Nicolas Sarkozy a raison : ce n’est pas lui qu’on humilie, c’est la France
Nicolas Sarkozy, quand il était ministre de l’intérieur, s’est mis à partir de 2005 dans une situation de dépendance inouïe vis-à-vis d’un dictateur dont la terreur armée a été la marque de fabrique pendant des années. Et la France en sait quelque chose, elle qui a été victime de l’attentat qui a fait exploser en plein vol, en 1989, l’avion de ligne DC-10 de la compagnie UTA, faisant 170 morts.
L’organisateur de l’attentat, Abdallah Senoussi, numéro deux du régime libyen, est justement l’homme au cœur du « pacte corruptif » décrit par le tribunal. Des rendez-vous ont eu lieu en Libye alors que Senoussi avait été condamné seulement six ans plus tôt à la perpétuité pour l’attentat du DC-10 et était visé par un mandat d’arrêt international.
Il y a une information, parmi tant d’autres, qui semble n’avoir jamais percé le rideau de certains plateaux de télévision : le tribunal a condamné solidairement Nicolas Sarkozy, Claude Guéant et Brice Hortefeux à verser des dommages-intérêts aux familles de victimes du DC-10 dont la justice a reconnu le préjudice moral subi du fait des tractations menées avec le terroriste Senoussi.
Nicolas Sarkozy a aussi mis son pays dans une incroyable situation de faiblesse. Non seulement le colonel Kadhafi pouvait à tout moment exercer un chantage ou une pression diplomatique sur le chef de l’État, en raison des pourparlers avec Senoussi et des millions versés.
Mais si un simple journal comme Mediapart a eu accès à ce type d’information, qui sait combien de services de renseignement dans le monde ont pu également y avoir accès, et donc eux aussi, potentiellement, exercer une forme de chantage. Que cela ait eu lieu ou non, le candidat Sarkozy a pris le risque qu’une fois élu la France se retrouve ainsi dans la main de puissances étrangères.
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