Claude Code, la fin des mainframes ? IBM crie à l’amalgame
Les mainframes, c’est un peu comme l’iPhone.
Sans l’exprimer ainsi, IBM a tout de même fait le rapprochement, en réaction à un emballement boursier qui lui a été défavorable.
Vendredi 20 février, le titre avait clos à environ 257 $. Lundi 23, la tendance baissière constatée depuis l’ouverture s’est subitement accélérée à la mi-journée. À la fermeture, l’action avoisinait les 225 $. Son cours avait donc chuté de près de 15 %.
L’élément déclencheur fut probablement un post d’Anthropic, sur le blog consacré à ses LLM Claude. Sujet : comment l’IA « aide à passer outre la barrière du coût pour la modernisation cobol ».
Ce que dit le post d’Anthropic
Le contexte est posé d’une façon simple, pas nouvelle : de moins en moins de personnes compétentes dans ce langage, du code mal documenté qui a évolué sur des décennies… et donc d’autant plus de difficulté à moderniser. Là interviennent « des outils comme Claude Code ». Ils automatisent les phases d’exploration et d’analyse, qui « représentent l’essentiel des efforts » de modernisation.
Avec eux, « plus besoin d’une armée de consultants », ajoute Anthropic. Ils vont au-delà des graphes d’appels pour découvrir des dépendances implicites qu’une analyse statique ne révèle pas : structures de données partagées, opérations qui créent du couplage entre modules, séquences d’initialisation qui affectent l’exécution, etc.
L’IA documente aussi les workflows, identifie les risques et suggère une feuille de route, poursuit Anthropic. L’humain apporte sa connaissance des exigences réglementaires, des priorités métiers, des contraintes opérationnelles (exigences de standardisation, d’intégration…) et des degrés de tolérance auxdits risques. Il décide aussi si les tests fonctionnels suggérés suffisent, quels scénarios nécessitent une validation par des experts et quels critères de performance le code modernisé doit respecter.
La démarche est validée par étapes, sans changements massifs qui exigeraient de revenir sur des semaines de travail, conclut Anthropic.
Pourquoi IBM dénonce un amalgame
IBM ne s’en prend pas tant à ce post qu’à l’interprétation que le marché semble en avoir faite.
Traduire du code est une chose ; moderniser une plate-forme en est une autre, affirme-t-il. La valeur des mainframes réside dans leur architecture, du silicium à l’OS. De là, le défi de modernisation n’est pas un problème de conversion de langage. Le vrai travail, c’est l’ingénierie système : reconception de l’architecture data, remplacement du runtime, maintien de l’intégrité du traitement des transactions, respect des exigences non fonctionnelles embarquées.
Un simple refactoring de code ne suffit pas à répliquer des décennies d’intégration étroite entre logiciel et matériel, poursuit Big Blue. C’est là qu’il fait l’analogie avec l’iPhone.
Son propos touche aussi à un aspect qu’Anthropic n’aborde pas – tout du moins explicitement -, mais que le marché a dans son radar : comment une solution full SaaS pourrait-elle remplacer des applications mainframe ? Cela paraît difficile vu l’ampleur des dépendances on-prem, estime IBM, qui brandit de surcroît l’argument de la souveraineté et de la résidence des données.
Partant, la conversion du cobol ne serait pas un sujet de mainframes. Environ 40 % de ce code fonctionne sur Windows, Linux et d’autres systèmes distribués, avance IBM. On évitera donc l’amalgame…
Illustration générée par IA
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