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Pourquoi OpenAI doit trouver 207 milliards $ pour survivre, selon HSBC

26 novembre 2025 à 11:56

Alors qu’OpenAI caracole en tête des valorisations technologiques, le modèle financier du géant de l’intelligence artificielle révèle un appétit gargantuesque pour les centres de données.

Selon une analyse approfondie de l’équipe logicielle et services américains de HSBC, citée par le Financial Times, l’entreprise se dirige vers un déficit de financement cumulé de 207 milliards $ d’ici 2030. En cause : ses engagements massifs en matière de calcul.

Des coûts de calcul vertigineux

Le point de départ de l’analyse de HSBC réside dans la prise en compte des récents accords de location de « cloud compute » : 250 milliards $ auprès de Microsoft et 38 milliards $ auprès d’Amazon. Des transactions portent la puissance de calcul totale sous contrat à 36 gigawatts.

Basée sur une valeur cumulée totale des accords pouvant atteindre 1800 milliards $ , la facture annuelle de location de centres de données d’OpenAI pourrait grimper à environ 620 milliards $. Bien que seul un tiers de cette capacité soit attendu en ligne d’ici la fin de la décennie, les analystes de HSBC anticipent des coûts de location cumulés de 792 milliards $ entre aujourd’hui et 2030, un chiffre qui atteindrait 1400 milliards $ d’ici 2033.

Un modèle de revenus hyper-agressif

Pour estimer la capacité d’OpenAI à honorer ces dettes, HSBC a dû bâtir un modèle de prévision de revenus extrêmement optimiste. Trois hypothèses projettent une croissance exponentielle :

> Explosion de la base d’utilisateurs.
Le nombre d’utilisateurs devrait atteindre 3 milliards d’ici 2030, soit l’équivalent de 44 % de la population adulte mondiale hors Chine (contre environ 800 millions actuellement).

> Ubiquité des abonnements .
 Les abonnements aux grands modèles de langage (LLM) sont appelés à devenir « aussi omniprésents et utiles que Microsoft 365 ». HSBC modélise que 10 % des utilisateurs d’OpenAI deviendront payants d’ici 2030, contre une estimation actuelle de 5 %.

> Diversification des recettes.
Outre les abonnements, de nouveaux vecteurs de croissance comme la publicité, l’IA agentique et potentiellement le projet Jony Ive devraient émerger. Les sociétés éditrices de LLM sont ainsi supposées capter 2 % du marché de la publicité numérique d’ici la fin de la décennie.

HSBC anticipe que le marché de l’IA grand public générera 129 milliards $ de revenus annuels d’ici 2030 (dont 56 % pour OpenAI) et que l’IA d’entreprise atteindra 386 milliards $ (dont 37 % pour OpenAI).

Un déficit de financement de 207 milliards $

Malgré cette croissance fulgurante, l’augmentation parallèle des coûts signifie qu’OpenAI devrait continuer à subventionner ses utilisateurs bien au-delà de la prochaine décennie. C’est dans ce contexte que se creuse l’énorme besoin de financement.

La synthèse financière de HSBC pour la période cumulée jusqu’en 2030 est la suivante :

Éléments financiers (cumulé 2023-2030) Montant (en milliards $ )
Coûts de location des centres de données 792
Flux de trésorerie disponible (Free Cash Flow) 282
Autres injections de capitaux (Nvidia, AMD) 26
Total des entrées de liquidités 308
Déficit brut de financement (Coûts – Entrées) -484
*Le déficit final est estimé à 207 Mds $ après intégration des facilités de dette et liquidités disponibles.

 

En incluant les facilités de dette et de capitaux propres non tirées (24 milliards $) et les liquidités disponibles (17,5 milliards $ mi-2025), le modèle de HSBC aboutit à un déficit de financement de 207 milliards $, auquel les analystes ajoutent une réserve de trésorerie de 10 milliards $ portant le besoin total à 217 milliards $.

Une perspective qui reste ultra-optimiste

Face à ces chiffres abyssaux, HSBC pondère en explorant quelques pistes de revenus additionnels. Ainsi, une conversion de 20 % des utilisateurs de ChatGPT en abonnements payants, par exemple, pourrait générer 194 milliards $ de revenus supplémentaires sur la période.

L’hypothèse du scénario du pire, pour OpenAI, pourrait être de renégocier et d’annuler certaines obligations contractuelles liées aux centres de données, compte tenu des relations entremêlées entre les acteurs de l’IA, du cloud et des semi-conducteurs.

Néanmoins, l’analyse de HSBC se veut très optimiste sur le concept de l’IA qui devrait
« pénétrer tous les processus de production » et générer des gains de productivité au niveau mondial.

Elle estime son impact potentiel sur le PIB mondial de plus de 110 000 milliards $.  De quoi largement éclipser ce qui est actuellement perçu comme des dépenses en capital (capex) déraisonnables.

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Dell dopé par la demande de serveurs IA

26 novembre 2025 à 11:08

L’infrastructure dédiée à l’IA  joue plus que jamais le rôle de locomotive pour le secteur technologique. Et Dell en est une parfaite illustration en profitant à plein régime des investissements massifs des « Big Tech » et des startups spécialisées dans la construction de centres de données.

Au cours du troisième trimestre clos le 31 octobre, Dell a enregistré pour 12,3 milliards $ de nouvelles commandes de serveurs IA. Le carnet de commandes (backlog) atteint désormais un niveau record de 18,4 milliards $, les livraisons peinant encore à suivre la cadence des achats.

Le groupe texan, qui intègre les GPU Nvidia dans ses machines, compte parmi ses clients des acteurs comme la startup xAI d’Elon Musk ou CoreWeave. Fort de cette dynamique, Dell anticipe désormais que ses livraisons de serveurs IA généreront 25 milliards $ de revenus sur l’exercice fiscal 2026, contre une estimation précédente de 20 milliards.

Le défi des coûts et des marges

Si le chiffre d’affaires du troisième trimestre (27,01 milliards $) est ressorti très légèrement en deçà du consensus, la rentabilité et les perspectives ont séduit les analystes.

Pour le trimestre en cours, Dell table sur des revenus compris entre 31 et 32 milliards $, bien au-dessus des 27,59 milliards attendus par Wall Street. Et sur l’ensemble de l’année, le groupe a relevé sa fourchette de chiffre d’affaires entre 111,2 et 112,2 milliards $.

La montée en puissance de l’IA s’accompagne toutefois de défis structurels, notamment une inflation rapide du coût des composants, en particulier les mémoires DRAM et NAND. « Nous n’avons jamais vu les coûts évoluer à une telle vitesse », a souligné Jeff Clarke, le directeur des opérations (COO), lors de la conférence avec les analystes.

Malgré ces vents contraires, Dell a démontré sa capacité à protéger sa rentabilité. La marge opérationnelle de sa division infrastructure (incluant les serveurs) s’est établie à 12,4 %, dépassant les estimations de 11,2 %. Dans un marché où la demande excède largement l’offre, le constructeur dispose d’un « pricing power » lui permettant de répercuter une partie de la hausse des coûts sur ses clients finaux.

Du côté de l’activité historique des PC, la reprise reste plus modérée, avec une hausse de 5 % des revenus commerciaux, inférieure aux attentes des analystes.

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