Vue normale

Le SETI a peut-être compris pourquoi on ne capte pas de signaux extraterrestres

Par : Korben
9 mars 2026 à 14:03

Des chercheurs du SETI Institute viennent de publier une étude qui pourrait expliquer pourquoi, après des décennies d'écoute, on n'a toujours capté aucun signal radio d'origine extraterrestre. La météo spatiale autour des étoiles brouillerait les transmissions avant même qu'elles ne quittent leur système d'origine. Et 75 % des étoiles de la Voie lactée seraient concernées. Zut alors.

La météo spatiale brouille les pistes

L'étude, publiée dans The Astrophysical Journal, part d'un constat assez simple : les programmes SETI cherchent des signaux radio très étroits, parce que ce type de transmission ne se produit quasiment jamais dans la nature. Un signal bien net, bien fin, c'est le signe qu'il y a quelqu'un derrière.

Sauf que les chercheurs Vishal Gajjar et Grayce Brown ont montré que les vents stellaires, les turbulences de plasma et les éjections de masse coronale qui entourent une étoile peuvent élargir ces signaux et disperser leur puissance sur un spectre plus large.

Le pic qui devrait déclencher les alarmes des télescopes passe alors sous le seuil de détection. Un signal élargi à seulement 10 hertz perd environ 94 % de sa luminosité de pointe. Il est toujours là, mais nos télescopes passent à côté.

Les naines rouges, principal suspect

Les naines rouges sont les plus touchées par ce phénomène, et elles représentent environ 75 % des étoiles de notre galaxie. Ces étoiles sont petites, peu lumineuses, mais elles génèrent une activité magnétique intense.

Les planètes qui les entourent orbitent à des distances très courtes, ce qui expose d'éventuelles transmissions à un environnement de plasma dense et agité pendant plus longtemps.

Les simulations de l'équipe montrent qu'à 1 GHz, plus de 70 % des systèmes de naines rouges produisent au moins 1 hertz d'élargissement de signal, et plus de 30 % dépassent les 10 hertz. À 100 MHz, c'est pire : près de 60 % des systèmes atteignent 100 hertz d'élargissement. Bref, les étoiles les plus communes de la galaxie sont aussi celles qui brouillent le plus les transmissions.

Adapter les outils de recherche

L'équipe du SETI Institute propose aussi d'adapter les méthodes de recherche en testant plusieurs largeurs de signal plutôt que de ne chercher qu'un seul pic ultra-fin. Les fréquences plus élevées sont aussi moins affectées par l'élargissement, ce qui pourrait orienter les prochaines campagnes d'observation.

Pour calibrer leur modèle, les chercheurs se sont d'ailleurs appuyés sur les transmissions radio de sondes spatiales de notre propre système solaire avant d'extrapoler les résultats à d'autres environnements stellaires.

On ne va pas se mentir, après plus de 60 ans de silence, ça fait du bien d'avoir une petite explication de pourquoi on ne capte pas grand-chose. Ça n'est pas que les petits aliens se cachent particulièrement bien, c'est juste qu'on a un biais technique dans les instruments qu'on utilise.

Ça ne veut pas dire qu'il y a quelqu'un là-haut, mais au moins on sait maintenant qu'on cherchait mal. Par contre c'était bien la peine que je fasse tourner SETI@home sur mon PC pendant des années pour du flan au final. Allez on recommence tout à zéro mais on met à jour les outils avant, ok ?

Source : Slashdot

Un implant oculaire sans fil permet à des patients aveugles de lire à nouveau

Par : Korben
9 mars 2026 à 10:18

Des chercheurs ont réussi à restaurer une vision fonctionnelle chez des patients atteints de DMLA avancée grâce à une puce sans fil de 2 mm glissée sous la rétine. Lors de l'essai clinique PRIMAvera mené dans 5 pays européens, 81 % des participants ont retrouvé la capacité de lire des lettres et des mots. Pas mal !

Un implant de 2 mm qui remplace les photorécepteurs

Le système s'appelle PRIMA et il a été conçu par Daniel Palanker, professeur d'ophtalmologie à Stanford. Le principe : une puce photovoltaïque de 2 mm sur 2 mm, épaisse de 30 microns (oui c'est très fin, la moitié d'un cheveu), qui se glisse sous la rétine à l'endroit où les photorécepteurs ont cessé de fonctionner. Le patient porte des lunettes équipées d'une caméra miniature qui capte les images, les traite via un algorithme (zoom jusqu'à x12, réglage du contraste) puis les projette sur l'implant en lumière infrarouge. La puce convertit cette lumière en impulsions électriques qui stimulent les neurones rétiniens encore actifs. Le cerveau fait le reste. Pour l'instant, la vision restituée est en noir et blanc, mais elle suffit pour lire des lettres, des chiffres et des mots courts.

81 % des patients retrouvent une vision utile

L'essai clinique PRIMAvera a recruté 38 volontaires de plus de 60 ans, tous atteints d'atrophie géographique liée à la DMLA, dans 17 hôpitaux répartis sur 5 pays européens. Sur les 32 patients qui ont terminé le suivi d'un an, 26 ont montré une amélioration mesurable : en moyenne, un gain de 25 lettres sur l'échelle d'acuité visuelle standard, soit environ cinq lignes. Et 27 d'entre eux ont utilisé l'implant chez eux pour lire au quotidien. Côté complications, 19 patients ont présenté 26 événements indésirables graves (hypertension oculaire, hémorragies sous-rétiniennes), mais 95 % se sont résolus en deux mois. Les résultats ont été publiés dans le New England Journal of Medicine, avec José-Alain Sahel (Inserm, Institut de la Vision, Université de Pittsburgh) comme auteur principal.

La prochaine étape : 10 000 pixels

Avec ses 378 électrodes, l'implant actuel offre une résolution de 400 pixels. C'est suffisant pour déchiffrer des mots, mais loin de ce qu'on pourrait appeler une vision normale. La prochaine génération vise 10 000 pixels, ce qui, combiné au zoom des lunettes, pourrait théoriquement atteindre une acuité de 20/20. Science Corporation, la société californienne qui commercialise le dispositif, travaille aussi sur un logiciel capable de restituer des images en niveaux de gris, y compris des visages. Les nouvelles puces ont déjà été testées sur des rats et la fabrication pour des essais humains est en cours. Le Dr Demetrios Vavvas, de Mass Eye and Ear à Boston, compare l'implant actuel à un "iPhone en version pre-release" : limité, mais le potentiel est là.

Franchement, on est quand même là sur un truc qui marche. Pas de promesses vagues, pas de "dans dix ans peut-être" : 81 % des patients lisent à nouveau après un an, et les résultats sont déjà publiés. Maintenant, la vraie question, c'est le passage à une échelle plus grande. Un implant sous-rétinien, ça demande un chirurgien très qualifié et une prise en charge lourde. Et avec un million d'Américains touchés par l'atrophie géographique, sans compter le reste du monde, on se demande combien de temps il faudra pour que ça arrive dans un cabinet d'ophtalmologie classique. Mais en tout cas ça promet !

Source : Earth.com

❌