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Harmattan AI : la pépite française de l’IA de défense devient licorne

12 janvier 2026 à 15:30

À peine neuf mois après sa création, Harmattan AI, spécialisée dans les systèmes autonomes de défense dopés à l’intelligence artificielle vient de boucler une levée de fonds de 200 millions $ en série B, portant sa valorisation à 1,4 milliard $.

Une opération menée par Dassault Aviation qui propulse la jeune pousse au rang de première licorne française de l’armement.

Dassault Aviation mise gros sur l’autonomie

En prenant la tête de ce tour de table aux côtés d’investisseurs financiers déjà présents, l’avionneur français ne se contente pas d’un pari financier. Il s’offre un partenaire stratégique pour ses futurs programmes aériens.

Harmattan AI est désormais positionnée pour développer les « fonctions d’IA embarquées » du Rafale F5, ainsi que les systèmes aériens inhabités (UCAS) qui accompagneront les chasseurs de sixième génération du SCAF (Système de combat aérien du futur).

Ce rapprochement s’inscrit dans une stratégie plus large orchestrée avec Thales et l’Agence ministérielle pour l’IA de défense (AMIAD) : bâtir une intelligence artificielle de combat souveraine, capable de rivaliser avec les géants américains et chinois.

Licorne en moins d’un an

Fondée en avril 2024 par Mouad M’Ghari et Martin de Gourcuff, Harmattan AI  développe une gamme complète de systèmes autonomes intégrés : drones de frappe et de surveillance, plateformes de commandement et briques logicielles d’IA embarquée. Son approche « full stack » ( maîtrise du hardware comme du software) séduit les états-majors.

Les succès commerciaux se sont enchaînés à une vitesse inédite dans un secteur réputé pour ses cycles décisionnels interminables. Un contrat emblématique avec la Direction générale de l’armement (DGA) pour plusieurs milliers de drones, destinés notamment à l’exercice militaire Orion 2026, puis une commande de l’armée britannique pour des drones d’entraînement. De quoi valider le modèle et attirer l’attention des industriels historiques.

Avec cette manne de 200 millions $, Harmattan AI vise une montée en cadence spectaculaire pour atteindre une production de plusieurs dizaines de milliers de drones par mois à court terme. Un objectif qui nécessitera de muscler considérablement l’appareil industriel et les chaînes d’approvisionnement.

Les fonds serviront également à étendre le déploiement de ses algorithmes d’IA à de nouveaux théâtres d’opérations : défense aérienne multi-niveaux, interception de drones, guerre électronique. L’entreprise compte renforcer massivement ses équipes de R&D et d’ingénierie logicielle pour tenir la cadence technologique face à une concurrence internationale qui s’intensifie.

La French Tech défense entre en scène

L’entrée d’Harmattan AI dans le club des licornes marque un tournant pour l’écosystème français de la défense. Longtemps dominé par les grands industriels historiques, le secteur voit émerger une nouvelle génération de startups qui articulent souveraineté, IA et capacité de production à grande échelle. À l’image d’Helsing en Allemagne ou d’Anduril aux États-Unis, ces jeunes pousses bousculent les codes et les positions établies.

Cette évolution reflète un changement doctrinal profond. Les armées françaises et européennes intègrent désormais pleinement les startups dans la chaîne de valeur de l’armement, conscientes que l’innovation de rupture vient souvent de l’extérieur des grands programmes étatiques. Le soutien de l’AMIAD et les nouvelles modalités d’achats publics facilitent ces rapprochements.

Reste désormais à transformer l’essai industriel. Car dans ce domaine ultra-exigeant où la fiabilité opérationnelle est non négociable, le passage de la startup prometteuse au fournisseur stratégique des armées constitue un marathon autrement plus redoutable qu’une levée de fonds, aussi spectaculaire soit-elle.

Image : © DR

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Anthropic lance son offensive dans la santé avec Claude

12 janvier 2026 à 12:25

Quelques jours seulement après l’annonce de son rival OpenAI, Anthropic réplique avec « Claude for Healthcare ».

La scale-up basée à San Francisco vient de dévoiler son offensive dans le secteur lucratif de la santé en annonçant que son chatbot Claude était désormais conforme à la norme HIPAA (Health Insurance Portability and Accountability Act). Un sésame réglementaire indispensable aux États-Unis pour permettre aux hôpitaux et prestataires de soins de manipuler des données de santé protégées.

Un hub de données personnelles sous conditions

Avec Claude for Healthcare, l’ambition d’Anthropic ne s’arrête pas aux couloirs des hôpitaux. Côté grand public, l’entreprise permet désormais à ses utilisateurs d’exporter leurs données de santé depuis des applications comme Apple Health ou Function Health. L’objectif est d’ aider les particuliers à centraliser leurs dossiers médicaux pour mieux les partager avec leurs médecins.

Toutefois, cette intégration directe est actuellement réservée aux utilisateurs basés aux États-Unis, où le cadre HIPAA prévaut. Pour les utilisateurs européens, si l’accès à Claude est disponible, l’importation automatisée de données biométriques reste soumise aux évolutions de la conformité locale (RGPD).

Claude intègre désormais des bases de données scientifiques (comme PubMed ou le registre NPI) pour étayer ses réponses par des citations vérifiables. Un argument de poids pour rassurer des cliniciens échaudés par les risques de désinformation liés à l’IA.

« L’IA est prête à avoir un impact majeur sur l’économie globale, dès lors que vous faites ce qu’il faut sur le plan réglementaire et des données », défend Mike Krieger, Chief Product Officer d’Anthropic, en garantissant qu’il n’utilisera pas les données de santé de ses utilisateurs pour entraîner ses modèles.

Une bataille de géants pour le « care »

Si le marché est colossal, la concurrence féroce. Selon Anthropic, Claude séduit déjà des géants comme le système de santé à but non lucratif Banner Health où 22 000 prestataires l’utilisent, mais aussi le groupe pharmaceutique Novo Nordisk ou le centre hospitalier universitaire Stanford Health Care.

Alors que des discussions sont en cours pour une levée de fonds sur la base d’une valorisation stratosphérique de 350 milliards $, Anthropic doit prouver que l’IA peut non seulement automatiser le code informatique, un de ses points forts actuels, mais aussi transformer radicalement la recherche biologique. Le diagnostic ne fait que commencer.

Illustration : © DR

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