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D’OpenShell à NanoClaw, un NVIDIA tentaculaire sur l’agentique

17 mars 2026 à 17:45

En matière d’IA agentique, la com de NVIDIA est métronomique.

Ce 16 mars, jour d’ouverture de la GTC, quantité de clients ont repris, à la vigule près, la description que l’entreprise fait de son service NemoClaw. En l’occurrence, « une pile open source qui simplifie l’exécution d’assistants OpenClaw, de façon sûre, en une seule commande. »

Atlassian, Box, Cohesity, Dassault Systèmes, Red Hat et Siemens font partie de ces clients. Ils ont repris une autre partie de la description de NemoClaw : « Composante de NVIDIA Agent Toolkit, il installe le runtime OpenShell – un environnement sécurisé pour exécuter des agents autonomes – et des modèles open source comme NVIDIA Nemotron. »

On connaîssait déjà les modèles ouverts Nemotron. OpenShell est plus récent. Publié début mars, il isole l’exécution des agents et y greffe un moteur de politiques YAML ainsi qu’un système de routage qui conserve les données sensibles dans la sandbox. Toutes ces briques fonctionnent comme un cluster K3s à l’intérieur d’un conteneur Docker.

Agent Toolkit, lui, est tout neuf. Il ne s’agit pas d’un produit, mais d’une marque. Une ombrelle pour des services jusque-là regroupés sous différentes bannières telles que la suite logicielle NeMo.

NVIDIA présente ainsi Agent Toolkit comme une « plate-forme ouverte de développement d’agents ». Outre OpenShell et les modèles Nemotron, il y met en lumière son blueprint AI-Q (recherche d’entreprise, illustré ci-dessous) et son moteur d’optimisation cuOpt.

NVIDIA AI-Q

Siemens, Cadence, Synopsys… Tendance agentique dans la CAO électronique

Atlassian (Jira, Confluence) compte exploiter NemoClaw pour donner un prolongement agentique à sa technologie de recherche sémantique. Box l’envisage aussi, en alternative à MCP pour permettre aux agents de récupérer du contexte « sur l’interface la plus appropriée » entre son CLI, ses skills et son système de fichiers.

Box NVIDIA

Dassault Systèmes travaille également sur OpenClaw, notamment dans le cadre de l’émergence, sur 3DEXPERIENCE, d’assistants virtuels fondés sur des world models. Chez Siemens, on s’y intéresse pour automatiser l’EDA (conception électronique assistée par ordinateur). À commencer par l’ingénierie front-end, mais il se projette aussi sur la phase d’implémentation physique.

D’autres fournisseurs communiquent des ambitions dans l’EDA. Synopsys en est. Idem pour Cadence, lequel entend s’appuyer sur Agent Toolkit pour renforcer son ChipStack AI Super Agent. Dit « en production chez beaucoup de leaders de l’industrie » (on sait qu’Altera, Qualcomm et NVIDIA, entre autres, l’ont testé), ce système cible la phase d’ingénierie de base. Un des objectifs est de l’ouvrir à la conception analogique.

Cadence Super Agent

OpenShell, un appel d’air pour les acteurs de la cyber

Des annonces, il y en a aussi dans la sécurité informatique. Cohesity, par exemple, veut exploiter OpenShell pour automatiser le scan des snapshots. L’idée est avant tout de confier à la machine l’examen des rapports sur les menaces ; puis le tri et les corrélations, pour en arriver à des suggestions de remédiation. Dans cette perspective, OpenShell permettrait de cadrer les accès des agents aux endpoints de threat intelligence et aux API de Cohesity. Il pourrait aussi recommander les permissions adéquates en combinant les caractéristiques des données et les patterns d’accès des agents. En parallèle, Cohesity explore l’agentique pour le prototypage de connecteurs.

Cisco et CrowdStrike se positionnent en complément aux garde-fous qu’OpenShell apporte au niveau de l’infrastructure. Le premier promet, sous sa marque AI Defense, le contrôle de l’usage de skills et d’outils par les agents. Le second pousse ses solutions Falcon – EDR, IAM et AIDR, essentiellement – dans OpenShell à travers un blueprint.

Cisco OpenShell

En marge de la GTC, Salesforce aussi parle d’architectures de référence. Pas d’OpenShell ni de NemoClaw dans son discours, mais les modèles Nemotron. Et plus précisément leur combinaison avec Agentforce (couche de raisonnement), Data 360 (couche de contexte), Slack (couche collaborative) et Slackbot (couche de coordination entre agents).

Adobe mentionne à la fois OpenShell et Nemotron. Ils alimenteront des « boucles agentiques hybrides » à la fois sur la créa et sur le marketing. L’entreprise, qui prépare le départ prochain de son patron, souhaite aussi évaluer Agent Toolkit pour sa CDP.

Chez ServiceNow, Agent Toolkit – dont AI-Q – alimente les « spécialistes IA » déployés dans le cadre de l’offre Autonomous Workforce. Le premier, lancé fin février, assure le service desk niveau 1.

NVIDIA ServiceNow

Illustration principale générée par IA

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France Cybersecurity officialise sa promo 2026 : qu’est-ce que ce label ?

17 mars 2026 à 13:31

Un collège utilisateurs avec le CESIN, le CIGREF et le GITSIS ; un industriel avec l’ACN et Hexatrust ; un étatique avec l’ANSSI, la DGA et la DGE : depuis ses origines, France Cybersecurity a gardé la même structure de gouvernance.

Le label, né dans le cadre du programme de la Nouvelle France industrielle, a aussi gardé le même objectif. En l’occurrence, promouvoir l’offre française de produits et de services de cybersécurité à l’export.

Les premiers lauréats avaient été annoncés en janvier 2015, au FIC. Il y en avait 18, pour 25 solutions labellisées. Atos était sur la liste, pour son smartphone Hoox et son HSM TrustWay Proteccio. Thales aussi, pour ses offres Teopad (gestion des terminaux mobiles), ELIPS (diode réseau) et MISTRAL (chiffrement). Ainsi qu’Orange Cyberdefense, pour ses services de conseil.

Arkoon et Netasq, alors tous deux filiales d’Airbus Defence and Space, étaient également lauréats. Ils fusionneraient un an plus tard pour donner Stormshield.
Ercom, distingué pour sa solution Cyrptosmart, passerait quant à lui dans le giron de Thales en 2019. Amossys, labellisée pour ses prestations d’audit et de conseil, serait acquis par le groupe Almond en 2023. DenyAll deviendrait pour sa part Rohde & Schwarz Cybersecurity en 2018, puis UBIKA en 2022.

Une garantie d’origine contrôlée plus qu’un visa de sécurité

L’ANSSI, la DGA et la DGE ont chacune un représentant au collège étatique de France Cybersecurity. Même système pour le CESIN, le CIGREF et le GITSIS au collège utilisateurs. Au collège des industriels, l’ACN et Hexatrust ont chacun deux sièges.

Cette structure définit l’évolution des critères pour l’attribution, effectuée par une commission où siègent deux représentants de chaque collège. Les délibérations s’appuient notamment sur le rapport d’un « tiers instructeur », ainsi que sur « des certifications existantes » et « des retours d’utilisateurs ». Le label ne s’apparente donc pas à un visa de sécurité.

Au-delà des éventuelles exigences spécifiques à des catégories de produits ou de services, il y a quatre grands critères :

  • Produits et services fournis et/ou délivrés par une entreprise française
  • Produits conçus et développés en France
  • Services fournis de France et hébergés en France le cas échéant
  • Produits et services commercialisés et qui ont des clients identifiables

Les éléments à renseigner dans le dossier de candidature s’en ressentent. Fournisseurs, éditeurs et prestataires de services sont par exemple invités à lister leurs principaux actionnaires et leurs parts, leur traitement de données clients et employés, ainsi que le(s) droit(s) applicables aux contrats de travail.

De même, pour les produits, est demandée la localisation principale de la R&D, de la production et du support. Pour les services managés, celle du stockage comme des équipes de management, de build et d’exploitation. Pour le conseil, celle du principal centre d’expertise, des moyens matériels, des équipes de mission et du knowledge management.

6cure, Cyberwatch, Olfeo et Pradeo, « vétérans » du label France Cybersecurity

Le label est valable un an. Il en coûte 2500 € HT pour l’obtenir (1250 € pour les PME). Et 1500 pour le renouveler s’il est en cours de validité (750 € pour les PME). L’officialisation des lauréats se fait traditionnellement au Forum INCYBER (ex-FIC).

Pour la « promo 2026 », il fallait postuler avant le 30 octobre 2025 (ou le 1er décembre pour les renouvellements).
Renouvellements compris, 85 entreprises sont détentrices du label, pour 91 solutions. Un volume stable depuis quelques années.

Des lauréats de janvier 2015, il n’en reste aucun. Demeurent toutefois quelques « anciens », tels Olfeo et Pradeo, distingués pour la première fois en octobre 2015, à l’heure où France Cybersecurity effectuait encore deux labellisations par an. Autres « vétérans » : 6cure et Cyberwatch, respectivement lauréats en janvier et juin 2016.

Oodrive, lauréat pendant plusieurs années, n’est pas de la « promo 2026 ». Il fait partie des fournisseurs qui ont régulièrement revendiqué le label dans leurs communications à la presse. Comme, entre autres, Tixeo, Olfeo et Docaposte, tous trois bien présents sur la liste 2026. Docaposte y figure comme l’an dernier pour son Pack Cyber ; elle avait été lauréate en 2021 pour une autre offre : L’Identité Numérique.

Un pendant européen… en mode autodéclaratif

Aux commandes de France Cybersecurity, l’ACN (Alliance pour la confiance numérique, organisation professionnelle née en 2013) décerne un autre label : Cybersecurity Made in Europe. Elle en est chargée en tant que membre fondateur de l’association ESCO (European Cyber Security Organisation).

Au contraire de France Cybersecurity, la démarche est essentiellement autodéclarative. Moyennant contribution financière*, le label peut être obtenu en répondant à des critères sur deux axes. D’une part, l’origine européenne (entre autres, plus de 50 % du capital sous contrôle européen et au moins 50 % des effectifs et de la R&D sur place). De l’autre, des exigences cyber de base : security by design, moindre privilège, authentification forte, sécurité de la supply chain, etc.

Il ne s’agit donc pas de mesurer la qualité des produits et des services, au contraire de ce que garantit, dans une certaine mesure, France Cybersecurity.

* Candidatures évaluées tout au long de l’année. Coût public : 1500 € HT. Les associations émettrices sont libres de pratiquer un prix préférentiel pour leurs membres. L’ACN l’a fixé à 750 € HT par an.

Illustration générée par IA

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