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Souveraineté numérique de l’UE : état des lieux et enjeux stratégiques

Avec 83 % des dépenses IT des grandes entreprises captées par des fournisseurs étrangers et une part de marché européenne marginale sur la plupart des segments critiques (OS, cloud, IA générative), l’UE fait face à des risques majeurs de souveraineté et de sécurité.

Ce dossier décrypte les données chiffrées de cette dépendance, analyse la matrice des risques économiques et géopolitiques associés, et illustre concrètement ces enjeux à travers le cas du secteur de l’énergie, où la cybersécurité repose massivement sur des solutions non européennes.

> Dépendances numériques de l’UE : une matrice des risques
L’étude commandée par le Parlement européen propose une matrice d’évaluation du « risque de souveraineté », sur trois axes (contrôle juridique, autonomie technique, indépendance stratégique) comportant chacun trois dimensions

> Les dépendances numériques de l’UE chiffrées, GenAI comprise
Les grandes entreprises européennes orientent près 83 % de leurs budgets IT vers des acteurs américains.

> Dépendances numériques : l’exemple de la cyber dans le secteur de l’énergie
La dépendance de l’UE à des logiciels étrangers trouve une illustration avec les solutions cyber déployées dans le secteur de l’énergie.

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Apple lance Creator Studio : FCP, Logic et Pixelmator dans un abonnement unique (et ça vaut le coup ?)

Vous le savez, Apple et les abonnements, c'est une grande histoire d'amour. Après Apple Music, Apple TV+, Apple Arcade et Apple One, la firme de Cupertino vient de dégainer une nouvelle offre qui risque de faire du bruit dans le petit monde des créatifs : Apple Creator Studio .

Si vous en avez marre de payer vos licences logicielles au prix fort (ou si au contraire, vous détestez le modèle par abonnement), asseyez-vous, on va regarder ça de près.

La nouvelle suite Apple Creator Studio ( Source )

Concrètement, Apple Creator Studio, c'est un bundle "tout-en-un" qui regroupe la crème de la crème des logiciels pro de la Pomme.

Ainsi, pour 12,99 € par mois (ou 129 € par an), vous accédez à :

  • Final Cut Pro (Mac et iPad)
  • Logic Pro (Mac et iPad)
  • Pixelmator Pro (Mac et... iPad ! Oui, j'y reviens)
  • Motion et Compressor
  • MainStage

Et pour faire bonne mesure, ils ajoutent des fonctionnalités "premium" et de l'IA dans Keynote, Pages et Numbers.

Alors, première réaction à chaud : le prix est agressif. Très agressif.

Si on fait le calcul, acheter Final Cut Pro (299 €), Logic Pro (199 €) et Pixelmator Pro (49 €) en version perpétuelle, ça coûte une petite fortune. Là, pour le prix d'un abonnement Netflix, vous avez toute la suite. Pour les étudiants, c'est même indécent : 2,99 € par mois. Adobe doit commencer à suer à grosses gouttes avec son Creative Cloud à plus de 60 balles... loool.

Mais ce n'est pas juste un repackaging car Apple en profite pour lancer Pixelmator Pro sur iPad. C'était l'un des chaînons manquants et l'app a été optimisée pour le tactile et l'Apple Pencil, et intègre des outils d'IA comme la Super Résolution (un peu comme ce que propose Upscayl , un outil libre que j'adore).

Pixelmator Pro débarque enfin sur iPad ( Source )

Côté vidéo, Final Cut Pro gagne des fonctionnalités "intelligentes" (comprenez : bourrées d'IA). On note l'arrivée du Montage Maker sur iPad, qui monte vos rushs tout seul en se basant sur les "meilleurs moments" (mouais, à tester), et surtout une fonction Beat Detection qui cale automatiquement vos cuts sur le rythme de la musique. Ça, pour les monteurs qui font du clip ou du vlog dynamique, c'est un gain de temps monstrueux. C'est d'ailleurs le genre d'optimisation dont je parlais dans mon article sur mon process de tournage .

L'interface de Final Cut Pro avec les nouvelles fonctions IA ( Source )

Bon, tout ça c'est bien beau, mais il y a un "mais".

Le modèle par abonnement, c'est aussi la perte de la propriété car auand vous achetez une licence à vie, le logiciel est à vous (enfin, façon de parler, mais vous voyez l'idée). Là, si vous arrêtez de payer, vous perdez vos outils. Et quand on voit comment Apple peut parfois verrouiller des comptes sans préavis , mettre tous ses œufs créatifs dans le même panier iCloud, ça peut faire peur.

C'est donc encore une fois un gros changement... Même si Apple garde (pour l'instant) l'option d'achat unique pour les versions Mac. Mais pour combien de temps ?

Et surtout, les nouvelles fonctionnalités IA semblent être malheureusement réservées à ce modèle "Studio".

Bref, si vous démarrez dans la création ou si vous êtes étudiant, c'est une aubaine incroyable. Après pour les vieux briscards qui aiment posséder leurs outils, c'est peut-être le début de la fin d'une époque. Perso, je suis partagé entre l'excitation d'avoir Pixelmator sur mon iPad et la tristesse de voir encore un abonnement à la con s'ajouter à la pile.

À vous de voir si le jeu en vaut la chandelle.

Disponibilité prévue le 28 janvier !

Source

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Yann LeCun quitte Meta : les coulisses d’une rupture

C’est au restaurant étoilé Pavyllon, à deux pas du Grand Palais parisien, que Yann LeCun s’est confié au Financial Times dans le cadre de sa série « Lunch with the FT ».

Attablé pour un déjeuner de trois heures et demie, le chercheur français de 64 ans a expliqué sans détour pourquoi il a décidé de quitter Meta après onze ans de bons et loyaux services. « Rester est devenu politiquement difficile », confie-t-il. Une litote pour décrire une rupture qui révèle les tensions croissantes au sein du groupe californien sur la direction à prendre en matière d’IA.

LLM : un modèle en fin de course

Au cœur du conflit : une divergence fondamentale sur l’avenir technologique de l’intelligence artificielle. LeCun, prix Turing et figure tutélaire du deep learning, ne croit pas aux grands modèles de langage comme voie vers la superintelligence. Pour lui, les LLM sont utiles mais limités, contraints par le langage seul. Une conviction qui détonne dans une Silicon Valley obsédée par cette approche.

Le problème ? Meta vient justement de miser massivement sur cette technologie. Après le lancement de ChatGPT fin 2022, l’entreprise a réorganisé ses équipes autour de Llama, son propre modèle de langage.

Le tournant s’opère véritablement en 2025. Mark Zuckerberg, déçu par les performances de Llama 4, décide de frapper fort. Il investit 15 milliards $ dans Scale AI et embauche son patron, Alexandr Wang, 28 ans, pour diriger le nouveau laboratoire de recherche TBD Lab. Une décision qui place ce jeune entrepreneur à la tête de l’unité de recherche en IA de Meta. Ses nouvelles recrues, attirées à coups de primes pouvant atteindre 100 millions $, sont selon LeCun « complètement convaincues par les LLM ».

LeCun se retrouve ainsi managé par quelqu’un qu’il qualifie de « jeune » et « inexpérimenté ». S’il reconnaît que Alexandr Wang apprend vite, il souligne son manque d’expérience en matière de recherche fondamentale. « On ne dit pas à un chercheur ce qu’il doit faire. On ne dit certainement pas à un chercheur comme moi ce qu’il doit faire », lance-t-il.

La communication se dégrade également avec l’unité IA générative. LeCun regrette que ses équipes proposent des innovations ambitieuses quand la direction ne retient que des projets éprouvés et sans risque. Une prudence qui, selon lui, conduit l’entreprise à prendre du retard.

Une organisation bouleversée

Plus profondément, LeCun refuse de renier ses convictions scientifiques. Certains chez Meta aimeraient qu’il cesse de proclamer publiquement que les LLM constituent une impasse pour atteindre la superintelligence. Mais le chercheur ne transige pas : « Je ne vais pas changer d’avis parce qu’un type pense que j’ai tort. Je n’ai pas tort. Mon intégrité de scientifique ne me le permet pas. »

Cette inflexibilité s’explique aussi par sa vision alternative : les modèles du monde, ou world models, qu’il développe depuis des années. Cette architecture baptisée V-JEPA vise à donner aux machines une compréhension du monde physique en apprenant à partir de vidéos, et non uniquement du langage. Une approche qui intéresse davantage l’industrie lourde et l’aéronautique que les réseaux sociaux.

Cap vers AMI Labs

LeCun prépare désormais son prochain chapitre : Advanced Machine Intelligence Labs, une start-up qui incarnera sa vision de l’intelligence artificielle avancée. Il y occupera le poste de président exécutif, laissant la direction opérationnelle à Alex LeBrun, cofondateur de la startup française Nabla. Une structure qui lui permettra de conserver la liberté de recherche qu’il chérissait chez Meta. Pourquoi ne doit pas prendre le rôle de CEO ?  « Je suis à la fois trop désorganisé et trop vieux ! » confie Yann LeCun.

Le chercheur promet des premières versions de sa technologie dans les douze mois. Pas encore la superintelligence, mais un chemin vers celle-ci. Emmanuel Macron lui-même aurait manifesté sa satisfaction de voir cette nouvelle entreprise mondiale maintenir des liens étroits avec la France.

Après des décennies passées à façonner l’IA moderne, Yann LeCun entame donc un nouveau cycle. Son ambition ? Augmenter la quantité d’intelligence dans le monde. « L’intelligence, c’est vraiment ce dont nous devrions avoir davantage », affirme-t-il.

Photo : © DR

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Apple et Google scellent une alliance stratégique majeure dans l’IA

C’est la fin du suspense sur la stratégie IA d’Apple. L’inventeur de l’iPhone a officialisé un accord stipulant que les modèles Gemini alimenteront la prochaine génération d’Apple Intelligence et le Siri entièrement remanié prévu pour fin 2026.

Le deal, qui prolonge leur collaboration historique sur la recherche (search), replace Google face à OpenAI dans la course à l’IA générative, avec un accès privilégié à plus de deux milliards d’appareils Apple actifs.

Gemini, socle technologique de l’IA pour Apple

Apple a tranché après évaluation en faveur de la technologie de Mountain View, jugeant que « la technologie d’intelligence artificielle de Google offrait la base la plus performante » pour ses modèles Apple Foundation. Ces briques logicielles alimenteront non seulement Siri, mais également l’ensemble des fonctionnalités futures d’Apple Intelligence.

Les termes financiers de l’accord restent confidentiels, mais des sources industrielles évoquent un montant de 1 milliard $ annuel.

Cette décision relègue ChatGPT, intégré de manière optionnelle fin 2024, à un rôle de simple complément pour les requêtes les plus complexes. Un camouflet pour OpenAI, dont le PDG Sam Altman a déclenché un « code red » interne face à la montée en puissance de Gemini 3. Comme le souligne Parth Talsania d’Equisights Research, ce choix  « rétrograde OpenAI en rôle secondaire », transformant ChatGPT en solution d’appoint plutôt qu’en fondation stratégique.

« Apple Intelligence continuera de fonctionner sur les appareils Apple et sur le cloud privé, tout en préservant les normes de confidentialité de pointe d’Apple » assure les deux groupes. L’architecture retenue permet à Apple de conserver le contrôle total de l’intégration, de l’orchestration et de l’interface utilisateur, limitant ainsi l’accès de Google aux données brutes de ses clients.

Gemini sur plus de 2 milliards de terminaux

Pour Google, l’enjeu dépasse largement la question financière. Gemini devient le standard de facto sur mobile grâce aux partenariats Apple et Samsung (déjà intégré dans Galaxy AI), ce qui booste mécaniquement les revenus cloud et enrichit les données d’entraînement. La valorisation boursière d’Alphabet a d’ailleurs franchi le cap symbolique des 4 000 milliards $, portée par une hausse spectaculaire de 65% en 2025 sur fond d’optimisme autour de l’IA.

Pour Apple, c’est une bouée de sauvetage stratégique qui accélère brutalement le rattrapage. Retardataire notoire sur l’IA générative, il a accumulé les déboires : reports successifs de la mise à niveau de Siri (décalée à 2026), départs d’exécutifs clés comme John Giannandrea et accueil tiède pour ses premiers outils d’intelligence artificielle.

L’accord avec Google permet d’accélérer brutalement le rattrapage en évitant des années de recherche et développement solitaire, tout en capitalisant sur un partenariat existant qui génère déjà des dizaines de milliards $ annuels via le trafic de recherche.

Ce deal risque toutefois d’attirer l’attention des autorités antitrust, déjà mobilisées sur les contrats d’exclusivité dans la recherche. L’extension au domaine de l’IA pourrait déclencher de nouvelles enquêtes sur les pratiques anticoncurrentielles.

Illustration : image générée par l’IA

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