Je lisais la dépêche de Tasnim lorsqu’une simple ligne m’a arrêté : Microsoft, Google, Palantir, IBM, Nvidia et Oracle nommés comme cibles légitimes. On peut sentir le changement : un fil de l’ère de l’information tiré dans un conflit ouvert. La liste atterrit comme une fusée éclairante au-dessus des bureaux et des centres de données […]
C’est une première dans l’histoire industrielle américaine : une entreprise nationale se voit infliger le même traitement que l’équipementier chinois Huawei.
Ce jeudi, le secrétaire à la Défense Pete Hegseth a désigné officiellement Anthropic comme un « risque pour la chaîne d’approvisionnement » de l’armée américaine. La décision est immédiatement effective : les 200 millions $ de contrats militaires sont désormais obsolètes.
Les conséquences financières restent, pour l’heure, plus limitées que certains l’avaient redouté. La désignation ne s’applique qu’aux usages de Claude dans le cadre direct de contrats passés avec le Pentagone. Microsoft, partenaire important d’Anthropic, a déjà indiqué que ses juristes avaient étudié le texte et conclu que Claude était utilisable dans ses produits commerciaux (M365, GitHub, Azure AI Foundry) pour tous les clients non liés à des contrats de défense. Amazon, investisseur majeur dans Anthropic, n’a pas encore réagi officiellement.
Fin du contrat avec Palantir
En revanche, la rupture avec Palantir est immédiate. La plateforme Maven Smart System, que l’armée américaine déploie notamment pour ses opérations en Iran, et qui s’appuie sur des flux construits avec Claude, devra trouver un substitut. Le Trésor et la General Services Administration ont annoncé leur intention de couper tout lien commercial avec Anthropic, en application d’une directive directe de Donald Trump exigeant d’expurger ses solutions de l’ensemble des contrats fédéraux.
Anthropic a annoncé qu’elle contesterait la décision en justice, estimant que la loi (dite 10 USC 3252) exige du secrétaire à la Guerre de recourir aux « moyens les moins restrictifs nécessaires » pour protéger sa chaîne d’approvisionnement. En attendant le verdict des tribunaux, la scale-up assure qu’elle continuera à fournir ses modèles à l’armée américaine « au coût nominal », et avec le soutien de ses ingénieurs, aussi longtemps que ce sera légalement possible.
Les dégâts d’une note interne
La crise a pris une dimension politique supplémentaire avec la fuite d’une note interne de Dario Amodei, publiée par le site The Information.
Rédigé le jour où Donald Trump avait ordonné l’exclusion d’Anthropic des systèmes fédéraux et où OpenAI avait annoncé in extremis un accord avec le Pentagone, le mémo accusait le gouvernement de sanctionner Anthropic faute d’ « éloges de style dictateur » envers le Président.
Le PDG a fait son mea culpa : « C’était une journée difficile pour la société, et je m’excuse du ton de ce message. Il ne reflète pas mes vues réfléchies. » Il a aussi précisé qu’Anthropic n’était pas à l’origine de la fuite.
Bannie des agences fédérales fin février 2026, l'intelligence artificielle d'Anthropic s’avère décisive en pleine guerre contre l’Iran. Dario Amodei, le PDG de l’entreprise, tente donc de conclure un nouvel accord avec le Pentagone pour éviter l’exclusion durable.