Cybersécurité : entre CISO et CEO, les priorités divergent
En matière de cyber, selon qu’on est CEO ou CISO, on privilégiera la prévention des pertes financières ou la résilience opérationnelle.
Rien d’exceptionnel dans ce constat. Mais il trouve une illustration notable dans le dernier rapport Global Cybersecurity Outlook du Forum économique mondial. D’une année à l’autre, les principales inquiétudes exprimées ont effectivement divergé entre les deux fonctions.
En 2025, les ransomwares étaient en tête de liste chez les CEO comme chez les CISO. Les premiers citaient ensuite fraude / phishing et perturbations de la supply chain. Les seconds faisaient de même, mais dans l’ordre inverse.
Cette année, les ransomwares restent la principale préoccupation des CISO (devant les perturbations de la supply chain et l’exploitation de vulnérabilités logicielles). Ils ne sont, en revanche, plus dans top 3 chez les CEO, qui s’inquiètent en premier lieu de la fraude et du phishing ; puis des vulnérabilités de l’IA et des logiciels.
Des différences entre organisations, il y en a aussi en fonction du niveau de cyberrésilience estimé. Les répondants* qui le jugent élevé ont tendance à craindre avant tout les perturbations de la supply chain. Et, au contraire, à mettre les vulnérabilités IA en dernier sur leur liste. Cependant, si on restreint cet échantillon aux CEO, les vulnérabilités deviennent la crainte numéro un…
Cet « effet CEO » est moins significatif parmi les organisations dont le niveau de cyberrésilience est jugé insuffisant.
La GenAI, désormais crainte en premier lieu pour les fuites de données
Si on zoome sur la GenAI, les inquiétudes des CEO sont plus proches de celles de l’échantillon dans son ensemble.
| (Une seule réponse possible) | Fuites de données | Développement des capacités des attaquants | Sécurité technique des systèmes d’IA | Complexification de la gouvernance | Risques de supply chain logicielle | Propriété intellectuelle et responsabilité |
| Ensemble | 34 % | 29 % | 13 % | 12 % | 7 % | 4 % |
| CEO | 30 % | 28 % | 15 % | 13 % | 9 % | 6 % |
Sur l’ensemble de l’échantillon, l’item « fuites de données » est nettement plus sélectionné que l’an dernier (+ 12 points).
Lorsqu’on leur demande quels risques sont en croissance, les répondants choisissent majoritairement les vulnérabilités de l’IA (87 %). Viennent ensuite :
- Fraude / phishing (77 %)
- Perturbations de supply chain (65 %)
- Vulnérabilités logicielles (58 %)
- Ransomwares (54 %)
- Menaces internes (32 %)
- Déni de service (28 %)
Face au risque de supply chain, la fonction sécurité souvent impliquée dans le processus d’approvisionnement
Concernant le risque sur la supply chain, la hiérarchie des méthodes de gestion est similaire entre niveaux de cyberrésilience, mais avec un écart de 20 à 30 points.
| Évaluation de la maturité cyber des fournisseurs | Implication de la fonction sécurité dans les processus d’achat | Paetages d’informations sur la menace avec les partenaires | Cartographie du niveau d’exposition des partenaires | Simulation d’incidents et/ou d’exercices de récupération avec les partenaires | |
| Ensemble | 68 % | 65 % | 38 % | 33 % | 27 % |
| Haute résilience | 74 % | 76 % | 53 % | 44 % | 44 % |
| Résilience insuffisante | 48 % | 53 % | 31 % | 23 % | 16 % |
| CEO, haute résilience | 59 % | 70 % | 30 % | 48 % | 44 % |
| CEO, résilience insuffisante | 31 % | 31 % | 38 % | 31 % | 6 % |
L’adoption de l’IA dans la cyber sert le plus souvent la détection du phishing et des autres menaces sur la messagerie électronique (52 % des sondés ont sélectionné cette réponse parmi 3 maximum). Suivent :
- Détection et réponse aux intrusions ou anomalies (46 %)
- Automatisation des opérations (43 %)
- Analyse du comportement des utilisateurs et détection des menaces internes (40 %)
- Tri du renseignement sur les menaces et priorisation des risques (39 %)
- Autres objectifs (8 %)
Dans 64 % des organisations ici représentées, les outils IA sont évalués avant déploiement (révision unique pour 24 %, périodique pour 40 %). Ce taux passe à 45 % chez celles où le niveau de cyberrésilience est jugé insuffisant.
Le manque de connaissances et/ou de compétences est le premier obstacle à l’adoption de ces outils. 54 % des répondants le citent. Ils sont 41 % à évoquer la nécessité d’une validation humaine des réponses de l’IA avant implémentation.
* 804 répondants dont 544 C-Levels parmi lesquels 316 CISO et 105 CEO.
Illustration générée par IA
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