Du GPT interne à Copilot, une bascule pas si radicale pour Société Générale
Mi-janvier, la nouvelle tombait : fin 2025, Société Générale avait décommissionné SoGPT. Après plus d’un an d’exploitation, un constat s’était imposé : ce GPT interne n’avait pas pu suivre la cadence des principales solutions du marché.
Le groupe français n’était pas à l’origine de cette annonce. Il ne l’a cependant pas démentie. Son P-DG s’en est même expliqué début février. Son postulat : puisque entre opportunités et menaces, les choses ne sont « pas encore totalement claires », il convient d’utiliser les meilleurs outils disponibles.
En interne, trois grandes typologies d’usages IA « fonctionnent », a-t-il ajouté. Premièrement, le résumé et la traduction de texte. Deuxièmement, l’extraction de données « plus ou moins structurées ». Troisièmement, les tâches informatiques, à commencer par le codage. Pour tous ces aspects, Société Générale préfère recourir à une technologie externe qui a « prouvé sa fiabilité » et sa « capacité à favoriser l’adoption ».
Cette techno, c’est Copilot, de Microsoft. Elle n’est pas, et de loin, une nouvelle venue dans la boîte à outils de Société Générale. Le groupe l’avait déployée en parallèle de son GPT interne. Sa directrice de l’innovation l’évoquait déjà en septembre 2023. Elle dénombrait alors quelque 600 cas d’usage de l’IA « classique », générant environ 340 M€ de valeur.
Un an plus tard, à l’occasion de la conférence Everyday AI Paris, l’intéressée avait mentionné SoGPT. Elle recensait alors 650 « cas d’usage data », dont plus de la moitié impliquant de l’IA. Le volet génératif était abordé sous le prisme « 4C » : client, contenu, concision et code. L’objectif était de dégager une valeur globale de 500 M€ à l’horizon 2025.
SocGen AI, une entité pour porter des développements internes « lorsque pertinent »
Pour industrialiser les solutions d’IA, Société Générale a créé, en mars 2025, une entité transversale : SocGen AI. Sa présidente est Laura Mather, COO du groupe. Son DG Nicolas Méric est un ancien de DreamQuark et de Linedata, fournisseurs de solutions data/IA pour le secteur financier.
L’AG de mai 2025 avait été l’occasion de revenir sur SocGen AI. Et, notamment, de promettre une ouverture aux expertises externes. Société Générale précisait alors avoir une stratégie de fournisseurs diversifiés… et opter pour des développements internes « lorsque pertinent ».
En septembre 2025, le groupe avait porté plainte auprès de l’Organisation mondiale de la propriété intellectuelle. Sa cible : une petite entreprise britannique qui avait déposé, trois ans plus tôt, le nom de domaine socgen.ai. Il avait obtenu raison en invoquant le dépôt de la marque SOCGEN au niveau européen en 1998 puis international en 2001.
Fin novembre, des offres d’emploi mentionnaient encore SoGPT. Par exemple, pour un poste de stagiaire à Monaco. Une des missions consistait en l’accompagnement des métiers par le déploiement et le support de SoGPT… ainsi que de Copilot.
Début décembre, un média indien publiait une interview de la DRH pour la zone Asie-Pacifique. Était évoqué, en particulier, l’usage de l’IA au sein du LMS (système de gestion de la formation) et de la marketplace interne de talents. SoGPT l’était aussi, comme Copilot. L’un et l’autre aident à l’interprétation des textes de loi, expliquait la DRH. Elle parlait aussi du recours à Copilot pour synthétiser les enquêtes de satisfaction employés.
Illustration © GoodPics – Adobe Stock
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