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JemaOS : un système d’exploitation français et souverain pour lutter contre l'obsolescence

JemaOS est un projet de système d’exploitation français, développé à Sophia Antipolis, qui propose une réponse concrète aux enjeux de souveraineté et de numérique responsable.

Le contexte est marqué par l’arrêt imminent du support de Windows 10, une transition qui menace de mettre au rebut près de 400 millions de PC encore fonctionnels à travers le monde. Face à cette obsolescence matérielle massive, JemaOS permet de réhabiliter ces parcs informatiques (machines de 2010 à 2025) en offrant une alternative fluide et sécurisée.

Architecture Open-Core et Optimisation Cible

Sous le capot, JemaOS s’appuie sur un modèle Open-Core combinant des briques de Gentoo Linux, Arch Linux et Chromium. Pour garantir des performances maximales sur du matériel ancien, le système mise sur une optimisation par compilation pour l’architecture cible. Cette approche permet de tirer le meilleur parti de chaque processeur, là où des distributions génériques peuvent accuser des lenteurs.

Sécurité par immuabilité et sandboxing

La sécurité du système repose sur deux piliers majeurs :

  • L’immuabilité : Le système de fichiers racine est verrouillé en lecture seule, protégeant le cœur de l’OS contre les corruptions accidentelles ou les écritures malveillantes.
  • Le sandboxing : Toutes les applications et processus sont isolés nativement dans des « bacs à sable ». Cette isolation stricte empêche une faille dans une application de compromettre l’intégralité du système, rendant l’usage d’antivirus tiers obsolète.

Pour l’interface, le choix s’est porté sur Aura Shell (Ash) afin d’offrir une expérience utilisateur réactive et épurée.

Le « dispositif Jema » : le Plug & Play pour s’affranchir des configurations complexes pour les non-initiés

L’aspect le plus original de JemaOS est son mode de déploiement via le dispositif Jema (NdM: qui est une clé USB). L’idée est de supprimer toute la complexité habituelle : plus besoin de créer des clés USB bootables, de partitionner des disques ou de modifier des réglages BIOS/UEFI complexes.

On branche le dispositif, et le système démarre. Grâce à un chargeur d’amorçage compatible Secure Boot (via « Enroll MOK »), JemaOS tourne en isolation complète. Il exploite les ressources (CPU/RAM) de la machine hôte sans jamais toucher aux données du disque dur interne.

Écosystème applicatif : PWA et P2P

Pour rester léger, le système déporte la partie logicielle vers des Progressive Web Apps (PWA), dont beaucoup fonctionnent en Peer-to-Peer (P2P) pour garantir la confidentialité :

  • Anima & Nephtys : Messagerie et visioconférence en P2P.
  • JemaNote : Prise de notes avec assistance IA (Mistral).
  • OsiVibe : Un éditeur vidéo 4K multi-pistes qui s’exécute directement dans le navigateur.

Gestion de parc et souveraineté

Le modèle économique semble s’appuyer sur une offre SaaS pour les entreprises, permettant une gestion centralisée assez complète :

  • Pilotage de parc : Suivi des machines, sauvegardes et gestion des droits d’accès.
  • Administration : Gestion des dispositifs Jema et support technique.
  • Souveraineté : L’infrastructure Cloud est hébergée en France, ce qui permet de rester sous protection du RGPD et d’échapper au Cloud Act américain.

Une initiative française intéressante à suivre pour ceux qui s’intéressent au numérique responsable.

NdM: les offres Pro/Ultime/Premium sont orientées entreprises avec un paiement mensuel par utilisateur. Les mises à jour OTA majeures sont payantes. Il est possible d'utiliser JemaOS sans payer (cf la documentation) en désactivant les mises à jour automatiques et installant manuellement les nouvelles versions.
Sur les 14 dépôts publics : la licence varie suivant les dépôts (MIT, AGPLv3, BSD avec clause publicitaire (dont une concernant Google (sic), un dépôt avec le logiciel WidevineCdm propriétaire de Google). La plupart des dépôts n'ont qu'un seul contributeur johnkryptochain, visiblement intéressé par les cryptomonnaies, Telegram et les NFT ; l'autre contributeur a deux commits sur un unique dépôt. L'entreprise qui porte le projet a 10 salariés d'après le site.

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