Piloter le cloud en PME : entre agilité et maîtrise des coûts


Gérer 70 aéroports répartis dans 14 pays, accueillir 320 millions de passagers par an et générer 4,5 milliards € de revenus : le défi opérationnel de Vinci Airports est à la mesure de son empreinte mondiale.
Le groupe a engagé une transformation data et IA d’envergure, en s’appuyant sur Google Cloud Platform.
Le modèle de Vinci Airports repose sur deux piliers : les redevances aéronautiques, qui représentent environ 50 % des recettes, et les revenus commerciaux générés par les dépenses des passagers (duty-free, restauration, parkings), qui en constituent 30 à 40 %.
Cette structure impose d’anticiper avec précision les flux de passagers. De cette capacité prédictive découlent en cascade le dimensionnement des équipes, le calibrage de l’offre commerciale, les projections financières et la stratégie d’investissement.
La difficulté résidait dans l’extrême hétérogénéité du réseau. Chaque aéroport dispose de ses propres systèmes informatiques, de ses contraintes locales et de ses spécificités opérationnelles. Les données étaient dispersées, non standardisées et cloisonnées.
C’est pour répondre à ce défi que Vinci Airports a lancé, en 2023, la construction d’une Data Factory globale hébergée sur Google Cloud Platform.
Cette infrastructure centralise la collecte de données issues de systèmes hétérogènes dans 14 pays, automatise les contrôles de qualité et harmonise les structures de données pour permettre des comparaisons fiables entre les plateformes.
L’architecture retenue s’appuie sur les briques éprouvées de Google Cloud : BigQuery pour le stockage et l’analyse de données massives, Vertex AI pour l’entraînement et le déploiement des modèles prédictifs, Cloud Run et Streamlit pour mettre à disposition des interfaces métier accessibles, Cloud Storage pour la gestion centralisée des modèles et Cloud Build pour l’intégration continue.
Ce choix architectural permet aux aéroports de conserver leurs outils locaux tout en exposant leurs données dans un référentiel commun, où elles sont nettoyées, structurées et exploitables pour alimenter des tableaux de bord, des analyses et des modèles d’IA.
Le premier et principal cas d’usage porte sur la prédiction du trafic de passagers. Des modèles prédictifs multi-échelles ont été conçus pour répondre aux besoins de chaque niveau de management : projections annuelles pour la direction générale, vues hebdomadaires ou journalières pour les équipes opérationnelles, et analyses localisées par aéroport. Ces modèles croisent l’historique de trafic, des variables exogènes et des signaux faibles pour simuler des trajectoires et optimiser les arbitrages.
Le deuxième axe concerne l’efficacité opérationnelle. En analysant les cartes d’embarquement scannées, il est désormais possible d’anticiper les arrivées aux postes de sécurité. Croisées avec les capacités de traitement des files, ces données permettent d’ajuster les effectifs en temps réel, avec pour objectif de maintenir les temps d’attente sous les dix minutes.
Le troisième cas d’usage touche à l’optimisation commerciale. En croisant les données de trafic et les comportements d’achat, Vinci Airports identifie des profils de consommation selon les typologies de passagers et les destinations. Un voyageur britannique en transit ne dépense pas de la même façon qu’un passager français sur un vol domestique : ces patterns permettent de recommander aux commerçants des ajustements d’assortiment adaptés au profil de leur clientèle effective.
Artefact est intervenu dès les premières étapes du projet avec une approche collaborative impliquant les équipes opérationnelles dès le premier jour.
Cette démarche est décrite par Benoît Forest, directeur des Opérations et Data de Vinci Airports, comme une condition sine qua non : « Le timing d’embarquement des équipes opérationnelles est très important. Il doit commencer dès le jour un. Cela garantit que les data scientists comprennent les préoccupations métier et intègrent des besoins très opérationnels dans la conception des solutions. »
La qualité des données a constitué un autre enjeu majeur avec la mise en place des dispositifs automatisés de détection des fichiers manquants, de contrôle de la structure des données et de tests d’intégrité, avec alertes automatiques en cas d’anomalie.
Ces garde-fous, opérés entièrement dans Google Cloud Platform, préviennent les dérives silencieuses qui érodent la confiance des métiers dans les modèles.
« Je pense que le succès de ce projet réside dans la compréhension du défi stratégique métier, la définition du périmètre, le déploiement de la solution, la formation, et aujourd’hui l’outil est utilisé quotidiennement par les équipes métier », résume Benoît Forest.
Vinci Airports engage ensuite une deuxième phase orientée vers la prédiction systématisée et l’IA générative. Trois cas d’usage sont à l’étude : un assistant GPT intégré aux tableaux de bord, un mode de requêtage conversationnel des bases de données, et un système d’extraction automatique de contenu documentaire (procédures, audits, rapports).
L’ambition est de dépasser les limites des dashboards Power BI actuels pour permettre à chaque collaborateur d’interroger directement l’ensemble des données via des agents IA autonomes, capables d’apporter des réponses à des questions complexes sans nécessiter de développement supplémentaire.
« L’IA nous permet ici de passer de l’intuition locale à la connaissance partagée, sans remplacer les équipes, mais en leur donnant les moyens de gagner du temps et de se concentrer sur la prise de décision », conclut Benoît Forest.
Photo : © DR
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Un an après l’annonce, Google vient de finaliser l’acquisition de Wiz pour 32 milliards de dollars en cash — et signe au passage la plus grosse opération de son histoire. Derrière ce chèque record, un message limpide : la prochaine bataille du cloud ne se gagnera pas seulement à coups de GPU et de modèles, mais […]
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Canal+ a annoncé aujourd’hui des partenariats avec Google et OpenAI pour l’utilisation de l’intelligence artificielle au niveau de son application. Il y a toutefois des différences entre les deux accords. L’accord avec OpenAI pour la recherche IA dans l’app Canal+ Dans le cas d’OpenAI, Canal+ proposera une mise …
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Le groupe audiovisuel Canal+ annonce des contrats pluriannuels avec Google Cloud et OpenAI. pout intégrer l’intelligence artificielle générative dans ses processus de production et son service de streaming.
Ces accords visent à concurrencer les algorithmes de recommandation de Netflix. Canal+ veut atteindre 100 millions d’abonnés d’ici 2030.
Les deux partenariats sont « très complémentaires », a déclaré le PDG Maxime Saada à Reuters. Google se concentre sur l’extraction de données. OpenAI alimente le moteur de recherche et de recommandation pour améliorer l’expérience des abonnés. Ces technologies vont indexer l’intégralité du catalogue de Canal+ pour personnaliser les recommandations.
« Nous allons travailler sur la donnée », a précisé Maxime Saada. Les modèles de Google identifient tous les éléments d’une scène dans un film ou une série. Canal+ exploite ensuite ces données avec OpenAI pour améliorer les moteurs de recherche et de recommandation.
À partir de juin 2026, Canal+ déploiera un nouveau système de recherche. Fini les requêtes par mots-clés : les abonnés pourront formuler leurs demandes en langage naturel et recevoir des propositions personnalisées. Ce déploiement couvrira les marchés européens et africains où l’application Canal+ est disponible.
Canal+ mettra aussi Veo 3 à disposition de ses équipes de production. Cet outil d’IA générative vidéo de Google permettra aux créateurs de pré-visualiser des scènes avant le tournage ou de reconstituer des moments historiques à partir de photographies d’archives.
Sur la propriété intellectuelle, Canal+ assure que les partenariats intègrent des protections solides. Le groupe conserve ses droits et la propriété de ses contenus au sein de l’environnement sécurisé de Google Cloud.
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