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Une note du ministère de l’intérieur fait craindre une répression très violente

Le schéma national des violences urbaines s’en prend aux journalistes

Alors que des contestations sociales de grande envergure se profilent pour le 10 septembre, plusieurs médias ont mis les mains sur le « schéma national des violences urbaines », du ministre de l’Intérieur et censé rester à usage interne. L’État y préconise notamment le recours au RAID, mais aussi de fragiliser le statut des journalistes. Dans un pays où les violences policières se multiplient, Reflets rappelle que chacun a le droit de filmer la police.

La presse n'est pas épargnée par les forces de l'ordre qui sèment le désordre - © Reflets

Dans la torpeur de l’été et à la veille d’un mouvement de contestation le 10 septembre, le ministère de l’Intérieur a diffusé un nouveau schéma national des violences urbaines (SNVU). Ce document est destiné«à mettre à disposition des services territoriaux de la police nationale un guide pratique pour la gestion des violences urbaines» et a vocation à répondre «à toutes les situations de violences urbaines, jusqu’aux émeutes insurrectionnelles, caractérisées par une très haute intensité». Avec ce texte, le très droitier Bruno Retailleau prépare une répression toujours plus violente des manifestations et une invisibilisation des violences policières en empêchant les journalistes de faire leur métier. La Trumpisation des esprits est en marche, y compris en France.

Dans ce document, le ministre de l’Intérieur préconise l’utilisation des « unités spécialisées » lorsqu’il est confronté à « l’inefficacité de l’intervention des unités conventionnelles », CRS, CDI, BRAV, BAC, etc. Ce que ces préconisations d’escalade de la violence d’État ne disent pas, et que le jargon masque, c’est que ces « unités spécialisées », à savoir la BRI-PP (Brigade de recherche et d’intervention de la préfecture de police) et le RAID (Recherche, Assistance, Intervention, Dissuasion), ne sont aucunement formées au maintien de l’ordre. Leur utilisation à Marseille pendant les émeutes qui ont suivi la mort de Nahel s’est soldée par deux morts.

L’utilisation du RAID dans plusieurs villes à cette occasion a...

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Des policiers et des patchs racistes

La Thin Blue Line sur des uniformes

Apologie de la violence extrajudiciaire, du racisme, du mythe du policier guerrier, la Thin Blue Line recycle des codes haineux issus de l’extrême droite américaine. Une nouvelle fois, elle a été repérée sur l’uniforme de policiers à Paris.

Extraits du compte Instagram de The Thin Blue Line France

Le 10 juin 2025, une rixe éclate à Paris. Parmi les policiers qui interviennent, l’un arbore plusieurs patchs non réglementaires : un insigne « Police » souligné d’une fine ligne bleue, la Thin Blue Line, un soldat à tête de mort, et un drapeau français frappé du mot « pépite ». Un des policiers dit aussi à l’une des personnes impliquées - de couleur et d’origine étrangère — de « quitter le pays si elle n’est pas satisfaite ».

Photo d'un agent de la police nationale portant plusieurs patchs TBL non-réglementaires à Paris. - 2025 - © Reflets
Photo d'un agent de la police nationale portant plusieurs patchs TBL non-réglementaires à Paris. - 2025 - Reflets

Ce type d’injonctions à « quitter le pays », à « retourner en Afrique » ou encore de « remigration » entend légitimer l’expulsion des personnes perçues comme « non blanches » hors d’Europe, validant le « grand remplacement » de l’extrême droite complotiste et antisémite.

Photo d'un agent de la police nationale portant un patch non réglementaire TBL à Paris. - 2025 - © Reflets
Photo d'un agent de la police nationale portant un patch non réglementaire TBL à Paris. - 2025 - Reflets

La TBL France rassemble plus de 50.000 abonnés sur Meta. Sur leurs réseaux sociaux et leur site, on peut acheter des patchs qui prônent la violence, une vision belliqueuse de la société, parfois le meurtre et souvent l’idée que la police serait l’ultime rempart contre le chaos.

Gauche : Des groupes comme les Proud Boys et Patriot Prayer réunis au centre-ville pour s’opposer aux manifestations contre le racisme systémique et les violences policières, Portland, Oregon, 2020. – Droite : Drapeau de la TBL dans une fenêtre, au commissariat de police de La Courneuve en février 2023. - Jonathan Levinson / OPB - Google
Gauche : Des groupes comme les Proud Boys et Patriot Prayer réunis au centre-ville pour s’opposer aux manifestations contre le racisme systémique et les violences policières, Portland, Oregon, 2020. –...
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