Test Dreame MatriX10 Ultra : un nouveau système de serpillères ?
Le segment premium des robots aspirateurs-laveurs n’a jamais été aussi compétitif. Avec le Matrix10 Ultra, Dreame tente un nouveau système de lavage avec une station qui bascule entre différentes serpillières. Nous avons testé pour la première fois ce type d’aspirateur-robot multi-lavant. Et voici notre avis honnête…
Dreame (DreameTech) s’est d’abord construite sur l’aspiration “classique” (balais et aspirateurs) avec une forte mise en avant de ses moteurs haute vitesse et de sa R&D interne, avant de prendre de l’ampleur en rejoignant l’écosystème Xiaomi à la fin de 2017. Sur le segment des aspirateurs-robots, la marque a ensuite enchaîné des générations de plus en plus premium : un virage visible dès le Z10 Pro (2021) et sa logique “autonomie” avec base à sac, puis l’arrivée des stations tout-en-un avec le L10s Ultra (2022), avant de muscler la partie lavage et le nettoyage des bords avec le L20 Ultra (2023) et sa technologie MopExtend.

Dans cette trajectoire, le Matrix10 Ultra s’inscrit comme une étape supplémentaire : Dreame ne cherche plus seulement à automatiser l’entretien, mais à pousser une gestion avancée des serpillières et des zones, afin de se différencier sur un marché premium devenu ultra concurrentiel. Une approche vraiment convaincante ou à oublier d’ici un ou deux ans ? Nous allons essayer de comprendre en l’essayant directement !
| Caractéristique Techniques | Dreame Matrix10 Ultra |
|---|---|
| Dimensions | Robot (capteur VersaLift rétracté) : 350 × 351 × 89 mm Robot (capteur VersaLift non rétracté) : 350 × 351 × 111 mm Station d’accueil : 416 × 457 × 590 mm |
| Poids | Robot : 4,7 kg Station d’accueil : 16,6 kg |
| Navigation | VersaLift DToF + caméra RGB + lumière structurée 3D |
| Capacité de franchissement d’obstacles | marches à deux niveaux : 8 cm marches à un seul niveau : 4,2 cm |
| Élévation de la serpillière | 10,5 mm |
| Puissance d’aspiration | 30 000 Pa |
| Pression vers le sol | 8 N |
| Batterie | 6 400 mAh |
| Autonomie | jusqu’à 220 min |
| Temps de charge complète | 270 min |
| Bac robot | 310 ml |
| Volume du sac à poussière | 3,2 L |
| Capacité du réservoir d’eau propre / usée | 5,5L/4,0 L |
| Volume sonore | 72 dB max |
| Assistance vocale | Commande vocale intégrée + Alexa, Siri, Assistant Google |
| Indice de réparabilité | 8,2/10 |
| Garantie | 2 ans (sans extension) |
| Prix | 1 299 € |
Composants de la boîte du Dreame Matrix10 Ultra (c’est ultra fourni !)


- Robot aspirateur
- Base / station d’accueil
- Brosse principale
- Protection de brosse (préinstallé)
- 1 Brosses latérales (+ 1 préinstallée)
- Bac à poussières
- 2 Filtres du bac à poussière (+ 1 préinstallé)
- 2 jeux de 6 Serpillières
- 6 Supports de serpillière
- 2 Sacs à poussière (+1 préinstallé)
- Module distributeur de solution automatique
- Solution Pet Odor 200 ml
- Solution de nettoyage des sols 1 L
- Solution d’entretien des sols en bois 200 mL
- Filtre de plaque de lavage
- Rallonge de la rampe de la base
- Guide de démarrage rapide
- Manuel d’utilisation
Dreame commence par nous draguer ostensiblement avec un total de douze lingettes, plusieurs filtres et sacs à poussières, 3 détergents différents. Il est assez agréable de se sentir bien équipé en ouvrant le carton, même si, au début, on ne sait pas où donner de la tête !
Design : finesse et robustesse sont au rendez-vous
Dreame fait partie des marques qui aiment soigner l’intégration au salon. La station a un aspect très mobilier : haute avec des stries verticales et aux accents dorés. Le robot, lui, reste dans des proportions plutôt contenues pour un haut de gamme tout-en-un : 350 × 351 × 89 mm quand le capteur VersaLift DToF est rétracté (et 111 mm lorsqu’il est déployé), pour 4,7 kg sur la balance. En façade, on retrouve le bloc optique dédié à l’évitement d’obstacles (éclairage 3D structuré + IA), annoncé capable d’identifier plus de 240 types d’objets.

Sous le châssis, l’équipement est sérieux et lisible : double serpillière rotative, brosse principale HyperStream, et des fonctions avancées telles que le levage de brosse, l’extension latérale des patins et des aimants pour les fixer.

La station, enfin, impose davantage sa présence : 416 × 457 × 590 mm pour 16,6 kg. C’est une station de commutation Multi-Mop qui peut basculer entre différentes serpillières selon les zones, avec l’idée d’éviter la contamination croisée. Mais l’idée va plus loin : parmi trois jeux de pads, la station sélectionne et installe automatiquement la serpillière la plus adaptée selon la pièce et selon le type de sol et la tâche à traiter.

Elle intègre aussi des compartiments pour trois solutions, un lavage des serpillières à l’eau chaude jusqu’à 100 °C et un séchage à l’air chaud (environ 4 à 6h de séchage). À l’intérieur, les capacités vont dans le sens d’une utilisation longue durée : sac à poussière 3,2 L et réservoirs eau propre/eaux usées 5,5 L et 4 L.
Trois serpillères aux fonctions diverses

Le système Multi-Mop repose sur trois paires de serpillières physiquement différentes, identifiables par leur anneau couleur :
- les pads nylon brossés (orange) utilisent une surface à filaments façon micro-brosse pour augmenter l’action mécanique et le récurage ;
- les pads éponge absorbants (gris) intègrent une couche d’éponge plus épaisse (Dreame mentionne 3 mm) pour mieux pomper l’humidité et gérer les zones “mouillées” ;
- les pads Thermal (bleu) combinent un tissu torsadé/non-tissé avec un matériau à changement de phase (PCM) censé stabiliser la chaleur et profiter du lavage à l’eau chaude.
Installation du Matrix10 Ultra : quelques nouveautés à prendre en compte
Dès la mise en place, la station conditionne un peu l’installation. Comme elle est très imposante, surtout en hauteur, nous nous retrouvons pour la première fois avec une friction très spécifique : elle passe tout juste sous une étagère à mi-hauteur. En conséquence, pour ajouter l’eau propre ou vider l’eau sale, il faut pouvoir retirer les bacs… ce qui devient impossible sans dégagement au-dessus. On doit alors déplacer la station à chaque manipulation.
Nota Bene : Dreame recommande aussi de laisser de l’espace autour et au moins 1 m devant la station pour que le robot manœuvre proprement.
La vraie nouveauté, en revanche, c’est le système “Multi-Mop” : avant le premier lancement, il faut fixer les lingettes sur leurs supports, puis installer ces supports au bon emplacement dans la porte de la station. On a trois couleurs distinctes et un sens d’installation indiqué par l’étiquette. Si on ne respecte pas les indications, le robot ne parvient pas à récupérer correctement les patins. Bien évidemment, c’est exactement ce qui nous est arrivé au début, en les plaçant à l’envers ! Attention également à ne pas refermer la porte de la station d’un coup sec, car cela fait immanquablement tomber les serpillères.

Autre point qui peut clairement vous arriver : lors de notre première mise en route, le bras de récupération (la pièce mobile qui “descend” chercher les supports) s’est bloqué en position basse, au point de nous empêcher de poser le robot pour lancer la toute première charge. Après avoir tout débranché, rebranché puis rallumé, le mécanisme est reparti et la situation s’est réglée.
Nota Bene : la documentation précise que la station doit être correctement alimentée et porte fermée pour que le mécanisme remonte automatiquement, et qu’ouvrir la porte pendant certaines phases peut perturber son mouvement.
Une fois le robot allumé, l’appairage est très classique via Dreamehome (scan/ajout de l’appareil puis guidage pas à pas). Seule exigence à anticiper : le Matrix10 Ultra n’accepte que le Wi-Fi 2,4 GHz. Si votre box est en double bande, il faut parfois se connecter explicitement au réseau 2,4 GHz (ou séparer les SSID) pour que l’association ait lieu.
Application Dreamehome : c’est de plus en plus riche (mais on s’y retrouve)
Nous avions pour habitude de vous lister les fonctionnalités de chaque nouveau robot, mais, à la longue, cela devient répétitif et fastidieux. Outre les réglages normaux (cartographie, programmation, mode « ne pas déranger », mode de nettoyage, tâches de la station d’accueil, mode caméra etc.), voici quelques options remarquables :
- commutation automatique des serpillères
- retrait des serpillères avant d’aspirer un tapis
- abaissement du capteur LDS pour passer sous les meubles
- choix de la fréquence de nettoyage des zones à faible hauteur (chaque cycle ou 1 fois/semaine)
- nettoyage répété (pour repasser automatiquement sur les zones très sales)
- report de nettoyage des zones où il y a du mouvement en fin de tâche
- reconnaissance de taches (fonction de laboratoire)
- reconnaissance des animaux de compagnie

On verra au fur et à mesure de notre test d’autres subtilités de l’application. Du reste, celle-ci est stable et bien lisible, une fois toutes les mises à jour effectuée, ce qui prendre bien 5 minutes lors de la première utilisation. Quant à l’arborescence, les réglages simples sont accessibles facilement, et les ajustements plus avancés sont à aller chercher dans le menu général, qu’il faudra fouiller un peu. Comme l’app est riche, cela requiert du temps, mais l’on finit par s’y faire.
Nota Bene : le Matrix10 Ultra est compatible Matter, mais on retrouve surtout des commandes de base (démarrer/arrêter, retour station, lancement de nettoyage), tandis que les réglages avancés (cartes, zones, finesse des modes) restent à gérer dans Dreamehome.
Cartographie : à chaque pièce sa serpillère !
Après la première connexion à l’app, Dreame propose un “Fast Mapping” : le robot cartographie sans nettoyer, puis enregistre automatiquement la carte une fois revenu à la station. Cela ne prend que quelques minutes. Une première carte est alors proposée, avec des suggestions de noms de pièces et des types de sols (parquet, carrelage, tapis, etc.). Sa première impression est toujours un peu approximative : il prend la salle de bain pour la cuisine, met du parquet sur une portion de carrelage, délimite les tapis de manière vague… Bref, il faudra reprendre à la main, mais c’est assez courant, même chez les flagships.

À ce titre, le menu du mapping vous laisse la main sur les réglages que l’on retrouve à présent partout :
- le multi-étage
- le renommage des pièces
- fusion/séparation
- ajouter une cloison
- ajouter des tapis, rideaux et seuils
- zones interdites
- ajouter des meubles
- ajouter des meubles à faible hauteur
Bien sûr, on a une nouveauté, à savoir de pouvoir paramétrer la serpillère adéquate pour chaque pièce, en choisissant entre la A (zone grasse comme la cuisine), la B (zone humide comme la salle de bain) et la C (zone normale comme le salon). Autre point positif : la carte se met à jour toute seule quand l’appareil rencontre des nouveautés : seuil, obstacles, meubles, etc..
Nota Bene : nous avons évoqué le fait de devoir déplacer légèrement la station pour accéder aux bacs d’eau, à cause d’une étagère basse. Heureusement, cela n’a aucune incidence sur la cartographie, et le robot revient au bercail sans peine !
Navigation : un système de plus en plus sophistiqué
Sur le Matrix10 Ultra, la navigation repose sur une logique assez classique des robots premium… mais avec une particularité : le capteur principal de cartographie est rétractable. Dreame l’appelle VersaLift DToF : c’est un télémètre Time-of-Flight qui balaye la pièce à 360° pour construire une carte détaillée, puis localiser le robot en temps réel. De cette manière, le robot doit pouvoir éviter les angles morts et abaisser la hauteur du robot à 8,9 cm.
À ce “socle” de cartographie s’ajoute une couche de perception courte distance, dédiée à l’évitement d’obstacles. Dreame met en avant un système mêlant éclairage 3D structuré et IA, capable d’identifier plus de 240 types d’objets et de générer une représentation 3D des éléments proches (câbles, chaussettes, chaussures, pieds de meubles…) pour ajuster la trajectoire. Enfin, comme sur la plupart des robots haut de gamme, il existe une troisième couche plus “sécurité/sol” : capteurs anti-chute (cliff sensors), capteur de bord (edge sensor), pare-chocs, et capteur tapis.
Comportement sur le terrain
Dans l’ensemble, le Dreame MatriX10 Ultra a les bonnes pratiques, mais la perfection est loin d’être atteinte. Nous avons essayé un grand cycle Clean Genius dans toutes les parties accessibles de l’appartement. Son assortiment de serpillères l’incite à tracer un parcours cohérent : commencer par les pièces à traiter au moyen de la serpillère normale, puis s’attaquer aux zones humides avant de s’équiper du patin dédié aux pièces « grasses ». Sur ce point, le contrat est rempli.
En revanche, à mesure des tâches que nous lui avons fait faire, nous avons pu observer quelques défaillances. S’il est capable de naviguer entre les pieds de tables et de chaises, de contourner certains obstacles perfidement placés sur sa route et se hisser par-delà des seuils non-cartographiés de 4 cm, il a néanmoins présenté les défauts suivants :
- un temps infini à passer sur un tapis à poils longs au point de se retrouver bloqué devant le pied de la table basse posée dessus ;
- taper dans certains obstacles fragiles (support de guitare) ;
- embarquer le fil d’un chargeur ;
- oublier quelques petites zones ;
- ne pas se risquer dans des passages étroits et pourtant assez larges pour lui ;
- des erreurs récurrentes lors du changement de serpillères sans raison apparente et qui interrompent son parcours (et il ne reprend pas du tout où il en était) !
Et tous ces pépins (surtout le dernier point relevé) gâchent complètement l’expérience, rendant le multi-mop gadget.



On apprécie néanmoins le fait de pouvoir suivre son parcours directement sur la map de l’application en temps réel, et les notifications reçues en cas de pépin.
Aspiration : bien comprendre les réglages pour optimiser les performances
Le Matrix10 Ultra propose 5 niveaux d’intensité : Quiet, Standard, Turbo, Max et Max+, sachant que le Max+ n’est pas disponible dans les routines programmées. Sur les tapis et les moquettes, il sait augmenter automatiquement la puissance, et l’appli permet de définir des stratégies (éviter, traverser, lever les patins ou même déposer les patins avant de s’engager sur les tapis). Enfin, le robot intègre un mode Animaux (nettoyage renforcé autour des gamelles et des paniers, avec détergent adapté) et, d’après une fonctionnalité de laboratoire, il peut encore booster la puissance lorsqu’il détecte des grosses particules, voire déclencher un second passage si une pièce est jugée trop sale.
Efficacité sur le terrain
En premier lieu, nous avons effectué notre traditionnel test sur carrelage avec 2 x 50 g de riz et de grains de cafés. Sur une zone d’un peu moins de 2 m², en un seul passage (2’23 ») au niveau 3/5 d’aspiration, il parvient à engloutir 95% des particules, sans même activer la fonction labo. Le problème principal reste toujours le même : la brossette latérale éjecte autant qu’elle ne ramène de débris sous la brosse principale.
L’autre problème, un peu plus grave : le robot sature à cause de son bac plus petit, et n’a pas le réflexe d’aller se vider avant de reprendre sa route. Nous n’avons pas trouvé de réglages pouvant corriger cela… En conséquence, il est préférable de lancer un nettoyage de zone ou de pièce individuelle quand la saleté est trop importante. En matière d’automatisation, nous pensons que cela devrait être une priorité chez les fabricants.
Dans les angles et le long des plinthes, on obtient un petit 85% de réussite au total (1’45 »), toujours pour les mêmes raisons. Néanmoins, la brosse latérale est plutôt un avantage dans ce type de cas.
Sur tapis à poils ras, les résultats sur grosses particules restent bons, avec un solide 95% au bout d’un seul passage (2’59 »). Comme le sol glisse moins, les particules partent moins loin lorsqu’elles se font faucher par la brossette latérale.
Enfin, sur les cheveux (quelques mèches coupées à 5, 10 et 30 cm de longueur), on obtient seulement 80% de réussite en un seul passage (2’21 »). Les cheveux les plus longs se coincent dans la double brosse sans l’empêcher de fonctionner, mais il faudra les retirer manuellement. D’autres sont restés accrochés au tapis.
Nota Bene : on peut demander à l’appareil d’effectuer jusqu’à 3 cycles sans interruption.
Serpillère : efficace sans faire de miracles
Dans l’app Dreamehome, la partie lavage est très complète : on peut choisir les modes de nettoyage classiques (lavage seul, aspiration seule, ou lavage après aspiration), puis affiner le comportement des patins : taux d’humidité / débit d’eau, type de trajectoire (rapide vs standard) et surtout la fréquence de retour à la station pour rincer les patins. On la définit par surface (tous les 10 à 20 m²), par pièce ou par durée (toutes les 10 à 20 minutes), ce qui change vraiment la cadence et la consommation. La station permet aussi de sélectionner le mode “entretien des parquets”, en s’appuyant sur une solution dédiée (compartiment « sols en bois »).
Pour réduire les traces, on demande au robot de suivre les lattes du parquet. Dreame met également en avant un lavage sous pression (pression constante des patins, maintenus humides par le réservoir interne). Enfin, on peut activer le re-nettoyage automatique des zones tenaces en cochant “détection automatique des taches.
Nota Bene : l’itinéraire du robot est réglable entre rapide et standard. Aucun nettoyage minutieux n’est encore disponible à date, avec des allers-retours plus resserrés.

Le Matrix10 Ultra intègre dans sa station un distributeur automatique à trois compartiments : tu peux y charger séparément une solution standard, une solution anti-odeurs animaux, et une solution dédiée à l’entretien des parquets (A/B/C). Une fois les réservoirs remplis, l’ajout de détergent se fait automatiquement pendant les cycles (sans le mélanger à la main dans l’eau propre), avec la possibilité dans l’app d’activer ou non le dosage. L’idée est que la station puisse adapter la solution utilisée selon le type de sol ou le scénario (parquet / sols durs / animaux).
Nota Bene : les triple systèmes de patins et de compartiments fonctionnent en parallèle. Ainsi, les lettres A, B et C n’indiquent aucune liaison mécanique directe entre un compartiment et une paire de patins.
Efficacité sur le terrain
Nous concoctons notre savant mélange de marc de café dilué dans un peu d’eau et une bonne rasade de liqueur sirupeuse pour obtenir 15 cl de mixture visqueuse et collante. Nous la répandons au sol, et, avec la lingette pour les sols gras, le Matrix10 Ultra parvient à en éliminer 95% en un seul passage (2′ 34 »). Bien sûr, une partie du marc reste collé à la brosse principale, et quelques particules restent au sol avec quelques traces plus tenaces. Après un triple cycle avec l’humidité au maximum (11’15 »), on ne voit presque plus rien, mais le sol continue de coller.
Le long de la plinthe, c’est là que ça se complique le plus. Et c’est bien normal, puisqu’un seul patin sur deux n’intervient. Après un double passage (1’15 »), on obtient seulement 70% de réussite. Un autre triple cycle de 2’06 » ne permet d’améliorer le résultat que jusqu’à 85%. Bref, pour les grosses taches bien dégoûtantes, il faudra activer l’augmentation de la pression au sol, et vous armer d’un peu de patience.
Enfin, nous avons laissé sécher une tache de sauce aigre-douce sur le carrelage. À deux reprises, le robot a tout simplement refusé d’y tremper ses patins, estimant que la tâche était tout bonnement infaisable. Nous avons donc abandonné l’opération (le MovaZ60 et le Narwal Flow s’y étaient collé, eux !).
Nota Bene : quand il termine une tâche de nettoyage à la serpillère, la notification rappelle systématiquement de vider le bac d’eau sale, même s’il est loin d’être plein. C’est peut-être un peu zélé de sa part…
Quant à la pellicule laissée sur le sol, elle est toujours très fine, même avec un taux d’humidité élevé dans les réglages.
Bruit : la discrétion comme on aime
Sur ce point, pas grand chose à signaler. On oublie très vite la présence du robot, même lorsqu’il aspire à son maximum. Seul l’auto-vidage est un peu plus énervé, mais cela ne dure que quelques secondes. Voici le tableau de nos mesures au sonomètre placé à 1 mètre de distance de la machine :
| Mode | Bruit mesuré (dBA) |
|---|---|
| Éco | 60 |
| Moyen | 65 |
| Intense | 67 |
| Max | 69 |
| Max+ | 72 |
| Aspiration de la station (auto-vidage) | 80 |
En somme, nous avons beaucoup de valeurs au-dessous de 70 dBA, ce qui est un excellent score de discrétion !
Autonomie et temps de charge : juste ce qu’il faut pour 100 m²
Dreame annonce une autonomie jusqu’à 260 min, mais nous avons mesuré en fonction des tâches demandées. Voici quelques valeurs :
| Scénario | Temps de nettoyage max | Surface par charge |
|---|---|---|
| Aspiration seule – Éco | 207 min | 133 m² |
| Serpillères seules | 237 min | 174 m² |
| Aspiration Éco + serpillères | 168 min | 110 m² |
| Aspiration intense + serpillères | 120 min | 75 m² |
Evidemment, le contexte va beaucoup jouer : la présence des tapis augmente l’aspiration, le changement de serpillères ajoute des allers-retours, les zones sombres requièrent de l’éclairage d’appoint, les seuils demandent un franchissement, les obstacles des contournements, etc. Bien sûr, l’utilisation ou non de la serpillère et/ou de l’aspiration influence également beaucoup les résultats. Quoi qu’il en soit, vu les mesures réalisées, le Dreame Matrix10 Ultra semble prévu pour des logis de 150 à 200 m² grand maximum, soit une surface utile recommandée allant de 90 à 140 m².
Nota Bene : il est possible de laisser l’anneau de lumière du bouton home/marche éteint pour gagner quelques minutes de charge.
Quant à la recharge, nous avons mesuré 255 minutes au total, ce qui est légèrement inférieur aux 270 minutes annoncées. L’application recommande de ne charger qu’à 80 ou 90% par défaut pour une meilleure conservation de la batterie, ce que vous pouvez paramétrer facilement. Enfin, vous pouvez définir une période creuse de 6 heures minimum afin de réduire au maximum le coût de la charge.
Entretien : facile et bien guidé
La partie entretien est très similaire à tout ce que l’on a pu voir sur les derniers flagships des grands acteurs du ménage robotique. L’automatisation est convaincante à bien des égards : le robot se vide tout seul dans un sac de 3,2 L, annoncé pour tenir jusqu’à 100 jours selon l’usage. Côté lavage, la station rince les patins à l’eau chauffée jusqu’à 100 °C, puis les sèche à l’air chaud (à 58°C), ainsi que le bac à poussières et les conduits. Résultat : nous n’avons détecté aucune odeur résiduelle, et les serpillères sèchent relativement vite. Le rinçage automatique de la plaque de lavage après les sessions justifie des bacs d’eau assez conséquents.
Nota Bene : le manuel fournit les puissances nominales selon les phases : 139 W pendant charge + séchage, 700 W pendant l’auto-vidage et 640 W pendant le lavage à l’eau chaude.

À ce titre, les réservoirs imposent de vider l’eau sale et de remettre de l’eau propre assez régulièrement. Vous recevez des notifications pour nettoyer le filtre de la plaque de lavage, lequel sert à retenir les poils et les gros débris. Néanmoins, on notera que la plaque de lavage n’est pas entièrement amovible, ce qui oblige parfois à brosser l’intérieur de la cavité plutôt que de tout passer sous le robinet.

Enfin, DreameHome intègre un tableau d’entretien avec des fréquences indicatives pour les brosses, filtres, sac, patins et capteurs.
Nota Bene : pour du 100% mains libres, le constructeur prévoit même un emplacement dédié pour un kit de raccordement à l’eau (remplissage/vidange automatiques), vendu séparément !
Accessoires et consommables : quel budget prévoir ?
Sur la boutique en ligne de Dreame, on trouve :
- Kit de raccordement d’eau automatique à 199 €
- Solution Anti-Odeurs Animales à 29,99 €
- Solution pour sols en bois 1 L à 19,99 €
- 4 Tampons serpillière en éponge à 24,99 €
- 4 Tampon serpillière en nylon à 27,99 €
- 4 Tampons Thermal Mop Pad à 34,99 €
- Kit complet d’accessoires à 139,99 €
Voici une petite estimation des coûts à long terme à partir des fréquences d’entretien recommandées par Dreame :
| Surface | Première année (avec consommables inclus) | 1 année “normale” (stock initial épuisé) | Total sur 5 ans (1re année + 4 années normales) |
|---|---|---|---|
| 75 m² – nettoyage modéré | ≈ 87,97 € | ≈ 205,35 € / an | ≈ 909,40 € |
| 150 m² – nettoyage intense | ≈ 455,92 € | ≈ 558,88 € / an | ≈ 2 691,44 € |
Verdict : une idée encore mal aboutie qui risque de se heurter à la concurrence
Le Dreame Matrix10 Ultra part d’une excellente intuition : faire du lavage un système adaptatif, avec plusieurs patins et une station qui gère tout en arrière-plan. Sur le papier, c’est exactement le genre d’idée capable de relancer le haut de gamme… et, dans notre test, on voit bien le potentiel : le robot reste très discret (même à forte puissance), l’aspiration est costaude sur grosses particules, et le lavage peut donner un résultat très propre sur des salissures “fraîches” dès qu’on prend le temps de régler l’humidité et la fréquence de rinçage.

Le souci, c’est que l’innovation ajoute aussi de la complexité — et qu’à ce stade, cette complexité se retourne trop souvent contre l’expérience. Les erreurs de changement de patins qui interrompent le cycle sans reprise intelligente et quelques hésitations de navigation dans des cas très concrets (tapis à poils longs, passages étroits, petits objets fragiles) empêchent le Matrix10 Ultra d’atteindre une sensation de zéro friction.
En conséquence, son prix le met face à des concurrents plus aboutis dans l’exécution. Le Mova Z60 Ultra Roller reste une option très séduisante pour ceux qui veulent un lavage démonstratif et une logique rouleau “toujours propre”. De son côté, le Narwal Flow est beaucoup plus facile à recommander si la priorité est le lavage et un rapport qualité/prix agressif, puisqu’on le trouve à 899 € dans certaines configurations. Enfin, au même niveau tarifaire, le Roborock Saros 20 arrive fort sur le papier. Qu’en sera-t-il du Mova Mobius 60 ?
