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Je répète encore une fois (ce n'est pas comme... - Florian Candelieri | Facebook

5.1.2026, Florian:

Je répète encore une fois (ce n'est pas comme si je le répétais encore et encore depuis bientôt 12 ans ;)). Cesser d'utiliser toutes formes de monnaie ou d'argent, c'est cesser instantanément de nourrir et entretenir toutes formes d'impérialisme, de jeux de pouvoir et de domination 🙂 ❤
Allez je vous aime ❤
Paix et Amour ❤
#postcapitalism
#postcapitalisme
#PostCroissance
#societedufutur


Moi:
ah ben non... moi j'ai expérimenter plein de forme de monnaie !!! 😛
"toutes formes" C'est pas un peu excessif ??
.. mais c'est vrai que dans le jeu de la monnaie, c'est le jeu du "don dans une communauté de confiance" qui est le plus efficace et le plus joyeux des systèmes économiques !


Florian:

dès que tu utilises un objet quel qu'il soit qui peut être accaparé par un autre être humain (dans un jeu compétitif) c'est problématique pour moi... Si la notion de non-propriété est intégré comme règle de base, là je suis d'accord 😉


Moi: "qui 'peut' être accaparé " ... mais TOUT "peut" être accaparé !
C'est fou cette peur !

Ce n'est pas par ce que c'est une possibilité qq part que ça va être fait !
Là c'est radical ta façon de penser ! Tu t'interdis tout un pan de réalité, juste par ce que tu as peur d'une potentielle dérive !

Il y a là quelque chose à travailler, à méditer... il y a quelque chose à pacifier en toi ! (vu que tu prône "Paix et amour")
Imagine qu'on peut utiliser une régulation, un taux de retour à l'équilibre comme dans le 4ème jeu du jeu de la monnaie.
Dans les lois de la physique, il y a l'entropie, qui tend vers l'équilibre, limite les excès.

Dans la philosophie des grecs anciens, c'est la notion d'hybris qui est importante: "use de tout, n'abuse de rien". Ce n'est pas un "bête" interdit.

Toi qui es un planteur d'arbres, tu peux faire l'exercice de méditer à te mettre à la place d'un arbre.

L'arbre est un grand capitaliste. Sa ressource préférée c'est le CO2. Il fait tout pour capter le CO2.
A partir de l'air ambiant il "cristalise" le carbone du CO2 pour construire une structure qui le fait grandir, occuper de l'espace et être toujours plus efficace. Il s'accapare de l'espace.

Un arbre organise et optimise la captation d'un maximum d'énergie. L'énergie que je dis être "la monnaie de l'univers".

L'arbre capitalise de l'énergie. Il conçoit des capteurs d'énergie solaire avec les feuilles.
Puis dans nos contrées glacées, quand il perd ses feuilles l'hiver, il va stocker cette énergie sous forme de sucre concentré dans les racines. Il y a des gigantesques flux de sève pour gérer ces stocks.

L'arbre va aussi capitaliser l'eau. Au passage il la filtre atome par atome. Il recrée les molécules d'eau.

Mais l'arbre seul sait qu'il y a une limite à son expansion. Il ne peut pas grandir à l'infini. (pas sous forme d'un individu seul.. )

Là il va se reproduire. Il crée des fruits. Sans avoir capitalisé un maximum d'énergie, un maximum de carbone et de l'eau. Il ne peut pas fournir de fruit....

Quand on est un bon capitaliste, un bon accapareur de ressources, on peut être un bon redistributeur de ressources.
Et on peut être un bon créateur d'ecosystème favorisant le vivant. (une définition de la permaculture non ?)

Car oui, l'arbre ne fait pas qu'un seul fruit, mais de nombreux... il devient forêt !
Il crée un environnement qui favorise la VIE.
L'abondance de fruits qu'il offre va nourrir de nombreux autres organismes.

La symbiose avec les champignons va transporter des flux d'eau dans toute la forêt. Tout comme l'évapotranspiration des feuilles crée ce qu'on appelle des rivières volantes. C'est ainsi que l'eau de mer est acheminée à des milliers de km au coeur des grandes forêts continentales. (donc ne surtout pas déboiser les côtes !)

L'arbre est un capitaliste, un accapareur de ressources. Mais c'est au service de la création de ressources qui ont encore plus de valeur, qu'il partage avec plaisir. L'arbre est un créateur de valeur, un créateur de richesses, un créateur de vie.

Il me semble que l'arbre est en compétition pour capter la lumière du soleil, pour capter le CO2...
Mais ensuite il est aussi en coopération pour réguler, pour transporter, pour partager, pour offrir nombre de ressources indispensables à la vie.

La forêt grandit en favorisant la VIE. De fait, elle s'accapare le territoire...
La forêt augmente le nombre de ressources disponibles à tout un ecosystème qui n'existerai pas sans un plan d'accaparement des ressources.

Ainsi le "post-capitalisme" repose sur du capitalisme. L'univers se déploie depuis toujours sous forme d'holarchie. Transcender et inclure. Refuser d'inclure le capitalisme, c'est refuser d'être capable de le transcender.

Un fois que tu seras en paix avec le capitalisme, tu pourras vraiment le transcender.
A méditer.


Je ne suis pas sûr que ce soit moi qui ait peur Mathieu, mais bon 😉 Tout peut être accaparé car nous l'avons autorisé,validé en tant que société humaine (L' occident de ces quatre derniers siècles y a joué un rôle prépondérant) et ensuite diffusé comme seule représentation valable du progrès (Darwin mal interprété, John Locke, les lumières, l'universalisme etc...) Nous pourrions inverser la logique, c'est à dire partir du principe (une loi ou une constitution) qui abolit toute forme de propriété (l'être humain n'est pas propriétaire, maître ou dominateur de la nature ou de quoi que ce soit d'autre). À partir de là, nous pourrions imaginer une nouvelle société non-compétitive, La Coopération et le partage comme principe fondamental... Et t'inquiètes tout comme dans notre société profondément structurée sur une vision hobbesienne/compétitive, il y a de la coopération.Dans cette nouvelle société ayant comme principe fondateur la paix et la coopération, il y aura de la compétition (t'inquiètes tu pourras encore t'amuser à être en compétition avec qui tu veux, elle sera juste illégale ;)). C'est juste actualiser et aligner les structures de notre société sur les nouvelles découvertes scientifiques qui démontrent que la Coopération prime sur la compétition dans la Nature 😉 La Paix et l'Amour prime sur la haine et la guerre.... ❤ Notre société repose actuellement sur une vision principalement compétitive (héritée des représentations "lois du plus fort" "lois de la jungle" des archéologues, anthropologues, ethnologues des siècles passés, c'est vieillot tout ça ;))

Et dans tout ce que tu décris concernant les arbres et la forêt, il n'y a pas de capitalisme... Il n'y a qu'Intelligence au service de la Vie ❤

Ne pas être propriétaire ne veut pas dire "ne pas utiliser" ou "ne pas être en symbiose avec", il s'agit justement de remettre l'être humain "en symbiose avec", "en relation avec" ....

Dans tes paroles "potentielle dérive", pour toi aujourd'hui, est-ce à dire qu'il n'y a pas de problèmes? de dérives? d'hubris généralisé? 🙂

autre élément qui va nourrir notre méditation : jusqu'à 4 millions de colis par JOUR en Suisse (période de 🎄), un jour normal dans l'année entre 700'000 et 900'000 colis et c'est grâce à toutes ces personnes qui servent la "Vie" en se l'accaparant (parce que c'est autorisé et valorisé dans notre société) que nous pouvons nourrir majestueusement les décharges à ciel ouvert des quatre coins du monde.... La situation est trop grave pour ne pas être radical ❤


moi:
Aah voilà une jolie suite de commentaires. Je ne sais pas si c'est la meilleure forme de communication. Mais je peux déjà partager mon ressenti face à ces commentaires:
là tu me fait un état du monde. Mais moi c'est pas ce qui m'intéresse. C'était pas le but de mon commentaire. Ce qui m'intéresse c'est l'état de Florian. Est-ce que Florian est en paix avec l'état du monde ou pas ?? (on dirait pas...)

Que pense vraiment Florian quand je lis "dès que tu utilises un objet quel qu'il soit qui peut être accaparé par un autre être humain (dans un jeu compétitif) c'est problématique pour moi... "

Il y a plusieurs interprétations possibles à ton texte, donc je marche sur des oeufs. Mais ce que j'ai ressentis, c'est le "c'est problématique pour moi". Est-ce que tu parles vraiment "pour moi" ou est ce une forme rhétorique pour dire en substance "pour moi, donc de mon point de vue, c'est problématique pour le monde".

C'est des perspectives différentes. En fait peu importe ce que ça voulait vraiment dire, ici ça a provoqué en moi un intérêt de savoir "quelle est la tache aveugle de Florian ?" quelles sont les croyances (limitantes) de Florian ?

Ici j'ai l'impression que prononcer le terme de "capitalisme" c'est un tabou...

"dans tout ce que tu décris concernant les arbres et la forêt, il n'y a pas de capitalisme... Il n'y a qu'Intelligence au service de la Vie"

J'ai l'impression que la compétition est très très chargée de connotation très lourde...

"nous pourrions imaginer une nouvelle société non-compétitive"

"t'inquiètes tu pourras encore t'amuser à être en compétition avec qui tu veux, elle sera juste illégale "

Quand j'observe la nature, je ne vois pas de parti pris, de bien ou de mal. Je vois surtout des stratégies mixtes.

En effet.. Hobbes, la loi de la jungle, la compétition.. le darwinisme social... comme vision du monde unique, pour moi c'est dépassé.
Mais basculer d'un extrême à l'autre aussi... c'est dépassé !
.... le bouquin de Pablo Servigne s'appelle "l'entraide l'autre loi de la jungle"
→"L'autre"... pas "On avait tout faux c'est la coopération qui domine".
Il y a les deux. Compétition ET coopération.
Je milite pour le "ET" et pas l'opposition des "OU" (exclusif)

Pour toi qu prône en permanence "Paix et amour"... J'espère que tu es aussi en paix et amour avec la compétition et avec le capitalisme ?

C'est ici que j'avais envie de questionner... d'inviter à la méditation !
T'as l'air en pleine compétition entre des mots et des concepts....
Ils sont pas tous égaux ?
Si t'aime pas la compétition c'est peut être tu perds trop souvent ? Pourtant il me semble que t'es dans le camps des gagnants non ?

"les nouvelles découvertes scientifiques qui démontrent que la Coopération prime sur la compétition dans la Nature"
→ Donc tu me dis que la coopération a gagné la compétition de la meilleure stratégie ?

C'est le perdant qui veut interdire la compétition pour éviter de perdre, pas le gagnant !
Ça m'étonne que tu veuilles la rendre illégale !

Construire un monde neuf avec des névroses ne me sembles pas très sain... J'aimerai voir des gens en paix pour construire un monde de paix.
Es-tu en paix ?

(je reviendrai plus tard sur les notions de "propriété" et du "droit".. lois constitution... y'a déjà beaucoup ici !)


on est parti pour des chapitres entiers de discussions (et des heures à faire du blabla) et effectivement pas sûr qu'on arrive à quelque chose de vraiment super clair avec les concepts et différents niveaux de compréhension qui se superposent... 😉 du coup je vais être le plus bref possible (pour aller faire une méditation en silence ensuite 🙂 ❤)moi au niveau individuel, j'ai pris du recul et je vis ma meilleure vie en accord avec mes valeurs qui s'alignent particulièrement bien avec les limites planétaires (1/1) et permettent à tous les autres êtres vivants de vivre et s'épanouir si ils le veulent.... Donc moi le petit égo Florian, il est super content et super gagnant et super en paix ❤ sauf qu'il est aussi très triste car il remarque que la marche du monde elle continue sur sa voie mortifère..... Et donc Florian qui est lucide et altruiste propose une abolition de toute forme de propriété, non pas comme solution parfaite pour que tout le monde y trouve son compte mais parce que c'est une solution (peut-être désespérée) qui réduirait drastiquement l'emprise de l'être humain sur son environnement et réduirait de même la part compétitive aujourd'hui dominante du fonctionnement de notre économie... Donc qui donnerait une chance de vivre et être heureux es à de nombreux autres êtres vivants (aujourd'hui mal barrés es) Le monopoly c'est fini, il n'y a plus d'enjeu (il n'y a plus rien à gagner au niveau individuel), du coup ça requestionne le sens de nos vies et de nos actions=> que faisons-nous à partir de là? Mon hypothèse privilégiée, le bien commun et le agir pour le BIEN (ça va te faire réagir ça 🙂 ohhhh mon dieu il parle du bien donc le mal aussi existe ;)) je t'embête un peu 😉 ... Et autre élément, tu t'offusques du mot "abolition" ou "interdiction" mais explique-moi un peu est-ce que tu es un réactionnaire de l'esclavagisme (est-ce que pour toi on devrait pouvoir être propriétaire comme à la grande époque d'autres êtres humains, des femmes par exemple, ces idées là on les retrouve de l'autre côté de l'atlantique 😉 ..) Bon le mieux il y a trop de choses à dire... On s'organise un dialogue toi et moi entre quatre yeux (on peut même enregistrer ou filmer), ça te dit? On se prend 3 heures de temps, ok pour toi?


Permalien
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Nouveautés de janvier 2026 de la communauté Scenari

Scenari est un ensemble de logiciels open source dédiés à la production collaborative, publication et diffusion de documents multi-support. Vous rédigez une seule fois votre contenu et vous pouvez les générer sous plusieurs formes : site web, PDF, OpenDocument, diaporama, paquet SCORM (Sharable Content Object Reference Model)… Vous ne vous concentrez que sur le contenu et l’outil se charge de créer un rendu professionnel accessible et responsive (qui s’adapte à la taille de l’écran).

À chaque métier/contexte son modèle Scenari :

  • Opale pour la formation 
  • Dokiel pour la documentation 
  • Optim pour les présentations génériques 
  • Topaze pour les études de cas 
  • et bien d’autres…

Bonne année 2026

L’association Scenari te souhaite une belle et heureuse année 2026, pleine de projets Scenari ☘️

🚀 Visio de découverte de Scenari

icone découverte de Scenari|200x200

Tu as des questions sur Scenari avant de tester ?
Tu voudrais une petite démo ?
Tu commences à utiliser Scenari et tu as besoin d’un peu de soutien ?

Cette visio est faite pour toi : vendredi 19 décembre à 16h sur https://scenari.org/visio/miniwebinaire

Lien Agenda du Libre
Lien Mobilizon |

🖥️ Prochain mini-webinaire : « Découverte de Topaze » 27 janvier

Mardi 27 janvier de 16h30 à 17h30 heure de Paris, à l’adresse https://scenari.org/visio/miniwebinaire.

Ce mini-webinaire servira à présenter un modèle déjà très connu et ancien, mais que beaucoup ne connaissent que de nom : Topaze.

Topaze permet de concevoir des parcours multi-linéaires et de réutiliser des contenus Opale. Idéal pour concevoir des jeux sérieux, des études de cas… où le parcours s’adapte au rythme d’apprentissage de l’apprenant.

Pour que la session colle au mieux aux besoins de la communauté, tu peux participer à ce fil de discussion sur le forum.

Les enregistrements des mini-webinaires précédents sont sur la page dédiée de scenari.org et dans notre canal peertube.

Pour proposer des sujets, rends-toi sur ce fil de discussion.

💗 Parole de Scenariste

J'ai découvert le monde de Scenari en mai 2010 grâce à mon compère Guy Vedrenne. Il m’a dit : « on a un projet de formation à sortir pour septembre et on va le médiatiser avec Opale ». J’ai dit OK et le monde des poupées russes de l’ami Opale est devenu un terrain connu.

Avec le temps, j’ai voulu gouter à Topaze pour créer des parcours différentiés et pour ça, j’ai rencontré Katia Quelennec qui a formé un petit groupe à ce modèle bien sympathique.

J'ai aussi utilisé Webmedia pour voir ce que cela permettait avec des vidéos et je le trouve très opérationnel, Dokiel pour mettre en place des tutos et les mettre à disposition facilement, Optim pour créer des mini sites pour présenter des projets de formation en dehors des plateformes LMS.

Enfin, on entend souvent que le “rendu” n’est pas très beau par rapport à d’autres outils, alors un petit tour sur Styler a solutionné pas mal de critiques avec l’appui du forum Scenari et surtout avec les posts de réponse de Samuel Monsarrat.

Aujourd'hui, nous produisons nos formations principalement avec notre serveur Scenari et avec Myscenari.

Bref, Scenari c’est une belle chaine éditoriale contenant plein d’outils utiles, mais c’est surtout une belle communauté très active.

Frédéric Waymel Frédéric Waymel, Responsable du pôle technique du Centre Ministériel d’Appui à la formation à distance d’Aix-en-provence. Modèles utilisés : Modèles utilisés : Opale, Topaze, Dokiel, Optim, Webmedia

📣 La carte des scénaristes t’attend

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La carte des scénaristes te sert à connaître les utilisateur⋅rice⋅s de scenari de ton entourage.

On t’invite à t’y inscrire ou à y vérifier que tes informations y sont à jour.

✨ Le savais-tu ?

Opale incorpore nativement, aux publications web et diaporama, des outils d’accessibilité numérique pour le public dys.
Il suffit d’activer l’option dans l’item de génération dans les blocs « paramétrage web » ou « paramétrage diaporama ».

options d’accessibilite sur les génrateurs Web et Diapo Opale|690x407, 100%

📊 Le chiffre du mois

300 C’est le nombre de jours de travail que Kelis a dédié aux développements du cœur Scenari en une seule année (2024).

Comme disait François Elie, fondateur de l’ADULLACT : « Un logiciel libre est gratuit, une fois qu’il est payé ».
Si les logiciels Scenari gratuits et de qualité dont nous profitons tou⋅te⋅s existent, c’est parce des organisations décident de financer les développements et de les reverser dans le libre pour la communauté.

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MOVA dévoile ses robots-tondeuses LiDAX Ultra et ViAX : LiDAR 3D 360°, vision IA et tonte sans fil périphérique !

Mova LiDAX et ViAX

Les MOVA 600 et MOVA 1000 avaient déjà posé les bases d’une tonte guidée par capteurs plutôt que par câble. Au CES 2026, MOVA, qui se revendique marque mondiale n°1 en 2025 des tondeuses robotisées à technologie LiDAR (Frost & Sullivan, ventes de novembre 2024 à octobre 2025 ; étude réalisée en décembre 2025), revient sur la pelouse avec une annonce qui tombe pile au moment où le marché des robots-tondeuses accélère ; cette nouvelle génération ambitionne de monter d’un cran, avec deux gammes pensées pour des usages très différents…

La série LiDAX Ultra vise les jardins moyens à grands, de 800 à 2000 m², avec l’arrivée de la cartographie automatique et une navigation précise grâce à UltraView 2.0, un couple LiDAR 3D 360° et une caméra HDR 1080p dopée à l’IA. Elle présente également quelques atouts parfaitement dans l’air du temps : pente jusqu’à 45 %, passage annoncé à 60 cm, franchissement de 4 cm, et un module 4G réservé aux versions 1600 et 2000 pour garder la connexion sur les grandes parcelles. Le tout vient sans câble périphérique ni configuration RTK, et avec un contrôle via application mobile sur l’ensemble de la gamme.

Conjointement, la série ViAX veut démocratiser le sans-fil sur 250 à 500 m², en misant surtout sur la double vision UltraEyes (ViAX 250/300), tandis que le ViAX 500 ajoute un LiDAR 3D 360° pour aller chercher plus de constance dans les situations délicates. Une stratégie à deux vitesses qui a le mérite d’être parfaitement cohérente avec les besoins utilisateurs. On part sur une petite visite guidée ?

LiDAX Ultra Series : la gamme “haut niveau” pour terrains exigeants

La série LiDAX Ultra vise clairement les jardins moyens à grands : MOVA décline la gamme de 800 à 2000 m², avec une promesse centrale assez simple à comprendre. D’un côté, une navigation “riche” (LiDAR + caméra + IA) pensée pour tenir le cap quand le terrain se complique (pentes, obstacles, bordures, zones ombragées). De l’autre, une mise en route qui se veut sans lourdeur : le robot cartographie, s’organise et tond sans passer par des réglages RTK jugés “complexes” par la marque, sur une plateforme technologique commune censée offrir une expérience premium, entièrement autonome, avec un contrôle intuitif via application mobile.

Quelques spécifications à connaître sur la série LiDAX

Caractéristique TechniquesSérie LiDAX
Dimensions66,6 × 44,4 × 27,3 cm
Poids13,7 kg (800) / 13,8 (1200 et 1600)
Surface de tonte800/1200/1600
Disque de lamesPlateau/disque motorisé UltraTrim (nb de lames non précisé)
Hauteur de lame30 à 100 mm
Largeur de coupe200 mm
Pente max45% (≈ 24°)
Batterie4 Ah (800) / 5 Ah (1200 et 1600)
Temps de charge60 min (800) / 65 min (1200 et 1600)
Autonomie / charge60–80 min (800) / 70–90 min (1200 et 1600)
Surface / charge160–180 m² (800) / 170–190 m² (1200 et 1600)
ÉtanchéitéIPX6
Volume sonore< 57 dB
Garantie3 ans
Prix (800/1200/1600)949 €/1 099 €/1 499 €

Navigation portée par UltraView™ 2.0 (LiDAR 3D 360° + caméra HDR IA)

UltraView™ 2.0, c’est le “cocktail capteurs” maison : LiDAR haute précision à 360° et caméra HDR 1080p dopée à l’IA. On cherche ainsi à cartographier vite et à ajuster ses trajectoires quand le jardin n’est pas un rectangle parfait (ce qu’il n’est presque jamais).

Mova LiDAX sur une pente raide
2026, la gestion des pentes est devenu un argument majeur… C’est nous ou bien une proportion non négligeable de la population habite entre deux collines ? ©MOVA

MOVA avance également une détection jusqu’à 70 mètres, et insiste sur un évitement d’obstacles multidirectionnel, avec trajectoires recalculées de manière dynamique.

Cartographie automatique par IA : le dénominateur commun de cette nouvelle génération ?

L’autre point mis en avant, c’est la simplicité : MOVA oppose ici son approche au RTK “à configurer”, en annonçant un robot opérationnel dès la sortie du carton.

MOVA LiDAX navigation
Visiblement, LiDAX Series se décline en deux designs très différents. ©MOVA

L’argument clef est double : une navigation dite centimétrique et la reconnaissance de plus de 300 types d’obstacles, avec des performances annoncées comme plus constantes dans les cas typiques qui perturbent les robots (arbres, zones ombragées, faible lumière, tonte de nuit).

UltraTrim™ 1.0 pour aller chercher au plus près des bordures

Afin de pallier un problème récurrent sur la plupart des modèles que nous avons pu tester sur les autres grandes marques du secteurs, MOVA met en avant UltraTrim™ 1.0 : le disque inférieur s’étend automatiquement pour tondre plus près des murs, haies et bordures. Ça, si ça marche, c’est banco !

Application MOVA : plus de sécurité, plus de personnalisation !

La partie “pilotage” se veut désormais assez complète : réglage de la hauteur de coupe, gestion de deux cartes, et personnalisation de plus de 150 zones (zones interdites, couloirs de passage…). MOVA cite aussi des options orientées sécurité et usage quotidien : modes de tonte, réglage dédié à la protection des animaux, antivol, ainsi que calendriers et motifs de tonte personnalisables. On croise les doigts pour vous dire ce qu’il en est sur le terrain ce printemps !

La gamme LiDAX Ultra Series en résumé

Gamme / modèleSurface conseilléeTechnologie de navigation4GPrix public
LiDAX Ultra 800800 m²LiDAR 3D 360° + caméra HDR 1080p IA (UltraView™ 2.0)Non949 €
LiDAX Ultra 10001000 m²LiDAR 3D 360° + caméra IANon999 €
LiDAX Ultra 12001200 m²LiDAR 3D 360° + caméra IANon1 099 €
LiDAX Ultra 16001600 m²LiDAR 3D 360° + caméra IAOui1 499 €
LiDAX Ultra 20002000 m²LiDAR 3D 360° + caméra IAOui1 699 €

ViAX Series : la tonte sans fil “accessible”, pilotée par la vision IA

Avec ViAX, MOVA change de cible : on passe sur des petits jardins (de 250 à 500 m²) et une promesse très “grand public”. L’objectif est de rendre la tonte robotisée plus simple à installer, plus facile à vivre au quotidien, et surtout plus abordable sans revenir au fil périphérique. La marque veut une intervention minimale de l’utilisateur et un contrôle flexible via application mobile. Un pari dont le timing nous paraît tout à fait à propos !

Quelques spécifications à connaître sur la série ViAX

Caractéristique TechniquesSérie ViAX
Dimensions59,51 × 27,19 × 38,04 cm
Poids19,3 kg
Surface de tonte250 m²
Disque de lamesPlateau/disque motorisé UltraTrim (nb de lames non précisé)
Hauteur de lame2 à 6 cm
Largeur de coupe200 mm
Pente max40% (22°)
Batterie2,5 Ah
Temps de charge45 min
Autonomie / charge50 min
Efficacité de tonte60 m²/h
ÉtanchéitéIPX6
Volume sonore< 57 dB
Garantie3 ans
Prix (800/1200/1600)579 €

UltraEyes™ (double vision IA) pour une navigation fiable partout !

Le cœur du concept, c’est UltraEyes™ : une double caméra (perception 3D) associée à des algorithmes visuels et à l’IA. Concrètement, MOVA annonce que les ViAX 250 et ViAX 300 savent distinguer automatiquement les zones engazonnées des zones non engazonnées, détecter les limites de la pelouse et cartographier le jardin sans fil périphérique ni configuration manuelle fastidieuse.

MOVA ViAX cartographie
L’attaque des titans ! Ah non, c’est le ViAX qui cartographie le jardin. Ouf… ©MOVA

La marque avance aussi des chiffres parlants : une portée de détection allant jusqu’à 50 m, un champ de vision 120° × 70°, et un évitement annoncé sur plus de 300 obstacles (jouets, arroseurs, animaux domestiques, et même de petits animaux).

Trajectoires en U : une finition plus “propre”

Pour la tonte elle-même, MOVA met en avant une planification des trajectoires en forme de U. En conséquence, il devrait suivre des passages organisés pour couvrir la zone de manière cohérente. L’intérêt pour l’utilisateur est double : une couverture plus complète et un rendu généralement plus homogène, surtout sur ces petites surfaces où la moindre zone oubliée se remarque vite.

Application MOVA Home : on garde les bonnes habitudes

Côté contrôle, l’application MOVA Home reprend l’essentiel des fonctions attendues sur un robot-tondeuse moderne : pilotage à distance, programmation, gestion des zones, et réglages. MOVA cite cinq modes de tonte, la gestion de deux cartes, la possibilité de définir plusieurs zones et d’ajuster les paramètres de coupe depuis le smartphone. Rien de bien sorcier a priori.

ViAX 500 : le “niveau au-dessus”, mais il faudra patienter encore un peu…

Le ViAX 500 est présenté comme la version “plus solide” quand le jardin devient plus piégeux. MOVA indique ici une évolution vers UltraEyes™ 2.0, qui combine la vision robotique à un LiDAR 3D 360°. Le bénéfice attendu est celui d’une précision renforcée et d’une meilleure constance lorsque la lumière se dégrade ou dans des environnements plus chargés en obstacles. C’est aussi le seul modèle ViAX dont la sortie est décalée, avec une disponibilité annoncée à partir de mars 2026.

La gamme ViAX Series en résumé

Gamme / modèleSurface conseilléeTechnologie de navigationAtouts “terrain”4GPrix public
ViAX 250250 m²Double vision IA (UltraEyes™ 1.0)Détection des limites sans fil · Cartographie auto · Trajectoires en UNon579 €
ViAX 300300 m²Double vision IA (UltraEyes™ 1.0)Détection des limites sans fil · Cartographie auto · Trajectoires en UNon599 €
ViAX 500500 m²UltraEyes™ 2.0 + LiDAR 3D 360°Plus de marge sur jardins “piégeux” (obstacles, zones sombres) · Trajectoires en UNon749 €

Une offre de lancement carrément imminente !

Les séries LiDAX Ultra et ViAX 250/300 sont désormais disponibles depuis le 27 janvier 2026. Le ViAX 500, on l’a vu, arrivera à partir de mars 2026 (avec une disponibilité susceptible de varier selon les canaux de vente et les régions). À ce titre, MOVA indique une commercialisation via le site MOVA, Amazon, ainsi que des partenaires sélectionnés : Leroy Merlin, Castorama, Weldom, Boulanger, Electro Dépôt, ManoMano, Cdiscount et Bricomarché.

Enfin, la marque mentionne une offre de lancement : les premiers inscrits peuvent obtenir un kit de lames offert via une page teaser, dans la limite des stocks disponibles et selon le principe du premier arrivé, premier servi.

Quant à nous, on attend de pied ferme la possibilité de tester l’ergonomie de ces nouveaux appareils, leur autonomie, la qualité des bordures, enfin leur qualité de navigation copieusement vantée par la marque dont nous connaissons déjà très bien les aspirateurs-robots !

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« It works on my satellite » ou l'histoire d'un bug dans l'espace

Cette dépêche raconte un vieux bug que j’ai eu sur un satellite. L’identification, la reproduction, la correction. C’est le bug qui m’a le plus intéressé/marqué dans ma carrière (jusqu’ici), C’est pourquoi cela pourrait aussi vous intéresser.

L’appel

Il y a bien longtemps, dans une galaxie lointaine. Ah non, pardon. Un long weekend de 14 juillet, sur une plage, je reçois un coup de fil : « Un des satellites a rebooté, à cause d’une erreur logicielle, est-ce que tu es disponible pour venir comprendre ce qu’il s’est passé ? A priori, il fonctionne toujours, mais il est passé tout seul sur le calculateur redondant. »

Quelques mois avant, on avait lancé une première grappe de six satellites ; d’autres lancements sont prévus pour compléter une constellation dans les mois/années à venir. Comme tout marche bien depuis des mois, personne de l’équipe logiciel de bord n’est d’astreinte. Sur ces satellites, j’étais surtout sur la partie validation. En gros, ce jour-là pour moi, ce n’était pas possible, mais j’y suis allé le lendemain, un samedi ou dimanche.

Sommaire

L’objectif et les moyens de débug

Si nos managers nous ont appelé, c’est parce quand un satellite bugue en prod (on va dire en vol, plutôt), c’est comme pour n’importe quel autre logiciel, des gens veulent des réponses à des questions comme :

  • pourquoi ?
  • est-ce que c’est grave ?
  • est-ce que ça va se reproduire ?
  • comment on corrige ?

Par contre, les moyens sont potentiellement différents de ce que vous avez dans d’autres environnements (ou pas, j’imagine que ça dépend des gens) Ce qu’on a :

  • le code
  • la doc
  • des bancs de tests (avec le même matériel pour le calculateur)
  • des gens
  • un tout petit peu de contexte logiciel sauvegardé au moment de l’erreur (j’y reviens)
  • la télémétrie avant l’anomalie (tout allait bien)
  • la télémétrie après l’anomalie (tout va bien, mais on est passé du mode matériel 2 au mode 3. En gros c’est le même, sauf qu’on utilise certains équipements “redondants” au lieu du “nominal”, dont le calculateur)

Premier élément, qui a mené au fait que c’est nous (du logiciel) qui avons été appelés, c’est que le matériel qui gère le mode (2 -> 3) peut changer de mode pour plusieurs raisons, mais il sait pourquoi il le fait. Et la raison c’est « le logiciel m’a dit de le faire ». Donc ça vient de nous.

L’analyse

Comme tout va bien, on va regarder le contexte sauvegardé. Ce n’est pas un core dump qu’on peut passer à gdb, mais ça contient quelques infos :

  • le code de l’erreur ILLEGAL CPU INSTRUCTION
  • le Program Counter %pc qui nous donne l’adresse de l’instruction exécutée au moment de l’erreur
  • l’adresse de la prochaine instruction à exécuter %npc (ici c’est l’adresse juste après %pc, rien de surprenant)
  • une copie des registres (bon, on ne va pas en avoir besoin, donc je ne vous fais pas un cours sur SPARC et ses registres tournant, de toute façon j’ai oublié. On pourrait probablement les utiliser pour récupérer partiellement la pile d’appel, on l’a surement fait)
  • la date et l’heure (super info utile. Enfin, ça correspond à notre anomalie, j’imagine que c’est pour ça qu’on l’avait)
  • surement d’autres choses, mais pas utiles pour la suite.

Problème résolu donc ? on est à l’adresse %pc, on l’exécute et le CPU nous dit que l’instruction n’est pas légale. Qu’est-ce qu’il y a ici ? Une instruction légale, quelle que soit la valeur des registres. Pareil pour un peu plus haut et un peu plus bas, rien qui provoque cette erreur. Que s’est-il passé ?

On est dans l’espace, donc l’explication facile (dès qu’on n’explique pas un truc) : l’instruction a dû avoir un Single Event Upset (SEU), un bit flip. Ça a transformé une instruction légale en instruction illégale. C’est simple ? Sauf que non, on est dans l’espace, en conséquence, on a tout un mécanisme de protection contre les SEU. C’est pas infaillible (par exemple si on a deux bits inversés, on ne peut pas corriger) mais ce n’est pas la bonne signature. Si c’était ça, ça dirait DOUBLE EDAC ERROR, pas ILLEGAL CPU INSTRUCTION.

Donc la cause de l’anomalie n’est pas un SEU.

EDAC / Protection contre les SEU

Je suis sûr que vous êtes intéressé, donc je vais vous décrire la protection contre les bit flips. C’est un mix de matériel/logiciel (en plus d’avoir une boite autour qui diminue la probabilité). En mémoire (RAM, ROM) pour 4 octets de données “utiles”, on consomme 5 octets. Le 5ᵉ octet contient un code de contrôle calculé à partir des 4 autres (EDAC). Si un bit change (sur les 5 × 8 = 40 bits), on peut non seulement le détecter mais aussi reconstruire la valeur correcte. Si deux bits changent (ou plus, mais il y a une limite), on peut détecter l’erreur mais pas la corriger (cf: le DOUBLE EDAC ERROR mentionné plus haut)

C’est complètement transparent vu du logiciel (code source, ou assembleur), tout ça est calculé par le matériel. Quand on écrit en mémoire 0x12345678 il calcule le code et écrit 0x12345678XY avec la bonne valeur de X et Y. Quand on lit, pareil, le matériel commence par lire 0x12345678XY, calcule la somme de contrôle sur les 4 octets, si c’est le bon, il nous donne 0x12345678.

Là où ça se complique, c’est quand il y a un changement. Disons qu’on a maintenant 0x02345678XY. (1 --> 0). Il se passe deux choses ici :

  1. le matériel dit au logiciel 0x12345678 (il corrige, mais uniquement la valeur envoyée au software. Pas la valeur enregistrée en mémoire)
  2. il émet un signal SINGLE EDAC ERROR.

C’est là que le logiciel intervient, dans le point 2. Ce signal est lié à une trap qui corrige la mémoire. Schématiquement c’est lié à une fonction qui ressemble à ceci (en assembleur SPARC en vrai, mais j’ai tout oublié)

; adresse vient du contexte, c’est l’adresse qui a été lue en dernier, qui a généré la trap
disable_edac_trap: ; Désactiver la trap. Sinon on déclencherait la trap depuis la trap
load [adresse], reg ; Lire 4 octets (lecture = correction auto)
enable_edac_trap: ;
store reg, [adresse] ; Réécrire la valeur corrigée

On lit la valeur, c’est corrigé vu du logiciel par le matériel, on réécrit la valeur, tout est corrigé.

Cette trappe peut être déclenchée par n’importe quelle instruction qui lit de la mémoire (ou par le fait de charger une instruction elle-même depuis la mémoire), et on a même une tâche de fond (plus basse priorité, qui tourne en permanence quand il reste du temps de calcul disponible) qui fait

// en gros. En vrai légèrement plus compliqué
void background_task(void) {
int address = MEMORY_START;
volatile int value;
while (1) {
value = *address; // s’il y a un bit flip en mémoire, ce sera corrigé par la trap
address += 4;
if (address >= MEMORY_END) {
address = MEMORY_START;
}
}
}

L’idée de cette fonction c’est de lire la mémoire régulièrement. Si on ne faisait pas ça, peut-être que certaines cases mémoires auraient deux bit flips, car pas corrigé après le premier si on ne lit pas la mémoire avant qu’un autre arrive. Ce n’est pas très fréquent d’avoir des bit flips, mais sur les 6 satellites, en cumulé, on en détecte quelques-uns par jour.

L’hypothèse

De retour à la case départ donc. On exécute apparemment l’instruction stockée dans %pc, valide. Et le CPU nous dit qu’elle est invalide, mais clairement, elle est valide. On tourne en rond, on est samedi ou dimanche, fin d’après midi, et le satellite, lui aussi il tourne en rond, sans problèmes. Tout à coup, quelqu’un a l’idée de dire « bon, on ne résoudra pas ça aujourd’hui. On se revoit lundi ? ». On rentre, je bois un verre avec mes colocs (enfin, je suppose. C’était une activité habituelle pour un weekend, ça, au moins)

Retour au bureau, et là (surement plus tard, pas lundi 9h) on a David (un collègue) qui propose : "Comme clairement %pc est valide, est qu’on exécute quelque chose d’invalide, est-ce qu’on est sûr qu’on a bien enregistré %pc?". On vérifie, le code qui fait ça a l’air correct. En plus le contexte général, ce qu’il y a dans les registres est correct. Toujours David "OK, le logiciel est correct, mais est-ce qu’on est sûr que %pc c’est bien toujours l’instruction qu’on exécute ?".

Donc, on vérifie, par acquit de conscience et on remarque que non, pas nécessairement. Si on est dans une trap, le %pc qu’on enregistre pointe vers l’instruction qui a provoqué la trap, pas l’instruction de la trap qu’on exécute. Bon, OK, ça ne nous avance pas nécessairement (mais si j’en parle…)

Nouvelle question donc : Si on est à %pc, quelles sont les traps qui peuvent s’exécuter ? Il y a plein de possibilités, la plupart viennent de causes extérieures (timer matériel, plein d’autres évènements extérieurs) et potentiellement aussi la trap de l’EDAC si on lit une valeur (et l’instruction à %pc lit une valeur).

Donc techniquement, on pourrait aussi être n’importe où dans le code (assembleur) de toutes les traps. Avant on cherchait pourquoi c’était illégal d’exécuter %pc, maintenant on cherche pourquoi ça serait illégal d’exécuter %pc ou n’importe quelle ligne d’une trap active/activable à ce moment-là.

Chez moi, ça marche

Sauf que le code des traps, c’est pas nous qui l’avons écrit. C’est bien du code qui vient de l’entreprise, mais il existe depuis plusieurs années, est utilisé sur le même processeur depuis plusieurs années, et il a plusieurs dizaines d’années de vol (cumulé, en additionnant les satellites) sans problème.

En suivant les principes bien connus du développement logiciel, si on utilise un logiciel sur étagère, pas besoin de le valider (surtout ça coute de l’argent. Cela dit même si on avait essayé, je ne pense pas qu’on aurait trouvé de problème), vu qu’il marche. Par acquit de conscience, on demande, et on nous répond "bah chez nous ça marche" (la légende veut qu’une histoire similaire soit à l’origine de Docker, je ne sais pas si c’est vrai, mais le fameux "it works on my desktop, ship my desktop"…)

Vous avez peut-être lu le titre de l’article, donc vous imaginez où je vais. On se demande « OK, pourquoi ça marche pour eux, et pas pour nous ? » Quelles sont les différences ?

  • on est sur le même CPU/MCU (donc non, c’est pas ça)
  • on a changé de compilateur pour une nouvelle version (mais 1. c’est un compilateur “certifié”, et 2. les traps sont en assembleur…)
  • on est en orbite plus basse, et on a plus de SEU (mais même, quand on regarde leur historique, ils en ont beaucoup aussi, et en cumulé, beaucoup plus. Après… peut-être n’a-t-on pas de chance ?)

L’erreur

Ok, on a changé de compilateur, les traps sont en assembleur, mais le reste du code est dans un langage bien plus courant (non, je rigole, en vrai c’est en Ada…), peut-être que l’interaction entre les traps et le reste du code a changé ?

Pourquoi est-ce qu’on a décidé de changer de compilateur ? Ah pour des histoires de taille mémoire (640 kB should be enough? On avait même plus, genre 2 Mo de ROM, 4 Mo de RAM, large… ou pas). D’ailleurs, au moment du changement, on en a profité pour faire quelques optimisations. Non pas des flags genre -O1 ou -O2. Plus des choses sur le layout mémoire, on a ajouté __attribute__((packed)) qui est supporté, on a un peu changé le linker script…

Par exemple, le packed, ça nous permet de gagner de la place, avant toutes les variables étaient alignées sur une adresse multiple de 4, que ça soit un nombre sur quatre octets, ou un char d’un octet, ils prenaient au moins quatre octets. Maintenant, on a mis les data types multiples de quatre au début de la structure, bien alignés, puis les types qui prenent deux octets, on en met deux dans quatre octets (au lieu d’un et de gacher deux octets pour rien), puis les types de un octect, on en met 4.

D’ailleurs, par exemple, l’instruction à %pc, elle charge une donnée d’un seul octet qui est dans une adresse du type XXX+3, où X est un multiple de 4. C’est pas illégal de faire ça (donc non, toujours pas d’instruction illégale ici)

Après quoi, c’est là où David revient (dans mon souvenir en tout cas, ça venait beaucoup de lui, mais on était beaucoup à échanger sur le sujet). "Ok, %pc lit une donnée non alignée, et il le fait correctement. Mais s’il y a un bit flip, il se passe quoi ?. Bah rien, EDAC détectée, trap, on exécute le code assembleur qui marche sur les autres satellites.

Ah oui, mais non. Si on lit un octet, on peut lire XXX+3, mais si on lit 4 octets, c’est interdit. Il faut lire une adresse multiple de 4. Et donc on a une EDAC, et quand on rentre dans la trap

; adresse == XXX+3
disable_edac_trap: ;
load [adresse], reg ; Lire 4 octets
enable_edac_trap: ;
store reg, [adresse] ;

Ah oui, mais non. load ça lit 4 octets, c’est illégal de lui passer une adresse non multiple de 4, c’est une illegal instruction. Donc ça pourrait être ça :

  1. bit flip sur les quatre octets situés à XXX (l’EDAC est toujours calculé sur 4 octets d’une adresse alignée, même si on lit décalé)
  2. on rentre dans la fonction qui contient %pc
  3. on lit un octet à XXX+3
  4. ça déclenche la trap
  5. la trap essaye de lire 4 octets à XXX+3
  6. ILLEGAL CPU INSTRUCTION, allez en prison sans passer par la case départ

La reproduction

Sur le papier, ça marche. On peut même faire un petit logiciel sur le banc, qui fait juste un load [XXX+3], reg et qui génère une ILLEGAL CPU INSTRUCTION. Mais évidemment nos managers (et notre client) voudraient un peu plus qu’un « sur le papier, c’est ça, trust me bro ».

Donc la question "c’est possible de reproduire exactement comme dans l’espace, plutôt que de juste exécuter une instruction illégale à la main ?". Avec le vrai logiciel qui était dans l’espace, pas un logiciel de test ?

Bien sûr, il suffit d’attendre d’avoir un bit flip, sur le banc, juste au bon endroit, au bon moment. Vous avez combien de siècles devant vous ? Ou alors est-ce qu’on peut mettre le banc à côté d’un réacteur nucléaire ? Ça devrait accélérer les choses (du bon côté du mur de confinement. Ici, “bon”, ça veut dire mauvais pour les humains)

On va quand même regarder si on peut provoquer un bit flip autrement. Bon, a priori, en interne, au logiciel, on ne sait pas comment faire. La doc du processeur (qui vient avec l’edac) ne nous aide pas non plus. On demande à ceux qui nous ont dit que « chez eux, ça marche » qui nous répondent que la trap de l’edac, ils ne l’ont jamais testé, c’est juste une revue de code.

Bon, on envoie quand même un courriel au fabricant du proc, au cas où. Réponse rapide « je reviens vers vous dès que je sais ». Quelques jours (2, 3 semaines ?) plus tard : "Ah oui, c’est possible. D’ailleurs c’est documenté. Page WSYZ sur 5000, il y a **un* paragraphe qui explique comment faire*".

Le TL/DR du paragraphe : Il est possible de désactiver l’EDAC en écriture. Par contre il faut faire des choses spécifiques, donc on a pas de commande prévue pour le faire “simplement” depuis l’extérieur, il faudrait une nouvelle fonction.

void generer_bit_flip(int address, int valeur) {
*address = valeur; // écrit la valeur correcte avec l’edac normal
manipulate_specific_register_to_disable_edac(); // on a dû écrire la fonction, c’est pas aussi simple
*address = valeur ^ 0x00000001; // écrit la valeur avec un bit changé, mais sans changer le checksum enregistré
manipulate_specific_register_to_enable_edac();
}

Ça tombe bien, le logiciel qui est dans l’espace a deux fonctionnalités qu’on a testé, mais jamais en vrai avec un truc vraiment utile

  1. on peut patcher la mémoire et écrire ce qu’on veut, où on veut (code, données)
  2. on a plusieurs “fonctions” périodiques qui ne font rien, et qui sont prévues pour être patchées si on veut ajouter quelque chose (via la fonction de patch plus haut)

Donc on peut créer une fonction comme ça (en gros)

void generer_bit_flip(int address, int valeur) {
static int actif = TRUE;



if (actif) {
*address = valeur; // écrit la valeur correcte avec l’edac normal
manipulate_specific_register_to_disable_edac(); // ou a dû écrire la fonction, c’est pas aussi simple
*address = valeur ^ 0x00000001; // écrit la valeur avec un bit changé, mais sans changer le checksum enregistré
manipulate_specific_register_to_enable_edac();
actif = FALSE; // on ne veut le faire qu’une fois
}
}

Une fois qu’on a la fonction, on la compile. Ensuite on charge le logiciel normal sur le banc, on se met en conditions « avant l’anomalie », on uploade la fonction, on l’active et…

Le banc change de mode, passe du mode 2, au mode 3, sur le calculateur redondant. On vérifie le contexte, même signature que l’anomalie en vol. C’est bon on a fini. (Ouf, mon journal est déjà trop long)

La correction (Over-The-Air, mais sans l’air)

Oui, non, pas exactement. On a une explication, il faut une correction maintenant. Bon, c’est simple. Pour lire une adresse alignée sur 4, il suffit de mettre deux bits à 0. Finalement, voilà le patch

address = address & ~0x3 ; ** Cette ligne est le patch **
disable_edac_trap: ;
load [adresse], reg ;
enable_edac_trap: ;
store reg, [adresse] ;

Oui, c’est un patch d’une instruction dans le binaire. (Techniquement, 5 instructions, parce qu’il faut décaler les 4 instructions existantes de 1, mais on avait des noop en dessous, donc ça rentre)

La dernière question, c’est quelle stratégie d’ update appliquer. On a techniquement quatre familles de satellites à considérer :

  1. les satellites « pré-existants », qui utilisent l’ancien compilateur, sans packed et déjà dans l’espace.
  2. le satellite qui a eu l’anomalie.
  3. les 5 autres satellites de la grappe.
  4. les futurs satellites, non lancés.

Ce qui a été décidé : La première catégorie : Techniquement, on pourrait discuter du fait qu’il y a un bug ou non. Mais même si on considère qu’il y a un bug, il ne peut pas être déclenché. Donc on ne touche à rien. La catégorie 4, c’est facile. Ils sont au sol, on fait une nouvelle version complète du logiciel, on reflashe la rom en entier, et on vérifie.

Il reste les deux autres catégories. Bon la seule différence, c’est qu’un, toujours en mode 3, tourne pour l’instant sur le calculateur redondant (on peut revenir en mode 2, manuellement, si on veut). Donc on décide « on va faire la même chose », et on va corriger le problème (on aurait pu ne rien faire et dire « bah, si ça arrive, on connaît et on revient à chaque fois manuellement en mode 2 »)

Là encore, même si on corrige, on a plusieurs choix :

  1. Mettre à jour la ROM. En fait non, les ROM, parce que chaque calculateur a la sienne. Et le nominal ne peut pas écrire la ROM du redondant, et inversement. (Dès lors, si on veut patcher, qu’est-ce qu’on patche ? Le deux ROM ? Faut-il reconfigurer à la main pour rebooter sur le redondant ?)
  2. utiliser un mécanisme prévu pour « patcher, mais sans patcher la ROM ».

La solution 2, retenue, c’est un mécanisme (déjà dans le logiciel) qui permet de mettre les infos dans une autre mémoire (partagée par les deux calculateurs). Au boot, la ROM est copiée dans la RAM (on exécute le code depuis la RAM), et « avant de démarrer » on vient regarder dans cette table, si l’on doit patcher la RAM. Cela donne quelque chose comme :

ROM (logiciel original) --> Copie vers la RAM --> RAM (logiciel original) --> fonction de patch au boot, vient modifier la RAM --> RAM (trap corrigée) --> boot du logiciel.

Conclusion

Qu’est-ce que je retiens principalement ?

  • quand on me dit que du code fonctionne, donc qu’il est correct… j’ai un doute
  • Ce n’est pas parce que la doc explique quelque chose qu’on peut le trouver. Surtout quand elle fait 5000 pages… Il ne faut pas hésiter à demander

Voila, en quelques pages, une vieille histoire qui m’a marqué. Je suis probablement une des personnes qui a participé à un des patchs le plus haut du monde (plus de 1 000 km d’altitude)

Bon en vrai, la NASA fait des mises à jour logicielles sur des rovers sur Mars, donc c’est clairement pas le record mais c’est pas trop mal (ils ont même peut-être des mises à jour sur leurs sondes plus loin de la terre)

Note : cette histoire date maintenant d’il y a plus de dix ans. Il y a donc forcément des simplifications, des imprécisions, et probablement des erreurs. Aucun satellite n’a été maltraité pendant cette enquête. Il y en a bien un qui est tombé à terre, mais ça c’était avant le lancement.

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Violences policières : vers une approche systémique

Partie 1 - Changer de paradigme ?

Alors que les smartphones sont devenus de véritables mouchards permettant de surveiller les populations, ils constituent également un outil puissant de contrôle citoyen de la police. Infographies recensant des centaines de blessé·es graves, cartographies signalant des milliers de violences et rapports spécialisés qui se multiplient… Reflets revient sur dix ans d’utilisation du terme « violences policières », dont l’aspect « systémique » est constamment réfuté.

policiers pendant les manifestations des gilets jaunes - © Reflets

Si le terme «violences policières» est en usage à partir des années 2000, depuis une dizaine d’années, notamment après la loi Travail (ou loi El Khomri), l'expression «violences policières» s’est imposée dans le débat public comme un outil sémantique destiné à rendre visible la violence exercée par la police. Aujourd’hui, gravé dans le marbre, ce terme ne se contente pas de nommer un phénomène : il structure la perception des pratiques policières, resserre le débat public et permet de mobiliser socialement et politiquement autour de l’enjeu de la violence d’État.

Des articles de presse, des recherches académiques, ouvrages, ainsi que les collectifs et associations de soutien aux victimes de « violences policières » se multiplient pour documenter et dénoncer les violences policières. Ces dernières années, des projets journalistiques tels que Allô Place Beauvau de David Dufresne ou Violences Policières de Vincent Victor ou encore celui de Bastamag, ont largement montré la systématisation des violences perpétrées par la police et la gendarmerie lors du maintien de l’ordre et de la répression de la population.

Capture d’écran du site de Mediapart – Panoramique : Allô Place Beauvau. 2025
Capture d’écran du site de Mediapart – Panoramique: Allô Place Beauvau. 2025

Si la violence policière peut toucher tout un chacun, elle affecte néanmoins certaines catégories de population, en raison de leur condition sociale, de leur origine supposée ou de leur engagement politique. La police se présente ainsi, comme le moteur d’une violence « légitime » et « ...

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IA : CE QUE CACHE LA BULLE [ARGENT MAGIQUE] - YouTube

Est-ce que l’IA est une bulle financière sur le point d’exploser ? Est-ce que cette nouvelle technologie va nous permettre de nous libérer du travail ? C’est ce que nous allons voir dans ce nouveau Argent Magique !

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Journalistes : Marino et ‪‪@Heu7reka
Co-auteur : Arnaud Gantier (‪@StupidEco )
Réalisation : Valentin Levetti
Montage : ‪‪@SplineLND ​
Production : https://stup.media/

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LIEN DES SOURCES :
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Kâplan sur X : "Les #surtranspositions françaises en agriculture

Je vous ai déjà dit que j'emmerdais tout ce qui était écologie politique ?

Dans la série les mesures écologiques nous font chier, je recopie in extenso le texte de peur que cela disparaisse :

«Les #surtranspositions françaises en agriculture :

1- Les produits phytosanitaires : L'UE autorise les substances actives via le règlement 1107/2009, mais les États peuvent refuser ou restreindre leur usage nationalement. La France est accusée de "surtransposer" en interdisant ou limitant ce que l'UE autorise, créant des "impasses techniques" pour les cultures (absence d'alternatives contre ravageurs).

Exemples concrets :
- Néonicotinoïdes : Interdits en France dès 2016 (loi biodiversité), avant l'UE en 2018. Cela a pénalisé les betteraviers français face aux concurrents européens, menaçant environ 70 000 à 90 000 emplois dans l'ensemble de la filière sucrière. Des dérogations temporaires ont été accordées via la "loi Duplomb", mais les agriculteurs y voient une concurrence déloyale.
- Glyphosate : Utilisation restreinte en France (interdit sur certains usages), alors qu'autorisé UE jusqu'en 2033. Cela complique le désherbage pour les céréaliers.
- Acétamipride et autres insecticides : Autorisation UE, mais restrictions françaises plus sévères, forçant des investissements en alternatives coûteuses (mécanique au lieu de chimique).

Impact pour les agriculteurs : Moins d'outils disponibles (environ 309 substances actives autorisées en France contre plus de 450 recensées au niveau européen, selon un rapport sénatorial).
Rendements réduits de 10-20% sur certaines cultures, coûts +20-30% pour alternatives. Des syndicats agricoles réclament une "harmonisation" pour éviter les importations de produits traités ailleurs en Europe.

2- Taxes et fiscalité : Charge plus lourde en France. La France impose des taxes sur la production agricole supérieures à la moyenne UE, malgré la PAC (Politique Agricole Commune) qui verse des aides.

Chiffres clés : La France représenterait 35% des taxes agricoles UE, pour seulement 18% de la production selon l'Institut Molinari, 2024.
Salaire moyen : 26 400 €/an en France vs. 45 000 € en Allemagne ou 42 000 € aux Pays-Bas.
Charges sociales et taxes sur intrants (engrais azotés +45% en 2026 via taxe carbone UE, carburants).

Les agriculteurs perçoivent cela comme un "frein" face à des importations (volailles ukrainiennes subventionnées).
Impact : Réduit la compétitivité ; excédent commercial agroalimentaire français érodé de 2 milliards € en 15 ans, malgré gains d'exportations vers des pays tiers.

3- Normes écologiques : La France prend souvent des mesures plus dures sur les normes environnementales, via des lois nationales (EGAlim, loi climat).

Exemples :
- Zones sensibles (Natura 2000, eau) : Exigences plus élevées en France pour réductions d'usage phytos, avec obligations de documentation (forte charge de traçabilité).
- Interdictions anticipées (diméthoate sur cerises).
- Réduction pesticides : Plan Écophyto vise -50% d'ici 2030, plus ambitieux que l'UE.

Impact : Investissements obligés (irrigation bloquée par recours écologistes), pertes de rendement. Agriculteurs parlent de "suradministration" (contrôles fréquents de l'OFB).

4- Normes économiques et contrôles : Suradministration perçue.

PAC et aides : Conditions nationales plus lourdes pour justifications/audits.
Contrôles fréquents (ex. : traçabilité renforcée en 2025).
Autres : Droit du travail/social plus contraignant, gestion eau/milieux naturels. Accumulation des administrations locales/régionales.
Impact : Temps administratif des agriculteurs +30% vs. moyenne UE, décourageant les jeunes (jusqu'à 40 000 fermes disparues 2020-2023 selon certaines organisations syndicales).

La surtransposition crée un sentiment d'inégalité, amplifié par des taxes et une administration perçues comme punitives, menant à une perte de compétitivité (déclin exports, suicides). Les agriculteurs demandent une harmonisation UE et moins de normes nationales pour éviter la "concurrence déloyale".»
(Permalink)
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[Linux] Déplacer un système à chaud avec LVM

Nombreux sont les débutants à avoir du mal à appréhender LVM, et pourtant il est impossible de faire l'impasse. Non seulement parce que c'est pratique mais aussi parce que c'est utilisé massivement en entreprise (et pas que).

Adrien nous propose une excellente vidéo dans laquelle il déplace sa distribution sur un nouveau disque. Le tout à chaud avec toutes les étapes détaillées :

Je trouve que c'est une des meilleures vidéos d'Adrien tellement elle est efficace et didactique, il ne se perd pas dans des détails qui compliquent la compréhension inutilement 👍

Merci Adrien 👏

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Article original écrit par Mr Xhark publié sur Blogmotion le 10/01/2026 | Un commentaire |
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Cet article [Linux] Déplacer un système à chaud avec LVM provient de : on Blogmotion.
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Donations : deux dispositifs complémentaires d’exonération pour soutenir les projets immobiliers | Ministères Aménagement du territoire Transition écologique

Il y a un dispositif temporaire permettant d'exonérer les dons d'argent dans le cadre familial pour payer des travaux de rénovation énergétique. Mais ce n'est pas cumulable avec MaPrimeRénov', il réutilisent juste la liste. Ce qui peut paraître incohérent, vu que cela ne s'adresse qu'aux gens qui auraient raté/loupé/eu la flemme de demander la prime du coup.

J'ai demandé directement à la DGFiP des éclaircissements, parce que nulle part sauf au fin fond de l'article du BOFIP on ne trouve l'info :

En conclusion : Les travaux que vous voulez effectuer sont-ils éligibles à la prime prévue au II de l’article 15 de la loi n° 2019-1479 du 28 décembre 2019 de finances pour 2020 ?

Si oui, OU vous demandez à bénéficier de MaPrimeRénov' OU vous demandez à bénéficier du dispositif de l'article 790 A BIS du CGI. Les deux ne sont pas cumulables.

La réponse a été rapide (après un premier filtre à passer…) et très claire et circonstanciée, c'est parfait !

BOFIP : https://bofip.impots.gouv.fr/bofip/3362-PGP.html/identifiant=BOI-ENR-DMTG-20-20-20-20250904#c_noncumul_avec__9814


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AuX sources du fun N° 1 : retrouver le fun dans les inutilitaires graphiques

Après un épisode 000 sur les logiciels inutiles et donc indispensables autour de l'ASCII art, cette dépêche entre dans la fin du XX° siècle avec les inutilitaires ayant des interfaces graphiques.

Sommaire

Introduction : poétique de l’inutile et regard de Xeyes

En ce passage vers une nouvelle année, c’est l’occasion d’inviter à de nouveaux regards, notamment à travers les inutilitaires avec interface graphique dans le domaine du libre, de la même manière que l’interface graphique a étendu leurs possibilités. Il s’agit d’une revisite de ces logiciels qui ont marqué, qui constituent les traces de l’histoire informatique et qui ouvrent à une perception renouvelée, traversés par des souffles multiples, à la fois historiques, poétiques, ludiques et philosophiques, et étendus dans le village global de 2026. Ainsi, nous les aborderons sous ces différentes modalités, à l’aune de ces différentes lumières.

Pour inviter à porter ce regard sur ces angles multiples, nous présenterons les inutilitaires graphiques dans une perspective plurielle, à la fois ludique, poétique et philosophique. En effet, ces équivalents dotés d’une interface graphique (GUI) de leurs homologues en ASCII ART, loin de toute logique de consommation, offrent un espace où le regard peut vagabonder, où l’expérience naît aussi de l’inattendu et de la contemplation. Ce changement de point de vue se manifeste notamment dans des exemples comme le petit programme Xeyes. Aussi inutile soit-il, il est installé par défaut dans la plupart des distributions : il se contente d’afficher des yeux qui suivent la souris, participant ainsi, à son échelle, au déplacement de la perception dans le logiciel libre. Il ne s’agit pas d’affirmer que Xeyes est intrinsèquement dépourvu d’usages utiles possibles, mais de le considérer ici dans une poétique du just for fun à l’instar de Linus Torvalds qui proclamait à Amsterdam que « The most important design issue… is the fact that Linux is supposed to be fun… ». Ainsi Xeyes est vu comme un objet ludique et réflexif, en outre sa page de manuel elle-même adopte un ton d’humour noir explicite : « Xeyes watches what you do and reports to the Boss. »

Bien entendu, Xeyes ne contient aucune backdoor destinée à transmettre des données à un quelconque supérieur — d’où son inutilité revendiquée (OUF). Avec le recul, on pourrait néanmoins y voir une préfiguration ironique des révélations de Snowden, infiniment plus utiles, quant à elles, pour dénoncer des pratiques bien réelles de surveillance. Là où Xeyes se contente d’en proposer une parodie, il rappelle, par le jeu et le décalage, que le logiciel libre sait aussi penser le regard et l’interface autrement que sous l’angle de l’efficacité, participant ainsi, à sa façon, à cette autre poétique. Les yeux malicieux de Xeyes ont aussi été transportés sur d'autres OS

xeyes

De cette contemplation découle également une autre réflexion. Dans son essai « Sauvons le Beau : L’esthétique à l’ère numérique », le philosopheByung-Chul Han (Pyŏng-ch’ŏl Han 한병전) regarde le monde d’aujourd’hui, saturé d’images lisses et parfaites, façonnées par un productivisme qui aplanit l’expérience personnelle. Tout est policé, séduisant, immédiatement consommable, mais dépourvu de profondeur. L’expérience esthétique se consomme comme un fruit sans chair, et le regard se laisse séduire sans se laisser transformer.

À travers Jeff Koons et le corps pornographié, il montre que l’expérience esthétique perd sa rugosité, son mystère, sa personnalisation et sa capacité à surprendre et à bouleverser. Elle devient un reflet étincelant dont l’intérieur sonne creux. Face à cet appauvrissement, Han appelle à se tourner vers l’altérité. Il invite à arracher l’individu à son narcissisme, à le détourner du miroir aux alouettes trop lisse, mais qui ne renvoie qu’une image vide. Voir l’altérité, c’est ramener le spectateur hors de lui-même, le confronter à une expérience esthétique qui change son regard, née de l’inattendu, de la divergence, de ce qui déstabilise. Dans cette rencontre, l’expérience esthétique cesse d’être un simple objet de consommation et redevient un souffle qui questionne, qui surprend et qui bouleverse.

Cette attention au surprenant trouve un écho pour le moins inattendu dans le monde du logiciel libre. Dans The Cathedral and the Bazaar, Eric S. Raymond écrit : « Every good work of software starts by scratching a developer’s personal itch. » Ainsi, chaque programme, chaque création naît d’un désir ou d’un besoin vécu, d’une singularité que l’on cherche à exprimer et à explorer. Ensuite, il ajoute également : « The next best thing to having good ideas is recognizing good ideas from your users. Sometimes the latter is better. » Parfois, ce n’est pas l’idée initiale, mais la rencontre avec ce qui vient d’ailleurs, qui enrichit et change la perception. Le logiciel libre, via la rencontre avec l’altérité et de par ses pratiques open source, amènent une approche mêlant une esthétique de la participation, qui constitue une proposition à la critique esthétique d’Han, laquelle, de manière tout à fait surprenante, s’incarne dans le processus de participation à travers le projet libre Gource, intégrant l’approche décrite par Eric S. Raymond et une esthétique du libre dans une danse poétique lumineuse sous forme de constellation spatiale globale.

Entre Xeyes et Gource s’étale une certaine diversité d’inutilitaires que nous parcourons comme une mini-rétrospective, mêlant parfois la grande histoire de l’actualité informatique avec la petite histoire des inutilitaires, souvent inattendue, encourageante, conviviale et poétique. De cette mosaïque émergeront certaines réflexions sur les inutilitaires sous forme d’abandonware, notamment à travers « le voyage de Necko et la retraite de Kodo ». Ces réflexions sont aussi l’occasion de redécouvrir des inutilitaires abandonnés à explorer, véritables parties prenantes de la grande aventure du logiciel libre, de son processus participatif en open source et de son invitation à une ouverture d’esprit et du code.

xeyes

Les décoratifs graphiques

Xjokes

MxIco

Xtacy

Cette quête de l’émerveillement et de la profondeur, au cœur du quotidien hypermoderne, nous mène aussi vers un autre temps, hors de l’aliénante productivité : celui d’un second Han, l’ermite Han Shan 寒山, sur les monts froids de la Chine des Mings. Là, dans la solitude et l’oisiveté attentive, l’expérience ne se cherche pas, elle advient. La légende dit que ses poèmes surgissaient sur les murs, les rochers, les arbres. Poète ch’an, ancêtre du zen japonais, Han Shan demeurait sous les pins, au bord d’un torrent, oublieux de lui-même, contemplant un papillon sans savoir s’il rêvait le papillon ou si le papillon le rêvait, comme chez Zhuang Zi. Puis, puis, dans un élan soudain, il grave quelques vers dans la pierre et s’en retourne en riant vers son ermitage comme tout maitre ch’an , énigmatique et joyeux.

une fois à Han Shan les dix mille affaires cessent
plus aucune pensée fugace ne s’accroche au cœur
oisif, sur un rocher j’inscris des poèmes,
accordé au flux, comme une barque sans amarre.

寒山詩

一住寒山萬事休
更無雜念掛心頭
閑書石壁題詩句
任運還同不繫舟

han shan

xjokes

Dans le logiciel libre, Xjokes se fait l’écho de cette suspension de l’utilité. Ainsi, un trou noir engloutit l’écran, des figures clignent de l’œil, l’écran peut disparaître tout entier. Comme le Boing Ball de l’Amiga ou MxIco fait tourner de simples polyèdres , ces logiciels laissent le regard vagabonder. Oisifs, ces logiciels offrent un espace où le temps semble suspendu, accordé au flux du geste, comme un souffle qui traverse l’espace simplement.

mxico

Un autre poète inconnu sous Xtacy (ecstasy) écrira lui aussi sur le même thème :

Retrouve dans ta tête
Ton âme de poète
Souviens-toi comme c´est chouette
La parfum des violettes
Un soir de pâquerettes

poesie

xtacy

Ainsi Xtacy le fera chanter avec ses couleurs changeantes, ses fractales, ses quadrilatères rebondissants et ses vagues sinusoïdales décalées, invite au vertige .


Les animaux virtuels et autres éléments virtuels de companies

gkrellm-bfm

Ce programme de monitoring dispose d'un canard qui sert… de compagnon?
Un plugin de monitoring de charge pour GKrellM, inspiré de wmfishtime et bubblemon. Il met en scène des poissons pour illustrer le trafic réseau, des bulles pour l’utilisation du processeur et un canard… pour représenter un canard.

Xteddy

Xteddy, en tant qu’inutilitaire, a eu des usages inattendus, allant bien au‑delà de sa fonction de simple peluche virtuelle de premier abord.L’auteur originel de Xteddy, Stefan Gustavson, raconte sur le site archivé :

« I created Xteddy way back in 1994 as a spare time hack for fun. The reception I got from my colleagues was so heart-warming I was encouraged to distribute him world-wide. Much to my surprise, the response was overwhelming. By now, I have received hundreds of friendly messages of appreciation from all over the world, and they keep dropping in even this long after the release. To all of you teddy bear lovers out there: thanks! »

Ce simple projet ludique, conçu pour le plaisir, a rapidement touché et fédéré une communauté internationale. Un utilisateur raconte sur le site xteddy.org :

« Ever since I found out about the Xteddy Unix program, I ran it on my workstations when I was doing my University assignments, as it helped me think. »

Pour certains utilisateurs, dont celui qui a partagé son expérience et mis a disposition le site Xteddy.org, Xteddy a eu un impact bien au‑delà du divertissement : il a servi de soutien émotionnel et d’aide à la réflexion, apportant réconfort et motivation dans des périodes marquées par l’anxiété sociale ou les troubles paniques. Touché par l’influence positive de ce logiciel, cet utilisateur a pris contact et a ensuite créé le site xteddy.org, à la fois espace de témoignage personnel et lieu de mémoire pour la communauté.

« I still get feedback at least once a year thanking me for what I’ve written here, so it > shall remain. I hope others find this interesting and helpful. »

Son engagement s’inscrit également dans une démarche plus large de contribution au logiciel libre, puisqu’il participe activement à divers projets open source, prolongeant ainsi l’esprit collaboratif et de soutien qui entoure Xteddy.
Aujourd’hui, bien que le site de l’auteur original ne soit plus accessible, l’héritage de ce programme se perpétue grâce aux nombreuses distributions

xteddy

XSnow

La neige, avec son blanc immaculé et sa douceur fragile, a inspiré le poète coréen Kim Sowol dans son célèbre poème 눈 오는 저녁 (Snowy Evening). Comme lui, certains pensent à leur amour lointain en observant la neige tomber, tandis que d’autres n’ont pas eu la chance de voir le Père Noël. Cette neige qui s’éparpille au vent mais ne fond qu’au contact des flammes rappelle la fragilité et la profondeur du cœur humain. Aujourd’hui, même ceux qui n’ont pas la chance de contempler la neige réelle peuvent retrouver cette magie grâce à XSnow, un programme qui fait tomber la neige virtuelle sur le bureau, recréant une mini ambiance hivernale dans le silence d’un monde immobile. Sous le ciel pâle, les pensées s’immobilisent, lentes et blanches, tandis que la nuit écoute le pas léger de l’hiver, et que la neige continue de transformer le quotidien en souvenir poétique, et observer par intermittence le traineau du Père Noël defiler sur son ecran. Un classique qui ajoute une touche de fraîcheur aux sessions de travail.

xsnow

xsnow

XPenguins : La Marche des Rêveurs Polaires

Dans le paysage immaculé de votre écran, là où ne règnent que l'ordre et la logique, une troupe inattendue fait son apparition. XPenguins, œuvre de l'esprit créatif de Robin Hogan, est une douce folie, un souffle d'air vif des terres australes. Inspirés des graphismes espiègles du jeu Pingus, ces petits pingouins pixelisés arpentent l'impossible. Ils cheminent le long des précipices de vos fenêtres, se faufilent entre les barres de menus comme entre des séracs de glace, transformant votre bureau en un iceberg numérique où règne une joyeuse absurdité. Ils défilent, pattent, courts et déterminés, dans une marche tranquille et hypnotique, offrant un ballet burlesque contre la rigueur austère de l'interface. Mais leur magie ne s'arrête pas aux confins de votre moniteur. Avec un clin d’œil à XBill, il se poursuit dans le jeu Pingus.

xpenguins

Doggo

Doggo est une IA de chien, développée en Python avec Pygame. Le chien se déplace aléatoirement sur l’écran, change de direction et d’état, et sa couleur de pelage varie de manière aléatoire. Les changements d’état suivent une chaîne de Markov. Ce projet est né de l’envie d’un collègue de l’auteur, qui ne pouvait pas avoir de chien, de créer un compagnon virtuel tout en explorant les chaînes de Markov.

doggo

Xroach

Xroach est un jeu classique qui consiste à afficher des cafards répugnants sur votre fenêtre principale. Ces petites créatures se déplacent frénétiquement jusqu'à trouver une fenêtre sous laquelle se cacher. À chaque fois que vous déplacez ou réduisez une fenêtre, les cafards se précipitent à nouveau pour se mettre à l'abri.

Xfishtank

Un vieil étang (haïku)

Un vieil étang
Une grenouille saute
Des sons d’eau

Aussi bref que ce célèbre haïku de Matsuo Bashō, et rapide qu’un « plouf » dans l’étang, Xfishtank nous transporte directement devant un aquarium où l’on peut contempler la diversité de la faune et de la flore marines, comme on contemple le poème de Bashō.

Xfishtank


Les inutilitaires liés à l’actualité et à l’histoire de l’informatique

Est-ce que Windows est un virus ? XBill

Dans les années 1990, le procès USA Department of Justice (DOJ) vs Microsoft a largement dominé les médias, révélant au grand public les pratiques monopolistiques jugées déloyales de diffusion du système d’exploitation de la firme de Redmond sur les marchés mondiaux. L’accord conclu entre Microsoft et le DOJ n’ayant pas été respecté, de nouvelles poursuites ont été engagées. Ces événements ont nourri les réflexions des autorités européennes de la concurrence et préparé le terrain pour le futur procès contre Microsoft, qui interviendra plus tard, dans les années 2000, au sein de l’Union européenne.

Le mini-jeu XBill, créé dans ces années 1990, illustre ces pratiques de diffusion de manière caricaturale et a suscité des réflexions humoristiques sur une question récurrente : Microsoft Windows n’est-il pas un virus finalement ?

Ainsi, le livre PC GAGS, qui réunit les perles humoristiques de l’époque frappant les plateformes MS-DOS, Windows 3.1 et Windows 95, nous donne à voir cet état d’esprit décalé.

“ Une rumeur persistante circule dans les milieux informatiques, selon laquelle Windows lui-même ne serait rien d’autre qu'un virus plus ou moins bien camouflé (leitmotiv : pour les uns, c’est un système d’exploitation, pour les autres, c’est le plus long virus du monde).

Quelques spécialistes d’Internet ont examiné à la loupe cette théorie. Voici leurs conclusions :
1. Les virus se répandent rapidement. Okay, Windows en fait autant
2. Les virus consomment de précieuses ressources du système et ralen­tissent ainsi le travail de l’ordinateur. Okay, Windows fait la même chose.
3. Les virus anéantissent parfois le disque dur. Okay, Windows est également connu par certains utilisateurs comme se livrant à ce genre d'exaction.
4. Les virus sont souvent glissés dans un ensemble de programmes utiles sans que l’utilisateur le sache, ou bien sont transmis directement avec l’ordinateur. Okay, Windows se propage également de cette manière.
5. Les virus sont parfois responsables de ce que l’utilisateur trouve son système trop lent et s’en achète un autre. Okay, cela arrive aussi avec Windows.
Jusqu’ici, il semble bien que Windows soit effectivement un virus !

Mais il existe trois différences fondamentales :
1. Les virus fonctionnent sur presque tous les ordinateurs.
2. Leur programmation est efficace et leur taille petite.
3. Plus ils se développent, plus ils font des progrès.
Windows ne satisfaisant pas à ces conditions de base, il faut se rendre l’évidence : Windows n’est pas un virus ! ”

Dans ce contexte, XBill s’inspire de cette critique pour caricaturer la propension de Bill Gates à installer Windows partout. Cette caricature interactive montre, d’une part, le CEO de Microsoft, qui installe Windows sur tous les ordinateurs qu’il rencontre, et, d’autre part, Windows lui-même se répandre via les réseaux se multiplier à l’instar d’un virus informatique, infectant les ordinateurs et supprimant les autres systèmes d’exploitation et en s y installant confortablement à leurs places.

xbill

XLennart

Une version dérivée de ce jeu, XLennart, reprend le concept pour caricaturer la controverse autour de Lennart et son init, en montrant son installation remplaçant tous les init des autres systèmes sur les machines Unix-like, poursuivant ainsi l’esprit satirique de XBill appliqué à l’univers des systèmes libres. (N.D.R. : pour éviter de nourrir les trolls, on constate l’existence de cet inutilitaire sans prendre position sur la question de fond.)

xlennart

xlennart

X026 : l’héritage des cartes perforées Hollerith

Bien avant les claviers et les écrans, l’informatique reposait sur des cartes perforées Hollerith, inventées à la fin du XIXᵉ siècle par Herman Hollerith. D’abord utilisées pour accélérer le recensement américain de 1890, elles sont devenues pendant des décennies le support central du stockage des données et des programmes. Dans les années 1950 à 1970, des machines comme le poinçon IBM 026 permettaient de transformer texte et chiffres en trous soigneusement alignés sur des cartes de 80 colonnes. Chaque caractère était codé en BCD-H, un système directement lisible par les ordinateurs de l’époque. Programmer en FORTRAN signifiait alors saisir chaque ligne sur une carte distincte : la moindre erreur impliquait de refaire la carte au format binaire BCD, ce qui imposait une grande rigueur. Le langage herita de ces syntaxes et exigeait ses règles strictes à cause du support physique : colonnes, indentation, numéros de lignes… bref, le code avait autant de contraintes que les joueurs de Tetris les plus acharnés !

L’émulateur X026 redonne vie à cette pratique. En simulant fidèlement l’IBM 026, il permet d’expérimenter concrètement la lenteur, la précision et la discipline qu’exigeait la saisie des données à l’ère des cartes perforées. Plus qu’un simple outil, X026 est une plongée dans l’histoire de l’informatique.

x026

Xabacus

Xabacus est un émulateur de boulier qui illustre les origines du calcul manuel. Il complète bien des inutilitaires comme X026 en experimentant avec ce qui existait avant même l’ère des cartes perforées. Il reproduit le fonctionnement d’un boulier (souvent de type chinois suanpan 算盤 ou japonais soroban 算盤(そろばん) .

xabacus


Assistant virtuel

Les assistants virtuels sont des personnages qui sont l'équivalent humain ou anthropomorphe des animaux virtuels et qui ont soit une fonction esthétique, soit parfois une fonction anecdotique.

Macopix

MaCoPiX (Mascot Constructive Pilot for X) est l'application de mascottes ultime pour les systèmes UNIX et X Window. Vous pouvez y créer des petites créatures qui se posent sur vos fenêtres, des mascottes fixes qui s'installent confortablement sur votre bureau, et même des mascottes horloges pour vous tenir compagnie tout en affichant l'heure. De quoi rendre votre bureau un peu plus vivant et amusant !

macopix

XClock Cat

Issu d’un imaginaire ancien du chat souriant, malicieux et légèrement surréaliste, popularisé dès 1865 par Lewis Carroll avec le Chat du Cheshire dans Alice au pays des merveilles, puis codifié visuellement par l’animation et le design américains des années 1920–1930 (grands yeux expressifs, sourire exagéré, animation souple de type rubber hose), cet archétype trouve une incarnation emblématique avec le Kit-Cat Klock au début des années 1930, célèbre horloge animée aux yeux roulants et à la queue oscillante, avant d’être réinterprété par Disney en 1951 dans Alice in Wonderland ; c’est dans cette continuité culturelle et graphique que s’inscrit Xclock catclock, une variante à base de motifs (motif-based) du programme xclock du X Window System, développée à la fin des années 1980 par des ingénieurs issus du MIT, de DEC, de BBN et de l’université de Berkeley, et remise en ligne sur GitHub à l’occasion du 30ᵉ anniversaire de X10 : cette version ajoute un mode animant yeux et queue à l’écran avec une option de suivi du tempo musical permettant de synchroniser les mouvements du chat avec la musique, Ce chat de Cheshire des temps moderne illustre la rencontre entre histoire de l’informatique, culture visuelle du cartoon et design ludique rétro.

xclockcat

Viguor : le Clippy qui agace… encore plus que Clippy

Pour ceux qui ont connu la torture du traitement de texte Microsoft Word et de son assistant Clippy dans les années 90, Viguor, sur le ton de l’humour noir, permet de retrouver cette expérience frustrante… mais en pire. Cette caricature de l’assistant agaçant n’a qu’un seul objectif : vous faire sourire… ou doucement sombrer dans le désespoir numérique. Bien sûr, il vous demandera ironiquement de signer un impossible EULA/CLUF avant d’interagir avec lui.

vigor

KDE Amor

Amor est une interface permettant de gérer des animations virtuelles sous KDE. Cette application permet d'interagir avec différents personnages de bureau, ajoutant un peu de vie et d’interactivité à l’environnement de travail. Le store KDE fournie de nouvelles versions en ligne

Amor Config


Les écrans de veille : XScreensaver

Dans les temps anciens, lorsque les écrans affichaient une image fixe trop longtemps, ils pouvaient être endommagés par un phénomène appelé combustion interne du phosphore. Pour prévenir ce problème, des utilitaires appelés « économiseurs d'écran » ont été créés. Bien que cette fonction soit aujourd'hui obsolète, les écrans de veille sont devenus des artefacts artistiques en soi, souvent appréciés pour leur côté créatif. Aujourd'hui, tous les bons environnements de bureau en proposent, tandis que les mauvais ont tendance à les retirer de leur offre.

Ainsi, malgré leur origine pratique, les économiseurs d’écran ont évolué et continuent d’offrir une valeur ajoutée au-delà de leur utilité initiale. C’est précisément dans ce contexte que XScreenSaver s'inscrit comme un exemple parfait de réinvention. En 2022, il a célébré son trentième anniversaire, prouvant qu'un bon logiciel peut traverser le temps et les générations. Lancé en 1992, il est rapidement devenu un incontournable pour les systèmes Linux et Unix utilisant le système de fenêtres X11. En plus de proposer une vaste collection d’économiseurs d’écran, XScreenSaver devient une sorte de musée de l’informatique montrant les screensaver les plus vieux (comme la boule rouge et blanche d’Amiga) jusqu’aux effets de demos récentes, offrant une rétrospective de ce qui s'est fait aux différents âges de l’informatique. En somme, XScreenSaver est bien plus qu’une simple collection d’écrans de veille : c’est une courte contemplation, rétrospective esthétique de l’évolution de l’informatique comme peinture animée.

xscreensaver amiga

xscreensaver


Les inutilitaires de « Passage »

Les inutilitaires suivants nous permettent de percevoir le passage, la spatialité et la transition entre les espaces et dimensions sous des angles multiples.

Passage du pixel art au jeu poétique

Poète symboliste influencé par Verlaine et Rimbaud, Antonio Machado privilégie la suggestion, le souffle du rythme et l’émotion intérieure plutôt que la description réaliste. Cette sensibilité se retrouve aussi dans Passage, qui n’est pas un simple jeu libre mais un jeu-art à forte dimension poétique. Comme dans la poésie symboliste, le sens n’est jamais donné explicitement : il se construit à travers des images simples, presque abstraites, et une atmosphère mélancolique. Le pixel art, volontairement épuré, agit comme un symbole, à l’image des paysages intérieurs de Machado, où le temps, le souvenir et le chemin de la vie sont suggérés plus que racontés. À la manière d’Antonio Machado, qui cherchaient à « faire sentir » plutôt qu’à expliquer, Passage invite le joueur à une expérience sensorielle et méditative, proche d’un poème visuel en mouvement.

Divulgachage / Spoiler Alert / Des vidéos de spoiler de Passage existent sur YouTube, mais nous ne vous déconseillons de les regarder avant d’y jouer. Comme dans la poésie symboliste d’Antonio Machado, le sens de l’œuvre naît de l’expérience personnelle et de la découverte progressive. Regarder le jeu à l’avance enlèverait une grande partie de son impact émotionnel, car Passage repose sur la surprise, le temps vécu et l’interprétation intime. À l’image d’un poème que l’on doit lire et ressentir soi-même, ce jeu-art ne se comprend pleinement qu’en étant parcouru, pas observé de l’extérieur

passage

Du réalisme logiciel au réalisme magique… en labyrinthe

XEarth, XMountains et XWorld

Dans la cité-monde numérique, XEarth, XMountains et XWorld, véritables ancêtres de Google Earth et OpenStreetMap, incarnent une approche réaliste de l’exploration. XEarth reproduit la topographie et les climats d’une planète tangible, XMountains offre des chaînes de reliefs et de vallées à arpenter, et XWorld articule ces espaces en un réseau interconnecté reflétant un village global cohérent. Dans ces univers, la navigation est ordonnée et structurée : chaque élément a sa place, chaque espace peut être cartographié et compris, malgré leur grandeur presque infinie, rappelant la logique combinatoire finie mais immense décrite dans la Bibliothèque de Babel de Borges. Ces environnements offrent une immersion classique, vue extérieure, où l’utilisateur agit comme un arpenteur rationnel dans un monde cartographié et cohérent.

xearth

xmountain

xworld

FSV2 et GopherVR

Dans FSV2 et GopherVR, chaque déplacement transforme l’espace en un labyrinthe vivant. En parcourant répertoires et sites, l’utilisateur croise des chemins qui se multiplient, se bifurquent et se recroisent, révélant des angles inattendus et des perspectives surprenantes à chaque pas. On ne se contente plus de « voir » : on ressent l’infini et l’ordre simultanément, chaque choix de parcours offrant un condensé d’informations et de points de vue au-delà de la perception 2D habituelle. Explorer ses fichiers dans FSV2 devient un acte poétique et intellectuel, presque rituel. GopherVR, quant à lui, transforme l’accès à la base de données en une exploration tridimensionnelle digne du Gibson dans le film Hackers

fsv

gophervr

Pour ceux qui souhaitent une simulation du voyage dans le Gibson, XScreenSaver, cité précédemment, en offre cette expérience immersive. Comme dans La Demeure d’Astérion, chaque couloir, chaque recoin est à la fois familier et mystérieux, invitant l’utilisateur à se perdre pour mieux se retrouver, à savourer la surprise de chaque bifurcation et à redécouvrir l’ordinateur comme un espace à la fois tangible et imaginaire.

Gibson xscreensaver

fsv linux gibson

Le voyage de Neko et la retraite de Kodo

Réflexion sur les inutilitaires en tant qu’abandonwares libres et sur ceux sans équivalents libres

Dans notre exploration des inutilitaires graphiques libres, nous avons remarqué un contraste frappant entre deux situations. Cela nous a conduits à une réflexion sur le rapport entre abandonware et logiciel libre, que nous appellerons « le voyage de Neko et la retraite de Kodo », comme un conte philosophique oriental illustrant certains paradoxes numériques.

Le voyage de Neko

neko

Il hante nos écrans d’un pas de velours numérique, ce petit chat blanc échappé des brumes des années 80. Neko… Son nom, qui signifie simplement « chat » en japonais, est bien plus qu’un mot : c’est une présence tranquille dans le paysage froid de la machine. Ce félin graphique est né sur les NEC PC-9801 en 1988 par Naoshi Watanabe (若田部 直), un programme propriétaire mais doté d’une grâce qui franchirait les décennies. Il a été le compagnon discret de nos révolutions numériques, suivant la danse des curseurs à travers les âges du silicium. Son ballet est hypnotique : il poursuit le pointeur avec la grâce d’un félin mythique, s’arrête parfois pour une pause, s’enroule sur lui-même, et succombe à un sommeil paisible, un sphinx pixelisé attendant le prochain mouvement.

  • 1989 : Sur Macintosh, Neko devient un accessoire de bureau signé Kenji Gotoh, toujours propriétaire mais distribué gratuitement, avec ses fameuses animations de sommeil.

  • Années 90 : Il parcourt Windows 3.x (WNEKO et Neko Runs Free), IBM OS/2 et NEXTSTEP, restant à chaque fois propriétaire et distribué, mais non modifiable.

  • 1991 (System 7) : Sur Mac, la version System 7 permet de modifier le pointeur avec divers jouets pour chat, ajoutant un charme ludique aux interactions.

  • 1991 (Xneko) : Masayuki Koba (古場正行) réécrit Neko pour Unix/X11, lui donnant la liberté du code. Il devient alors un logiciel libre, partageable et modifiable.

  • Toujours em 1991 : Oneko par Tatsuya Kato transpose Xneko sur Linux et BSD, introduisant d’autres animaux. Son esprit libre pénètre les jardins de GNU/Linux

  • 1997 : Sur Amiga, Neko devient Ameko, adaptation freeware mais sans code source ouvert. Pas encore de port pour Aros. Fin des années 90, un port fermé existe pour BeOS (Replicat).

  • Des années 2000 à aujourd’hui : Neko continue de danser sur nos écrans, que ce soit dans Tux Paint. On le retrouve notamment avec Neko on Desktop (Mac, 2000), webneko en JavaScript (2004), Neko in Java (2010), une version tactile sur Arduino (2010), Neko x64 pour Windows (2010) et enfin sur Android via le repot libre F-Droid avec Aneko

Ainsi, le voyage de Neko s’écrit des contrées privatives aux archipels du libre : un petit chat de pixels, doux fantôme du passé, qui rappelle que la magie réside parfois dans les choses les plus simples.
Cependant, ce voyage soulève une question : combien d’autres fantômes numériques, d’inutilitaires propriétaires, sont restés prisonniers de leurs époques et de systèmes fermés, incapables de franchir le miroir ? De nombreux petits programmes sur Amiga, Atari ST,Amstrad CPC, OS/2, Acorn, Sinclair QL, Commodore 64, ZxSpectrum, MS-DOS, DR DOS Windows 3.1 Windows 95 et toutes les familles Unix proprietaires… ont disparu avec les systèmes d’exploitation qui les portaient, abandonnés à jamais.

onkeo

La retraite de Kodo

En parallèle, on trouve Kodo ou Kodometer, né libre mais ayant connu un retrait de parcours.Kodomètre était une application KDE qui mesurait la distance parcourue par le curseur de la souris sur le bureau. Son interface imitait un compteur kilométrique et permettait de suivre la distance totale ainsi que des trajets précis, en unités métriques ou américaines.À l’origine basé sur le programme VMS/Motif Xodometer de Mark H. Granoff, il a été porté vers KDE/C++ par Armen Nakashian, qui l’a découvert sur le bureau d’un collègue. L’application restait surtout ludique, permettant d’observer ses habitudes d’utilisation. Avec le temps, Kodomètre a été abandonné : il ne figurait plus dans les paquets KDE.

Abandonware et logiciel libre : fragilité des inutilitaires

Ainsi, certains inutilitaires propriétaires ont été définitivement abandonnés, tandis que d’autres, semblent glisser progressivement vers ce statut. D’autres encore n’ont jamais franchi « l’autre côté du miroir », à l’image du voyage de Neko, c’est-à-dire le passage d’un modèle propriétaire vers une version libre. Bien que cela n’altère pas leur valeur ludique, artistique ou philosophique, cela compromet leur avenir : privés de sources accessibles, ils perdent toute possibilité d’évolution et de renouvellement. Pour ceux qui ne sont pas passés de l’autre côté du miroir, l’émulation ou la virtualisation restent souvent les seuls moyens de les préserver de l’oubli. Toutefois, en tant qu’inutilitaires peu connus, ils risquent de disparaître lentement de la mémoire collective. L’approche préservation d’abandonware tente d’apporter une réponse, mais elle demeure contraignante : rares sont ceux qui installeront un système complet, en dual-boot ou en machine virtuelle, au seul fin de retrouver la poésie singulière de ces inutilitaires obscures. Dans le cas de la mise en retrait de Kodo, ou de l’abandonware dans le logiciel libre, Eric S. Raymond rappelait un principe fondamental :

« When you lose interest in a program, your last duty to it is to hand it off to a competent successor. »

Comme il le souligne dans The Cathedral and the Bazaar, la vitalité d’un logiciel dépend non seulement de l’engagement de ses créateurs initiaux, mais aussi de leur capacité à le transmettre à ceux qui sauront le faire vivre et évoluer.
Cette dualité met en lumière la fragilité des « inutilitaires » numériques : les logiciels propriétaires abandonnés demeurent prisonniers de leur époque, tandis que certains logiciels libres sombrent également dans l’oubli faute de suivi ou de communauté active.

Nous en arrivons désormais à Gource, afin de percevoir ce que représente une communauté vivante, participative et active : la face la plus connue du logiciel libre, celle que tous les community managers aspirent à montrer et que tous les participants souhaitent expérimenter, à l’inverse des logiciels abandonnés.

Gource en guise de conclusion pour 2025 et de Passage en 2026

Gource ou la danse du libre dans le village global contemporain

En passant à la nouvelle année 2026, notre ère actuelle de la participation collaborative, portée par les projets libres et open source, Gource déploie l’histoire d’un projet logiciel comme un poème en mouvement : des points de lumière naissent, se rapprochent, se séparent, traçant dans l’obscurité la mémoire vivante du code. Chaque commit devient une bifurcation du temps, et l’écran se fait constellation où l’effort collectif palpite. À la manière d’Octavio Paz, cette visualisation n’explique pas : elle révèle. Elle suspend le regard entre le flux et la forme, entre l’instant et la durée, rappelant le mouvement circulaire de son texte Piedra de sol (1957), où le temps n’avance pas en ligne droite mais revient, se replie et se réinvente. De la même façon, Gource ne raconte pas le développement comme une simple succession de versions, mais comme un présent perpétuel où passé et devenir coexistent à l’écran.

Chaque apparition de fichier ou de contributeur agit comme un « instant éclair », où le flux se condense et devient visible. La visualisation devient alors un espace de dialogue — entre individus, entre traces, entre silence et action — faisant écho à Blanco (1967), poème de l’espace et de la relation, ouvert à des lectures multiples, sans centre unique. Comme chez Paz, le sens ne naît pas de la juxtaposition de signes, mais de leur mise en relation.

Cette pluralité en mouvement rejoint la vision cosmopolite de Himno entre ruinas, où les voix du monde se croisent sans se dissoudre. Gource matérialise cette dynamique en montrant le développement comme une constellation d’acteurs dispersés sur la planète, unis par un même espace symbolique. Ici, l’interconnexion n’est pas un simple outil technique : elle est la condition même de l’existence du projet. C’est en cela que Gource rejoint la pensée de Marshall McLuhan, pour qui le « village global » ne désigne pas une uniformisation du monde, mais une intensification des relations, où chaque geste local résonne immédiatement à l’échelle planétaire.

Enfin, à l’image de Viento entero, où le présent se construit à partir de fragments hérités et réassemblés, Gource fait émerger une œuvre collective à partir de traces, de modifications successives, de strates de mémoire. Dans cette cité-monde interconnectée que McLuhan entrevoyait, la réflexion ne commence plus à partir d’un centre stable, mais du réseau lui-même. Gource en offre une figuration sensible : un village global de code et de lumière, où la création naît du passage, de l’échange et de la rencontre, et où l’interconnexion devient le point de départ de toute pensée commune.

Chaque contribution devient un souffle, chaque fichier une étoile, et le code collectif se déploie comme un poème en mouvement, où passé et présent, technique et humain, local et global s’entrelacent. C’est ainsi que nous sommes invités à percevoir nos vies numériques au cœur de nos interactions et de nos commits au sein de ce projet planétaire.

Ainsi, à travers Gource, l’esthétique du processus de collaboration globale propre au logiciel libre apporte une réponse concrète au questionnement du philosophe Byung-Chul Han (Pyŏng-ch’ŏl Han 한병전), qui déplorait la perte de profondeur au profit de surfaces lisses, brillantes et réflexives, mais fondamentalement creuses. Gource, par sa cartographie en constellations des processus collaboratifs du logiciel libre, démontre qu’il est possible d’évoluer au sein d’une constellation scintillante sans renoncer à la profondeur, celle-ci étant incarnée par le code source, l’historique des contributions et le processus open source d’élaboration collective du logiciel libre.

Contrairement aux œuvres de Jeff Koons, dont la brillance tend à masquer le vide, la visualisation proposée par Gource repose sur un socle profond, multiple et participatif. La surface lumineuse n’y est jamais autonome : elle renvoie toujours à une réalité sous-jacente faite de travail, de temporalité, de négociations, et de coopérations. En ce sens, Gource peut être considéré comme un exemple paradigmatique d’un reflet brillant issu d’un modèle profondément structuré, à l’exact opposé de l’esthétique lisse et creuse dénoncée par Han.

Par ailleurs, Gource incarne de manière exemplaire un espace de l’altérité, rendu visible par la contribution de chacun. Chaque contributeur y apporte sa perspective singulière, sa sensibilité propre et sa touche personnelle, participant ainsi à une œuvre collective en perpétuel devenir. Cette dynamique rejoint l’analyse d’Eric S. Raymond dans The Cathedral and the Bazaar, lorsqu’il souligne que « The next best thing to having good ideas is recognizing good ideas from your users », rappelant que la richesse du logiciel libre réside précisément dans la reconnaissance et l’intégration des apports de l’autre.

Enfin, à l’instar des poèmes de Han Shan surgissant sur les rochers ou les murs, Gource fait apparaître un ciel constellé, où chaque contribution éclaire fugitivement la galaxie vivante du projet, révélant la fluidité d’un processus créatif libre et en mouvement.

gource

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Conclusion

L’histoire des inutilitaires se déploie comme une poésie vivante, du calcul solitaire à l’intelligence collective. Sur son chemin, des instants inattendus surgissent : Xteddy, simple peluche virtuelle, montre que l’inutile peut étonner, émerveiller et tisser des liens, éveillant réflexion et imagination.

Les communautés libres insufflent vie à ces créations, leur offrant la force de survivre, d’évoluer et de voyager librement de plateforme en plateforme, à l’instar de Neko.

Dans un monde de codes et de réseaux, chaque contribution devient une étoile dans le « village global » de McLuhan, où frontières et distances s’effacent. Gource, FSV2 et GopherVR transforment l’exploration numérique en chorégraphie de lumière et de mémoire, révélant l’élan vivant et créatif des communautés du logiciel libre. L’informatique cesse alors d’être purement utilitaire : elle devient poésie, labyrinthe et voyage.

Mais la survie d’un logiciel ne repose pas seulement sur l’ouverture de son code : elle exige transmission, engagement communautaire et capacité à évoluer. Nous espérons que de plus en plus d’abandonwares et d’inutilitaires suivront le voyage de Neko, passant de l’ombre à la lumière du libre, enrichissant sans cesse l’espace vivant du logiciel. Il est tout aussi crucial que les logiciels déjà libres ne soient pas abandonnés, afin que l’histoire de l’informatique continue de s’écrire dans une dynamique collective et créative, où chacun reste acteur de son informatique, à l’inverse des monopoles évoqués dans XBill.

Et qu’un jour, nous puissions nous voir dans une de ces constellations cartographiques telle que Gource nous le montre, pour contempler, émerveillés, que dans cette poésie numérique, nous y avons tous participé.

Bonne année 2026 !

Pour aller plus loin ensemble en traineau

Il existe peu de livres consacrés aux inutilitaires, car, comme le pensait IBM (à l’inverse, par exemple, de l’Amiga) et sous son influence sur le domaine, l’informatique était considérée comme une affaire sérieuse. Pourtant, certains ouvrages ont documenté et inspiré ces créations décalées et humoristiques, notamment :

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🏆 Meilleures contributions LinuxFr.org : les primées de décembre 2025

Nous continuons sur notre lancée de récompenser celles et ceux qui chaque mois contribuent au site LinuxFr.org (dépêches, commentaires, logo, journaux, correctifs, etc.). Vous n’êtes pas sans risquer de gagner un livre des éditions Eyrolles, ENI et D-Booker. Voici les gagnants du mois de décembre 2025 :

Les livres gagnés sont détaillés en seconde partie de la dépêche. N’oubliez pas de contribuer, LinuxFr.org vit pour vous et par vous !

Les livres 📚 sélectionnés

Bandeau LinuxFr.org

Certaines personnes n’ont pas pu être jointes ou n’ont pas répondu. Les lots ont été réattribués automatiquement. N’oubliez pas de mettre une adresse de courriel valable dans votre compte ou lors de la proposition d’une dépêche. En effet, c’est notre seul moyen de vous contacter, que ce soit pour les lots ou des questions sur votre dépêche lors de sa modération. Tous nos remerciements aux contributeurs du site ainsi qu’aux éditions Eyrolles, ENI et D-Booker.

Logo éditions ENI Logo éditions Eyrolles Logo éditions B-BookeR
     

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🪶 Les journaux LinuxFr.org les mieux notés de décembre 2025

LinuxFr.org propose des dépêches et articles, soumis par tout un chacun, puis revus et corrigés par l’équipe de modération avant publication. C’est la partie la plus visible de LinuxFr.org, ce sont les dépêches qui sont le plus lues et suivies, sur le site, via Atom/RSS, ou bien via partage par messagerie instantanée, par courriel, ou encore via médias sociaux.

Bannière LinuxFr.org

Ce que l’on sait moins, c’est que LinuxFr.org vous propose également de publier directement vos propres articles, sans validation a priori de lʼéquipe de modération. Ceux-ci s’appellent des journaux. Voici un florilège d’une dizaine de ces journaux parmi les mieux notés par les utilisateurs et les utilisatrices… qui notent. Lumière sur ceux du mois de décembre passé.

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Deux projets remettent la sobriété et la fiabilité au cœur du monitoring Linux

Alors que les solutions de monitoring serveur deviennent toujours plus complexes et dépendantes de stacks lourdes, deux projets open source (NdM: absence de licence) récents prennent le contre-pied de cette tendance : MonitorBox et Monitux. Leur objectif commun : revenir à un monitoring lisible, fiable et maîtrisable, pensé avant tout pour les administrateurs Linux.

    MonitorBox : réduire le bruit pour mieux gérer l’urgence

    MonitorBox part d’un constat largement partagé dans les équipes techniques : la multiplication des alertes engendre une fatigue des notifications, au point que les incidents critiques risquent d’être ignorés.
    Le projet introduit une logique volontairement simple mais efficace : réduction des faux positifs par vérifications successives, séparation claire entre alertes critiques et informationnelles, et retour d’un outil longtemps abandonné mais redoutablement efficace : le pager (bipper).

    En complément des notifications classiques, MonitorBox propose :

    • une interface terminal pensée pour l’exploitation,
    • un dashboard web léger,
    • et une alerte matérielle dédiée pour les situations réellement urgentes.

    Le projet assume une philosophie pragmatique : mieux vaut peu d’alertes fiables que beaucoup d’alertes ignorées.

    Code source : https://github.com/simple-group/MonitorBox
    Présentation : https://www.ihaveto.be/2026/01/pourquoi-jai-ressuscite-le-pager-des.html

    Monitux : un monitoring “zero-dependency” pour réduire la surface d’attaque

    Monitux s’inscrit dans une démarche encore plus radicale de sobriété technique. Le projet se définit comme un outil de monitoring serveur sans base de données, sans langage interprété (PHP, Python, Node.js), et sans dépendances externes.

    Il repose exclusivement sur :

    • les outils natifs GNU/Linux (top, df, ss, systemd…), un affichage web minimaliste, et une protection d’accès via les mécanismes standards d’Apache (.htaccess / .htpasswd).

    Ce choix permet de limiter fortement la surface d’attaque, de simplifier l’installation et de garantir une excellente lisibilité du code. Monitux se destine particulièrement aux environnements où la stabilité, la sécurité et la compréhension priment sur la sophistication fonctionnelle.

    Code source : https://github.com/simple-group/Monitux/
    Présentation : https://www.ihaveto.be/2025/12/monitux-le-monitoring-serveur-revient.html

    Une même philosophie : simplicité, contrôle et responsabilité

    Bien que différents dans leur approche, MonitorBox et Monitux partagent une vision commune :
    le monitoring ne doit pas devenir une boîte noire, ni un empilement de dépendances difficile à auditer. Ces projets s’adressent aux administrateurs et équipes techniques qui souhaitent reprendre le contrôle, réduire la complexité et privilégier des outils compréhensibles, durables et open source.

    Les deux projets sont publiés sous licence libre et ouverts aux contributions.

    NdM: aucune licence n'est mentionnée sur les deux projets en question, qui ne sont donc pas libres en l'état.

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    Sortir un robot piscine sans les mains ? Spino S1 Pro de Mammotion, une première mondiale

    Spino S1 avec bras mécanique

    Avec le SPINO S1 Pro, Mammotion veut s’attaquer au principal point faible des robots piscine sans fil : la charge… et les “sauvetages” en plein cycle. Son idée est simple sur le papier : un robot capable de revenir tout seul à une station hors bassin et de se recharger automatiquement, sans manipulation.

    Connue surtout pour ses robots-tondeuses LUBA et YUKA, Mammotion s’est déjà invitée dans la piscine en 2025 avec le SPINO E1, un premier modèle sans fil pensé pour lancer la marque sur ce segment. Début 2026, le constructeur change d’échelle avec le SPINO S1 Pro : un robot annoncé comme plus autonome, qui vise surtout à supprimer les manipulations et les “sauvetages” en cours de nettoyage.

    L’idée du SPINO S1 Pro est d’attaquer deux irritants très concrets des robots piscines sans fil : la recharge et la fiabilité du pilotage. Mammotion annonce un retour automatique vers une station hors bassin avec bras robotisé (pour éviter de sortir le robot à la main), ainsi qu’une connectivité maintenue sous l’eau autour de sa base. Ajoutez une vision IA censée mieux gérer bords, marches et zones sales, et la promesse devient particulièrement ambitieuse…

    Quelques spécifications annoncées du Spino S1 Pro

    Caractéristique Techniques
    Types de nettoyage5-en-1 (Fond, Parois, Ligne d’eau horizontale, Complet et Mode Bord)
    Aspiration6800 GPH
    Filtrationdouble couche (38 μm + 180 μm)
    BatterieNC
    AutonomieNC
    IA / capteursZonePilot™ AI Vision +   Adaptive Dirt Response
    Prix public annoncéNC
    C’est encore flou, mais nous mettrons les infos à jour dès que possible !

    AutoShoreCharge™ : comment la station est censée supprimer la corvée

    On l’a souvent vu lors de nos tests en 2025 : quand le cycle d’un robot-piscine est terminé, il faut récupérer l’appareil encore bien lourd et dégoulinant, puis le poser sur son socle de charge. On doit ensuite le remettre à l’eau. Et quand le robot se bloque ou s’arrête au mauvais endroit, on se retrouve à jouer les sauveteurs au crochet. C’est précisément ce genre de friction que Mammotion dit vouloir effacer avec AutoShoreCharge™.

    Le principe, repose sur le scénario suivant : le SPINO S1 Pro termine sa session, revient vers sa base située en bord de bassin, puis s’aligne avec précision pour se présenter correctement à la station. À partir de là, un bras robotisé devrait prendre le relais pour le hisser et le poser sur son socle de charge, sans manipulation manuelle. Un système pour le moins ambitieux que nous avons hâte de mettre en pratique devant un bassin réel !

    « Le SPINO S1 Pro reflète notre conviction que la véritable autonomie doit être invisible », déclare Jayden Wei, PDG de MAMMOTION.

    À ce titre, la station devra d’abord trouver sa place : margelle suffisamment stable, zone dégagée devant l’accueil, et conditions d’eau compatibles avec un accostage répétable (remous, jets de refoulement, pente, accès). Il y a aussi la question de la sécurité : dès qu’un élément mécanique bouge au bord d’un bassin, on attend une gestion sérieuse des obstacles et des situations imprévues.

    Nous sommes très curieux de la régularité de l’amarrage, de la capacité à corriger un éventuel échec, et d’observer le comportement de l’appareil en conditions sous-optimales (station humide, un peu sale, légèrement désaxée, etc.).

    Rester connecté sous l’eau : un véritable progrès ?

    C’est sans doute la promesse la plus spectaculaire du SPINO S1 Pro… et celle qui mérite le plus de recul. Dans une piscine, l’eau coupe les communications radio : c’est l’une des raisons pour lesquelles la plupart des robots sans fil ne peuvent être suivis en temps réel une fois immergés, livrés à eux-même tant qu’ils sont en plein cycle de nettoyage.

    Là où le discours de Mammotion gagne en crédibilité, c’est qu’on a déjà vu une approche voisine chez WYBOT avec le S2 Solar (et sa variante Solar Vision) : le constructeur met en avant une station d’accueil sous-marine qui ne sert pas seulement à recharger, mais aussi de point de relais pour permettre une communication “via la station”, y compris pendant le nettoyage. Autrement dit, l’idée n’est pas farfelue en soi : elle existe déjà sur le marché.

    Chez Mammotion, la logique annoncée est similaire : une liaison sous-marine stable autour de la station pour fiabiliser la navigation… et surtout sécuriser le retour au dock. Nous espérons avoir l’occasion d’étudier la portée réelle selon la profondeur et le type d’eau (sel/chlore, turbidité), ce qui reste pilotable dans l’appli pendant un cycle (suivi, commandes, données), et le comportement dès que le robot sort de la zone couverte (continuer “en autonomie”, se mettre en sécurité, ou revenir automatiquement à portée).

    Comment l’IA et la vision 360°peuvent faire la différence dans votre piscine ?

    Le SPINO S1 Pro dispose d’une vision à 360° combinée à une caméra et à des capteurs (inertiels, distance, pression). Cela permet de repérer plus tôt des éléments qui font dérailler un nettoyage classique (marches, coins, bords, obstacles) et d’éviter les séquences où le robot patine, insiste au mauvais endroit ou zappe une zone. L’autre bénéfice attendu, c’est une couverture mieux gérée : au lieu d’un parcours un peu “aveugle” avec des re-passages inutiles, le robot peut ajuster ses trajectoires et intensifier l’effort là où les débris s’accumulent.

    Spino S1 vision 360° et IA
    ©Mammotion en croisade contre la navigation encore hasardeuse des robots-piscines

    Néanmoins, la vision dépend de ce que le robot peut réellement voir. Eau laiteuse, faible luminosité, particules en suspension, parois sombres, ligne d’eau encrassée… autant de situations où la caméra et les algorithmes peuvent perdre en pertinence. Et même avec de bons capteurs, les bassins “tarabiscotés” restent un test sévère : escaliers larges, plage immergée, formes libres, pentes, angles atypiques. C’est typiquement le genre de promesse qu’on se fera un plaisir de décortiquer en labo !

    Performances annoncées : le haut-de-gamme en ligne de mire

    Sur la fiche technique, Mammotion met en avant un débit d’aspiration pouvant atteindre 6800 GPH (soit environ 25 m³/h), un chiffre impressionnant qui, en théorie, aide sur les situations pénibles : sable fin qui retombe au fond, petits graviers, amas de feuilles qui “pèsent” et demandent du flux pour être décollés. Reste à voir la tenue du débit quand le panier commence à se charger, la capacité à garder une aspiration efficace malgré la résistance du filtre, et la manière dont le robot gère des zones comme la ligne d’eau, où tout se joue plutôt sur l’adhérence, les brosses et la pression exercée.

    Spino S1 vu de près
    La brosse extérieure fera-t-elle la différence sur les saletés incrustées ? ©Mammotion

    Même logique pour la filtration double couche (38 μm + 180 μm) : sur le papier, c’est une bonne approche, parce qu’elle combine rétention des gros débris et capture plus fine. Cela dit, que se passe-t-il dans une eau chargée ? Aurons-nous une notification pour l’entretien ? Le rinçage reste-t-il facile ? Il clair qu’un robot peut avoir une filtration excellente… et devenir pénible si l’entretien est trop fréquent ou trop fastidieux. Et dans ce cas : retour à la case départ en ce qui concerne laspect pratique de l’appareil !

    Quoi qu’il en soit, Mammotion insiste sur un ensemble “mécanique” solide : brosses à rouleaux doubles, larges chenilles et quatre moteurs sans balais. C’est peu ou prou ce qu’on attend d’un haut de gamme pour tenir les parois et rester stable dans les transitions (pentes, angles, revêtements plus glissants).

    Une promesse « mains libres » encore suspendue aux détails du quotidien

    Le SPINO S1 Pro nous intrigue avec sa recharge et le retour à la base sans intervention. Si AutoShoreCharge tient ses promesses et si la connectivité sous l’eau apporte un vrai gain de fiabilité autour de la station, on pourrait avoir l’un des robots les plus “mains libres” du moment. Certes, il s’agit d’une approche que l’on a déjà vue émerger avec des solutions à station, mais jamais poussée aussi loin avec un bras robotisé.

    Restent un certain nombre d’inconnues : l’autonomie réelle selon les modes et le temps de recharge, la compatibilité avec les bassins complexes (escaliers, plages immergées, pentes, liner vs carrelage), les contraintes d’installation de la station (surface, tolérances, emplacement), sans oublier le SAV et le coût des pièces d’usure (brosses, filtres, consommables). En somme, va-t-il nous coûter… un bras ?

    En test, tout reposera sur trois preuves terrain : un amarrage vraiment fiable, une connectivité utile sous l’eau (pas juste “un statut”), et un nettoyage des bords/ligne d’eau sans comportement erratique.

    On vous le dit dès qu’on l’a en bassin : c’est typiquement le genre de robot qui peut changer la routine… voire le marché tout entier ! À voir lequel tient le plus la route entre celui-ci et l’AquaSense X de Beatbot…

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    Robots : vers une ère dominée par l’intelligence artificielle, au risque de reléguer l’humain au second plan

    La robotique, couplée à l’essor fulgurant de l’intelligence artificielle (IA), ouvre la voie à une nouvelle ère technologique profondément transformative. Des usines automatisées aux assistants personnels intelligents, les robots intelligents façonnent déjà notre présent et dessinent un avenir où la frontière entre humain et machine s’estompe. Cette pénétration massive des technologies autonomes questionne cependant le rôle et la place de l’humain dans un monde où l’automatisation prédomine. Quels enjeux éthiques, sociaux et économiques se profilent alors ? Faut-il craindre une domination technologique susceptible de reléguer la condition humaine au second plan ?

    À l’aube de cette révolution, plusieurs secteurs clés subissent des mutations majeures, alimentées par des innovations qui repoussent constamment les limites du possible. Ce bouleversement orchestré par l’IA dans la robotique appelle à un examen approfondi de ses potentiels, ses risques et les adaptations requises pour envisager un avenir où la collaboration homme-machine ne se limite pas à une concurrence mais constituera une synergie nouvelle et équilibrée.

    Dans ce contexte mouvant, la société est invitée à revisiter les modèles traditionnels du travail, les modes de production et l’éthique technologique. Nous explorons ici les dynamiques actuelles qui sous-tendent la montée en puissance des robots intelligents, ainsi que les pistes pour intégrer harmonieusement ces machines dans notre humanité, sans pour autant sacrifier notre autonomie et nos valeurs fondamentales.

    En bref :

    • L’intelligence artificielle révolutionne la robotique en rendant les robots plus autonomes et adaptatifs.
    • La domination technologique soulève des questions éthiques majeures sur l’impact social et la place de l’humain.
    • L’automatisation croissante modifie le paysage du travail avec risques et opportunités.
    • Les entreprises d’IA investissent massivement dans la robotique pour développer des applications industrielles et domestiques.
    • L’innovation doit s’accompagner d’une gouvernance responsable pour réconcilier technologie et humanité.

    Les fondations de l’intelligence artificielle dans la robotique : vers une automatisation sans précédent

    La robotique a longtemps été associée à des machines simples exécutant des tâches répétitives dans des environnements contrôlés. Ce paradigme évolue radicalement avec l’intégration de l’intelligence artificielle. Aujourd’hui, les robots ne se contentent plus de mouvements programmés à l’avance : ils apprennent, s’adaptent et décident en temps réel, brouillant la distinction entre automatismes et cognition artificielle.

    L’une des avancées majeures réside dans l’utilisation des modèles de machine learning et d’IA générative, capables de traiter des données massives pour percevoir, comprendre et interagir avec leur environnement. Ce saut technologique est bien documenté dans des analyses comme celle proposée dans ce tournant majeur pour la robotique. Ici, l’IA devient le moteur d’innovation, proposant des robots plus polyvalents, capables de navigation autonome, de manipulation précise et même de prise de décision complexe.

    Par exemple, dans le secteur industriel, les robots intelligents surpassent les modèles traditionnels en exécutant des tâches complexes comme le tri ou le contrôle qualité, avec une rapidité et une fiabilité accrues. Cette automatisation avancée permet de réduire les coûts et d’augmenter la productivité, tout en déchargeant l’humain des opérations pénibles ou dangereuses. Cependant, cela pose aussi la problématique du remplacement potentiel des travailleurs humains, un sujet sensible au cœur du débat social.

    Dans la sphère domestique et les services, les robots intelligents gagnent du terrain avec des assistants personnels capables d’apprendre les préférences des utilisateurs ou de surveiller la santé à domicile. Ce progrès ouvre la voie à une nouvelle relation entre l’homme et la machine, basée sur l’interaction et l’adaptation, mais soulève dans le même temps des questions sur la vie privée et le contrôle des données.

    Un tableau synthétique des applications de l’IA dans la robotique illustre ces transformations :

    Domaines Applications Clés Impact Social
    Industrie Automatisation des lignes, contrôle qualité, maintenance prédictive Réduction des emplois répétitifs, montée en compétences requise
    Services Assistants personnels, robots de soins, surveillance intelligente Accompagnement des personnes vulnérables, risques sur confidentialité
    Logistique Robotique mobile, gestion d’entrepôts, livraison autonome Optimisation des flux, adaptation des métiers
    Exploration Robots d’exploration spatiale et sous-marine Accès à des environnements dangereux, avancées scientifiques

    Ces applications démontrent que l’intelligence artificielle n’est pas qu’un simple outil mais s’inscrit comme une composante essentielle pour accélérer les capacités des robots et envisager un avenir où la performance automatique se conjugue avec une forme d’autonomie cognitive.

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    Les enjeux éthiques et sociaux face à la domination des robots intelligents

    Le progrès décisif de l’intelligence artificielle dans la robotique amène inévitablement à des débats sur les risques liés à la domination de ces technologies. À mesure que les machines gagnent en autonomie, la place et le rôle de l’humain sont remis en question non seulement dans les processus productifs, mais aussi dans la société tout entière.

    Les principaux enjeux éthiques portent sur la responsabilité, la transparence et l’impact social. Par exemple, en cas d’erreur ou d’accident causé par un robot autonome, déterminer qui est responsable soulève des questions complexes. Par ailleurs, l’opacité des algorithmes rend difficile la compréhension des décisions prises par ces systèmes intelligents, alimentant des méfiances à l’égard des technologies.

    Côté social, l’automatisation de plus en plus poussée menace d’amoindrir la place du travailleur humain. Des voix s’élèvent pour dénoncer une société potentiellement inégalitaire où une minorité tirerait profit de la robotisation, tandis que certains segments de la population seraient marginalisés, voire exclus du marché du travail. Ce constat est au cœur des réflexions proposées par les analyses sur une société repensée à l’ère des robots.

    Pour aborder ces défis, plusieurs pistes sont explorées :

    1. Renforcer la régulation et l’éthique de l’IA pour garantir une utilisation responsable des robots.
    2. Promouvoir la formation et la reconversion, afin d’accompagner la transition des travailleurs vers de nouvelles compétences.
    3. Favoriser l’intégration homme-machine pour créer des environnements collaboratifs plutôt que compétitifs.
    4. Encourager le dialogue sociétal pour associer toutes les parties prenantes aux choix technologiques.

    Les entreprises, notamment les géants du numérique comme Google, OpenAI ou Meta, investissent massivement dans ce secteur, conscient de l’enjeu majeur que représente l’intelligence artificielle dans la robotique. Pour en savoir plus sur cette tendance et ses implications, découvrez les perspectives développées dans cet article spécialisé.

    Les transformations du travail induites par l’automatisation intelligente

    La montée en puissance de l’automatisation pilotée par l’intelligence artificielle dans la robotique bouleverse le monde professionnel. Cette mutation se traduit par une redéfinition radicale des métiers, conduisant à la fois des pertes et des créations d’emplois.

    Dans de nombreuses industries, les robots intelligents, grâce à leur flexibilité et leurs capacités d’apprentissage, remplacent certaines tâches répétitives ou dangereuses, libérant ainsi l’humain pour des fonctions à plus forte valeur ajoutée. Par exemple, dans l’agroalimentaire, des robots spécialisés peuvent trier, emballer ou contrôler la qualité avec une efficacité inégalée.

    À l’opposé, la crainte d’une « perte de contrôle » est bien réelle, notamment dans les secteurs où les compétences traditionnelles risquent de devenir obsolètes. Cette situation nécessite une adaptation rapide des politiques d’emploi, axée sur la formation continue et la montée en compétences numériques.

    Par ailleurs, le progrès technologique permet aussi l’émergence de nouveaux métiers hybrides combinant savoir-faire humain et maîtrise des outils numériques. Cette cohabitation est fondamentale pour exploiter pleinement les potentiels de l’innovation tout en évitant une fracture sociale grandissante.

    Voici un aperçu des impacts concrets de cette transformation :

    • Automatisation des tâches manuelles et répétitives réduisant la pénibilité et les accidents.
    • Création de postes liés à la programmation, maintenance et supervision des robots.
    • Fonctions nouvelles dans l’analyse de données et conception d’algorithmes.
    • Valorisation des compétences interpersonnelles et créatives propres à l’humain.

    Pour comprendre plus en détail ces évolutions professionnelles, la lecture de ressources dédiées telles que celles publiées par ce spécialiste de l’impact de l’IA sur la robotique est fortement recommandée.

    Innovation et avenir : la révolution robotique accélérée par l’intelligence artificielle

    L’alliance entre robots et intelligence artificielle constitue un moteur incontournable de l’innovation technologique à l’échelle mondiale. Ce mariage génère des avancées impressionnantes, remettant en question les limites du possible dans des champs aussi variés que l’industrie, la santé, la logistique ou encore l’exploration scientifique.

    Par exemple, la révolution robotique prévue pour 2030, décrite dans cette étude prospective, suggère un futur où les robots intelligents accompagneront l’humain dans ses interactions quotidiennes tout en optimisant la production et les services. L’intégration de l’IA dans ces machines permettra une personnalisation accrue, une prise de décision contextuelle et une meilleure autonomie énergétique.

    Un autre aspect fascinant est l’essor des robots « de confiance », c’est-à-dire conçus avec des normes éthiques strictes et développés pour garantir la sécurité et la protection des utilisateurs. Ce concept, source d’espoir pour une adoption responsable de la technologie, est détaillé dans l’analyse de la nouvelle frontière de l’IA de confiance.

    Parmi les applications émergentes, on trouve des robots capables d’assister des chirurgiens en temps réel, ou encore des drones autonomes pour la gestion des catastrophes naturelles. Dans le secteur agricole, la robotique permet d’optimiser les récoltes et de réduire l’usage de pesticides grâce à des machines intelligentes mobiles. Ce tour d’horizon illustre bien comment la robotique IA révèle un potentiel illimité.

    Voici une liste des secteurs les plus impactés par cette révolution technologique :

    • Industrie manufacturière
    • Santé et assistance médicale
    • Transport et logistique
    • Agriculture de précision
    • Recherche spatiale et environnementale

    À mesure que cette révolution se déploie, le défi sera de préserver un équilibre respectueux de l’humanité, en mettant à profit l’innovation pour renforcer les capacités humaines sans pour autant s’y substituer.

    L’éthique et la gouvernance : clés pour un avenir harmonieux entre humains et robots intelligents

    Dans un contexte où la technologie impose sa domination dans de nombreux domaines, il est impératif d’inscrire le développement de l’intelligence artificielle et de la robotique dans un cadre éthique solide. Cela passe par la définition de normes et de règles encadrant leur conception, leur fonctionnement et leur déploiement.

    L’éthique de l’IA robotique aborde plusieurs dimensions : la transparence des algorithmes, la protection des données, la non-discrimination ainsi que la responsabilité en cas de défaillance. Ce cadre normatif est essentiel pour instaurer la confiance nécessaire à une adoption massive, ce que souligne en détail cette réflexion sur la redéfinition de l’avenir avec l’IA et la robotique.

    Le dialogue entre ingénieurs, décideurs politiques et société civile est crucial afin de concilier la quête d’innovation avec des principes de respect de l’humanité. L’objectif est de construire une société où les machines intelligentes accompagnent les humains dans leurs activités sans les priver d’autonomie ou de dignité.

    Parmi les défis de gouvernance, on trouve :

    • La normalisation des protocoles de sécurité
    • La mise en place de mécanismes de contrôle et de vérification
    • La coopération internationale pour réguler l’usage des robots militaires ou sensibles
    • La sensibilisation et la formation du public aux enjeux technologiques

    Les plateformes de discussion ouvertes, la recherche interdisciplinaire et les initiatives collaboratives jouent un rôle central pour répondre à ces besoins, garantissant ainsi que la technologie demeure un vecteur de progrès et non une menace pour la société.

    Qu’est-ce que l’intelligence artificielle appliquée à la robotique ?

    L’intelligence artificielle appliquée à la robotique permet aux machines d’apprendre, de s’adapter et de prendre des décisions autonomes dans des environnements variés, améliorant ainsi leurs capacités d’exécution et d’interaction avec les humains.

    Quels sont les risques d’une domination excessive des robots intelligents ?

    Une domination excessive des robots peut entraîner un remplacement massif des emplois humains, des questions éthiques liées au contrôle des algorithmes, ainsi qu’une possible déshumanisation des interactions sociales.

    Comment concilier innovation technologique et éthique dans la robotique ?

    Cela nécessite l’établissement de cadres réglementaires stricts, la transparence des algorithmes, la responsabilité des acteurs et un dialogue constant entre les technologues, les décideurs et la société.

    Quels impacts la robotique intelligente a-t-elle sur le marché du travail ?

    Elle transforme le marché du travail en automatisant les tâches répétitives, créant de nouveaux métiers autour de la gestion et maintenance des robots, tout en nécessitant une adaptation des compétences humaines.

    Comment les utilisateurs peuvent-ils se former aux nouvelles technologies robotiques ?

    Les utilisateurs peuvent bénéficier de formations spécialisées, d’ateliers pratiques et de ressources en ligne, comme celles proposées par des professionnels et plateformes dédiées à la montée en compétences dans ce domaine.

    L’article Robots : vers une ère dominée par l’intelligence artificielle, au risque de reléguer l’humain au second plan est apparu en premier sur Raspberry Pi France.

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    Top 7 outils de monitoring maison (NAS/serveur)

    Installer et gérer son propre monitoring à la maison — pour un NAS, un serveur domestique, quelques VM ou un mini-lab — c’est un excellent moyen d’apprendre l’observabilité tout en gardant le contrôle des données. Dans cet article je te présente 7 solutions pour 2026, quand les choix sont pertinents je montre rapidement pour quel usage chaque outil est pertinent et comment l’installer en gros (astuces pratiques, snippets). Je me concentre sur des stacks “Grafana-like” (tableaux, séries temporelles) avec alerting natif ou via intégration — et je donne des pièges à éviter pour un usage maison.

    Pourquoi un monitoring “maison” plutôt qu’un service cloud ?

    Un monitoring local c’est intéressant si tu veux :

    • garder toutes les métriques chez toi (confidentialité) ;
    • éviter des coûts récurrents quand le nombre de métriques/stockage augmente ;
    • personnaliser les dashboards et alertes pour équipement domestique (disques SMART, bruit/fan, UPS, etc.) ;
    • expérimenter avec Prometheus/TSDB, stockage à long terme, ou exporter vers Grafana Cloud plus tard.

    Un monitoring auto-hébergé implique quelques contraintes à connaître : les métriques s’accumulent avec le temps et occupent de l’espace disque, les interfaces web ne doivent pas être exposées sans protection, et certains outils peuvent être assez gourmands en mémoire ou en CPU.

    Les 7 outils recommandés

    OutilMeilleur pourAlertingStockage TSDBFacilité d’installation (maison)
    Prometheus (avec Alertmanager)Monitoring métriques, intégration exportersOui (Alertmanager)TSDB native (local)Docker/packaged; learning curve
    GrafanaDashboards (visual) front-endAlarme via Grafana AlertsUI front, s’appuie sur TSDBDocker/apt ; quasi-standard
    InfluxDB (+Telegraf)Séries temporelles simple, IoTOui (Kapacitor/Flux ou alerts InfluxDB 3.x)TSDB spécialiséDocker ; simple pour petits setups
    VictoriaMetricsStockage haute performance / remplacement long-termIntégration avec Alertmanager / GrafanaTSDB performante, compacteTrès docker-friendly
    NetdataMonitoring temps-réel, faible configAlarms légères ; forwardingTime-series local + cloud optionInstallation one-liner (très simple)
    ZabbixSupervision full-stack (alertes, inventaire)Oui, système d’alerting matureDB relationnelle (MySQL/Postgres)Stable mais plus lourd
    LibreNMS / CheckmkMonitoring réseau & infra small/mediumOui, templates d’alertesSQL backendBon pour NAS réseaux, SNMP

    1) Prometheus + Alertmanager (le cœur métriques « classique »)

    Cas d’usage : servir de collecte pour métriques d’OS (node_exporter), services (cAdvisor, MySQL exporter), NAS (SNMP exporter), VM. Prometheus scrappe périodiquement des endpoints HTTP exposant des métriques.

    Pourquoi le choisir :

    • modèle pull simple et puissant pour environnements locaux ;
    • Rules + Alertmanager = alertes flexibles ;
    • large écosystème d’exporters.

    Astuce d’installation rapide (maison) :

    • lancer Prometheus en Docker ou binaire ; ajouter node_exporter sur chaque machine.
    • exemple minimal prometheus.yml (scrape node_exporter sur hôte local) :
    global:
      scrape_interval: 15s
    
    scrape_configs:
      - job_name: 'node'
        static_configs:
          - targets: ['192.168.1.10:9100']  # ton NAS/serveur
    
    • pour les alertes, configurer Alertmanager et une règle Prometheus :
    groups:
    - name: nodes
      rules:
      - alert: HostDown
        expr: up == 0
        for: 5m
        labels:
          severity: critical
        annotations:
          summary: "Hôte indisponible ({{ $labels.instance }})"
    

    Piège courant : conserver la TSDB localement sans rotation = disque plein. Fixe --storage.tsdb.retention.time ou utilise une solution long-term (VictoriaMetrics/remote_write). (Voir doc Prometheus).

    2) Grafana (front-end de dashboards, alerting intégré)

    Cas d’usage : création de tableaux riches (graphs, heatmaps, logs si Loki), mode multi-datasource (Prometheus, InfluxDB, VictoriaMetrics).

    Pourquoi le choisir :

    • standard de facto pour dashboards ;
    • Alerts améliorés (Grafana Alerts) et intégration avec contact points (Telegram, e-mail, Discord).
    • version OSS robuste pour usage perso.

    Astuce pratique :

    • utilise Grafana pour visualiser Prometheus + node_exporter ; si tu veux logs, ajoute Grafana Loki.
    • sécurise l’accès : reverse proxy + auth (let’s encrypt + oauth proxy) si tu ouvres internet.

    3) InfluxDB + Telegraf (stack « simple » pour métriques et IoT)

    Cas d’usage : capteurs IoT, métriques custom, séries avec écriture push (Telegraf, clients HTTP).

    Pourquoi le choisir :

    • flux d’écriture simple (push) via Telegraf ;
    • langage Flux et alerting natif dans InfluxDB 3.x ;
    • facile à configurer sur NAS/serveur.

    Astuces :

    • utiliser Telegraf sur chaque machine pour collecter CPU, disque, SMART, snmp.
    • config de retention et downsampling natif dans InfluxDB pour éviter explosion de stockage.

    4) VictoriaMetrics (TSDB haute performance)

    Cas d’usage : si tu veux conserver un historique long sans trop consommer I/O/CPU — idéal comme remote_write pour Prometheus (long-term storage).

    Pourquoi le choisir :

    • conçu pour stockage efficace des métriques à long terme, très docker-friendly ;
    • fonctionne bien sur hardware modeste et permet compression efficace. GitHub

    Mise en œuvre rapide :

    • Prometheus → remote_write vers VictoriaMetrics ; Grafana se connecte directement pour dashboards.
    • vérifie paramètres de retention et snapshots pour backups.

    5) Netdata (monitoring temps réel, install “one-liner”)

    Cas d’usage : super pour visualiser en temps réel l’activité d’un NAS / serveur (io, network, processus), diagnostique rapide.

    Pourquoi le choisir :

    • installation très facile (bash <(curl -Ss https://my-netdata.io/kickstart.sh)), UI instantanée ;
    • alerting simple et possibilité de forwarding vers Grafana/Prometheus. Netdata+1

    Limite : pas conçu comme TSDB longue durée par défaut ; utile en complément (diagnostic) plutôt que stockage historique complet.

    6) Zabbix (supervision complète, alerting & inventaire)

    Cas d’usage : inventaire/monitoring d’un parc d’équipements (SNMP, agents), règles d’alerte avancées, escalation.

    Pourquoi le choisir :

    • mature en alerting, templates (NAS, routeurs, services) ; bonne GUI pour opérations. Zabbix

    Astuce :

    • utiliser Zabbix pour supervision réseau (SNMP) et Prometheus/Influx pour métriques fines : on combine les forces.

    7) LibreNMS / Checkmk (monitoring réseau et infra simple)

    Cas d’usage : découverte automatique réseau, SNMP pour switchs/NAS/routeurs, alertes sur perte d’interfaces/temps de réponse.

    Pourquoi le choisir :

    • LibreNMS : communauté, facile pour SNMP auto-discovery ;
    • Checkmk : bonnes règles prêtes à l’emploi pour serveurs/NAS. LibreNMS Community+1

    Astuce :

    • active SNMP sur ton NAS (versions sécurisées v3) et laisse LibreNMS faire la découverte ; applique des alertes sur erreurs SMART et perte d’interface.

    Tableau comparatif détaillé

    OutilTypeIdéal pourAlerting natifFacilité DockerRessources
    PrometheusTSDB + scrapingmétriques infraOui (Alertmanager)OuiMoyen
    GrafanaUIdashboards multi-sourceOui (alertes)OuiFaible-Moyen
    InfluxDBTSDB pushIoT, sériesOui (Flux/alerts)OuiMoyen
    VictoriaMetricsTSDB long-termstockage compresséIntégration AMOuiFaible-Moyen
    NetdataMonitoring realtimediag & liveAlerting légerOuiFaible
    ZabbixSupervision fullalerting & inventaireOui (avancé)Oui (compose)Moyen-Fort
    LibreNMSSNMP monitoringréseau & NASOuiOuiFaible-Moyen

    Qu’est-ce que vous pouvez déployer sur votre NAS UGREEN ou Synology ?

    Sur un NAS moderne, l’objectif n’est pas de transformer la machine en usine à gaz. Ce qu’on cherche, c’est un monitoring fiable, lisible et utile au quotidien, sans dégrader les performances du stockage.

    ✅ Le stack recommandé : Prometheus + Grafana (+ node_exporter)

    C’est aujourd’hui le meilleur compromis entre simplicité, efficacité et évolutivité sur un NAS.

    Modèles compatibles (exemples concrets)

    Ces modèles disposent :

    • d’un CPU x86 correct
    • de Docker officiellement supporté
    • de suffisamment de RAM pour faire tourner Prometheus sans impacter les services NAS

    À quoi sert ce stack, concrètement ?

    1⃣ Surveiller l’état réel de votre NAS

    Avec node_exporter, vous récupérez automatiquement :

    • charge CPU
    • mémoire utilisée
    • espace disque et IO
    • réseau (débits, erreurs)
    • uptime et reboot
    • températures (selon support matériel)

    👉 En clair : vous savez si votre NAS souffre, et pourquoi.

    2⃣ Visualiser clairement ce qui se passe (Grafana)

    Grafana sert d’interface graphique.

    Vous obtenez :

    • des dashboards lisibles (journée, semaine, mois)
    • des graphiques compréhensibles même sans être admin système
    • une vue globale de la santé du NAS

    👉 Exemple concret :
    Vous voyez immédiatement si un disque devient lent, si la RAM est saturée ou si un conteneur consomme trop.

    3⃣ Être alerté avant que ça casse (Prometheus)

    Prometheus ne fait pas que stocker des métriques, il permet aussi de déclencher des alertes.

    Cas d’usage très concrets :

    • NAS inaccessible depuis 5 minutes
    • espace disque < 10 %
    • charge CPU anormale sur une longue durée
    • swap utilisée en continu
    • réseau saturé pendant les sauvegardes

    👉 Résultat : vous êtes prévenu avant le crash ou la panne visible.

    4⃣ Garder un historique utile, sans surcharger le NAS

    Sur un NAS, on reste pragmatique :

    • rétention courte : 15 à 30 jours
    • intervalle de collecte : 30 ou 60 secondes
    • pas de métriques inutiles

    👉 Vous gardez suffisamment d’historique pour :

    • comparer avant / après une mise à jour
    • analyser un ralentissement
    • comprendre un incident

    Sans remplir le disque inutilement.

    Pourquoi ce choix est pertinent sur NAS

    • ✔ Stack open source, mature et maintenue
    • ✔ Compatible Docker (UGREEN & Synology)
    • ✔ Ressources maîtrisées si bien configuré
    • ✔ Évolutif (vous pouvez ajouter plus tard du long terme ou d’autres machines)
    • ❌ Pas de base SQL lourde
    • ❌ Pas de configuration complexe au quotidien

    C’est exactement ce qu’on attend d’un monitoring maison : utile, pas envahissant.

    Cet article original intitulé Top 7 outils de monitoring maison (NAS/serveur) a été publié la première sur SysKB.

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    Beatbot AquaSense X au CES 2026 : IA, station AstroRinse et nettoyage sans effort

    AquaSense X Beatbot

    Au CES 2026, Beatbot dévoile l’écosystème Beatbot AquaSense X et décroche une distinction aux CES Innovation Awards 2026. Un grand pas en avant pour les robots-piscines ?

    Après avoir conquis le monde sous-marin des bassins professionnels et domestiques, les marques se ruent sur l’un des pans les plus recherchés en robotique : l’autonomie la plus complète possible. Aussi, l’un des fleurons du secteur se devait d’aller creuser l’automatisation d’entretien du robot au même titre que le nettoyage proprement dit. Mais comment alléger la corvée encore davantage qu’en 2025 ?

    L’atout révélé cette année consiste en une station innovante pensée comme un “dock” d’entretien, avec en ligne de mire une expérience dock & forget adaptée aux bassins complexes, y compris les plateformes peu profondes annoncées à partir de 35 cm. Allons voir cela d’un peu plus près…

    Beatbot AquaSense X : le robot de piscine qui s’auto-entretient

    Dévoilé au CES 2026, Beatbot AquaSense X ouvre un nouvel écosystème voué à pousser l’experience d’automatisation depuis le nettoyage du bassin jusqu’à l’entretien du robot lui-même. À l’instar des robots-aspirateurs dont la technologie a déjà pu atteindre une maturité certaine, la station AstroRinse a valu à la marque CES Innovation Awards 2026 Honoree. Bon, mais comment ça marche ?

    Filtre autonettoyant AquaSense X
    On fait sécher et on a du brun pour le compost ! Elle est pas belle la vie ? © Beatbot

    « Les clients nous ont toujours dit que l’entretien du robot après le nettoyage restait un point sensible » Siler Wang, fondateur et PDG de Beatbot.

    Une fois le robot posé dessus, elle rince le filtre et vide le bac automatiquement en 3 minutes, puis lance la charge. Elle peut récupérer jusqu’à 22 L de débris dans un un conteneur scellé et un sac jetable pour limiter les manipulations. Cela équivaut à peu près à 2 mois sans vidage.

    HybridSense™ AI Vision : l’IA utile, surtout sur la couverture et les zones “pièges”

    Mais Beatbot ne s’arrête pas là et continue d’itérer sur son robot déjà premium en lui conférant un système de navigation Beatbot AI 2.0 + HybridSense™ AI Vision, qui combine caméra, infrarouge et ultrasons. Beatbot annonce une reconnaissance portée à 40 types de débris et une perception qui ne se limite plus au fond : la détection s’étend jusqu’à la surface, avec adaptation du cycle et optimisation des trajectoires.

    Beatbot Vision Ia HybridSense
    Tous les joueurs de Mariokart qui vont québlo sur cette image… © Beatbot

    En outre, la marque insiste sur un point qui a pu faire défaut aux générations précédentes : le nettoyage de plateformes avec un minimum de 35 cm d’eau (14″), et même une dimension minimale de plateforme annoncée à 1 m × 1 m.

    Quelques spécifications annoncées du AquaSense X

    Caractéristique Techniques
    Types de nettoyage5-en-1 (surface, ligne d’eau, parois, fond, plateformes + clarification)
    Batterie13 400 mAh
    Autonomiejusqu’à 10 h (surface), 5 h (fond), 5 h (parois/ligne d’eau) 360 m² par charge
    IA / capteursFusion caméra + IR + ultrasons ; 40 types de débris ; 29 capteurs
    Capacité station22 L
    Commande vocaleGoogle Home / Alexa / Siri
    Prix public annoncé4 250 €

    Nota Bene : la marque met aussi en avant SmartDrain (remontée en surface puis allègement pour une sortie plus facile), deux LED avant (1500 lux) pour les nettoyages en faible luminosité.

    Ce que nous attendons lors de son arrivée au labo

    Il est clair que la station est séduisante, mais quelques questions restent en suspens quant à l’usage pratique. Sera-t-elle encombrante ou facile à installer dans le jardin ? Quel entretien devra lui être consacré ? Quelle sera la qualité de filtration ? Quel sera le coût des consommables ? Enfin, quel degré de robustesse et de réparabilité après un usage prolongé ?

    Nota Bene : la concurrence est sur le même filon ! Le Wybot S3 propose lui aussi une station d’auto-vidage !

    Quant au robot lui-même, nous sommes curieux de voir l’évolution du système de navigation. En effet, jusqu’à aujourd’hui, même les meilleurs robots-piscines manquent encore de rapidité et de précision, que ce soit en fond de bassin ou en mode skimmer. Nous espérons que les fabriquants ne perdent pas de vue cette priorité relativement coûteuse en énergie.

    Quoi qu’il en soit, en France, l’AquaSense X est annoncé “à partir du 5 janvier 2026” : un pré-lancement est désormais ouvert avec une disponibilité indiquée au 15 mars 2026, assortie de jalons d’expédition !

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    Emeric de Vigan sur X : "Cette histoire de mécontentement d’un Tempo rouge le 31 est sidérante. Les règles sont pourtant claires : un rabais significatif sauf 22 jours par an. Il faut lire avant de signer. Pas de mention du 24/12 ou du 31/12 comme exceptions. Le beurre, l’argent du beurre et … 1/2" / X - Le Hollandais Volant

    C'est fou... le nombre d'articles de "journalistes" en format putaclic comme celui-ci :
    https://www.franceinfo.fr/environnement/energie/nouvel-an-pres-de-875-000-clients-d-edf-vont-payer-leur-electricite-trois-fois-plus-cher_7712878.html#xtor=RSS-3-%5Blestitres%5D

    (je déplore de plus en plus la tournure des phrases des articles de FranceInfo)

    Notez bien "Nouvel an" alors qu'on parle du 31/12. Et non, les clients (qui ont *choisi* cette tarification) n'ont pas payé 3 fois plus cher, car au final ils y gagnent sur l'année.

    Tout ça pour un non-évènement (le 31/12, jour normal, qui est rouge).

    Alors que le véritable scandale, lui, est passé sous silence. Le 1er janvier était un jour blanc, ce qui est interdit : un jour férié est forcément, contractuellement, bleu.

    Mais c'était moins spectaculaire d'en parler, j'imagine.

    Bon, je dis ça, mais je ne suis plus sous Tempo.
    A la base, c'est une bonne idée. On accepte de s'effacer certains jours pour un rabais d'autres jours, on peut même le considérer comme une démarche citoyenne.

    Sauf que, comme tout, ça a été déformé par les notions économiques, loin des notions de régulation énergétique que le système est censé procurer :

    1) La diminution tarifaire de février 2025 a plus diminué le tarif rouge que le tarif bleu, parce que "les gens payaient moins cher" (ben c'est un peu le but hein, quand on incite par le financier, faut pas s'étonner que ça ait un impact financier).
    Donc concrètement, aujourd'hui, un jour rouge est moins cher par rapport au tarif bleu qu'il y a un an. S'ils avaient voulu inciter plus les utilisateurs à se serrer la ceinture les jours rouges (ce qui est le but initial du tarif, je le rappelle encore une fois), c'est l'inverse qu'il aurait fallu faire.

    2) Justement, alors qu'il y avait une diminution tarifaire prévue en février 2025, TOUS les jours rouges ont été placés AVANT cette diminution. Y compris quand cela n'était pas réellement justifié. Il y avait clairement une volonté de facturer un maximum.

    3) Au cas où il y ait encore un doute sur le 2) ci-dessus, il est intéressant de noter que l'année précédente, c'est au contraire une augmentation tarifaire qui a eu lieu en février (souvenez-vous, le fameux "il est hors de question d'augmenter le prix de l'électricité en janvier" ; donc augmentation le 1er février, hop). Hé bien, cette année-là, très peu de jours rouges ont été utilisés avant l'augmentation de tarif. Et RTE a dû écluser ses jours rouges restants fin mars, alors qu'il faisait déjà doux.

    Bref, encore une belle idée corrompue par le pognon.


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