L’IA devient un élément codifiant du conseil en technologies
ARC chez Bain, RegExplorer chez Deloitte, Topaz chez Infosys… Autant d’emblèmes de la codification des services de conseil en des plates-formes alimentées par IA.
Cette tendance, Gartner la souligne dans le premier Magic Quadrant qu’il dédie à ce marché, abordé sous l’angle de la transformation technologique.
L’IA concourt à une autre évolution : elle favorise les modèles commerciaux axés sur les résultats. Elle aligne en quelque sorte le conseil en technologies sur le conseil en stratégie d’affaires, où la séparation entre engagements et résultats est traditionnellement moins marquée.
Dans la pratique, cependant, T&M et prix fixe dominent encore largement. Chez les fournisseurs classés dans ce Magic Quadrant, seulement 10 % des deals se structurent en partage de valeur. L’option est, il est vrai, sélective, dépendant notamment de la maturité du client, de la qualité de son patrimoine data et de la clarté des processus de gouvernance.
17 fournisseurs, 4 « leaders »
L’axe « exécution » du Magic Quadrant reflète la capacité des fournisseurs à répondre effectivement à la demande (qualité des produits/services, tarification, expérience client…).Gartner les positionne ainsi :
| Rang | Fournisseur |
| 1 | Accenture |
| 2 | Deloitte |
| 3 | McKinsey & Company |
| 4 | BCG |
| 5 | IBM |
| 6 | Infosys |
| 7 | Bain & Company |
| 8 | EY |
| 9 | PwC |
| 10 | Capgemini |
| 11 | TCS |
| 12 | Publicis Sapient |
| 13 | Wipro |
| 14 | HCLTech |
| 15 | NTT DATA |
| 16 | DXC Technology |
| 17 | VML |
Sur l’axe « vision », qui couvre les stratégies (commerciale, marketing, sectorielle, géographique…) :
| Rang | Fournisseur |
| 1 | Deloitte |
| 2 | BCG |
| 3 | Accenture |
| 4 | Bain & Company |
| 5 | McKinsey & Company |
| 6 | PwC |
| 7 | EY |
| 8 | IBM |
| 9 | HCLTech |
| 10 | Capgemini |
| 11 | Infosys |
| 12 | VML |
| 13 | NTT DATA |
| 14 | Wipro |
| 15 | Publicis Sapient |
| 16 | DXC Technology |
| 17 | TCS |
L’IA comble des manques… plus ou moins partiellement
Quatre fournisseurs se trouvent dans le carré des « leaders » : Accenture, BCG, Deloitte et McKinsey & Company. Côté français, Capgemini et Publicis Sapient sont dans celui des « acteurs de niche ». Alten a quant à lui droit à une « mention honorable ».
Gartner évoque l’IA dans une de ses remarques à propos d’Accenture. Celle-ci est négative : à mesure que le portefeuille de propriété intellectuelle et d’outils d’IA intégré aux services de conseil prend du volume, il devient difficile d’en tirer pleinement la valeur.
Concernant BCG, l’IA est au contraire évoquée dans un point positif : elle est au cœur d’un écosystème intégré pour la planification de scénarios et l’anticipation du changement.
Chez Deloitte, il y a à la fois du positif et du négatif teintés d’IA.
Gartner apprécie qu’elle soit mobilisée pour enrichir la propriété intellectuelle sectorielle. Le cabinet américain salue aussi la stratégie agile d’acquisitions que Deloitte déploie pour récupérer des capacités ciblées dans ce domaine. Il appelle néanmoins à la vigilance sur l’exploitation de l’IA pour le delivery : on s’assurera d’un usage responsable.
Entre autres remarques positives impliquant l’IA :
- L’investissement significatif d’EY pour la mise à l’échelle et le développement de workflows
- La philosophie « AI-first » d’Infosys, illustrée avec la plate-forme Topaz
- La codification de l’expertise sectorielle chez McKinsey (et l’anticipation tendances sectorielles et risques géopolitiques)
- L’accélération du delivery chez Publicis Sapiens
Côté négatif :
- Le manque d’outils IA chez HCLTech pour le suivi du marché sur l’aspect product engineering
- La couverture métier encore restreinte chez VML (marketing et commerce, essentiellement), même si l’IA ouvre des portes
- Un suivi de marché encore nettement fondé sur le feedback client et sur des outils traditionnels chez Wipro, en dépit d’améliorations à base d’IA
Illustration © monsitj – Adobe Stock
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