Vue normale

Kate E Pickett • A Good Society (and how we make it)

19 février 2026 à 13:55

Qu'est ce qu'une bonne société (et comment la construire) ?

Cet essai, version éditée de la conférence Cochrane donnée à la Society for Social Medicine and Population Health à Bradford en 2025, expose la vision personnelle de l'autrice Kate Pickett et de ce à quoi nous devrions aspirer et de la manière dont nous pourrions y parvenir.
Elle commence par présenter des preuves établissant un lien entre les inégalités socio-économiques et le bien-être, et souligne que les éléments constitutifs d'un lieu utopique existent, mais pas tous au même endroit. En s'appuyant sur les enseignements tirés de la santé publique en matière de prévention et d'intervention en amont, elle présente ensuite ce qu'elle considère comme les deux politiques les plus prometteuses que nous pouvons mettre en œuvre : un revenu de base universel et un impôt sur la fortune, soutenus par des assemblées citoyennes, des budgets participatifs et des structures institutionnelles favorisant l'élaboration de politiques sociales fondées sur des données probantes. L'autrice soutient que nous disposons des données et des outils nécessaires pour créer collectivement une bonne société et qu'il est possible de changer de cap et de léguer un monde meilleur aux générations futures. Une bonne société est une société où la santé physique et mentale de chacun est aussi bonne que possible, parce que la prévention est une priorité et que les inégalités en matière de santé sont nivelées en s'attaquant aux déterminants plus larges de la santé. C'est une société où ceux qui ont besoin de soins – qu'il s'agisse d'enfants, de personnes handicapées ou de personnes âgées – sont pris en charge sans subir de stress financier, dans des environnements où leur bien-être émotionnel et social est aussi important que leurs besoins physiques.
Nos enfants et nos jeunes devraient s'épanouir dans un système éducatif qui stimule leur imagination, inspire leur créativité, leur donne les compétences nécessaires pour la vie et ne laisse personne de côté.

https://doi.org/10.1136/jech-2025-225408


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Arizona et politique anti-drogues : chronique d’un échec annoncé - Politique

13 février 2026 à 18:53

À peine lancé, le projet de l’Arizona sur la question des stupéfiants est déjà un échec. Emblématique de la méconnaissance de nos responsables politiques, il porte également en lui les germes d’une surpénalisation mortifère des consommateurs et consommatrices, au détriment de leur autonomie, de leur bien-être, et ce au plus grand profit des trafiquants.


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Press Release: Cannabis Prohibition as Crimes Against Humanity: AROD's (Alliance for Rights-Oriented Drug Policies) Groundbreaking ICC Submission and the Path to Global Reform | Cannabis Law Report

14 janvier 2026 à 14:42

L’interdiction du cannabis comme crime contre l’humanité : la requête novatrice d’AROD devant la CPI et la voie vers une réforme mondiale

Le 29 décembre 2025, l'Alliance pour des politiques en matière de drogues axées sur les droits (AROD) a déposé une communication inédite auprès du Bureau du Procureur de la Cour pénale internationale, affirmant que l'application et la défense judiciaire systématiques de l'interdiction du cannabis constituent des crimes contre l'humanité au sens de l'article 7 du Statut de Rome. Comparant l'interdiction à des paniques morales du passé – telles que la chasse aux sorcières, les purges nazies et l'apartheid –, cette communication met en lumière un système de persécution fondé sur la peur plutôt que sur les faits. Cet article analyse en profondeur les fondements empiriques, la justification juridique, les précédents clés et le potentiel de cette communication à catalyser une transformation du droit international du cannabis et la promotion des droits humains. Il examine également les actions menées par l'AROD auprès des pays d'Amérique latine et du Conseil de l'Europe, afin de renforcer son appel à une responsabilité et à une réforme à l'échelle mondiale.

Requête devant la CPI sur le site de l'AROD (décembre 2025) : https://www.arodpolicies.org/international-criminal-court-submission
Plaidoyer AROD (janvier 2026) : https://www.arodpolicies.org/un-human-rights-correspondence


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Peterbos, mon île isolée - Bienvenue sur le site de la Ligue des droits humains

12 janvier 2026 à 08:31

Je m’appelle Fatiha, je suis maman solo d’une fille de quatorze ans et j’habite au Peterbos depuis un peu plus de deux ans. Aujourd’hui, je vous fais découvrir mon quartier, mon Peterbos. On a de la chance parce qu’on a du beau temps. Bien sûr, c’est une promenade fictive, puisque dans la vraie vie, vous n’avez pas le droit de venir. Depuis que Peterbos a été rebaptisé en hotspot, nous, les 5000 habitants de ce quartier, nous sommes isolés. Comme dans une zone sous contrôle militaire, ici s’appliquent isolement et couvre-feu. Coupables d’être victimes du trafic de drogue. C’est dommage car les gens qui viennent ici repartent avec une image autre que celle qu’ils avaient en arrivant. Ce qu’on dit de nous à la télé n’a rien à voir avec qui on est. Ce sont deux histoires vraiment différentes. Merci de prendre le temps d’arpenter la mienne.

(...) nous sommes sur une île, complètement isolés. C’est vrai que j’avais remarqué que Peterbos était très vide ces derniers mois, mais je n’étais pas au courant de ce qui se jouait dans notre dos. J’ai découvert après un an et neuf mois qu’une ordonnance interdit Peterbos aux gens qui n’y habitent pas.1 Peterbos n’est plus un endroit public. Seuls ceux qui y vivent peuvent y circuler, à quelques exceptions près. Comprenez-moi bien : ce n’est pas un couvre-feu, ça s’applique tout le temps, à n’importe quelle heure du matin, du soir ou de la nuit. Et tous les trois mois, le conseil communal revote pour prolonger l’ordonnance de trois mois encore.

(...)

Je n’ai pas peur des dealers. J’ai un peu peur des fusillades, oui. Mais j’ai surtout peur de la police et de la commune. J’ai peur de ces fantômes qui hantent Peterbos.

Communiquer avec nous, ça permettrait de participer, de voir ensemble si ça a servi à quelque chose. Regarder un an et neuf mois en arrière et peut-être se dire que ce n’était pas une bonne idée. Parce que le résultat, c’est que ce quartier est vide, il est mort.

(...)

C’est marrant parce que nos solutions sont tout le contraire de ce qu’ils proposent. Ils nous isolent et moi je propose de s’approprier, de vivre dans ces espaces.

(...)

Je vois un lien entre tout ce qui se passe. Le vivre ensemble, plus d’égalité, avancer vers un mieux, tout est en train de disparaître et d’être remplacé par son contraire : faire plus de différences entre les gens. 90 % des gens qui vivent ici sont des gens de couleur. Comment ne pas penser à de la ségrégation ? Tout ce qui est mis en place ici va dans cette même direction


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