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HP plombé par la flambée des puces mémoire

25 février 2026 à 10:50

Pendant que les géants du cloud engloutissent des capacités de mémoire pour alimenter leurs data centers, les fabricants comme HP font les frais de cette ruée. Si le constructeur américain d’ordinateurs et d’imprimantes a publié mardi des résultats trimestriels supérieurs aux attentes,  il indique s’attendre à ce que ses bénéfices annuels se situent « en bas de la fourchette » de sa guidance, soit autour de 2,90 $ par action sur les 2,90 à 3,20 $ annoncés.

Plus préoccupant encore, HP anticipe un recul des livraisons de PC « à deux chiffres » sur l’ensemble de l’exercice fiscal 2026, en ligne avec les tendances du secteur.

La mémoire, talon d’Achille du secteur

Au cœur de ces turbulences : la pénurie de puces mémoire. En novembre dernier, HP estimait que les composants mémoire et stockage représentaient 15 à 18 % du coût de fabrication de ses ordinateurs. Ce ratio devrait grimper à 35 % sur l’ensemble de l’exercice fiscal. La directrice financière Karen Parkhill a précisé lors d’une conférence téléphonique avec les analystes que les prix de la mémoire avaient pratiquement doublé en l’espace d’un trimestre  et que de nouvelles hausses sont attendues. La pénurie devrait persister au-delà de l’exercice 2026.

Face à cette situation, HP dit avoir engagé plusieurs mesures correctives : diversification de ses fournisseurs, ajustement de certains produits pour réduire leur consommation de mémoire, et hausse des prix de vente. « Nous avons une solide expérience dans la gestion des cycles de matières premières », a déclaré Bruce Broussard, le directeur général par intérim, en tentant de rassurer.

Tarifs douaniers et transition au sommet

La volatilité des composants n’est pas le seul défi. HP doit également composer avec la politique commerciale de l’administration Trump. Le groupe a largement relocalisé sa production hors de Chine pour les produits destinés au marché nord-américain, une anticipation des droits de douane qui s’avère payante à court terme. HP indique ne pas s’attendre à ce que les nouvelles mesures tarifaires américaines pèsent immédiatement sur ses activités, tout en précisant qu’il « continue de dialoguer avec l’administration sur ces sujets ».

La situation est par ailleurs compliquée par un changement de direction inattendu. Début mars, PayPal a débauché Enrique Lores, le PDG d’HP, pour en prendre les rênes. C’est donc Bruce Broussard, administrateur du conseil, qui assure l’intérim pendant que le groupe cherche un successeur permanent.

Des signaux positifs à ne pas négliger

Le tableau n’est pas entièrement sombre. HP note une demande soutenue en Europe et en Asie, portée par le cycle de renouvellement lié à Windows 11. Le segment premium, tant professionnel que grand public, tire les prix moyens de vente vers le haut. Et les PC dotés de fonctionnalités d’intelligence artificielle représentaient plus de 35 % des livraisons au premier trimestre, contre 30 % le trimestre précédent, une adoption en accélération qui redonne des couleurs au groupe.

HP a par ailleurs lancé un programme de réduction des coûts sur plusieurs années, visant un milliard de dollars d’économies annuelles d’ici 2028, même si ce plan s’accompagne de charges de restructuration dans l’immédiat.

Un trimestre solide, une année difficile

Sur le plan strictement comptable, le premier trimestre fiscal ( clos le 31 janvier) est plutôt encourageant. Le chiffre d’affaires a progressé de 6,9 % à 14,44 milliards $. La division Personal Systems, qui regroupe les PC grand public et professionnels, a enregistré une hausse de 11 % de ses revenus à 10,25 milliards $, portée notamment par un bond de 16 % des ventes grand public. L’impression, en revanche, recule de 2 % à 4,19 milliards.

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Kiro, l’IA d’Amazon, a cassé AWS : ce qu’on en sait

25 février 2026 à 09:50

Erreur humaine ou pas, toujours est-il qu’une IA, héritant des privilèges d’un ingénieur, a supprimé un environnement de production.

Une partie des commentaires sur « l’affaire Kiro » convergent en ce constat.

Amazon n’avait initialement pas communiqué à propos de l’incident, survenu mi-décembre. Il a fini par le faire la semaine dernière… après que le Financial Times l’eut révélé.

Ce qu’affirme le Financial Times

S’en référant à des employés d’Amazon, le FT déclare qu’AWS a subi, « ces derniers mois », au moins deux pannes en production dues à des erreurs impliquant ses propres outils d’IA. Il ne date pas l’une d’entre elles, qui aurait, toujours selon des employés, impliqué l’assistant Amazon Q Developer.

Celle de mi-décembre a entraîné 13 heures d’indisponibilité pour un « système utilisé par les clients ». La conséquence de modifications effectuées par l’assistant Kiro, qui avait choisi de supprimer puis de recréer un environnement.

Autre propos prêté à des employés : traités comme une « extension » des ingénieurs, les outils IA avaient les mêmes permissions. Dans l’un et l’autre cas, les personnes impliquées n’ont pas sollicité de validation des changements par un pair.

Le FT attribue certains propos directement à Amazon. D’après ce dernier, l’incident de décembre a été « extrêmement limité » : un seul service affecté, dans certaines zones de Chine continentale. Quant à l’autre incident, il n’a pas eu d’impact sur des services exposés aux clients.

Autre déclaration attribuée au groupe américain : dans les deux cas, il s’agissait d’une erreur humaine. Plus précisément un problème de contrôle d’accès : l’ingé impliqué dans l’incident de décembre avait plus de permissions qu’il n’aurait dû. Le même problème aurait pu se produire avec tout outil – doté ou non d’IA – ou toute action manuelle.

Ce que rétorque Amazon

Concernant le prétendu incident avec Amazon Q Developer, le groupe américain est catégorique : « Il est complètement faux de dire qu’un deuxième événement a impacté AWS ».

Celui de décembre a touché l’explorateur de coûts AWS (Cost Explorer), dans une de ses 39 régions cloud. Amazon juge ce périmètre « extrêmement limité » et précise n’avoir reçu aucune demande client.

L’entreprise confirme le scénario des contrôles d’accès mal configurés. C’est « une coïncidence » que des outils d’IA aient été impliqués, clame-t-elle. Et d’ajouter avoir implémenté des garde-fous « pour que cela ne se reproduise pas ». Parmi eux, une révision systématique par les pairs pour les accès en prod.

Une « directive Kiro » qui ne fait pas l’unanimité

En complément à ces éléments, un porte-parole a expliqué que l’erreur humaine n’était pas la validation de l’action par l’ingénieur, mais le fait que ce dernier n’avait pas compris quel était son niveau de privilèges. Sous-entendu : il aurait probablement agi différemment s’il avait su.

Amazon assure que par défaut, Kiro demande une validation pour chaque action qu’il souhaite effectuer. Il ne dit en revanche rien de la façon dont l’assistant a proposé de supprimer l’environnement en question. A-t-il été explicite ? Dans la négative, l’ingénieur s’est-il renseigné davantage avant de valider ?…

En toile de fond, une directive interne de novembre 2025 par laquelle Amazon pousse ses équipes à standardiser sur Kiro. Une démarche entreprise tant au nom d’une sécurité renforcée (limitation des risques de fuites de données, notamment) que d’une télémétrie unifiée.

L’initiative a suscité des remous. Plus d’un millier d’employés ont demandé de pouvoir conserver un accès à des outils, dont Claude Code. Motif : ils sont plus performants que Kiro sur des cas d’usage comme le refactoring multilangage et la gestion de certains frameworks « de niche ».

Illustration générée par IA

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