80) La perversion - YouTube
6 janvier 2026 à 11:48
Perversion (Sens de Bascar)
Définition étymologique : Du latin perversus, « tourné entièrement vers ». Le pervers est celui qui n'a Dieu que pour ses désirs et ses aspirations, ses fantasmes, et qui ne trouve jouissance qu'au travers de leur réalisation.
En psychanalyse lacanienne : La perversion est un mode de jouir spécifique, caractérisé par :
Non-acceptation de la castration : Le pervers comprend intellectuellement la loi (contrairement au psychotique), mais entretient avec elle un rapport de « oui, mais quand même ». Il cherche à conserver son phallus intact.
Relation d'objet : Le pervers instrumentalise sa jouissance via une relation d'objet. Il ne jouit pas via l'autre (comme le névrosé), mais via un objet fétiche.
Fétiche : Objet, pratique, ou partie du corps qui cristallise la jouissance du pervers. Le fétiche est une béquille permettant l'accès à la jouissance.
Clivage de l'objet : Le pervers maintient un clivage entre le « bon objet » (idéalisé) et le « mauvais objet » (rejeté). Il refuse l'ambivalence de l'objet (le fait que toute chose a des aspects bons et mauvais). Ce clivage empêche le pervers de décompenser (basculer dans la psychose).
Nostalgie du paradis : Le pervers est nostalgique d'une complétude absolue (psychotique). Il perçoit le trou dans le savoir (la vérité comme manque) et cherche à le combler chez l'autre. C'est en ce sens que Lacan le définit comme « défenseur de la foi ».
Peine à jouir : Le pervers ne jouit pas vraiment. Il se consacre à son objet de jouissance. Il ne connaît que des « lichettes de jouissance » (petits fragments) lorsque, par miracle, le réel correspond à sa fantasmatique.
Distinction fondamentale : Perversion ≠ Perversité.
Perversion : Mode de jouir pouvant être vécu sans trace de perversité, pour peu que les partenaires consentent de leur plein gré.
Perversité : Implique infrahumanisation, clauses léonines, manipulation, et transforme les relations en cauchemar.
« Bascar insiste : Ce distingo est fondamental, mais rarement effectué. »
Exemples :
Un couple qui pratique le BDSM de manière consensuelle vit une perversion sans perversité.
Un manipulateur narcissique qui instrumentalise autrui vit une perversion avec perversité.
Pervers social (Danny Robert-Dufour) : Individu parfaitement inséré socialement qui vit sa perversion sur le mode de la perversité. Exemples : certains politiciens, certains dirigeants. Le pervers social profite de la naïveté du névrosé.
— Permalien