En philosophie de l'esprit, en neurosciences et en psychologie, la relation causale entre la conscience phénoménale, la pensée et les états cérébraux a toujours fait l'objet de débats. D'une part, le monisme matériel considère la conscience et l'esprit comme de purs épiphénomènes cérébraux.
L'un de ses raisonnements les plus rigoureux repose sur le « principe de la lésion avec perte de fonction », selon lequel, étant donné que les lésions cérébrales et les modifications neurochimiques entraînent des troubles cognitifs et/ou des états de conscience altérés, il n'y a aucune raison de douter de l'identité entre l'esprit et le cerveau.
D'autre part, le dualisme ou l'idéalisme (sous une forme ou une autre) considèrent la conscience et l'esprit comme autre chose que le seul produit de l'activité cérébrale, soulignant la nature ineffable, indéfinissable et apparemment non physique de nos expériences qualitatives subjectives et de leur dimension mentale.
Nous passons ici en revue plusieurs découvertes neuroscientifiques qui remettent en question l'idée selon laquelle l'expérience phénoménale serait une propriété émergente de l'activité cérébrale, et qui soutiennent que la prémisse du monisme matériel repose sur un sophisme logique de corrélation-causalité.
Si ces découvertes (pour la plupart ignorées), considérées séparément, pourraient en principe être reformulées dans un paradigme physicaliste, elles corroborent tout aussi bien, lorsqu'elles sont considérées dans une perspective intégrale, une ontologie qui postule que l'esprit et la conscience sont des phénomènes primaires.
Mots-clés : philosophie de l'esprit, problème corps-esprit, psychologie, neurosciences, monisme matériel, physicalisme, dualisme