Vue normale

Reçu — 26 octobre 2025 Meilleure-Innovation

Après les robots-laveurs, un robot-shampouineuse s’apprête à voir le jour…

26 octobre 2025 à 19:16
R2 sur tapis (modules déployés)

Une nouvelle marque américaine, inconnue au bataillon, vient de rassembler 50 000 $ pour lancer un nouveau modèle de robot-aspirateur. La spécificité de cet appareil ? Le R2 sera capable de shampouiner les tapis !

Depuis quinze ans, l’aspirateur-robot a appris à se repérer, à cartographier nos pièces, puis à s’auto-vider pour nous laisser un peu plus tranquilles entre deux ménages. La décennie suivante a vu éclore les robots-laveurs : patins vibrants, serpillières rotatives, stations qui rincent et sèchent… avec, toujours, la même limite : au bord d’un tapis, on freine, on contourne, on lève les patins. La moquette et les velours restent le territoire des shampouineuses « à l’ancienne », traîneaux bruyants et tuyaux en bataille.

C’est précisément cette frontière que Robotin dit vouloir franchir avec le R2, un projet actuellement financé sur Kickstarter. L’ambition est la suivante : rendre un robot domestique en mesure de nettoyer en profondeur que l’on réservait jusqu’ici aux injecteurs-extracteurs, et l’orchestrer de bout en bout avec une station d’accueil chargée d’approvisionner, d’aspirer et de sécher. Sur le papier, l’équation mêle trois promesses rarement réunies : l’aspiration « forte » sur textile, l’injection-extraction à l’eau chaude, puis un séchage actif destiné à rendre le tapis praticable peu de temps après chaque cycle.

Un challenger venu des États-Unis : Robotin Inc.

La jeune pousse se présente sous le nom Robotin Inc., avec un slogan qui résume son ambition : « Robot in, chores out » (littéralement : « Le robot entre, les corvées sortent »). La communication officielle est anglophone et situe l’annonce du R2 à Irvine (Californie).

Côté calendrier public, Robotin décrit un enchaînement classique pour un hardware ambitieux : prototypes d’ingénierie en 2023, design modulaire en 2024, protos robot + station en 2025, puis lancement de la campagne Kickstarter le 23 septembre 2025. Les expéditions sont annoncées pour mars 2026 (printemps 2026 selon les supports), ce qui laisse un cycle d’industrialisation d’environ 6 à 9 mois après la campagne.

Robotin revendique le « premier robot laveur de tapis autonome » : un système modulaire combinant un module d’injection-extraction/séchage pour les tapis et un module aspiration plus classique, le tout orchestré par une AI-Perception System (détection des revêtements, évitement d’obstacles, cartographie). Le site officiel, les réseaux et la fiche Kickstarter alignent ce discours de fond (autonomie, modularité, navigation assistée par IA).

Quelques chiffres sur le Robotin R2 (d’après les bruits de couloir)…

Caractéristique Techniques
Dimensions40,6 × 39,9 × 15,2 cm
Puissance d’aspiration115 AW
Batterie10 000 mAh (Recharge 0→80 % en ~24 min)
Capacité du bac à poussière1,8 L (annoncé “jusqu’à 60 jours”)
Capacité de la station (eaux)propre ~9 L
sale ~6 L
Chauffe-eauRapidHeat 60 °C en ~10 min
Navigation / IA“AI-Perception System”, 12 types de capteurs
Couverture de nettoyage37 m²/h
Prix Kickstarter799 $
Fenêtre de livraison annoncéemars 2026

Une shampouineuse autonome : comment ça marche ?

L’idée de Robotin est de transposer, dans un format robotisé, le principe des injecteurs-extracteurs que l’on connaît chez Bissell et consorts. Concrètement, le R2 projette de l’eau sur les fibres, brosse pour décoller les saletés incrustées, puis aspire l’eau chargée afin de laisser un tapis le moins humide possible. La station d’accueil alimente et récupère l’eau automatiquement, ce qui permet d’enchaîner un cycle complet sans manipulation intermédiaire. Les éléments publiés évoquent en plus un chauffage rapide de l’eau et un séchage actif par flux d’air chaud, piloté par des capteurs d’humidité pour homogénéiser la fin de cycle.

Cette mécanique repose sur un châssis unique et deux modules que l’utilisateur interchange : un module « carpet wash/dry » pour l’injection-extraction et un module « vacuum » pour l’aspiration classique. L’app donne la main sur la cartographie, les zones interdites et les routines ; le robot ajuste sa trajectoire grâce à un système de perception annoncé comme « AI-Perception », combinant une douzaine de types de capteurs pour reconnaître les revêtements, éviter les obstacles et planifier les passes utiles.

injection-extraction sur le Robotin R2
Le dispositif ressemble trait pour trait à une shampouineuse classique !

Reste la question des surfaces non textiles. Avec son module « vacuum », le R2 peut aspirer les sols durs comme un robot traditionnel — débris, poussières et poils. En revanche, rien n’indique pour l’instant l’existence d’un module serpillière dédié aux sols durs : la communication officielle se concentre sur le lavage de tapis, l’extraction et le séchage, sans mention d’un patin humide ou de rouleaux destinés au carrelage ou au parquet. C’est un point important pour situer le produit : il se présente d’abord comme un robot de soin des tapis, qui sait aussi aspirer, et non comme un laveur universel qui ferait tout sur tous les revêtements.

Enfin, la station joue un rôle central : elle ravitaille le robot en eau propre, récupère l’eau sale et sert de base pour l’entretien courant, promettant de véritables sessions « mains libres », excepté pour changer de module.

Les questions que l’on se posera pour un éventuel test

En tablant sur une sortie en mars 2026 suivi d’une exportation relativement rapide en Europe, notre petit labo a déjà quelques questions dans sa manche concernant :

  • l‘efficacité de l’injection–extraction selon le type de tapis (poils courts/longs, densité) et le taux d’humidité résiduelle ;
  • la réalité du séchage “rapide” selon la température ambiante et l’homogénéité du résultat (bords vs zones centrales) ;
  • la polyvalence de l’appareil : aspiration correcte sur sols durs, possibilité d’une option lavante ? ;
  • le niveau sonore par phase (brossage, extraction, séchage) et acceptabilité en usage quotidien ;
  • la maintenance et l’hygiène : nettoyage des conduits, prévention des odeurs, accès aux pièces détachées, protocole d’auto-rinçage ;
  • les consommables et le coût d’usage (détergents éventuels, filtres, brosses)
  • l’autonomie et la surface couverte : on s’interroge sur l’impact du chauffage de l’eau et du séchage actif sur la durée d’un cycle et la fréquence des retours à la base.

Et vous ? Possédez-vous beaucoup de tapis ? Un tel produit pourrait-il vous faire passer le cap des robots-aspirateurs ? Sur le papier, trouvez-vous cela plus utile qu’un robot-laveur de sols durs ? Dites-nous votre avis en commentaires !

❌