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Top 7 outils de monitoring maison (NAS/serveur)

Installer et gérer son propre monitoring à la maison — pour un NAS, un serveur domestique, quelques VM ou un mini-lab — c’est un excellent moyen d’apprendre l’observabilité tout en gardant le contrôle des données. Dans cet article je te présente 7 solutions pour 2026, quand les choix sont pertinents je montre rapidement pour quel usage chaque outil est pertinent et comment l’installer en gros (astuces pratiques, snippets). Je me concentre sur des stacks “Grafana-like” (tableaux, séries temporelles) avec alerting natif ou via intégration — et je donne des pièges à éviter pour un usage maison.

Pourquoi un monitoring “maison” plutôt qu’un service cloud ?

Un monitoring local c’est intéressant si tu veux :

  • garder toutes les métriques chez toi (confidentialité) ;
  • éviter des coûts récurrents quand le nombre de métriques/stockage augmente ;
  • personnaliser les dashboards et alertes pour équipement domestique (disques SMART, bruit/fan, UPS, etc.) ;
  • expérimenter avec Prometheus/TSDB, stockage à long terme, ou exporter vers Grafana Cloud plus tard.

Un monitoring auto-hébergé implique quelques contraintes à connaître : les métriques s’accumulent avec le temps et occupent de l’espace disque, les interfaces web ne doivent pas être exposées sans protection, et certains outils peuvent être assez gourmands en mémoire ou en CPU.

Les 7 outils recommandés

OutilMeilleur pourAlertingStockage TSDBFacilité d’installation (maison)
Prometheus (avec Alertmanager)Monitoring métriques, intégration exportersOui (Alertmanager)TSDB native (local)Docker/packaged; learning curve
GrafanaDashboards (visual) front-endAlarme via Grafana AlertsUI front, s’appuie sur TSDBDocker/apt ; quasi-standard
InfluxDB (+Telegraf)Séries temporelles simple, IoTOui (Kapacitor/Flux ou alerts InfluxDB 3.x)TSDB spécialiséDocker ; simple pour petits setups
VictoriaMetricsStockage haute performance / remplacement long-termIntégration avec Alertmanager / GrafanaTSDB performante, compacteTrès docker-friendly
NetdataMonitoring temps-réel, faible configAlarms légères ; forwardingTime-series local + cloud optionInstallation one-liner (très simple)
ZabbixSupervision full-stack (alertes, inventaire)Oui, système d’alerting matureDB relationnelle (MySQL/Postgres)Stable mais plus lourd
LibreNMS / CheckmkMonitoring réseau & infra small/mediumOui, templates d’alertesSQL backendBon pour NAS réseaux, SNMP

1) Prometheus + Alertmanager (le cœur métriques « classique »)

Cas d’usage : servir de collecte pour métriques d’OS (node_exporter), services (cAdvisor, MySQL exporter), NAS (SNMP exporter), VM. Prometheus scrappe périodiquement des endpoints HTTP exposant des métriques.

Pourquoi le choisir :

  • modèle pull simple et puissant pour environnements locaux ;
  • Rules + Alertmanager = alertes flexibles ;
  • large écosystème d’exporters.

Astuce d’installation rapide (maison) :

  • lancer Prometheus en Docker ou binaire ; ajouter node_exporter sur chaque machine.
  • exemple minimal prometheus.yml (scrape node_exporter sur hôte local) :
global:
  scrape_interval: 15s

scrape_configs:
  - job_name: 'node'
    static_configs:
      - targets: ['192.168.1.10:9100']  # ton NAS/serveur
  • pour les alertes, configurer Alertmanager et une règle Prometheus :
groups:
- name: nodes
  rules:
  - alert: HostDown
    expr: up == 0
    for: 5m
    labels:
      severity: critical
    annotations:
      summary: "Hôte indisponible ({{ $labels.instance }})"

Piège courant : conserver la TSDB localement sans rotation = disque plein. Fixe --storage.tsdb.retention.time ou utilise une solution long-term (VictoriaMetrics/remote_write). (Voir doc Prometheus).

2) Grafana (front-end de dashboards, alerting intégré)

Cas d’usage : création de tableaux riches (graphs, heatmaps, logs si Loki), mode multi-datasource (Prometheus, InfluxDB, VictoriaMetrics).

Pourquoi le choisir :

  • standard de facto pour dashboards ;
  • Alerts améliorés (Grafana Alerts) et intégration avec contact points (Telegram, e-mail, Discord).
  • version OSS robuste pour usage perso.

Astuce pratique :

  • utilise Grafana pour visualiser Prometheus + node_exporter ; si tu veux logs, ajoute Grafana Loki.
  • sécurise l’accès : reverse proxy + auth (let’s encrypt + oauth proxy) si tu ouvres internet.

3) InfluxDB + Telegraf (stack « simple » pour métriques et IoT)

Cas d’usage : capteurs IoT, métriques custom, séries avec écriture push (Telegraf, clients HTTP).

Pourquoi le choisir :

  • flux d’écriture simple (push) via Telegraf ;
  • langage Flux et alerting natif dans InfluxDB 3.x ;
  • facile à configurer sur NAS/serveur.

Astuces :

  • utiliser Telegraf sur chaque machine pour collecter CPU, disque, SMART, snmp.
  • config de retention et downsampling natif dans InfluxDB pour éviter explosion de stockage.

4) VictoriaMetrics (TSDB haute performance)

Cas d’usage : si tu veux conserver un historique long sans trop consommer I/O/CPU — idéal comme remote_write pour Prometheus (long-term storage).

Pourquoi le choisir :

  • conçu pour stockage efficace des métriques à long terme, très docker-friendly ;
  • fonctionne bien sur hardware modeste et permet compression efficace. GitHub

Mise en œuvre rapide :

  • Prometheus → remote_write vers VictoriaMetrics ; Grafana se connecte directement pour dashboards.
  • vérifie paramètres de retention et snapshots pour backups.

5) Netdata (monitoring temps réel, install “one-liner”)

Cas d’usage : super pour visualiser en temps réel l’activité d’un NAS / serveur (io, network, processus), diagnostique rapide.

Pourquoi le choisir :

  • installation très facile (bash <(curl -Ss https://my-netdata.io/kickstart.sh)), UI instantanée ;
  • alerting simple et possibilité de forwarding vers Grafana/Prometheus. Netdata+1

Limite : pas conçu comme TSDB longue durée par défaut ; utile en complément (diagnostic) plutôt que stockage historique complet.

6) Zabbix (supervision complète, alerting & inventaire)

Cas d’usage : inventaire/monitoring d’un parc d’équipements (SNMP, agents), règles d’alerte avancées, escalation.

Pourquoi le choisir :

  • mature en alerting, templates (NAS, routeurs, services) ; bonne GUI pour opérations. Zabbix

Astuce :

  • utiliser Zabbix pour supervision réseau (SNMP) et Prometheus/Influx pour métriques fines : on combine les forces.

7) LibreNMS / Checkmk (monitoring réseau et infra simple)

Cas d’usage : découverte automatique réseau, SNMP pour switchs/NAS/routeurs, alertes sur perte d’interfaces/temps de réponse.

Pourquoi le choisir :

  • LibreNMS : communauté, facile pour SNMP auto-discovery ;
  • Checkmk : bonnes règles prêtes à l’emploi pour serveurs/NAS. LibreNMS Community+1

Astuce :

  • active SNMP sur ton NAS (versions sécurisées v3) et laisse LibreNMS faire la découverte ; applique des alertes sur erreurs SMART et perte d’interface.

Tableau comparatif détaillé

OutilTypeIdéal pourAlerting natifFacilité DockerRessources
PrometheusTSDB + scrapingmétriques infraOui (Alertmanager)OuiMoyen
GrafanaUIdashboards multi-sourceOui (alertes)OuiFaible-Moyen
InfluxDBTSDB pushIoT, sériesOui (Flux/alerts)OuiMoyen
VictoriaMetricsTSDB long-termstockage compresséIntégration AMOuiFaible-Moyen
NetdataMonitoring realtimediag & liveAlerting légerOuiFaible
ZabbixSupervision fullalerting & inventaireOui (avancé)Oui (compose)Moyen-Fort
LibreNMSSNMP monitoringréseau & NASOuiOuiFaible-Moyen

Qu’est-ce que vous pouvez déployer sur votre NAS UGREEN ou Synology ?

Sur un NAS moderne, l’objectif n’est pas de transformer la machine en usine à gaz. Ce qu’on cherche, c’est un monitoring fiable, lisible et utile au quotidien, sans dégrader les performances du stockage.

✅ Le stack recommandé : Prometheus + Grafana (+ node_exporter)

C’est aujourd’hui le meilleur compromis entre simplicité, efficacité et évolutivité sur un NAS.

Modèles compatibles (exemples concrets)

Ces modèles disposent :

  • d’un CPU x86 correct
  • de Docker officiellement supporté
  • de suffisamment de RAM pour faire tourner Prometheus sans impacter les services NAS

À quoi sert ce stack, concrètement ?

1⃣ Surveiller l’état réel de votre NAS

Avec node_exporter, vous récupérez automatiquement :

  • charge CPU
  • mémoire utilisée
  • espace disque et IO
  • réseau (débits, erreurs)
  • uptime et reboot
  • températures (selon support matériel)

👉 En clair : vous savez si votre NAS souffre, et pourquoi.

2⃣ Visualiser clairement ce qui se passe (Grafana)

Grafana sert d’interface graphique.

Vous obtenez :

  • des dashboards lisibles (journée, semaine, mois)
  • des graphiques compréhensibles même sans être admin système
  • une vue globale de la santé du NAS

👉 Exemple concret :
Vous voyez immédiatement si un disque devient lent, si la RAM est saturée ou si un conteneur consomme trop.

3⃣ Être alerté avant que ça casse (Prometheus)

Prometheus ne fait pas que stocker des métriques, il permet aussi de déclencher des alertes.

Cas d’usage très concrets :

  • NAS inaccessible depuis 5 minutes
  • espace disque < 10 %
  • charge CPU anormale sur une longue durée
  • swap utilisée en continu
  • réseau saturé pendant les sauvegardes

👉 Résultat : vous êtes prévenu avant le crash ou la panne visible.

4⃣ Garder un historique utile, sans surcharger le NAS

Sur un NAS, on reste pragmatique :

  • rétention courte : 15 à 30 jours
  • intervalle de collecte : 30 ou 60 secondes
  • pas de métriques inutiles

👉 Vous gardez suffisamment d’historique pour :

  • comparer avant / après une mise à jour
  • analyser un ralentissement
  • comprendre un incident

Sans remplir le disque inutilement.

Pourquoi ce choix est pertinent sur NAS

  • ✔ Stack open source, mature et maintenue
  • ✔ Compatible Docker (UGREEN & Synology)
  • ✔ Ressources maîtrisées si bien configuré
  • ✔ Évolutif (vous pouvez ajouter plus tard du long terme ou d’autres machines)
  • ❌ Pas de base SQL lourde
  • ❌ Pas de configuration complexe au quotidien

C’est exactement ce qu’on attend d’un monitoring maison : utile, pas envahissant.

Cet article original intitulé Top 7 outils de monitoring maison (NAS/serveur) a été publié la première sur SysKB.

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Les amateurs de brioche des Rois aux fruits confits seront désormais fichés S

Alors que les Français célèbrent l’Épiphanie à grands renforts de galettes et autres pâtisseries garnies de fèves, le gouvernement a annoncé des mesures drastiques pour éviter tout comportement extrême. “Les personnes qui afficheront publiquement leur intérêt pour les brioches des Rois, qu’elles soient aux fruits confits, aux pépites de chocolat ou avec des gros grains de sucre sur le dessus feront l’objet d’un fichage S”, a annoncé Laurent Nunez.

Selon le Ministre, préférer la brioche des Rois aux galettes serait un premier pas vers une marginalisation inévitable : “On commence par manger une brioche aux fruits confits, puis on achète du chocolat à la menthe “juste pour voir”, et sans s’en apercevoir on apprécie les boudoirs et les petits beurre, c’est une escalade insupportable à laquelle il faut mettre fin”.

En plus d’interdire leur commercialisation dans les boulangeries, le gouvernement souhaite dissuader les Français de confectionner leur propre brioche des Rois. “En quelques clics, on peut trouver une recette de brioche garnie de fruits confits sur des sites faisant l’apologie du terrorisme, comme Marmiton par exemple”, s’inquiète le Ministre. Les comptes instagram de recettes seront aussi surveillés de près et fermés à la moindre apparition d’un raisin sec à l’écran.

Un numéro vert mis en place par le ministère de l’Intérieur permet dès aujourd’hui de dénoncer un collègue, un parent ou un ami dégageant une odeur suspecte de fleur d’oranger ou tenant des propos comme “je déteste la Frangipane, c’est trop sucré”. Le gouvernement compte sur la participation de tous les citoyens pour mettre fin à cette odieuse tradition, malheureusement de plus en plus répandue. “Nous savons que d’autres combats nous attendent« , a conclu Laurent Nunez, en faisant référence à la galette fourrée au caramel beurre salé, classée nouvel ennemi d’État.

Photo By CC BY-SA 3.0,

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George Clooney naturalisé français après avoir réussi à placer sur une carte toutes ses résidences secondaires

George Clooney et sa famille ont obtenu la nationalité française en vertu d’une disposition du code civil, qui permet « à tout étranger (…) qui contribue par son action émérite au rayonnement de la France et à la prospérité de ses relations économiques internationales » d’y accéder. Il n’en fallait pas plus pour déclencher une vive polémique à laquelle a même participé la ministre déléguée auprès du ministère de l’Intérieur, Marie-Pierre Vedrenne, et suspecter un passe-droit. Pourtant, si l’on en croit le quai d’Orsay, M. Clooney a « suivi une procédure rigoureuse ». Le ministre des Affaires étrangères, Jean-Noël Barrot, certifie que M. Clooney a placé du premier coup sa résidence dans le Var sur une carte de l’hexagone. Il précise que s’il a un peu hésité sur une autre qu’il a mise en Alsace alors qu’elle se trouve en Bretagne, « c’est seulement parce qu’il n’a pas encore finalisé toutes ses transactions ». Il ajoute que l’acteur « aime beaucoup la baguette et le saucisson, se plaint régulièrement du temps qu’il fait ou du retard des trains et a déjà été observé en train de manger une raclette, ce qui devrait suffire à faire taire tous ses détracteurs. »

La classe politique divisée 

Cela n’a pas empêché certaines voix de s’élever pour dénoncer un « deux poids deux mesures ». « Pour être français, il suffit maintenant d’acheter une bâtisse à 8 millions d’euros » s’indigne un député PS en référence à la résidence de l’acteur à Brignoles (Var). Plusieurs témoins affirment que la star, en répondant à une question d’un journaliste de La Provence, aurait placé François Hollande parmi les rois de France. Jean-Noël Barrot balaie ces accusations d’un revers de main : « On ne peut pas s’installer dans le Var sans aimer profondément le rugby, le club de Toulon et Daniel Herrero, voilà qui doit faire de vous un Français pour l’éternité. »

Pour dissiper la polémique, l’acteur ferait tout pour donner des garanties de son amour pour la France. Il se forcerait notamment à avaler à jeun un fromage de chèvre tous les matins et aurait également acheté quatre places pour un concert de Patrick Sébastien. 

Photo : Alberto Rodriguez / Contributeur/Getty

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Autour de l'épistémologie scientifique - YouTube

La conscience en ouverture (le paradigme trans-rationnel)

Mode de fonctionnement : Le cerveau fonctionne en ouverture, en mode expansif.

Conséquence : On se rend compte qu'il n'y a pas forcément d'opposition ontologique entre science et croyance. On sort d'un modèle dualiste.

Découverte ironique : Conformément aux travaux de chercheurs comme Antonio Damasio, on se rend compte que derrière toute connaissance rationnelle, il y a systématiquement de l'émotion et l'usage du système limbique.

Conclusion radicale : Toute connaissance s'appuie sur des croyances. À un moment donné, on décide d'avoir foi en la méthode scientifique.
Ces deux approches ne sont pas antinomiques

Point crucial : Ces deux méthodes, ces deux points de vue, ne sont pas antinomiques. Au contraire, ils forment un modèle unifié.

Problème dramatique selon Bascar : "Ce que je trouve dramatique, c'est quand on n'a accès qu'à un des deux points de vue. C'est un grand problème."


L'argument d'autorité dans la construction du savoir

Constat fondamental de Thomas : Quand le grand public (et même l'étudiant jusqu'à un certain niveau d'études) construit son corpus de connaissances en sciences, il le fait moins par validation scientifique que par l'autorité qui lui délivre la connaissance.

Exemple de l'étudiant au collège :

Quand un professeur explique qu'un atome est constitué d'un noyau avec des électrons qui orbitent autour, l'étudiant va le prendre pour acquis parce que le professeur peut l'expliquer et parce que le professeur a l'autorité (diplômes, compétences).

C'est la même démarche que fait le grand public.

Exemple du communiqué de presse :

Si une équipe de l'Université d'Oxford publie une étude, très peu du grand public ira lire la publication scientifique qui est à la base du communiqué de presse.

Pourquoi ? Parce que :

C'est souvent en anglais

C'est dans des domaines très techniques

Ça demande un bagage considérable pour comprendre

Test mental proposé par Thomas :

"Si je te dis qu'il y a une nouvelle théorie du tout donnée par Monsieur Trucmuche, tu vas dire 'N'importe quoi'.

Mais si je te donne le même article, un communiqué de presse du Royal College de Londres avec 50 scientifiques derrière, est-ce que tu ne vas pas accorder plus de crédit à cette information qu'au post Facebook de Monsieur Trucmuche ?

Je crois que oui. Sans se mentir, je pense que pour la majorité du grand public, l'autorité qui délivre la connaissance joue un rôle extrêmement important avant d'être capable d'aller discriminer soi-même la véracité de l'information."


Le monde est absurde...

La peur de l'absurdité

Observation de Bascar : Beaucoup de scientifiques refusent de prendre au sérieux des théories qui semblent absurdes.

Biais cognitif simple : Si je vous dis "Pensez à un cheval", il y a peu de chances que vous ayez pensé à un cheval à qui il manque une patte et un œil.

Explication : On a ce besoin de penser en termes de catégories pures. Penser le monde de façon systémique demande plus de glucose que de penser en catégories pures.

Conséquence : Plus l'individu est stressé, plus il aura tendance à catégoriser de manière binaire ("Lui, c'est un con ; lui, c'est un génie"), parce que ça demande moins d'énergie.

Problème épistémologique : "On en est arrivé à un point où on commence même à conceptualiser une théorie avant de l'avoir testée en fonction de critères esthétiques."

Processus critique :

  • On se retrouve devant un tableau blanc
  • On se dit "Comment j'explique ce domaine ?"
  • On devrait partir de différentes idées
  • Mais en réalité, on commence déjà par sélectionner l'idée la plus 'jolie' et harmonieuse
  • On part de là et on exclut le reste

Constat de Thomas : "Ça exclut du jeu un certain nombre de théoriciens qui ne se sont pas lancés dans cet idéal de la beauté."
Position de Bascar sur l'absurdité

Principe fondamental : "L'absurdité, c'est vraiment notre nature, ou en tout cas, l'absurdité, c'est la rencontre du réel avec nos faibles capacités cognitives."

Avertissement : "Si on se sert de la science et de la démarche scientifique pour fuir l'absurdité, ça va nous rattraper. Ça va nous rattraper toujours, comme une forme de retour du refoulé."

"On peut peut-être réussir à laisser de côté pour un temps, mais on n'y échappe pas."


Le besoin fondamental : prévoir pour ne pas avoir peur

Observation de Bascar : "Dans ce que tu dis, on entend le besoin du doudou épistémologique qui dit : 'Je ne veux pas le chaos. Protégez-moi du chaos, chaman, s'il vous plaît.'"

C'est la même logique.

Conclusion provisoire : "De ce point de vue-là, oui, la science est une croyance comme une autre, qui est probablement plus efficace. C'est d'ailleurs pour ça que les chamans scientifiques ont supplanté les chamans religieux."


Ce que ce débat révèle

Ce débat entre Bascar et Thomas met en lumière plusieurs tensions fondamentales dans notre rapport à la science :

  • La science repose sur des axiomes et des croyances - Même si elle se distingue par sa méthode rigoureuse, elle n'échappe pas à la nécessité de postuler certains principes de départ (existence du réel, validité de la logique, etc.).
  • L'argument d'autorité joue un rôle massif - Que ce soit pour le grand public ou pour les étudiants, la construction du savoir scientifique passe largement par la confiance en des autorités (institutions, professeurs, publications prestigieuses).
  • Les scientifiques eux-mêmes ont des croyances - Notamment en l'élégance et la beauté des théories, ce qui peut orienter la recherche de manière non rationnelle.
  • Le "vide de soi" motive beaucoup de comportements - Le besoin de se rassurer face au chaos du monde pousse à chercher des certitudes, que ce soit dans la religion ou dans la science.
  • La pensée en catégories pures est dépassée - L'évolution de la connaissance montre que les systèmes complexes et les hybrides ont remplacé les catégories étanches.
  • Le trans-rationnel est nécessaire - Pour dépasser les limites de la rationalité pure, il faut être au clair avec ses motivations émotionnelles et accepter une certaine ouverture, sans pour autant retomber dans le pré-rationnel.
  • Le monopole universitaire pose problème - La mainmise des institutions sur la science crée des phénomènes de verrouillage, de pression sociale et de rejet des voix divergentes.
  • La notion de "réel" et d'"existence" est dépassée - En épistémologie moderne, on ne cherche plus à accéder au "réel en soi", mais à construire des modèles prédictifs efficaces.

L'invitation finale de Bascar

Le message central : Soyez conscients des présupposés épistémologiques qui sont les vôtres. Interrogez vos motivations émotionnelles. Ne vous enfermez pas dans un mode de pensée en entonnoir. Acceptez la complexité, les hybrides, l'absurde.

Et surtout : Ne remplacez pas une idole par une autre. La science n'est pas un nouveau dieu, c'est un outil extrêmement puissant, mais qui a ses limites et ses biais.

L'ouverture au trans-rationnel n'est pas un retour à l'irrationnel, mais un dépassement lucide de la rationalité qui reconnaît ses propres limites sans y renoncer.


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Pimmich – Un cadre photo connecté open source basé sur Raspberry Pi

Aujourd’hui, je vous propose de découvrir Pimmich, un cadre photo connecté open source basé sur Raspberry Pi, pensé pour afficher vos souvenirs sans cloud ni abonnement, en restant 100% local. Avec les récents changements côté Google Photos, beaucoup d’entre vous ont dû revoir leurs habitudes… et Aurélien a eu le bon réflexe : s’appuyer sur […]

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Home Assistant 2026.1 : Une rentrée en douceur avec la première mise à jour de l’année

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Pour inaugurer cette nouvelle année, Home Assistant déploie sa version 2026.1. Après un mois de décembre chargé en “fonctionnalités festives”, cette mise à jour de janvier light en raison du break des fêtes se concentre sur la consolidation, le nettoyage technique et l’amélioration d’intégrations populaires. Pas de révolution majeure, mais des évolutions bienvenues pour stabiliser […]

Lire l'article complet: Home Assistant 2026.1 : Une rentrée en douceur avec la première mise à jour de l’année sur le magazine de la maison connectée Domo-blog.fr.

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Peer-review practices of psychological journals: The fate of published articles, submitted again | Behavioral and Brain Sciences | Cambridge Core

Published online by Cambridge University Press: 04 February 2010
Douglas P. Peters and Stephen J. Ceci

DOI: 10.1017/S0140525X00011183

Un intérêt et une préoccupation croissants concernant l'adéquation et l'équité des pratiques modernes d'évaluation par les pairs dans le domaine de la publication et du financement sont manifestes dans un large éventail de disciplines scientifiques. Bien que des questions aient été soulevées quant à la fiabilité, la responsabilité, les préjugés et la compétence des évaluateurs, très peu de recherches directes ont été menées sur ces variables.

La présente étude visait à examiner directement le processus d'évaluation par les pairs, dans le contexte naturel des évaluations réelles des manuscrits soumis par les revues. Comme matériel d'essai, nous avons sélectionné 12 articles de recherche déjà publiés par des chercheurs issus de départements de psychologie américains prestigieux et très productifs, à raison d'un article provenant de chacune des 12 revues américaines de psychologie les plus réputées et les plus lues, caractérisées par des taux de rejet élevés (80 %) et des pratiques d'évaluation non anonymes.

Après avoir remplacé les noms et les institutions d'origine par des noms et des institutions fictifs (par exemple, Tri-Valley Center for Human Potential), les manuscrits modifiés ont été officiellement soumis à nouveau aux revues qui les avaient initialement évalués et publiés 18 à 32 mois plus tôt.

Sur les 38 rédacteurs en chef et évaluateurs de l'échantillon, seuls trois (8 %) ont détecté les resoumissions. Ce résultat a permis à neuf des douze articles de poursuivre le processus d'évaluation et de recevoir une évaluation réelle : huit des neuf articles ont été rejetés. Seize des dix-huit évaluateurs (89 %) ont recommandé de ne pas les publier et les rédacteurs en chef ont suivi leur avis. Les motifs de rejet ont souvent été décrits comme des « graves défauts méthodologiques ». Plusieurs interprétations possibles de ces données sont examinées et évaluées.


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Troublantes parentés des constitutions russe et française

Le 19 août 2025, M. Emmanuel Macron qualifiait son homologue Vladimir Poutine d'« ogre » et de « prédateur ». Selon lui, notre nation doit se préparer à défendre ses valeurs — démocratie, liberté, tolérance — contre le modèle illibéral de Moscou. Y compris militairement. À en croire le (…) / France, Russie, État, Démocratie, Politique
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Fact-check : Y a-t-il des bons et des mauvais coups d’État ?

En géopolitique plus que dans n’importe quel domaine, la nuance doit être de mise ; il faut à tout prix éviter les parallèles à l’emporte-pièce et ne comparer que ce qui est comparable. Certes, dans les faits, ce qui s’est passé au Venezuela peut s’apparenter à un coup d’État mais il ne faut pas perdre de vue que Nicolas Maduro est quelqu’un de très très méchant et que les Américains ne lui ont fait aucun mal alors qu’ils avaient tout le loisir de le descendre ainsi que toute sa famille. Par ailleurs, il a moins été capturé par goût du pouvoir que pour ses actions liées au trafic de drogue et au narcoterrorisme. De plus, non seulement le président Maduro n’a pas été tué mais il serait ravi de son séjour aux Etats-Unis dont il adore la culture et envisagerait de demander la nationalité américaine selon son interprète officiel qui n’est autre que le professeur d’espagnol de Donald Trump. 

Un coup d’État, vraiment ?

Bref, il y a « coup d’État » et « coup d’État ». Il ne faut jamais perdre de vue que depuis 1950, près de cinq cents coups d’État ont été tentés ou réussis sans que cela n’émeuve autant la communauté internationale et qu’en Afrique, une journée sans coup d’État c’est un peu comme une chanson de Jul sans Auto-Tune. Le coup d’État de Pinochet au Chili en 1973 ou celui de Franco en 1936 en Espagne étaient de vrais coups d’État pas sympas du tout du tout. Là, en revanche, on a mis en place comme présidente par intérim, Delcy Rodriguez, qui est sans nul doute la candidate pour qui presque tous les Vénézuéliens auraient voté. On peut même se demander si dans le cas des Etats-Unis il s’agit d’un vrai coup d’État puisqu’on n’a pas pris le pouvoir par la force mais simplement ôté le pouvoir par la force. En outre, beaucoup de nos experts s’accordent à dire qu’en dessous de 81 morts, on ne peut pas vraiment parler de coup d’État mais plutôt d’« exfiltration ». Or il n’y a eu que 80 morts lors de la capture de Maduro.

Bref, si on devait admettre qu’il y a eu un « coup d’État », ce qui n’est pas avéré, il faudrait préciser pour être tout à fait juste et nuancé, qu’il s’agit en l’occurrence d’un très bon coup d’État, progressiste, pacificateur, et vecteur d’espoir pour l’humanité.

Photo Getty Images

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Le cœur du marathonien résiste mieux qu’on ne le pense, selon une étude de long terme

L’image du marathon comme épreuve extrême pour le cœur alimente les débats depuis des années. Courir plus de quarante kilomètres sollicite intensément l’organisme, au point de faire naître une inquiétude persistante autour d’éventuelles lésions cardiaques. Pourtant, des travaux récents apportent un éclairage rassurant. Une étude de suivi sur dix ans montre que, chez les coureurs ... Lire plus

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Comme prévu, le prix de l’abonnement Pure Fibre de Bouygues Telecom est en hausse

Lancé l'année dernière au tarif de 23,99€ par mois, l'abonnement B&You Pure Fibre vient de voir son prix augmenter. En effet, il faut désormais débourser 24,99€ par mois pour souscrire à ce forfait qui promet une fibre dédiée 100% à inernet.

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Régulation du numérique en 2025 : quand l’UE lâche du lest

Au nom de la compétitivité, une « révolution en matière de simplification » se prépare.

Les institutions de l’UE l’avaient promis en novembre 2024, à l’issue du Sommet de la communauté politique européenne. Elles s’étaient engagées à « réduire drastiquement les charges administratives, réglementaires et de déclaration, en particulier pour les PME ».

La Commission européenne a repris ces éléments dans son programme de travail pour 2025. Annoncé le 11 février, il comporte des objectifs chiffrés : d’ici à la fin du mandat en 2029, réduire le « fardeau administratif » de 25 % (et de 35 % pour les PME).

Deux semaines plus tard étaient présentés deux trains de mesures, dits omnibus. L’un assouplit les exigences de reporting extra-financier, notamment en réduisant le champ d’application de la directive CSRD (informations en matière de durabilité) et en reportant l’entrée en application de certaines de ses dispositions. L’autre applique la même logique aux règlements InvestEU et EFSI, dans le but de stimuler les investissements stratégiques.

Depuis, 8 autres omnibus ont été proposés. Dont un sur le numérique, en novembre. Il doit encore être approuvé par les 27 et le Parlement.

Décalage d’une échéance importante de l’AI Act

L’omnibus numérique apporte des changements à l’AI Act. Il prévoit notamment de décaler l’entrée en application des règles relatives au système d’intelligence artificielle classés à haut risque. L’échéance, initialement fixée à août 2026, pourra être repoussée de 16 mois maximum, le temps de mettre des outils de soutien à disposition des entreprises.

L’AI Act serait aussi modifier pour étendre aux small caps certaines simplifications accordées aux PME qui développent ou utilisent des systèmes d’IA. Notamment en matière de documentation technique. Par small cap, il faut entendre les organisations comptant moins de 750 salariés et ne dépassant pas 150 M€ de CA annuel ou 129 M€ de total de bilan. Une catégorie créée à l’échelle de l’UE par un autre paquet omnibus.

Toujours au chapitre AI Act, l’accès aux bacs à sable réglementaires (environnements de tests contrôlés) est élargi. Davantage de tests en conditions réelles seront par ailleurs effectués, dans des secteurs comme l’automobile.

Allégements autour d’un « nouveau Data Act »

L’omnibus numérique abroge plusieurs textes dont il fusionne certaines dispositions au sein du Data Act :

  • Data Governance Act (règlement 2022/868)
  • Directive Open Data (2019/1024)
  • Règlement sur la libre circulation des données à caractère non personnel au sein de l’UE (2018/1807, dit FFDR)

Le « nouveau Data Act » apporte, entre autres, des facilités pour les PME qui fournissent des services de traitement de données. Plus précisément, un régime plus « léger » pour les services « personnalisés » (non commercialisés sur étagère et qui ne fonctionneraient pas sans une adaptation préalable aux besoins de l’utilisateur).

Des facilités sont également octroyées aux fournisseurs de services d’intermédiation de données. Ils n’ont pas l’obligation de notifier les autorités compétentes, ni d’opérer une séparation juridique vis-à-vis d’autres services (une séparation fonctionnelle suffit).

L’omnibus supprime aussi, dans le Data Act, les exigences pour les smart contracts qui exécutent des accords de partage de données (contrôle de l’accès, archivage, résilation en toute sécurité…). Il fournit par ailleurs un motif supplémentaire pour refuser de communiquer des données relatives à des produits connectés au nom du secret des affaires. En plus du risque de préjudice économique grave, il devient possible d’invoquer le risque élevé d’acquisition ou d’usage par des pays tiers qui ne garantissent pas un niveau de protection des données équivalent à celui de l’UE.

PME et small caps sont de plus exemptées des règles sur le changement de fournisseur cloud, excepté celles relatives à la fin des frais de sortie.

Le RGPD assoupli jusqu’à la définition des données personnelles

L’omnibus numérique apporte aussi des modifications au RGPD… qui change jusqu’à la définition des données personnelles.

Celles-ci ne le sont plus pour toute entité qui ne peut pas réidentifier la personne concernée à l’aide de moyens raisonnables. Cela reste vrai même si un destinataire ultérieur a les moyens de réaliser cette identification.

Le périmètre des « données de santé » se réduit aussi. Ne sont plus considérées comme telles que celles qui révèlent « directement » des infos sur l’état de santé d’une personne. De même, n’est plus interdit que le traitement de données personnelles révélant « directement » l’origine raciale ou ethnique, les opinions politiques, les convictions religieuses ou philosophiques, etc.

L’omnibus numérique introduit une dérogation supplémentaire à l’interdiction de traiter des catégories particulières de données personnelles. Elle touche au développement et à l’exploitation de systèmes d’IA. Elle complète, entre autres, l’obtention d’un consentement explicite et la nécessité pour la sauvegarde des intérêts vitaux de la personne concernée.

Des contraintes en moins sur l’information des personnes concernées et des autorités

Les règles relatives aux cookies sont modernisées. L’idée est que les utilisateurs puissent définir leurs préférences « en un clic » pour une durée de 6 mois ou via les paramètres de leur navigateur ou OS. En parallèle, certaines fonctions basiques des sites web, comme le comptage du nombre de visiteurs, ne nécessitent plus de consentement.

Autres exigences allégées : celles relatives à l’information des personnes concernées. Elles ne s’appliquent plus dès lors que les collectes sont effectuées dans le cadre d’une relation « claire et délimitée » par un responsable de traitement exerçant une activité « non intensive en données ». Ce sous réserve que la personne connaisse déjà les finalités et la base du traitement.

Quant à l’obligation de notifier l’autorité référente en cas de violation de données, elle devient limitée aux incidents qui engendrent un risque élevé pour les droits et libertés des personnes concernées. Le délai est porté de 72 à 96 heures.

L’abandon de la directive sur la responsabilité en matière d’IA…

Parallèlement à ces dispositifs, la Commission européenne a abandonné ses travaux sur certains textes. Parmi eux, une directive sur la responsabilité en matière d’IA. Motif : pas d’accord prévisible entre les colégislateurs de l’UE.

Il s’agissait de garantir aux victimes de dommages causés par l’IA une protection équivalente à celle des victimes de dommages causés par d’autres produits de manière générale.
En toile de fond, des règles nationales jugées non adaptées au traitement des actions en responsabilité pour de tels dommages. En particulier sur la charge de la preuve. Autre constat : les stratégies IA de plusieurs États membres montraient une volonté d’élaborer des mesures dans le domaine… au risque d’une fragmentation qui augmenterait les coûts pour les entreprises exerçant dans l’ensemble de l’Union.

La directive devait s’appliquer aux actions civiles fondées sur une faute extracontractuelle pour des dommages causés par un système d’IA classé « à haut risque ». Elle avait pour principaux effets d’habiliter les juridictions nationales à ordonner la divulgation d’éléments de preuve et d’établir une présomption de lien de causalité. L’approche d’harmonisation était dite minimale, de sorte qu’on pourrait toujours invoquer les règles plus favorables du droit national.

… et du règlement ePrivacy

Un autre texte a été mis sur la touche : le règlement ePrivacy. Là aussi par manque de perspective d’accord entre législateurs. Mais également parce que son contenu apparaissait « obsolète au vu de la législation récente ».

Le règlement était resté à l’état de projet depuis 2017. L’objectif était initialement de le faire entrer en application parallèment au RGPD (soit le 25 mai 2018). Il aurait remplacé une directive de 2002, révisée pour la dernière fois en 2009, et également dite ePrivacy – ou « vie privée et communications électroniques ». D’un côté, pour encadrer plus strictement l’usage des métadonnées et des cookies. De l’autre, pour élargir son champ aux services de communication « par contournement » (OTT, over-the-top).

Le « nouvel ePrivacy » devait englober davantage de techniques de suivi du comportement en ligne. Et remédier à la « formulation confuse » de certaines dispositions de la directive. L’une touchait au consentement dans le cadre du suivi en ligne. Les modifications proposées avaient entraîné une levée de boucliers d’éditeurs de presse et de représentants du numérique et des télécoms.

Une disposition nouvelle aurait obligé les fournisseurs de logiciels et de matériels associés à des services de communication à proposer, dans les paramètres de configuration, la possibilité de refuser les cookies tiers. Une autre aurait imposé de présenter un code ou un indicatif spécifique montrant le caractère commercial d’appels téléphoniques.

AI Act : une entrée en application (très) progressive

Le RGPD est en application depuis le 25 mai 2018. Le Data Act, depuis le 12 septembre 2025. Concernant l’AI Act, une première salve de dispositions sont applicables depuis février. Une bonne partie ont pour effet d’exclure du champ du règlement certains systèmes et usage. Par exemple :

  • Systèmes d’IA utilisés exclusivement à des fins militaires, de défense ou de sécurité nationale
  • Systèmes ou modèles d’IA spécifiquement développés et mis en service uniquement à des fins de R&D scientifique
  • Systèmes d’IA publiés sous licence ouverte, tant qu’ils ne sont pas mis sur le marché ou mis en service en tant que système à haut risque ou relevant d’usages que l’AI Act interdit

Parmi ces usages interdits, il y a la techniques subliminales ou délibérément trompeuses, la « notation sociale » et l’exploitation de vulnérabilités dues à l’âge, au handicap ou à la situation sociale ou économique. Pour aider à leur interprétation, la Commission européenne a publié des lignes directrices.

Des pressions face aux règles applicables à ChatGPT & Cie

Une deuxième série de mesures de l’AI Act est entrée en application au mois d’août. Parmi elles, les obligations faites aux fournisseurs de modèles d’IA à usage général – ChatGPT, Gemini, Claude, etc.

En amont, l’association EU AI Champions, qui regroupe une soixantaine d’entreprises européennes, avait demandé un moratoire de 2 ans sur l’application des principales obligations. Motif : la complexité du texte et l’absence de lignes directrices opérationnelles. Parmi les signataires, Arthur Mensch (Mistral AI), Éléonore Crespo (Pigment), Alexandre Bompard (Carrefour), Jean-Laurent Bonnafé (BNP Paribas), Bernard Charlès (Dassault Systèmes), Guillaume Faury (Airbus) et Patrick Pouyanné (TotalEnergies).

L’association professionnelle CCIA Europe, représentant de grandes entreprises technologiques internationales, avait également appelé à un report, soulignant le risque de freiner l’innovation et la compétitivité.

La France avait adopté une position intermédiaire. Clara Chappaz, ministre déléguée au numérique, avait souhaité que la mise en œuvre du règlement ne soit pas ralentie, mais qu’un délai de grâce soit accordé pour la mise en conformité.
La présidence polonaise du Conseil de l’UE, comme le Premier ministre suédois, avait porté une demande formelle de report.

Le débat se porte sur la révision du DMA

Entre juillet et septembre 2025, la Commission européenne a organisé une consultation publique. Cela préfigure la première évaluation du DMA (une démarche à boucler au plus tard le 3 mai 2026 et qui pourrait mener à des modifications).

Le règlement s’applique actuellement à une vingtaine de « services de plate-forme essentiels » dont les exploitants sont nommés « contrôleurs d’accès » (gatekeepers). Il est censé garantir la contestabilité et l’équité des marchés dans le secteur numérique de l’UE, à travers des règles touchant notamment à l’exploitation de données, à l’interopérabilité et aux relations contractuelles avec les entreprises utilisatrices des services en question.

Dans le contexte de pression sur la Commission européenne, la Chambre de commerce de République tchèque s’est inscrite dans la lignée du rapport Draghi pour réclamer des allégements du DMA.

L’Open Cloud Coalition (alliance de fournisseurs essentiellement britanniques) a suivi. Elle estime que le DMA n’est pas adapté au cloud, mieux couvert par les règles antitrust standards ; en tout cas pour le IaaS et le PaaS, dont le fonctionnement n’implique pas réellement d’intermédiaires entre des utilisateurs et des fournisseurs de services.

Illustration générée par IA

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Des séquences génétiques négligées pourraient expliquer les mécanismes de la maladie d’Alzheimer

Une équipe australienne vient d’identifier plus de cent cinquante régions régulatrices situées dans des portions d’ADN autrefois considérées comme inutiles. Leur découverte concerne spécifiquement les astrocytes, cellules cérébrales fournissant un soutien vital aux neurones habituellement endommagés chez les patients atteints d’Alzheimer. Loin de représenter un simple catalogue génétique, ce travail met en lumière des interrupteurs ... Lire plus

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Le complot le plus grave de la tech française - YouTube

Gemplus : Comment les États-Unis ont pris le contrôle du leader mondial des cartes à puces
Une entreprise française au sommet du monde

En 1988, alors que les États-Unis et le Japon s'affrontaient dans une guerre économique sans merci pour la maîtrise des nouvelles technologies, la France possédait une pépite d'ingénierie que le monde a peu remarquée : Gemplus. Fondée par Marc Lassus, un fils d'instituteur béarnais, et cinq autres ingénieurs venus de Thomson-CSF, cette petite entreprise provençale allait devenir le leader incontesté de la fabrication de cartes à puces.

Marc Lassus n'était pas l'inventeur de la puce dorée – cet honneur revient à Roland Moreno – mais il a perçu quelque chose que personne d'autre ne voyait à l'époque : le potentiel colossal de cette technologie pour sécuriser les transactions, les authentifications et les communications du monde numérique. À une époque où les cartes magnétiques dominaient et pouvaient être clonées en quelques secondes, Lassus était convaincu que la carte à puce était l'avenir.

Dès le départ, il s'entoure stratégiquement. Il convainc France Télécom, qui perdait des millions à cause des fraudes sur cartes magnétiques, d'investir. Roland Moreno, l'inventeur, participe aussi au capital. Cette diversification signifie que dès le début, Marc Lassus ne contrôle pas seul sa propre entreprise – il en possède environ 20% – mais il conserve la présidence et le leadership visionnaire.
La croissance fulgurante d'un champion français

Entre 1988 et 1998, Gemplus se transforme d'une start-up à peine concevable en géant mondial. La croissance est spectaculaire : 50% par an. L'entreprise vend 3 millions de cartes à puces par mois en Europe et équipe déjà plus de 400 millions de cartes SIM à travers le monde.

Le véritable trésor gardé jalousement : le savoir-faire en cryptographie. Dans les laboratoires ultra-sécurisés de Marseille, des ingénieurs parmi les meilleurs au monde développent des systèmes de chiffrement réputés inviolables. Chaque carte à puce contient une clé cryptographique secrète, connue uniquement de la carte et de l'opérateur, qui ne quitte jamais la puce. Grâce à cette clé, le réseau authentifie le téléphone et génère les clés de chiffrement qui protègent les communications.

Celui qui contrôle ces clés contrôle les secrets de milliards de personnes. Gemplus en garde des centaines de millions dans ses laboratoires, chacune infiniment précieuse. Ces clés sont ce que les services de renseignement appellent « le Graal du renseignement ». Avec elles, on peut lire en clair toutes les communications entre un téléphone et le réseau. Les technologies de Gemplus équipent les cartes bancaires, les passeports électroniques, les systèmes de communication chiffrés, la télévision cryptée, les abonnements téléphoniques – pratiquement tous les secteurs demandant une authentification sécurisée.
Le rêve américain impossible

Cependant, il existe un trou béant : les États-Unis. Malgré la domination mondiale, le marché américain reste fermé. Les raisons en sont simples : d'abord, les États-Unis n'utilisent pas la norme GSM pour leurs réseaux mobiles – ils ont leurs propres standards qui ne nécessitent pas de cartes SIM. Ensuite, les cartes bancaires et les télécartes américaines fonctionnent avec des bandes magnétiques. Pour les Américains, investir dans une technologie étrangère semble trop cher, trop risqué, et surtout : ce n'est pas américain.

Pour Marc Lassus, c'est insupportable. Les États-Unis ne sont pas juste un marché supplémentaire – c'est le marché, celui qui valide votre statut de leader mondial. Sans lui, vous restez un acteur régional, peu importe votre taille. Lassus sait qu'une seule solution existe : s'associer à une entreprise américaine puissante.

Il cible d'abord Datacard, le leader américain des terminaux de paiement. Refus sec. Il remonte alors la chaîne et contacte l'actionnaire majoritaire de Datacard : la famille Quandt, l'une des plus riches dynasties industrielles allemandes – puissante, discrète, propriétaire de BMW et d'usines partout en Europe. Cette fois, ça fonctionne. Les Quandt acceptent d'entrer au capital de Gemplus. Lassus récupère la branche carte de Datacard et une usine à Philadelphie.

Sur le papier, c'est un coup de maître. Dans les faits : rien ne change. Avoir une usine sur le sol américain ne suffit pas.
L'arrivée du loup dans la bergerie

En 1999, Marc Lassus quitte la direction opérationnelle quotidienne de Gemplus. Il garde la présidence du conseil d'administration mais Daniel Legal, co-fondateur, dirige au quotidien. Lassus, exilé à Londres pour des raisons fiscales, se concentre sur la stratégie : ouvrir le marché américain. Jusqu'à présent, sans succès.

Puis arrive ce coup de fil : Daniel Legal appelle Marc, gêné. Gemplus a reçu une troisième offre d'un fonds d'investissement américain : Texas Pacific Group (TPG). Le montant : 550 millions de dollars pour 26% du capital. Légal l'avait refusée deux fois sans en parler à Marc.

Marc explose. Comment Légal a-t-il pu refuser sans le consulter ?

Mais Légal n'est pas idiot. Il est méfiant. Et il a raison. Avec 40% de croissance annuelle, Gemplus est tout l'inverse d'une entreprise en difficulté – le profil classique des cibles de TPG. De plus, TPG n'est pas spécialisé en technologies. Et 550 millions de dollars ? C'est quadruple ce que TPG investit habituellement. C'est anormalement généreux.

Il y a une raison plus profonde encore : TPG demande 33% du capital. Ce n'est pas anodin. 33%, c'est la minorité de blocage – la part qui suffit pour bloquer toutes les décisions importantes. C'est presque donner les clés à quelqu'un d'autre.

Gemplus développe des technologies extrêmement sensibles. Les secrets ne doivent pas tomber entre de mauvaises mains. Même si les États-Unis sont des alliés, c'est une question de principe : Gemplus doit rester sous contrôle français.

Mais pour Marc Lassus, qui a consacré une décennie à accéder au marché américain, la pilule a du mal à passer. Il est conscient des risques, mais il a tout essayé et tout a échoué. Il décide de prendre le dossier en main.
David Bonderman et le mirage du marché américain

David Bonderman accueille Marc Lassus dans son ranch du Colorado – le Wildcat Ranch avec 19 chambres, un lac privé, une vue imprenable sur les Rocheuses – comme un roi. Bonderman est un avocat brillant, milliardaire, collectionneur d'art et de deals audacieux.

Il ouvre à Marc Lassus des perspectives inespérées. Il raconte être proche d'Hillary Clinton (ministre de la santé à l'époque), que toutes les cartes vitales vont passer à la technologie de la carte à puce, que les 200 millions de permis de conduire vont suivre. Un boulevard vers la conquête du marché américain.

Marc tient enfin son marché. Il a des dollars dans les yeux. Il rentre convaincu.

Chez Gemplus, c'est la guerre. Les co-fondateurs sont catégoriques : TPG, c'est non. Trop risqué. Ils n'ont pas besoin d'eux. Légal et les autres traitent Marc de naïf. Marc les trouve peureux. Ils laissent passer la chance de leur vie.

Marc a deux possibilités : convaincre les co-fondateurs, ou monter d'un niveau et faire valider directement par les actionnaires. La seconde option est plus simple, notamment parce que les Quandt allemands semblent très enthousiastes.

Marc négocie une entrée de TPG à hauteur de 26%. En échange, TPG obtient le droit de nommer le directeur général et cinq des neuf sièges du conseil d'administration. Le deal se fait enfin. Pour Marc, c'est la libération. Enfin, pas tout à fait.
Les premiers signes troublants

Au début 2001, 6 mois après l'arrivée de TPG, l'ambiance change. Dans les couloirs, des Américains arrivent partout. Un nouveau directeur général : Antonio Perez. Un nouveau directeur financier. Puis toute l'équipe dirigeante historique se fait remplacer un par un.

Pourtant, la croissance de Gemplus continue. L'arrivée sur le marché américain réussit. Les nouveaux managers ont été formés dans des écoles de management américaines. Tout irait bien jusqu'au jour où ils décident de s'immiscer dans des décisions stratégiques apparemment stupides.

La première alerte : Antonio Perez multiplie les communiqués maladroits aux investisseurs exactement quand les marchés financiers sont en fébrilité. Marc Lassus voit horrifié le cours de Gemplus baisser en bourse – une première.

Pire encore : la décision d'abandonner les télécartes. Perez les traite de « produit de merde ». C'était l'épicerie historique. Gemplus générait des milliards avec pratiquement aucun frais. La marge était très intéressante. Pourquoi abandonner une vache à lait ?

Marc monte au créneau et s'oppose de toutes ses forces. Il parvient à faire revenir Perez sur sa décision. Mais quelques mois plus tard, Perez revend Skiata, une pépite technologique acquise par Gemplus qui ouvrait l'accès au marché très juteux des terminaux de parking. Pour des raisons obscures.

Des choses vicieuses commencent à se passer.
La surveillance et les cambriolages

Les objections de Marc ne restent pas sans conséquences. Des réactions commencent – discrètes, puis inquiétantes.

Un dimanche matin, Marc travaille tôt. Il voit un homme fouiller ses poubelles. C'est le chef des gardiens. Il soutient une histoire sur les odeurs, mais Marc sait : quelqu'un cherche ses papiers.

À mesure que la situation devient tendue avec TPG, les signes inquiétants s'accumulent. Marc découvre qu'il est suivi. C'est un marchand de smartphones turc qui le signale à sa femme : « Quand vous sortez de chez vous, il y a des gens qui vous suivent. »

Marc constate que c'est vrai. Il prend le métro et comprend que des professionnels le surveillent. Quand il descend du train au dernier moment pour en prendre un autre, ils le suivent. Quand il change de ligne et se déplace à toute vitesse, ils sont toujours là. Il n'a jamais réussi à les semer.

Il est cambriolé trois fois en 6 mois. Il déménage – on le recambrole. À chaque fois, rien n'est volé, mais sa maison est entièrement saccagée. C'est une mise en scène, une démonstration.
Le coup de fil de Landis & Gear

C'est à ce moment que Gemplus reçoit un coup de fil décisif. Il provient de Landis & Gear, une autre société technologique. Le message : troublant.

« Faites attention. On s'est fait racheter par TPG il y a 3 ans. Maintenant, la boîte est en faillite. Ils ont tout liquidé. Il y a une filiale criblée de dettes qu'ils veulent vous refiler. »

Quelques semaines plus tard, Marc découvre, stupéfait, qu'Antonio Perez rachète effectivement cette filiale mourante de Landis & Gear. TPG se débarrasse de ses poubelles en les vendant à Gemplus. Pour Marc Lassus, c'est le déclic.

Le cours de Gemplus continue de s'effondrer. Les investisseurs paniquent. Les analystes s'alarment. Le champion français est en crise. Les licenciements commencent. C'est surréaliste. La colère monte parmi les salariés.

Parmi les rumeurs : Antonio Perez aurait des liens avec les services de renseignement américain. Tout cela ne serait pas hasard, mais une opération coordonnée. À l'époque, cela ressemble à une théorie du complot.

Marc Lassus n'y croit pas du tout. Pour lui, Perez est simplement incompétent.
La convocation à Washington

Quelques jours plus tard, Marc reçoit une convocation à Wildcat Ranch. David Bonderman veut le voir avec Antonio Perez.

Marc part persuadé qu'il ne sera pas difficile de convaincre Bonderman de l'incompétence de Perez. Mais pas de tapis rouge cette fois. Bonderman les reçoit froidement. Il leur dit que tous les deux sont responsables de la crise.

Bonderman joue au « John Wayne ». Il les réprimande sévèrement : s'ils ne sont pas capables de travailler ensemble, il les vire tous les deux. Perez, visiblement, est très bien payé et comprend qu'il y a complicité entre lui et Bonderman. C'est pour calmer Marc.

Marc rentre à Londres désemparé. Il commence à réaliser qu'il n'a plus le soutien de TPG. Mais il refuse encore de faire le lien. Il se dit que Bonderman protège simplement son directeur général. C'est normal. TPG veut juste que Gemplus réussisse.
Les démissions forcées et la perte de contrôle

La situation devient lunaire. Marc reçoit une convocation pour un conseil d'administration extrêmement urgent à Washington. Lui, le président du conseil – c'est normalement lui qui convoque – doit répondre à une convocation mystérieuse.

Stéphane Kan l'appelle – quelqu'un qui l'appelait rarement. Des managers qu'il connaissait à peine l'appellent : « Marc, il faut absolument que tu viennes. »

Il arrive de vacances à Roatán, une petite île des Caraïbes où il avait acheté une propriété pour sa retraite. Pas de costume – il était en vacances. C'était censé être un repos avec juste un vieux fax pour les urgences.

À Washington, c'est le piège. Tout est organisé à l'américaine. Le conseil d'administration est présent, mais aussi tous les directeurs de Gemplus – bien qu'ils ne devraient pas être là. Une agence de communication, des avocats, des piles de documents, des imprimantes qui tournent à plein régime.

Un homme n'a aucun rôle officiel, mais gère tout. Logistique, conseil d'administration, communiqués de presse, bureau de presse. C'est David Bonderman. Il a organisé le show.

Marc comprend que le scénario est déjà écrit. Parmi les documents, il voit deux ébauches de protocoles de révocation – les conditions de fin de mandat de deux dirigeants. Les noms sont déjà écrits : Antonio Perez et Marc Lassus.

C'est le choc. Le fondateur, forcé par son propre conseil d'administration à démissionner. Marc peut rester au conseil, mais il perd toute autorité. Il n'a plus le droit de communiquer avec le personnel. Plus de pouvoir. Plus rien.

Écœuré et épuisé, Marc Lassus signe sa démission. Il vient de perdre Gemplus.


La révélation : In-Q-Tel et la CIA

Fin 2001, TPG semble avoir pris le contrôle total de Gemplus. David Bonderman obtient un siège au conseil. Il est nommé vice-président.

Mais la bataille n'est pas terminée. Marc Lassus a des cartes à jouer. Pendant ces années, il a rencontré Ziad Takieddine et Thijs d'Asso, deux actionnaires de Gemplus prêts à le soutenir face aux Américains. Un front français se constitue.

Au printemps 2002, ils enchaînent les victoires. Takieddine et d'Asso sont élus au conseil. Ils font passer le conseil à 13 sièges, diluant le pouvoir de TPG. Ils font élire un nouveau président français : Dominique Vignon.

Mais ils sont en retard. Et ils vont bientôt découvrir contre qui ils jouent vraiment.

La première mission : nommer un nouveau directeur général. Takieddine et d'Asso interviewent un candidat excellent – un Français formé aux États-Unis, parfait. Au dernier moment, Bonderman impose Alex Mandl – un Autrichien ayant travaillé chez AT&T et Bell. Un très bon pédigrée. Pourquoi pas ?

Ce qu'on ne savait pas, c'est la suite.

Un journaliste à la Tribune, le quotidien économique, suit l'affaire depuis le début. Ça le fascine. Il sent quelque chose de plus gros. Il se retrouve sans emploi mais avec maintien de salaire. Il a du temps. Il creuse.

Il tombe sur Alex Mandel. Un type imposé de nulle part. C'est bizarre. Il tape Alex Mandel sur Google.

En 2002, Google n'a que 4 ans. Chez Gemplus, visiblement, on n'avait pas fait cette recherche. Au milieu des résultats, il voit un nom qui change tout.

In-Q-Tel.

Un fonds d'investissement créé par l'Agence Centrale de Renseignement américaine pour investir dans les nouvelles technologies – cryptographie, cybersécurité, intelligence artificielle, tout ce qui touche au renseignement du futur. Et Alex Mandel, le nouveau directeur général de Gemplus, siège au conseil d'administration d'In-Q-Tel.

Le journaliste relit trois fois. Il n'arrive pas à y croire. Le mec nommé pour diriger Gemplus travaillait pour la CIA.

Il continue. Plus il cherche, plus les connexions apparaissent. Alex Mandel ne travaille pas que pour In-Q-Tel. Il fait partie du BENS – Business Executives for National Security – un think tank qui promeut les intérêts économiques et sécuritaires des États-Unis. David Bonderman a travaillé au cabinet Arnold & Porter – le même qui conseille In-Q-Tel.

TPG, In-Q-Tel, BENS, Arnold & Porter. Tout ce beau monde gravite dans les mêmes cercles.

Quand Marc Lassus apprend ça, il refuse d'abord d'y croire. Puis tout s'éclaircit.

TPG avec 550 millions. Antonio Perez et ses décisions absurdes. L'abandon de la télécarte. Les acquisitions stupides. La surveillance. La poubelle fouillée. Les cambriolages. Bonderman orchestrant l'éviction. Alex Mandel, l'homme de la CIA, placé à la tête de Gemplus.

Depuis le début, il avait été la cible d'une opération de renseignement. Menée par la CIA pour prendre le contrôle de Gemplus. Et il avait ouvert la porte lui-même.
Pourquoi la CIA voulait Gemplus

Pourquoi ? Pourquoi la CIA voulait-elle Gemplus ?

À l'intérieur de chaque carte SIM, il existe une clé cryptographique secrète connue uniquement de la carte et de l'opérateur. Elle ne quitte jamais la puce. Grâce à cette clé, le réseau authentifie le téléphone et génère les clés de chiffrement qui protègent les communications.

Celui qui contrôle cette clé peut tout entendre.

Gemplus, dans ses laboratoires ultra-sécurisés, stockait toutes ses clés – des centaines de millions. En 2000, Gemplus équipait plus de 400 millions de cartes SIM plus les cartes bancaires, plus les passeports électroniques.

Gemplus détenait les clés du monde. C'était une entreprise française.

Pour les États-Unis, c'était intolérable. Les Américains considèrent que la cryptographie est un enjeu de sécurité nationale. Ils ne pouvaient pas accepter qu'une entreprise étrangère contrôle l'accès aux communications mondiales. Gemplus devait tomber.


Les conséquences dévastatrices pour Marc Lassus

Pour Marc Lassus, les conséquences ont été dévastatrices. Au moment de l'introduction en bourse de Gemplus, TPG lui avait fait un prêt de 70 millions de dollars pour qu'il achète des stock options, pour donner un bon signal aux investisseurs.

Sauf que la crise que Gemplus a traversée rend les actions sans valeur. L'AMF le condamne, prétendu qu'il avait trafiqué les cours. Marc dit que c'est scandaleux. Il se sent très mal défendu. Il a baissé les bras.

Ses actions de 18% dans Gemplus n'avaient plus aucune valeur. Quand Gemplus demande à Marc de rembourser les 70 millions, il est insolvable. Ses biens sont saisis. Son bateau est piqué.

« J'en pouvais plus. Je me suis trouvé ruiné. J'ai touché ma retraite tard et elle est amputée encore par l'État français. »

Aujourd'hui, Marc Lassus vit modestement. L'homme qui a créé la première licorne française est endetté et brisé.


L'après : Gemalto et les révélations de Snowden

Gemplus est rachetée en 2006 par Axalto, un autre fabricant français. Le nouvel ensemble s'appelle Gemalto. En 2019, Gemalto est racheté par Thales, le géant français de la défense. Gemplus redevient française.

Mais trop tard. Les Américains ont eu 4 ans – de 2002 à 2006 – pour siphonner tout ce qu'ils voulaient. Les technologies, les clés, les brevets. C'était l'objectif depuis le début.

La preuve arrive en 2013. Edward Snowden, analyste de la NSA, révèle l'ampleur de la surveillance américaine. Parmi les documents, une présentation de la NSA révèle que l'agence a piraté Gemalto pour voler les clés de chiffrement des cartes SIM.

Selon les documents de Snowden, la NSA et le GCHQ britannique ont infiltré les réseaux de Gemalto pour dérober des milliers de clés de chiffrement à la source. Un document daté de 2010 indique : « [nous] avons implanté avec succès plusieurs machines Gemalto et nous pensons que nous avons l'ensemble de leur réseau. »

Les agences pouvaient décoder les données passant entre téléphones mobiles et tours de transmission. Elles pouvaient espionner appels, textos, emails sans permission et sans laisser de trace.

Quand la France découvre l'espionnage – Hollande auprès d'Obama, accompagné de Merkel, dénoncent publiquement à Paris être espionnés. Obama est gêné, mais sans plus. Ça continue.
Une opération planifiée du début à la fin

Il n'y a pas de doute pour Marc Lassus : on ne monte pas une opération de cette ampleur avec autant de coordination, autant de surveillance, autant de moyens, juste par hasard. C'était planifié. Orchestré du début à la fin.

« Ce sont des ennemis. C'est la CIA. C'est sûr », déclare Marc Lassus.

Ce n'était pas une première. Dans les années 1990, d'autres cas similaires existaient – des entreprises européennes de cryptographie infiltrées, rachetées, sabotées. Gemplus, c'est l'opération la plus aboutie.

Les États-Unis, qui avaient pris du retard dans les années 1990, ont rattrapé. Bill Clinton inaugure la première carte bancaire américaine en 2003, juste après l'arrivée d'Alex Mandel chez Gemplus.
Leçons pour l'Europe : une naïveté coûteuse

En Europe et en France, on croyait au libre-échange, à la loyauté entre alliés. Mais les Américains protégeaient leurs intérêts par tous les moyens – y compris le renseignement offensif.

L'affaire Gemplus est devenue un cas d'école, symbole de la naïveté européenne face à la guerre économique menée par les grandes puissances. C'était il y a 25 ans. Qu'est-ce qui a vraiment changé ?

Il est impensable que l'Europe continue à se faire avoir de la sorte... n'est-ce pas ?

Pas certainement. D'autres champions français se marient avec des Américains. Latécoère et Photonism ont vu un fonds américain prendre le contrôle. Alstom a été racheté par General Electric. Et on ne pose pas de questions.

Si la France a longtemps été indépendante sur tous les secteurs stratégiques, qu'en est-il maintenant ? Quand sera-t-il à l'avenir ? Que se passera-t-il si les États-Unis décident que nous ne sommes plus leurs alliés ? Que nous n'avons plus besoin des turbines alimentant nos sous-marins ? Que nous n'avons plus besoin d'entretenir nos centrales nucléaires ?

Le prochain Gemplus existe peut-être déjà. Il développe de l'IA générative, des composants quantiques, des puces de nouvelle génération. Des bureaux à Paris, des investisseurs à San Francisco. Et personne ne pose de questions.

Enfin, personne sauf vous.
Références

Wikipedia - Gemplus, entreprise française de fabrication de cartes à puces ; croissance annuelle et chiffres d'affaires documentés.

Structure cryptographique des cartes SIM et rôle des clés de chiffrement dans l'authentification et la protection des communications.

In-Q-Tel, fonds d'investissement créé par la CIA en 1999 ; Alex Mandl siégea au conseil d'administration avant nomination en tant que PDG de Gemplus en 2002.

Connexions entre David Bonderman (TPG), In-Q-Tel, BENS et Arnold & Porter documentées dans les archives.

Explication technique de la structure cryptographique des cartes SIM et de l'importance stratégique des clés de chiffrement.

Approche américaine historique vis-à-vis de la cryptographie comme enjeu de sécurité nationale.

Marc Lassus, compte Le Monde 2002 : ruine financière suite à l'éviction et au remboursement du prêt de stock options.

Révélations de Snowden en 2013 sur le piratage de Gemalto par la NSA et le GCHQ ; rapports The Intercept et médias internationaux.


Permalien
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Sortie de Tryton 7.8

Le 15 décembre 2025 est sortie avec un petit délai, la version 7.8 de Tryton, un progiciel de gestion intégré modulaire et multiplate-forme.

Tryton

La version 7.8 de Tryton est sortie mi‑décembre 2025 et s’inscrit dans la continuité des branches précédentes, avec une mise à jour axée sur la stabilité, les performances et une série de raffinements fonctionnels dans tous les domaines de gestion. Elle apporte de nombreuses corrections de bogues, améliore la réactivité du serveur et peaufine à la fois l’interface utilisateur, les modules métiers et les outils destinés aux administrateurs et développeurs.

Support PEPPOL

Suite à l'obligation pour 2026 en Belgique d’envoyer les factures entre sociétés belges au format électronique via le réseau PEPPOL, la version 7.8 inclut à temps les modules nécessaires dont un module de connexion au point d’accès gratuit Peppyrus.
Quand ces modules sont activés, Tryton envoie automatiquement à partir de 2026 sur le réseau PEPPOL les factures si le client a un numéro de TVA belge (ainsi que la société gérée). Il est aussi possible de forcer l’envoi pour certains clients.
Les modules sont conçus pour être étendu à d’autres points d’accès futures afin de diversifier l’offre.

Interface et usage quotidien

Cette version introduit un système de notifications plus moderne : un menu dédié regroupe les messages, un compteur signale les notifications non lues et des pop‑ups informent l’utilisateur des nouveaux événements sans quitter son écran. Les vues en liste sont plus agréables, avec des boutons d’action visibles en pied de page et des recherches simplifiées, par exemple pour trouver les documents sans entrepôt défini, ce qui rend la navigation au quotidien plus fluide.

Le chat intégré, apparu dans la version précédente comme fonctionnalité émergente, est désormais activée de base sur les documents clés (ventes, achats, factures…) pour centraliser les échanges directement dans le logiciel. Les utilisateurs peuvent s’abonner à un document via une icône de cloche et recevoir des notifications ciblées, renforçant le suivi collaboratif sans dépendre d’outils externes.

Conversation entre Jim et Dwight sur une vente

Modules métiers

Sur le plan fonctionnel, la version 7.8 enrichit l’écosystème de modules : gestion des formats de factures électroniques UBL et PEPPOL, gestion de contrats de location (avec facturation progressive), support des agents et de documents (facture commerciale) de douane, ainsi que définition plus fine des points d’expédition logistiques par entrepôt.

L’intégration e‑commerce, notamment avec Shopify.com, est nettement améliorée avec la prise en charge des remboursements, des taxes sur les frais de port, des produits de type kit, un choix plus intelligent du transporteur et la synchronisation de la langue du client et des liens d’administration entre boutiques en ligne et Tryton.

Le moteur d’approvisionnement a été ajusté pour mieux gérer les contraintes de délais : si aucun fournisseur ne peut livrer dans le délai idéal, le système choisit automatiquement celui qui offre le délai le plus court, limitant les ruptures tout en restant réaliste. De nouveaux rapports sur la quantité de stock et la rotation de stock permettent de suivre plus précisément les niveaux et mouvements, et de prendre de meilleures décisions sur les points de commande et les réassorts.

Les modules de comptabilités supportent maintenant les références de paiement sur les factures et les relevés de compte. Pour l’instance les formats « Creditor Reference » et « Communication structurée » belge sont supportées en standard.

Administration et développement

Côté serveur, Tryton 7.8 réduit la consommation mémoire en envoyant les réponses JSON comme flux et en ne chargeant plus que les modules activés, ce qui profite aux installations avec peu de modules activés (on a mesuré des réductions de la consommation mémoire entre 10% et 20%). Les administrateurs disposent d’un mode console: trytond-console capable d’exécuter maintenant des scripts depuis un fichier et d’un paramètre de rotation des logs basé sur la taille plutôt que sur l’âge, tandis que les développeurs bénéficient du nouveau système de notifications côté serveur, d’optimisations SQL avec l’usage de FILTER et EXISTS et de la possibilité de matérialiser les modèles basés sur une requête SQL (au lieu d’une table).

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