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Reçu — 5 janvier 2026

IA et RGPD : la CNIL joue les généalogistes

5 janvier 2026 à 16:44

Disposer d’une « généalogie » des modèles d’IA ouverts favoriserait-il l’exercice des droits RGPD ?

La CNIL en fait le pari. Elle expérimente en tout cas un tel outil. Fondé sur les données de la plate-forme Hugging Face, il permet de visualiser l’ascendance et la descendance des modèles. En ligne de mire, les personnes concernées par la mémorisation de leurs informations personnelles… et par le risque de ruissellement de ces informations entre les modèles.

La base de données sous-jacente est en accès libre. Mise à jour quotidiennement, elle contient des éléments fournis la plupart du temps de manière déclarative par les entités qui publient les modèles – et les datasets. On en retrouve déjà le contenu à plusieurs niveaux de l’explorateur Hugging Face, dont des arborescences sur les pages des modèles.

arborescence Ministral 3 3B Instruct

Deux visualisations et un mode « expert »

Sur ce socle (plus exactement sur la base de données telle qu’elle était au 1er septembre 2025), la CNIL a structuré un graphe de connaissances. Elle y distingue cinq types d’entités : modèles, datasets, personnes, organisations et utilisateurs (qui sont soit une personne, soit une organisation).

L’outil n’affiche pas immédiatement le graphe. Il fournit d’abord quelques indicateurs à propos du modèle recherché (sa date de publication et la tâche qu’il remplit, ainsi que le nombre de téléchargements, de citations et de mentions « j’aime »), puis présente les parents et les enfants importants, en priorisant ceux qui ont le plus de citations, puis de téléchargements.

Perplexity AI R1

arbre généalogique Perplexity AI R1

Un mode « recherche experte » permet de filtrer le graphe (types de nœuds, types de relations) et de le télécharger.

mode expert

Hugging Face invité à permettre une meilleure identification des responsables de publication

On est censé pouvoir trouver un modèle en recherchant son nom ou l’identifiant de son repo. Dans la pratique, seule cette dernière option apparaît produire des résultats. La saisie semi-automatique accuse une certaine latence (plusieurs secondes) et des erreurs surviennent parfois.

erreur outil Cnil

La CNIL envisage une fonctionnalité d’envoi automatisé de requête à tous les modèles suspectés. L’analyse de leurs réponses permettrait théoriquement de déterminer lesquels régurgitent des données personnelles.
Un formulaire pourrait ensuite permettre de contacter les auteurs des modèles problématiques. Une évolution de la plate-forme Hugging Face pourrait toutefois être nécessaire pour une meilleure identification des responsables de publication, suggère la commission…

À consulter en complément :

L’IA générative peut-elle vraiment « désapprendre » ?
IA et RGPD : la CNIL boucle son corpus de fiches pratiques
De France Travail à la RATP, les leçons du « bac à sable » IA de la CNIL

Illustration générée par IA

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Reçu — 18 décembre 2025

84 000 schémas électroniques pour entraîner des IA à concevoir des circuits

Par :Korben
18 décembre 2025 à 06:58

Vous faites un peu de l'électronique et vous utilisez KiCad pour vos PCB ?

Et si l'avenir de la conception électronique c'était aussi l'IA ? J'en sais rien mais ce qui a l'air de se profiler à l'horizon avec ce dataset qui vient de sortir sur Hugging Face et qui devrait intéresser pas mal de monde. Ça s'appelle Open Schematics et c'est une collection de plus de 84 000 schémas électroniques au format KiCad, prêts à être utilisés pour entraîner des modèles d'IA.

Le truc c'est que jusqu'à maintenant, si vous vouliez créer une IA capable de comprendre ou de générer des schémas électroniques, y'avait pas vraiment de dataset propre et bien structuré pour ça. Bhupendra Hada (alias bshada sur Hugging Face) a donc décidé de combler ce manque en compilant tout ça à partir de projets hardware open source trouvés sur GitHub.

Chaque entrée de son dataset contient donc le fichier schéma brut au format .kicad_sch, une image PNG du rendu, la liste des composants utilisés, et des métadonnées en JSON et YAML. Du coup vous avez tout ce qu'il faut pour entraîner un modèle à faire du text-to-image, de l'image-to-text, ou de la génération de circuits à partir de specs.

Le dataset pèse 6,67 Go au format Parquet et couvre une variété de projets assez dingue. On y trouve des cartes de programmation UART, des amplificateurs à tubes, des onduleurs triphasés open source, des points d'extrémité Zigbee, des projets ESP32+RS232, et même des macropads custom. Bref, y'a de tout, du projet étudiant au truc bien avancé.

Ce qui est cool c'est que le dataset est structuré pour plusieurs cas d'usage. Vous pouvez l'utiliser pour entraîner une IA à reconnaître des composants sur un schéma, à générer de la documentation automatique depuis un circuit, à détecter des erreurs de conception, ou même à suggérer des améliorations. Y'a aussi un potentiel éducatif évident pour créer des outils d'apprentissage interactifs en électronique.

Bien sûr, la qualité et la complexité des schémas varient pas mal d'un projet à l'autre. Certains ont des métadonnées incomplètes, et les conventions de nommage des composants sont pas toujours cohérentes... C'est le souci quand on scrappe des projets open source, y'a du bon et du moins bon mais pour un dataset de cette taille, c'est déjà une base de travail solide.

Le tout est sous licence CC-BY-4.0, donc vous pouvez l'utiliser librement du moment que vous créditez la source. Que vous bossiez sur de l'IA appliquée à l'électronique ou que vous cherchiez juste une grosse base de schémas KiCad à explorer, c'est clairement une ressource à bookmarker.

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Reçu — 16 décembre 2025

Nemotron 3 - Nvidia débarque dans l'open source et crache du token comme jamais

Par :Korben
16 décembre 2025 à 11:42

Vous voulez faire tourner un modèle d'IA en local sans avoir besoin d'un serveur de la NASA ? Eh bien Nvidia vient de lâcher une bombe avec Nemotron 3, une famille de modèles open source plutôt impressionnant et surtout, ils ont publié leurs données d'entraînement afin de jouer la transparence totale. Chapeau !

Le modèle phare de cette nouvelle famille s'appelle Nemotron 3 Nano et c'est un modèle de 30 milliards de paramètres, mais attention, il n'en active que 3,5 milliards à la fois grâce à une architecture hybride qui mélange du Mamba-2 et du Mixture-of-Experts ( MoE ). Ça permet de garder des performances de ouf tout en restant léger niveau ressources.

Sous le capot, Nvidia a également mis le paquet puisque le modèle a été entraîné sur 25 trillions de tokens. J'ai bien dit "trillions"... Pour vous donner une idée, les données d'entraînement incluent du Common Crawl de 2013 à 2025, du code dans 43 langages différents, des articles scientifiques, et une tonne de données synthétiques générées par d'autres modèles. Et tout ça, Nvidia l'a rendu public donc vous pouvez télécharger les datasets sur Hugging Face et vérifier par vous-même ce qui a servi à entraîner le bouzin.

Côté performances, Nemotron 3 Nano se défend plutôt bien . Sur les benchmarks de raisonnement mathématique comme AIME25, il atteint 99,2% quand on lui donne accès à des outils. Sur le coding avec LiveCodeBench, il tape du 68,3%, ce qui le place devant Qwen3-30B. Et pour les tâches d'agent logiciel genre SWE-Bench, il monte à 38,8%. Pas mal pour un modèle qu'on peut faire tourner sur du matos grand public.

D'ailleurs, parlons du matos justement. Nemotron 3 Nano tourne sur des cartes comme la H100, la A100, ou même la future RTX PRO 6000 et supporte jusqu'à 1 million de tokens en contexte si vous avez assez de VRAM. Et niveau vitesse, Nvidia annonce un débit de tokens 4 fois supérieur à la génération précédente, avec 60% de tokens de raisonnement en moins. C'est donc exactement ce que tout le monde demande à saoir du token qui sort vite pour les workflows agentiques.

Maintenant, pour l'utiliser, c'est hyper simple. Il est dispo sur Hugging Face, et vous pouvez le lancer avec Transformers, vLLM, TensorRT, ou même llama.cpp. Y'a même un mode "thinking" qu'on peut activer ou désactiver selon si on veut du raisonnement poussé ou des réponses rapides.

Pour ma part, je l'ai testé à l'aide d'Ollama comme ceci :

ollama run nemotron-3-nano:30b

J'ai trouvé que vitesse de génération était vraiment impressionnante, ça débite beaucoup plus qu'un Llama 3 qui est de taille équivalente. Après, je suis sur un Mac M4 avec 128 Go de RAM, donc je suis plutôt bien loti mais j'ai trouvé ce modèle vraiment très rapide. Je pense que je vais vraiment m'en servir pour des trucs comme de la qualification, du résumé, de l'analyse ce genre de choses.

A voir maintenant si en français il s'en sort bien sur les tournures de phrases. Quoi qu'il en soit pour du développement et des workflows agentiques, il n'y a pas photo, ça va être mon nouveau modèle par défaut quand j'ai besoin de choses en local.

La famille Nemotron 3 ne se limite pas au Nano évidemment. Y'a aussi le Super avec environ 100 milliards de paramètres pour les applications multi-agents, et l'Ultra avec 500 milliards pour les tâches vraiment complexes. Ces deux-là arriveront au premier semestre 2026 donc faudra encore être un peu patient. Nvidia a aussi sorti des bibliothèques comme NeMo Gym pour l'entraînement et NeMo RL pour le fine-tuning.

Jensen Huang, le patron de Nvidia, a aussi dit un truc intéressant lors de l'annonce : "L'innovation ouverte est le fondement du progrès de l'IA." Venant d'une boîte qui a longtemps joué la carte proprio sur ses technos, je trouve que c'est un sacré virage et des entreprises comme Accenture, Deloitte, Oracle, Palantir, ou même Cursor sont déjà en train d'intégrer Nemotron dans leurs produits.

Ce qui est cool aussi, c'est que le modèle supporte 24 langues officielles de l'UE plus une dizaine d'autres comme l'arabe, le chinois ou le japonais et côté code, il gère Python, C++, Java, Rust, Go, et même du CUDA. Bref, c'est plutôt polyvalent.

Voilà, donc si vous cherchez un modèle open source sérieux avec des données d'entraînement transparentes et une vitesse de génération qui arrache, Nemotron 3 Nano mérite clairement le coup d’œil !

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Reçu — 27 novembre 2025

Après les datasets, Open-R1 cherche à reproduire le pipeline de DeepSeek

27 novembre 2025 à 16:06

Lorsqu’on prépare un dataset mixte pour le fine-tuning, il est possible de tirer parti d’une « propriété additive ».

Le rapport technique du modèle Phi-4 (de Microsoft) comprend une remarque à ce sujet.

La propriété en question permet d’optimiser le mix de données domaine par domaine puis de concaténer les poids qui en résultent, sans perte.
Open-R1 en a fait usage. Le projet, emmené par Hugging Face, a démarré en janvier 2025. Son objectif : créer une reproduction ouverte de DeepSeek-R1, en développant les « pièces manquantes ». À savoir datasets et code d’entraînement.

Le plan est décliné en trois temps :

  • Être capable de distiller un ensemble de données de raisonnement de haute qualité à partir de DeepSeek-R1
  • Répliquer le pipeline d’apprentissage par renforcement de R1-Zero
  • Appliquer cette combinaison à des modèles de base pour en faire des modèles de raisonnement

Les maths d’abord

Open-R1 a d’abord centré ses travaux sur un dataset de raisonnement mathématique : OpenR1-Math-220k. Publié sous licence Apache 2.0, il couvre 400 000 problèmes (2 à 4 traces pour chacun) tirés de NuminaMath-1.5. Filtré, il en conserve 220 000. On l’a divisé en deux parties. L’une, dite « par défaut », regroupe 94 000 problèmes et engendre les meilleures performances. L’autre, dite « étendue », réunit 131 000 problèmes… et ne produit pas d’aussi bons résultats, problablement parce que les questions sont plus simples.

En faisant travailler Qwen-7B-Math-Instruct pour trois cycles sur la partie « par défaut », Hugging Face affirme être parvenu à égaler la performance de DeepSeek-Distill-Qwen-7B. Il a, en l’occurrence, obtenu le même score sur AIME 25 (40) et fait un peu moins bien sur MATH-500 (90,6 vs 91,6).

Le code ensuite

Les travaux se sont ensuite étendus au codage, avec la production d’un dataset basé sur les compétitions CodeForces. Au menu, environ 10 000 problèmes (avec jusqu’à 5 traces), dont 60 % accompagnés de l’explication de la solution correcte par les organisatieurs.

Sur cette base, il a été demandé à R1 de produire des chaînes de pensée (environ 100 000 exemples), aboutissant au dataset CodeForces-CoTs. Publié sous licence ODC-BY, il a servi à affiner Qwen-2.5-Coder-Instruct 7B et 32B. En ont découlé les modèles OlympicCoder. Mis à l’épreuve sur la dernière Olympiade internationale d’informatique, ils ont rivalisé avec des LLM à l’état de l’art (le 32B s’en sortant même mieux que R1.

La science pour finir

Une partie de CodeForces-CoTs (83 000 traces de problèmes Python et C++) et d’OpenR1-Math-220k (la partie « par défaut ») a finalement été combinée à un sous-ensemble du dataset de post-entraînement de Llama Nemotron pour former Mixture-of-Thoughts. Au code et aux maths s’est donc ajoutée la science, pour un total d’environ 350 000 traces. Aucune licence n’a été ajoutée (c’est une demande régulière).

Cette base, appliquée à une variante de Qwen-2.5-Math-7B (fréquence RoPE de base étendue à 300k pour permettre l’entraînement sur une fenêtre de 32k), a produit OpenR1-Distill-7B. Le modèle s’est montré plus performant que R1-Distill-Qwen-7B sur AIME 2024 (52,7 vs 51,3), GPQA Diamond (52,8 vs 52,4) et LiveCodeBench v5 (39,4 vs 37,4). Ces scores s’entendent en pass@1 (un essai, avec 4 à 64 réponses par requête en fonction des tâches), à température 0,6 et top_p 0,95.

Mixture of Thoughts

Illustration principale générée par IA

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