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La dernière faille Ivanti devient un poil à gratter

9 février 2026 à 17:14

Les chercheurs en sécurité vont commencer à scanner les appliances connectées à Internet. Cela compliquera la détection des « vraies » tentatives d’exploitation.

L’avertissement est signé Ivanti. Il s’adresse aux utilisateurs de la solution EPMM (Endpoint Manager Mobile ; ex-MobileIron Core). En toile de fond, la découverte de deux vulnérabilités critiques. L’une (CVE-2026-1281) affecte la fonctionnalité de distribution interne d’applications. L’autre (CVE-2026-1340), la configuration du transfert de fichiers Android. Elles ont le même score de criticité (9,8)… et la même conséquence potentielle : l’exécution de code à distance sans authentification.

Ivanti en a révélé l’existence le 29 janvier, accompagnant son bulletin d’un correctif. L’éditeur déclarait alors qu’un « nombre très limité de clients » avaient été touchés. Peu après, un PoC était apparu.

« Considérer tout système comme compromis »

L’ANSSI néerlandaise (NCSC-NL) suit le dossier de près. Au fil des jours, elle est devenue plus alarmiste.

Le 2 février, l’agence avait noté que la vulnérabilité CVE-2026-1281 était activement exploitée. Elle recommandait aux utilisateurs d’EPMM de la joindre, le correctif n’étant pas suffisant en cas de compromission.

Le surlendemain, le NCSC-NL admettait que l’exploitation était « bien plus répandue qu’on ne le pensait ». Elle appelait tout simplement à considérer tout système comme étant compromis. Et ainsi à modifier les mots de passe de tous les comptes, à renouveler les clés privées et à surveiller le trafic interne.

Dans son dernier update, du 9 février, elle explique avoir identifié plusieurs organisations exploitant la vulnérabilité en question. Elle permet d’exfiltrer la base de données MIFS (MobileIron File Service). Et de récupérer ainsi des informations sur les appareils enregistrés. Notamment IMEI, numéros de téléphone et détails sur la SIM. Mais aussi utilisateurs LDAP et jetons d’accès et authentifiants Office 365.

Restaurer les sauvegardes… ou pas

Entre-temps, le NCSC-NL a contribué au développement d’un script de détection des intrusions. Ivanti l’a publié le 6 février, en parallèle d’IoC et de mesures de défense.

Sur les instances touchées avant la divulgation des vulnérabilités, on a découvert des fichiers malveillants dans le dossier racine, ainsi que dans /tmp et /var/tmp. Souvent d’un ou deux caractères, sans extension, parfois compressés avec 7z/LMZA2. Le favicon a par ailleurs été ciblé pour injecter un webshell.

Après la divulgation, les techniques se sont diversifiées, à tel point qu’il est difficile de les catégoriser en une liste d’IoC. Ivanti a toutefois observé un pattern consistant à créer des fichiers semblant être des pages d’erreur HTTP – par exemple, 401.jsp – pour héberger des webshells.

En date du 6 février, l’éditeur recommandait deux options en cas de compromission. Soit restaurer depuis des backups ou des instantanés de VM, soit construire un nouvel environnement et y migrer les données. Il conseillait aussi de changement le mot de passe de tout compte local et de remplacer le certificat public utilisé pour l’EPMM.

Du côté du NCSC-NL, on déconseille l’option restauration, au motif que les sauvegardes peuvent être compromises. Surtout si le script de détection produit des résultats…

La Commission européenne, victime probable

Le correctif n’entraîne pas d’indisponibilité, mais il ne survit pas à un saut de version. Ivanti promet de l’intégrer dans la prochaine release d’EPMM, prévue « au cours du premier trimestre 2026 ».

La Commission européenne n’a pas affirmé faire partie des victimes. Mais le 6 février, elle a déploré la compromission de « l’infrastructure centrale » utilisée pour gérer ses terminaux mobiles. Une attaque serait survenue le 30 janvier. Circonscrite « en 9 heures », elle pourrait avoir donné accès à des noms et à des numéros de téléphone.

Illustration générée par IA

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