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L’écosystème Google reste en travaux pour le DMA

16 mars 2026 à 18:22

Réglage du moteur de recherche par défaut, certification des boutiques d’applications tierces, sideloading… En matière de conformité DMA, Android est une surface encore sujette à pas mal de travaux.

La version publique du dernier « rapport de transparence » de Google donne une idée des chantiers en cours.

Vers davantage d’options pour le moteur de recherche par défaut

Un de ces chantiers vise à mieux s’aligner sur l’article 6(3). Celui-ci impose, dans les grandes lignes, de permettre aux utilisateurs finaux de modifier les paramètres de l’OS, de l’assistant virtuel et du navigateur Internet.

Google prévoit d’intégrer, au niveau du paramétrage des applications par défaut, une option pour modifier le moteur de recherche. Le choix se propagera aux widgets sur l’écran d’accueil. En parallèle, les moteurs de recherche auront de quoi demander à l’utilisateur de les définir comme application par défaut.

Autre élément à venir : une mise à jour du parcours utilisateur permettant de modifier l’assistant par défaut. Au menu, un écran pour changer, un autre pour ajuster les permissions… et une « formulation plus claire » des infos relativesà la vie privée.

De la matière issue du procès Epic

L’article 6(4) impose de permettre l’installation d’applications tierces ou de magasins d’applications tierces.

Sur ce volet, Google envisage un programme de certification des marketplaces, moyennant « des frais raisonnables » pour leurs éditeurs. Il affirme ne pas avoir encore finalisé les détails d’implémentation.

Autre piste : implémenter des modifications sur le sideloading. En l’occurrence, celles sur lesquelles Google s’est engagé aux États-Unis dans le cadre de son litige avec Epic Games. Elles réduisent le nombre d’écrans nécessaires pour autoriser une application à en charger une autre. Les détails sont là aussi à finaliser.

Des « résumés par IA » pour répondre au DMA

Dans les cartons, il y a également un service développé avec Apple pour faciliter le basculement d’iOS vers Android et vice versa. Il est en bêta depuis décembre 2025. En toile de fond, l’article 6(9) du DMA, qui impose la portabilité des données.

Pour y répondre, Google a deux options : le service Takeout et l’API Data Portability. Cette dernière a été enrichie en 2025 avec, en particulier :

  • Intégration des données des appareils Pixel et Nest
  • Possibilité, pour les utilisateurs, d’accorder à des tiers un accès à durée déterminée (30 ou 180 jours)
  • Possibilité, pour les développeurs, de filtrer les exportations par plages de dates

L’article 6(10) impose de fournir aux entreprises un accès aux données générées dans le cadre de leur utilisation des services soumis au DMA. En 2025, Google y a ajouté, entre autres, le nombre d’ouvertures et de réouvertures des Shorts sur YouTube (sans exigence de durée minimale de lecture). En parallèle, il a intégré divers « résumés par IA » dans les consoles de certains produits. Par exemple Google Play.

Des abonnements aux téléchargements, le programme External Offers s’étend doucement

Google Play continue aussi à évoluer pour répondre aux exigences de l’article 5(4). Lequel impose notamment de permettre aux entreprises utilisatrices de conclure des contrats hors des plates-formes soumises au DMA.

La réponse de Google s’appelle External Offers. Ce programme s’adresse aux développeurs qui proposent des applications aux utilisateurs situés dans l’Espace économique européen (UE + Islande, Liechtenstein et Norvège). En y adhérant, ils sont censés pouvoir afficher des liens vers des offres contractualisables sur leurs propres sites web. En août 2025, le mécanisme fut mis en place pour l’achat d’abonnements et de contenus numériques intégrés. Il l’a été en décembre 2025 pour le téléchargement d’applications.

Consentement : des engagements en Italie portés à l’échelle de l’UE

En 2025, Google a avancé sur la mise en conformité avec un autre article du DMA : le 6(12). Celui-ci lui impose de fournir des conditions générales d’accès équitables aux entreprises utilisatrices de son moteur de recherche et de sa boutique d’applications. Cela doit inclure la mise en place d’un mécanisme de règlement extrajudiciaire des litiges. Confié au CEDR (Centre for Effective Dispute Resolution, organisation à but non lucratif basée à Londres), il est en place pour Google Search depuis avril 2025. Il l’est pour Google Play depuis novembre 2024.

Sur la feuille de route, il y a aussi l’implémentation, à l’échelle de l’EEE, des engagements que Google a pris auprès de l’autorité de la concurrence italienne. Acceptés en novembre 2025 à la suite d’une enquête, ils visent à clarifier les effets du consentement – ou de son absence – pour le partage de données entre ses services.

Illustration principale © JuliusKielaitis – Shutterstock

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DMA : Microsoft règle (encore) un peu la mire pour Windows

16 mars 2026 à 11:02

Désinstallation d’applications, fournisseurs tiers de recherche web, modification des paramètres par défaut… Microsoft continue à ajuster Windows pour le rendre conforme au DMA. Son dernier « rapport de transparence » en témoigne.

Les fournisseurs des plates-formes soumises à ce règlement doivent fournir de tels rapports à la Commission européenne au minimum une fois par an. Et les accompagner d’une synthèse accessible au public.

Microsoft avait publié son premier en mars 2024. La mise à jour de mars 2025 avait illustré l’ampleur des modifications apportées dans l’intervalle, des collectes de données à la synchronisation des comptes. L’ensemble s’applique à Windows 11 et à la dernière version majeure de Windows 10 (22H2). Ce sur les PC localisés, lors de leur paramétrage initial ou après réinitialisation d’usine, dans l’Espace économique européen (UE + Islande, Liechtenstein et Norvège).

Depuis mars 2025, Windows a continué à évoluer, mais les changements ont été nettement moins nombreux.

Applications désinstallables

Microsoft a ajouté à Windows une application Start Experiences qui alimente les widgets. Il en permet la désinstallation dans l’EEE.

En parallèle, le Microsoft Store est devenu désinstallable, bien qu’encore identifié en tant que composant système.

Applications par défaut

Dans les paramètres de Windows 11, on peut définir en un clic le navigateur par défaut – un bouton « Définir par défaut » s’affiche en haut à droite lorsqu’une application signale prendre en charge http(s).

À l’origine, ce bouton associait le navigateur aux liens http, https, htm et html. Il le fait désormais aussi pour ftp, read, mht, mhtml, shtml, svg, xht, xhtml et xml. Sur les nouveaux appareils, Edge est configuré par défaut pour tous ces types de liens et de fichiers.

Le bouton a aussi pour effet d’épingler le navigateur au menu Démarrer et à la barre des tâches. Sauf si l’utilisaeur décoche les cases.

Pour les applications qui gèrent à la fois http(s) et pdf, le bouton associe aussi l’extension .pdf.

figure 23 navigateur par défaut

Microsoft a appliqué les mêmes changements à Windows 10 22H2.

figure 26 PDF Windows 10

Il peut arriver, pour des questions fonctionnelles ou d’expérience utilisateur, que des programmes – de Microsoft ou de tiers – ouvrent des liens et/ou des fichiers dans d’autres applications que celles par défaut*. Bing et Start Experiences, préchargés et respectivement activés comme fournisseur de recherche et de flux/widgets, sont dans ce cas. Désormais, toutefois, ils ouvrent le contenu web dans le navigateur par défaut et non plus dans Edge.

Windows procure une API exploitable pour demander à l’utilisateur de définir une application par défaut (elle ouvre les paramètres système). Dorénavant, Edge ne demande plus à être défini comme app par défaut que lorsqu’on l’ouvre « directement en tant que navigateur ». Pas quand on le lance à une autre fin, comme la lecture d’un PDF.

Recherche, widgets et flux

Le champ de recherche dans la barre des tâches permet à des applications – MSIX – de fournir des résultats web à l’appui d’API publiques.

figure 48 zone de recherche

Désormais, lorsqu’on installe une application qui implémente un tel fournisseur de recherche, il est automatiquement activé. Une notification en informe l’utilisateur.

figure 49 providers

Dans les paramètres Windows, on peut activer, désactiver et réordonner les fournisseurs.

figure 50 gestion des fournisseurs

La Recherche Windows présente les résultats en accord avec l’ordre prédéfini.

figure 51 résultats

Windows 11 permet aussi à des applications – MSIX et PWA – d’alimenter les widgets et les flux via des API publiques.
Les widgets apparaissent maintenant sur l’écran de veille. On peut en ajouter, en supprimer et les réordonner.

* Dans l’EEE, Windows 10 et 11 ouvrent quant à eux systématiquement l’application par défaut. Idem globalement dans le reste du monde, avec des exceptions pour les contenus d’aide et ceux que Spotlight affiche sur l’écran de veille. Les uns et les autres s’ouvrent dans Edge.

Illustration principale générée par IA

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