L’Europe enclenche le passage à l’échelle de ses « fabriques d’IA »
La contribution financière de l’UE à EuroHPC peut désormais officiellement dépasser les 4 Md€.
En toile de fond, l’élargissement des missions de cette coentreprise.
Établie en 2021, elle fut d’abord chargée de développer un réseau de supercalculateurs.
En 2024, son périmètre d’activité avait été étendu aux « fabriques d’IA » (AI Factories). Des entités définies comme fournissant des « supercalculateurs optimisés par l’IA », conçus « principalement pour entraîner des modèles d’IA à usage général et à grande échelle ainsi que des applications d’IA émergentes ».
Depuis quelques jours, ce périmètre englobe les « gigafabriques d’IA » (AI GigaFactories). Elles sont définies comme des installations « [dotées] d’une capacité suffisante pour gérer l’ensemble du cycle de vie […] de très grands modèles et applications d’IA ».
La Commission européenne avait ouvert la voie à cette extension des responsabilités d’EuroHPC en juin 2025. Les AI GigaFactories embarqueraient « plus de 100 000 puces avancées » (en équivalent H100), contre 25 000 pour les plus grandes AI Factories, avait-elle affirmé.
Dans ce contexte, la notion de consortium, présente à la marge en 2021 et précisée dans une certaine mesure en 2024, devient centrale. Avec elle arrive la notion de gigafabrique multisite, étendue sur un ou plusieurs pays mais fonctionnant en tout cas comme une « entité technique intégrée » – avec au moins un site « correspondant à l’échelle d’une GigaFactory ».
L’informatique quantique en filigrane
En parallèle, le développement d’un écosystème d’informatique quantique apparaît dans les missions, les objectifs et les piliers d’activité d’EuroHPC.
L’enveloppe financière dédiée à la coentreprise augmente en conséquence. Elle passe de 3 081 300 000 € à 4 122 300 000 €, à raison de :
- 760 000 € de plus sur le programme Horizon Europe (dont 160 k€ pour le quantique)
- 161 000 € sur le programme pour une Europe numérique
- 120 000 € sur le mécanisme pour l’interconnexion en Europe
Le soutien des piliers d’activité – administration exceptée – via d’autres programmes de l’UE reste possible.
Pour les AI Factories, l’UE finance jusqu’à la moitié des dépenses d’investissement et des coûts d’exploitation. Il en va de même pour les ordinateurs et les simulateurs quantiques. Mais pas pour les AI GigaFactories : c’est au maximum 17 % des CAPEX. Un ou plusieurs États participants doivent apporter un montant au minimum équivalent. Les investissements restants sont à la charge du consortium, tout comme l’entièreté des OPEX. Au cas où une AI Factory deviendrait une AI GigaFactory, le soutien financier reçu en première phase serait reporté sur la seconde (pas de cumul, donc).
* États membres de l’UE + Albanie, Islande, Israël, Macédoine du Nord, Moldavie, Monténégro, Royaume-Uni, Serbie, Suisse et Turquie.
Illustration générée par IA
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