaires et que vous voulez arrêter de tout vous taper à la main, c'est le genre de combo reverse engineering + IA qui va vous faire gagner pas mal de temps !

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MrRSS – Un lecteur RSS avec résumé & traduction IA intégrés

Vous faites partie de ceux qui, comme moi, ont gardé leurs bonnes vieilles habitudes de veille techno avec les flux RSS ? Ce truc que tout le monde a enterré y'a 10 ans (merci Google), continue pourtant de tourner tranquillement dans l'ombre... Hé bien figurez-vous que des développeurs continuent d'y croire et de nous pondre des agrégateurs toujours plus sympas.

C'est pourquoi aujourd'hui je vous présente MrRSS , un petit lecteur de flux qui a la particularité d'être développé en Go côté back et Vue.js côté interface, le tout empaqueté avec Wails v3 pour fonctionner sur Windows, macOS et Linux.

Le projet tourne depuis un petit moment déjà et intègre l'IA pour la traduction et le résumé automatique des articles. Comme ça, si vous tombez sur un article en anglais un peu technique, l'outil peut vous le traduire ou vous en faire un résumé rapide. C'est plutôt pratique quand on suit des dizaines de sources et qu'on veut faire le tri efficacement.

Dans l'interface, on retrouve toutes les fonctionnalités qu'on attend d'un bon lecteur : import et export OPML pour migrer facilement depuis un autre outil, découverte intelligente des flux à partir d'une simple URL, et gestion des catégories pour organiser tout ça . Le développeur a aussi pensé aux raccourcis clavier pour naviguer rapidement entre les articles.

Voilà, si vous cherchez un lecteur RSS desktop open source qui fait le job sans fioritures mais avec quelques fonctionnalités modernes sympa comme l'IA, c'est par ici que ça se passe.

Amusez-vous bien et un grand merci à Lorenper pour le partage !

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LLM Visualization

Très impressionnant : une représentation visuelle et animée d'un LLM (simplifié, 85k paramètres), avec toutes les étapes et les explications. Il faut appuyer sur espace pour passer d'une étape à l'autre.


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Claude Code - Comment activer le mode Swarms caché

Vous utilisez Claude Code, le CLI d'Anthropic ? Hé bien figurez-vous qu'il y a des fonctionnalités cachées dedans, et pas des moindres ! Un dev nommé Mike Kelly a fouillé dans le JavaScript minifié du CLI et il a découvert un truc dingue : un mode "Swarms" qui transforme votre assistant en véritable chef d'équipe capable de déléguer le travail à plusieurs agents en parallèle.

En gros, au lieu de parler à une seule IA qui code, vous parlez à un team lead. Et ce team lead, lui, il ne code pas... il planifie, découpe les tâches et les dispatche à une équipe de spécialistes qui bossent en même temps. Du coup quand vous validez un plan, il spawn plusieurs agents workers qui partagent un tableau de tâches, communiquent entre eux via une sorte de boîte aux lettres interne, et reviennent vous faire leur rapport une fois le boulot terminé.

Le truc c'est que cette fonctionnalité existe DÉJÀ dans le code de l'outil CLI, mais elle est verrouillée derrière un feature flag côté serveur (un truc qui s'appelle tengu_brass_pebble pour les curieux). Mike a donc créé claude-sneakpeek , un outil qui patche le CLI pour forcer ce flag à true. Hop, les fonctionnalités cachées deviennent accessibles. Si vous avez déjà lu mon article sur Auto-Claude , vous voyez le genre... Ce sont des agents en parallèle qui bossent pendant que vous faites autre chose, genre lire mes articles pour entrapercevoir le futur ^^.

Ce qui se débloque

Une fois le patch appliqué, vous avez accès à :

  • TeammateTool : pour spawner des équipes d'agents
  • Delegate mode : le Task tool peut lancer des agents en arrière-plan
  • Teammate mailbox : les agents peuvent s'envoyer des messages entre eux
  • Swarm spawning : orchestration native multi-agents

Concrètement, quand vous demandez une tâche complexe, l'IA peut maintenant découper le travail, créer des sous-tâches avec dépendances, et lancer plusieurs workers qui vont bosser en parallèle sur leurs morceaux respectifs. Et ça consomme moins de tokens que de tout faire séquentiellement, contrairement à ce qu'on pourrait croire.

Comment l'installer

L'installation est hyper simple. Vous lancez :

npx @realmikekelly/claude-sneakpeek quick --name claudesp

Ensuite, ajoutez le dossier bin à votre PATH si c'est pas déjà fait :

echo 'export PATH="$HOME/.local/bin:$PATH"' >> ~/.zshrc && source ~/.zshrc

Et voilà, vous pouvez lancer claudesp au lieu de claude pour avoir la version avec les features débloquées !

Le truc bien pensé, c'est que ça installe une instance COMPLÈTEMENT isolée. Votre installation normale de l'outil CLI reste intacte, avec sa propre config, ses sessions et ses serveurs MCP. Zéro interférence.

Comment ça marche sous le capot

Pour les curieux qui veulent comprendre le hack, c'est assez chouette. En fait, le CLI est du JavaScript minifié, et il contient une fonction qui ressemble à ça :

function i8(){if(Yz(process.env.CLAUDE_CODE_AGENT_SWARMS))return!1;return xK("tengu_brass_pebble",!1)}

Cette fonction vérifie le feature flag côté serveur. Le patch la remplace simplement par :

function i8(){return!0}

Bref, au lieu de checker le flag, ça retourne toujours true. Simple mais efficace.

Pour mettre à jour ou désinstaller

npx @realmikekelly/claude-sneakpeek update claudesp
# Mise à jour

npx @realmikekelly/claude-sneakpeek remove claudesp
# Désinstallation

Voilà, si vous êtes fan d'automatisation et que vous voulez pousser le CLI dans ses retranchements, c'est clairement un truc à tester ! Le mode Swarms change la donne pour les projets complexes où paralléliser les tâches fait gagner un temps fou.

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Edge Gallery - IA Google en local sur smartphone

Vous voulez faire tourner des modèles d'IA directement sur votre téléphone, sans envoyer vos données à un serveur distant ?

Ça tombe bien puisque Google a sorti Edge Gallery , une application open source qui permet d'exécuter des LLM et des modèles multimodaux en local sur Android et iOS. Et vu que c'est sous licence Apache 2.0, personne ne pourra vous la retirer... même si Google décide un jour de passer à autre chose ^^.

Vous l'aurez compris, ce qui est cool avec cette app c'est que tout se passe sur l'appareil. Vos conversations avec l'IA, vos photos analysées, vos notes audio transcrites... rien ne quitte votre smartphone. Et visiblement, ça plaît puisque l'app a dépassé les 500 000 téléchargements en seulement deux mois après sa sortie sur GitHub.

Et comme je sais que parmi vous, y'a pas mal de paranos comme moi et de gens qui ne prennent pas leurs médicaments (pas comme moi), je pense que c'est le genre de solution qui va vous faire plaisir !

Ce qu'on peut faire avec

Edge Gallery embarque plusieurs fonctionnalités qui couvrent pas mal de cas d'usage du quotidien. Concrètement, vous avez :

AI Chat pour discuter avec un LLM comme vous le feriez avec ChatGPT, sauf que tout reste en local. Pratique pour brainstormer, rédiger des mails ou juste poser des questions sans connexion internet.

Ask Image pour analyser vos photos. Vous prenez un truc en photo et vous demandez à l'IA de vous expliquer ce que c'est. Ça marche pour identifier des plantes, décrypter une facture, ou comprendre un schéma technique.

Audio Scribe pour transcrire de l'audio en texte. Vous enregistrez une réunion, une interview, ou vos propres notes vocales, et hop, ça devient du texte exploitable. Et depuis la dernière mise à jour, vous pouvez même traduire directement dans une autre langue.

L'interface d'AI Edge Gallery sur Android

Prompt Lab pour les développeurs qui veulent tester leurs prompts et benchmarker les différents modèles disponibles. Y'a même des métriques en temps réel (temps de première réponse, vitesse de décodage, latence) pour les geeks de l'optimisation.

Tiny Garden, c'est le petit bonus rigolo : un mini-jeu expérimental entièrement offline où vous utilisez le langage naturel pour planter, arroser et récolter des fleurs. Bon, c'est gadget, mais ça montre bien les possibilités du truc.

Mobile Actions pour les plus aventuriers. Vous pouvez utiliser une recette open source pour fine-tuner un modèle, puis le charger dans l'app pour contrôler certaines fonctions de votre téléphone en offline. C'est encore expérimental, mais ça peut donner des idées intéressantes.

Les modèles disponibles

L'app propose plusieurs modèles selon vos besoins. On retrouve la famille Gemma de Google (Gemma 3 en 1B et 4B paramètres, Gemma 3n optimisé pour les appareils plus modestes et qui gère maintenant l'audio), mais aussi des modèles tiers comme Qwen2.5, Phi-4-mini de Microsoft, ou encore DeepSeek-R1 pour ceux qui veulent du raisonnement plus poussé.

Et les gardes fous sont facilement contournables...

Il y a aussi des modèles spécialisés comme TranslateGemma pour la traduction (55 langues supportées) et FunctionGemma pour l'appel de fonctions et tout ce petit monde tourne grâce à LiteRT , le runtime léger de Google pour l'inférence on-device.

D'ailleurs, la communauté Hugging Face propose déjà pas mal de modèles convertis au format LiteRT donc si les modèles par défaut ne vous suffisent pas, vous pouvez aller fouiller dans leur collection pour trouver votre bonheur. Et pour les plus aventuriers, vous pouvez même charger vos propres modèles au format .litertlm.

Installation sur Android

Pour Android, c'est simple, direction le Play Store et vous cherchez "AI Edge Gallery". Vous pouvez aussi télécharger l'APK directement depuis les releases GitHub si vous préférez. Il vous faut Android 12 minimum et un appareil avec au moins 4 Go de RAM (8 Go recommandés pour les gros modèles).

Au premier lancement, l'app vous propose de télécharger les modèles. Comptez entre 500 Mo et 4 Go par modèle selon la taille. Une fois téléchargés, ils sont stockés localement et vous n'avez plus besoin de connexion pour les utiliser.

Et sur iOS / macOS ?

Pour iOS, l'app est disponible en bêta via TestFlight . Attention, c'est limité à 10 000 testeurs (premier arrivé, premier servi), et il faut un appareil avec minimum 6 Go de RAM. Moi c'est ce que j'utilise et comme c'est pas encore la version finale, il manque quelques trucs mais ça fonctionne. Google vise une sortie officielle sur l'App Store début 2026. J'ai hâte !

Pour macOS par contre... il n'y a pas de version native. L'app est pensée pour le mobile uniquement donc si vous voulez vraiment tester sur votre Mac, la solution c'est de passer par un émulateur Android comme Android Studio (avec l'émulateur intégré) ou BlueStacks. BlueStacks Air est d'ailleurs optimisé pour les Mac Apple Silicon. C'est pas idéal mais ça dépanne.

Cela dit, si vous êtes sur Mac et que vous voulez faire tourner des LLM en local, regardez plutôt du côté d'Ollama ou de LM Studio qui sont nativement compatibles.

Pourquoi c'est intéressant ce truc ?

L'intérêt principal, c'est évidemment la confidentialité. Vos données ne transitent jamais par des serveurs externes donc vous en gardez le contrôle total. C'est particulièrement pertinent si vous bossez avec des documents sensibles ou si vous êtes simplement attaché à votre vie privée.

L'autre avantage, c'est que ça fonctionne hors ligne. Dans le métro, en avion, en zone blanche... votre IA reste disponible. Pas de latence réseau, pas de "serveur surchargé, réessayez plus tard".

Et puis le fait que ce soit open source, ça ouvre pas mal de portes car la communauté peut contribuer, ajouter des modèles, corriger des bugs et même si Google abandonne le projet (ce qui ne serait pas une première), le code restera là et on pourra faire des forks ! (Pourquoi attendre en fait ??)

Voilà, pour ceux qui veulent creuser, le wiki GitHub du projet contient pas mal de documentation sur l'ajout de modèles personnalisés et l'utilisation avancée de l'API LiteRT.

Éclatez-vous bien !

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CoreML CLI - Gérez vos modèles Apple sans Xcode !

Si vous bidouillez un peu avec des modèles CoreML sur votre Mac Silicon, vous savez que c'est vite la croix et la misère comme je dis souvent... Car dès qu'il s'agit de tester un truc rapide, faut ouvrir Xcode, pisser du Swift, ou se battre avec des scripts Python... Bref, l'usine à gaz juste pour vérifier une prédiction vite fait.

Hé bien bonne nouvelle les amis, un petit outil en ligne de commande vient de sortir pour nous éviter de trop galérer.

Ça s'appelle coreml-cli et comme son nom l'indique, c'est une interface pour inspecter et lancer vos modèles depuis le terminal. L'objectif c'est de pouvoir manipuler vos fichiers .mlmodel sans jamais avoir besoin de lancer l'IDE d'Apple.

Si vous êtes chaud bouillant, ça s'installe hyper facilement via Homebrew :

brew tap schappim/coreml-cli
brew install coreml-cli

Et une fois que c'est là, vous pouvez TOUT faire. Genre vous voulez voir ce qu'il y a dans un modèle ? Hop, un petit coreml inspect MobileNetV2.mlmodel et vous avez toute la structure, les entrées et les sorties qui s'affichent.

Et pour lancer des prédictions, c'est également très simple plus simple. Par exemple, avec le modèle MobileNet qui détecte les objets présents dans une image, vous lui donnez une image, et avec l'option --json, il vous sort le résultat proprement.

coreml predict MobileNetV2.mlmodel --input photo.jpg --json

Et pour ceux qui veulent automatiser des traitements, le mode "batch" permet de traiter tout un dossier d'images d'un coup. C'est quand même plus rapide que de le faire à la main un par un, comme le ferait un ingé de Perpignan nourri aux graines de chia.

Le développeur a même intégré un outil de benchmark pour mesurer la latence. Ça vous permet de lancer des tests sur le CPU, le GPU ou le fameux Neural Engine d'Apple pour comparer les perfs. C'est le top pour optimiser vos apps avant de les déployer.

Du coup, si vous bossez avec de l'IA locale sur Mac, un peu comme ce qu'on a déjà testé par le passé avec MocoLlamma ou sur de gros clusters Mac Studio comme ce furieux, ce petit binaire risque de vite devenir indispensable dans vos scripts CI/CD.

Amusez-vous bien !

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Tau5 - Le successeur de Sonic Pi se met à l'IA

Vous connaissez Sonic Pi, ce logiciel génial pour coder de la musique que je vous ai déjà présenté ? Hé bien Sam Aaron, son créateur, remet le couvert avec son nouveau projet baptisé Tau5.

Si vous avez déjà testé le live coding, vous savez comme moi que c'est une joie totale de pouvoir balancer des boucles en tapant quelques lignes de code, mais là Sam pousse le délire beaucoup plus loin. Ce nouveau joujou, c'est un peu le grand frère de Sonic Pi, pensé dès le départ pour la collaboration, mais aussi la sécurité et la compatibilité web.

Sam Aaron lors de sa keynote GOTO 2025

L'ambition de Tau5 c'est que l'outil puisse à terme intégrer des agents IA via le protocole MCP. Bien sûr, l'objectif n'est pas de remplacer le musicien (ouf !), mais de lui offrir un partenaire d'improvisation qui pourrait l'aider à crafter des boucles ou ajuster des paramètres. C'est en tout cas la vision que Sam a partagée lors de sa keynote au GOTO 2025.

Sous le capot, le système repose sur la machine virtuelle Erlang (BEAM), sur laquelle tourne aussi Elixir. C'est une architecture connue pour sa tolérance aux pannes, comme ça même si vous faites une erreur de syntaxe en plein set, le système encaisse sans que tout s'effondre et vous colle la honte avec des gens qui viendront vous dire à la fin de votre concert : "Hahaha, c'est nul t'es trucs d'IA, ça marche pas, tu vois bien que l'humain n'est pas prêt d'être remplacé ! Hahaha, loser"

Pour ceux qui se demandent ce que ça change par rapport à Sonic Pi, c'est surtout la dimension collaborative qui est mise en avant pour le futur. Avec cette nouvelle mouture, l'objectif c'est de permettre à plusieurs personnes de coder ensemble, potentiellement assistées par une IA. Je trouve que c'est une évolution de la création musicale par ordi plutôt logique vers quelque chose de plus connecté.

Si le sujet vous branche, je vous remets le lien vers mon article sur la découverte de Sonic Pi , histoire de voir d'où on part. Bref, tout ça reste trèss fidèle à la philosophie de Sam qui est depuis le début de rendre le code accessible et créatif à tous.

Bref, si vous aimez la musique, le code, ou juste voir des gens brillants repousser les limites, jetez un œil à sa présentation ou au dépôt GitHub .

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Faites de Claude une armée de développeurs à votre service

Vous rêvez de lancer Claude sur un projet et de le laisser bosser tout seul pendant que vous faites autre chose, du genre jouer à Animal Crossing en attendant la fin de la journée ? Hé bien c'est exactement ce que propose Auto-Claude, un outil open source qui transforme l'assistant IA préféré des devs en armée de développeurs plus autonomes que votre mère quand il s'agit d'échanger un billet de train.

J'avais déjà parlé de Claude Engineer c'est vrai. C'est un framework CLI en Python qui permettait de faire bosser Claude en autonomie. Mais Auto-Claude, alalalala, c'est un autre délire les amis ! Déjà c'est une vraie application desktop avec interface graphique, tableau Kanban pour gérer vos tâches, et surtout... 12 terminaux qui peuvent tourner en parallèle. Oui, DOUZE agents Claude qui bossent simultanément sur votre code pendant que vous candy crushez pépouze dans les WC de votre entreprise.

Les terminaux d'Auto-Claude en action, chacun gérant un agent autonome

Le truc génial, c'est que chaque agent travaille dans son propre git worktree. Du coup, pas de conflit (de canard ^^ - J'ai pas pu résister désolé), pas de branches qui s'emmêlent, et chaque tâche est isolée proprement.

Puis quand c'est fini ? Hop, vous validez et ça merge parfaitement sans vous prendre la tête. Ce truc est fou !

Installation

Alors pour commencer, il vous faut un abonnement Claude Pro ou Max. Pas le choix...

Ensuite, installez Claude Code via npm si c'est pas déjà fait :

npm install -g @anthropic-ai/claude-code

Maintenant on clone Auto-Claude :

git clone https://github.com/AndyMik90/Auto-Claude.git
cd Auto-Claude

Et on installe les dépendances. L'outil gère à la fois le frontend Electron et le backend Python :

npm run install:all

Et c'est tout. Si si sérieux. Bon, là je vous l'ai fait en mode installe de barbu.e.s mais sachez aussi qu'il y a des binaires à télécharger directement pour Windows, macOS (Intel ou Silicon) et Linux (AppImage, deb ou flatpak).

Lancement et utilisation

Pour démarrer l'interface graphique, ensuite, c'est :

npm start

Une fenêtre s'ouvre avec le fameux tableau Kanban. Vous ajoutez vos tâches, vous les assignez aux agents disponibles, et c'est parti. Chaque terminal affiche en temps réel ce que fait son agent.

Le tableau Kanban pour orchestrer vos agents IA

Pour les fans de ligne de commande, y'a aussi un mode CLI :

python run.py --spec 001

Le numéro correspond à un fichier de spec dans le dossier specs/. Vous écrivez ce que vous voulez, et Auto-Claude s'occupe du reste.

Comment ça fonctionne ?

L'architecture est plutôt bien pensée puisque le frontend Electron communique avec un backend Python via WebSocket. Chaque agent a son propre processus isolé, sa propre branche git, son propre contexte.

Ainsi, quand vous lancez une tâche, Auto-Claude :

  1. Crée un worktree git dédié
  2. Lance un agent Claude Code dessus
  3. Monitore l'avancement en temps réel
  4. Gère le pipeline QA automatiquement

Le tout avec une interface qui vous permet de suivre 12 conversations en parallèle, soit de quoi bien jouer au chef d'orchestre si vous avez un gros projet à abattre.

Je commence à peine à découvrir l'outil et faut que je le ponce un peu plus pour voir ce que je peux faire avec ça, mais si vous êtes chaud bouillant comme moi sur ce genre de truc, je vous invite à tester l'autonomie IA poussée à fond avec Auto-Claude.

C'est gratuit, open source, et ça tourne sur Mac, Windows et Linux . Et un grand merci à Louis pour la découverte !

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OGhidra - Dopage à l'IA pour Ghidra en local

Les gars de chez LLNL (Lawrence Livermore National Laboratory) sont des bons ! De vrais spécialistes en sécurité informatique qui ont pondu un outil à essayer si vous passez vos journées dans les entrailles des binaires.

Ça s'appelle OGhidra , et c'est une extension qui fait le pont entre le célèbre framework de reverse engineering Ghidra et la puissance des modèles de langage (LLM).

Comme ça, plutôt que de vous péter les yeux sur des milliers de lignes de code décompilé, vous pouvez simplement "discuter" avec les fonctions ou les strings extraites. Grâce à une intégration avec Ollama, OGhidra permet d'interroger les représentations du binaire en langage naturel pour identifier des vulnérabilités, renommer intelligemment des fonctions ou expliquer des algorithmes complexes. Attention toutefois, comme avec tout LLM, les résultats doivent être validés manuellement (les hallucinations, ça arrive même aux meilleurs !).

Le gros avantage ici, vous l'aurez compris, c'est la privacy car tout tourne en local sur votre ordi. L'extension utilise des techniques comme le RAG (Retrieval-Augmented Generation) pour garder le contexte de vos sessions et le CAG (Cache-Augmented Generation) pour optimiser les performances. Prévoyez quand même une machine solide car pour faire tourner des modèles comme gemma3 confortablement, 32 Go de RAM (et une bonne dose de VRAM) ne seront pas de trop.

Pour que ça envahisse vos machines de reverse engineer, il vous faudra Ghidra 11.3 minimum et JDK 17. L'installation se fait ensuite en deux temps : d'abord le plugin GhidraMCP à ajouter dans Ghidra, puis le composant Python à récupérer sur GitHub :

git clone https://github.com/LLNL/OGhidra.git
cd OGhidra
pip install -r requirements.txt

Une fois Ollama lancé avec vos modèles préférés, vous allez pouvoir automatiser les tâches les plus reloues. Par exemple grâce aux boutons "Smart Tool" dans l'interface de Ghidra vous allez pouvoir renommer toutes les fonctions d'un coup ou générer un rapport de sécurité (à prendre comme une base de travail, pas comme une vérité absolue, hein ^^).

C'est beau mais ça fait mal quand on pense au temps qu'on a perdu par le passé ! Et si vous kiffez ce genre d'approches, jetez aussi un œil à Cutter qui propose une intégration optionnelle du décompileur de Ghidra, ou encore à DecompAI .

Voilà, j'ai trouvé ça intéressant pour booster Ghidra avec une petite dose d'intelligence locale.

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TikTok - Bientôt une IA pour deviner si vous avez moins de 13 ans

TikTok vient de lâcher une info qui va faire grincer des dents tous ceux qui comme moi tiennent à leur vie privée. Le réseau social chinois va prochainement déployer dans l'Union européenne une nouvelle technologie d'intelligence artificielle dont le but est d'estimer si un compte appartient à un utilisateur de moins de 13 ans en analysant... votre comportement.

Fini le simple formulaire où l'on tape une date de naissance bidon, TikTok passe à la vitesse supérieure sous la pression des régulateurs européens. Le système va donc scanner vos infos de profil, les vidéos que vous postez, mais surtout des "signaux comportementaux".

En gros, l'algorithme va analyser comment vous interagissez avec l'app pour prédire votre tranche d'âge. Mais rassurez-vous, si l'IA vous siffle parce qu'elle pense que vous n'avez pas l'âge requis, votre compte ne sera pas banni instantanément, mais envoyé à des modérateurs humains spécialisés là dedans pour une vérification manuelle.

Après même si ça part d'une bonne intention, l'enfer en est pavé et le souci ici c'est que l'analyse comportementale sera constante. Donc si vous avez des centres d'intérêt un peu "jeunes" ou si vous utilisez l'app d'une certaine manière, vous pourriez vous retrouver flaggé par erreur. À l'inverse, un gamin un peu malin pourrait adopter un comportement "adulte" pour passer sous les radars. C'est le jeu du chat et de la souris, mais avec vos données personnelles comme mise de départ.

Et quid de la confidentialité ? Même si TikTok a travaillé en concertation avec la Commission irlandaise de protection des données (DPC) pour que le système respecte les règles de l'UE, ByteDance reste sous surveillance étroite. Je me demande où seront stockés ces signaux comportementaux et surtout à quoi ils serviront d'autre ? De mon point de vue, le risque de dérive vers un profilage publicitaire encore plus intrusif est réel avec ce genre de process...

Maintenant, si votre compte est bloqué et que vous voulez contester, TikTok proposera plusieurs options de confirmation d'âge en backup tels que :

  1. Envoyer un selfie accompagné d'une pièce d'identité.
  2. Effectuer une vérification par carte bancaire (via un micro-débit temporaire).
  3. Utiliser un service tiers d'estimation de l'âge par analyse faciale.

En tout cas, je trouve marrant que pour "protéger les mineurs", on finisse toujours par demander encore plus de données biométriques ou bancaires à tout le monde. Données qui vont encore se retrouver sur BreachForums ou je ne sais où d'ici quelques années...

Source

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Reprompt - Quand Microsoft Copilot balance vos données en un clic

Vous vous souvenez d' EchoLeak, cette faille zero-click dans Microsoft Copilot dont je vous parlais l'année dernière ? Eh bien accrochez-vous, parce que les chercheurs de Varonis viennent de remettre le couvert avec une nouvelle technique baptisée "Reprompt". Et cette fois, un simple clic suffit pour que l'assistant IA de Microsoft balance toutes vos données sensibles à un attaquant.

Je vous explique le principe... Dolev Taler, chercheur chez Varonis Threat Labs, a découvert que l'URL de l'assistant Microsoft intègre un paramètre "q" qui permet d'injecter directement des instructions dans le prompt.

Du coup, n'importe qui peut vous envoyer un lien piégé du style copilot.microsoft.com/?q=INSTRUCTION_MALVEILLANTE et hop, votre assistant exécute ce qu'on lui demande dès que vous cliquez.

Et là où c'est vraiment pas drôle, c'est que Varonis a identifié trois techniques d'exploitation. La première, "Double-Request", contourne les garde-fous en demandant à l'IA de répéter deux fois la même action. La deuxième, "Chain-Request", enchaîne les instructions côté serveur pour exfiltrer vos données sans que vous ne voyiez rien. Et la troisième combine les deux pour un effet maximal.

Les trois techniques d'attaque Reprompt : P2P Injection, Double-Request et Chain-Request ( Source )

Via cette faille, un attaquant peut récupérer vos emails récents, vos fichiers OneDrive, votre historique de recherche, et tout ça en arrière-plan pendant que vous pensez juste avoir cliqué sur un lien anodin. Ça craint hein !

Petite précision importante quand même, cette faille ne touche que la version Personal de l'assistant Microsoft, et pas la version Enterprise qui bénéficie de protections supplémentaires. Si vous utilisez la version pro au boulot, vous pouvez respirer. Par contre, si vous utilisez la version grand public pour vos trucs perso, c'était open bar jusqu'au patch du 13 janvier dernier.

Parce que oui, bonne nouvelle quand même, Microsoft a confirmé avoir corrigé le problème. Mais ça pose une vraie question sur la sécurité des assistants IA qui ont accès à nos données car entre EchoLeak et Reprompt, ça commence à faire beaucoup pour un seul produit.

Et surtout au niveau de la sécurité, moi ce que je comprends pas, c'est pourquoi le niveau de sécurité est un argument marketing ? Au nom de quoi la version personnelle devrait être moins sûre que la version personnelle ? Je pense que les données personnelles des gens n'ont pas moins de valeur...

Pour moi le niveau de sécurité devrait être exactement le même sur les deux versions du service.

Bref, l'IA c'est pratique, mais c'est aussi un nouveau terrain de jeu pour les attaquants alors méfiez-vous des liens bizarres, même s'ils pointent vers des services Microsoft légitimes !

Source

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Claude Cowork – Quand l'IA d'Anthropic se fait exfiltrer vos fichiers

Ah, encore une merveilleuse petite faille de sécurité qui va ravir tous les paranos de la vie privée et les anti-IA ^^ ! Johann Rehberger et l'équipe de PromptArmor viennent de démontrer comment Claude Cowork , l'agent IA d'Anthropic censé vous simplifier la vie au bureau, peut se transformer en aspirateur à fichiers personnels.

J'imagine que si vous l'avez testé, vous avez un dossier connecté à Claude Cowork pour qu'il vous aide à analyser vos documents ? Parfait. Il suffit maintenant qu'un petit malin glisse un fichier Word contenant des instructions cachées, et hop hop hop, vos précieux fichiers partent se balader sur un serveur distant sans que vous n'ayez rien vu venir.

En fait, le fichier piégé contient du texte invisible pour l'œil humain, mais parfaitement lisible par l'IA. Genre une police en taille 1px, de couleur blanche sur fond blanc, avec un interligne de 0,1 histoire d'être vraiment sûr que personne ne le remarque. C'est beau la créativité des hackers, quand même.

Et l'IA, elle, lit tout ça comme si c'était normal et exécute gentiment les instructions malveillantes.

La chaîne d'attaque se déroule en cinq étapes bien huilées. D'abord, l'attaquant dépose son fichier vérolé dans un dossier partagé auquel Claude a accès. Ensuite, il attend qu'un utilisateur demande à l'IA d'analyser le contenu de ce dossier. Claude traite alors le fichier piégé et découvre les instructions cachées. L'IA effectue une requête qui envoie vos fichiers vers l'API Anthropic... sauf que les identifiants utilisés appartiennent à l'attaquant. Vos données atterrissent donc tranquillement dans son compte, sans que vous n'ayez la moindre notification.

Ce qui rend cette attaque particulièrement sournoise, c'est que la sandbox de Claude autorise les requêtes sortantes vers l'API d'Anthropic. Normal, me direz-vous, c'est son propre écosystème. Sauf que du coup, un attaquant bien motivé peut exploiter cette confiance aveugle pour faire transiter des données volées par un canal parfaitement légitime en apparence. Si vous suivez les vulnérabilités des systèmes RAG comme ConfusedPilot , vous reconnaîtrez le même genre de manipulation par injection de contenu.

Et ce n'est pas tout ! Les chercheurs ont également identifié un vecteur potentiel de déni de service. En créant un fichier avec une extension qui ne correspond pas à son contenu réel, genre un fichier texte déguisé en PDF, on peut provoquer des erreurs en cascade qui paralysent l'API de manière persistante.

Sympa pour bloquer un concurrent ou saboter un projet.

Côté modèles affectés, les chercheurs ont démontré la vulnérabilité sur plusieurs versions de Claude, dont Haiku. Bref, c'est du sérieux. Pour ceux qui s'intéressent aux failles de sécurité des assistants IA ou aux techniques de red teaming sur les LLM , cette recherche vaut vraiment le détour.

Anthropic a été notifié et travaille sur des correctifs. En attendant, si vous utilisez Claude Cowork avec des dossiers partagés, méfiez-vous de tout fichier qui pourrait traîner là sans raison apparente. Et la prochaine fois que quelqu'un vous envoie un document "urgent à analyser", prenez peut-être cinq secondes pour vous demander s'il ne cache pas une petite surprise.

Pour en savoir plus c'est par ici !

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Raspberry Pi AI HAT+ 2 : installer Hailo-10H et lancer un LLM local (Partie 1)

Avec la Raspberry Pi AI HAT+ 2, Raspberry Pi propose une carte intégrant directement un accélérateur Hailo-10H et 8 Go de mémoire dédiée, conçue pour le Raspberry Pi 5. Cette carte permet d’exécuter localement des modèles d’IA générative, des LLM et des Vision-Language Models, sans recours au cloud. L’AI HAT+ 2 délivre jusqu’à 40 TOPS […]

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ChatGPT Translate - OpenAI veut détrôner Google Traduction

Bon, vous connaissez tous Google Traduction, cette application qu'on installe par réflexe dès qu'on pose le pied dans un pays étranger (ou quand on essaie de comprendre une notice de montage suédoise).

Hé bien, il semblerait qu'OpenAI ait décidé de venir sérieusement grattouiller dans les plates-bandes de Google avec le lancement de ChatGPT Translate , un outil de traduction dédié qui ne fait pas les choses à moitié.

On va pas se mentir, la traduction automatique, c'est souvent la foire aux saucisses dès qu'on sort des sentiers battus... On a tous en tête ces traductions pourries qui transforment un compliment en insulte diplomatique. C'est d'ailleurs pour ça que certains utilisent des extensions comme YouTube Anti-Translate pour éviter les massacres linguistiques sur nos vidéos préférées.

Mais là, ChatGPT Translate essaie d'apporter un truc en plus qui est : ✨ la personnalisation ✨, lol. Grâce à ça, au-delà de simplement convertir des mots, l'outil vous propose, d'un simple clic, de reformuler le résultat.

Vous voulez que ça sonne plus "business-formal" ? Hop, c'est fait. Vous préférez un ton simplifié pour expliquer un truc à un gamin de 5 ans ? Nickel, l'IA s'adapte. C'est ce côté "malléable" qui manque cruellement aux solutions classiques... Par exemple, moi dans Deepl, j'ai pas ça... Et comme c'est difficile de jauger si un texte dans une langue étrangère est trop familier ou pas, çe me bloque un peu, c'est vrai.

L'interface minimaliste de ChatGPT Translate qui mise tout sur la personnalisation ( Source )

Pour le moment, l'interface est ultra minimaliste (deux champs de texte, paf, on ne se prend pas la tête) et supporte plus de 50 langues. On peut taper son texte, causer dans le micro, et même si l'option d'upload d'images est mentionnée, elle semble encore un peu timide sur desktop. On est donc encore très loin des usines à gaz comme Comic Translate qui traduisent carrément vos mangas en temps réel avec de l'IA, mais c'est un bon début.

Et voilà comment OpenAI mise une fois encore tout sur son "muscle" cloud magique pour offrir des traductions qui ne ressemblent pas à des phrases sorties d'un vieux dictionnaire poussiéreux. C'est un peu le même combat qu'on a vu à l'époque avec le traducteur de Microsoft quand tout le monde essayait de détrôner le roi Google. Après c'est bien pour nous, ça nous fait des trucs nouveaux à tester et peut-être que ça nous plaira.

En tout cas, si vous voulez tester ça, c'est déjà dispo sur le web et ça devrait s'intégrer de plus en plus dans nos smartphones à l'avenir, j'imagine...

Mais gardez quand même un œil sur le résultat au cas où l'IA déciderait de traduire un "Cordialement," de fin de mail par "Die motherfucker,"... On n'est jamais trop prudent !

Source

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Google MedGemma 1.5 et MedASR - L'assistant ultime des toubibs

Il semblerait que l'intelligence artificielle ait fait suffisamment de progrès pour pourvoir assister à terme nos médecins débordés et en sous-nombre... C'est vrai que je vous parle souvent ici de comment les technos peuvent faire évoluer la médecine , mais là Google vient de passer un nouveau cap avec sa collection HAI-DEF (pour Health AI Developer Foundations, oui ils adorent les acronymes de barbares, je sais..).

Et là dedans, on trouve un gros morceau baptisé MedGemma 1.5 . Si la version précédente gérait déjà les radios 2D classiques, cette mise à jour s'attaque maintenant à la "haute dimension". En gros, le modèle peut maintenant analyser des volumes 3D issus de scanners (CT) ou d'IRM, et même des coupes d'histopathologie (l'étude des tissus biologiques).

Pas mal hein ?

L'idée n'est pas de remplacer le radiologue (pas encore... brrr), mais de lui servir d'assistant survitaminé pour repérer des anomalies ou localiser précisément des structures anatomiques. Ainsi, sur les tests de Google, MedGemma 1.5 améliore la précision de 14 % sur les IRM par rapport à la V1. C'est un sacré gain qui permet d'avoir des diagnostics plus justes et plus rapides.

Mais ce n'est pas tout puisque Google a aussi dégainé MedASR, un modèle de reconnaissance vocale (Speech-to-Text) spécialement entraîné pour la dictée médicale. Parce que bon, on sait tous que le vocabulaire d'un toubib, c'est un peu une langue étrangère pour une IA classique comme Whisper. Grâce à ça, MedASR affiche 58 % d'erreurs en moins sur les comptes-rendus de radios pulmonaires, soit de quoi faire gagner un temps précieux aux praticiens qui passent souvent des heures à saisir leurs notes.

D'ailleurs, si vous vous souvenez de mon article sur l'ordinateur plus efficace que les médecins , on y est presque ! Sauf que là, l'approche est plus collaborative. Les modèles sont d'ailleurs disponibles en "open" (enfin, avec les licences Google quoi) sur Hugging Face pour que les chercheurs et les boites de santé puissent bidouiller dessus.

Alors bien sûr, faut toujours rester prudent et Google précise bien que ce sont des outils de recherche et pas des dispositifs médicaux certifiés pour poser un diagnostic tout seuls. Je me souviens bien de Google Health et des questions sur la vie privée que ça soulevait à l'époque, mais techniquement, ça déchire.

Voilà, si ça vous intéresse, je vous laisse regarder leurs explications et vous faire votre propre avis sur la question... Maintenant, est-ce que vous seriez prêts à confier votre prochaine analyse à une IA (assistée par un humain, quand même) ?

Moi oui !

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