L’écosystème Google reste en travaux pour le DMA
Réglage du moteur de recherche par défaut, certification des boutiques d’applications tierces, sideloading… En matière de conformité DMA, Android est une surface encore sujette à pas mal de travaux.
La version publique du dernier « rapport de transparence » de Google donne une idée des chantiers en cours.
Vers davantage d’options pour le moteur de recherche par défaut
Un de ces chantiers vise à mieux s’aligner sur l’article 6(3). Celui-ci impose, dans les grandes lignes, de permettre aux utilisateurs finaux de modifier les paramètres de l’OS, de l’assistant virtuel et du navigateur Internet.
Google prévoit d’intégrer, au niveau du paramétrage des applications par défaut, une option pour modifier le moteur de recherche. Le choix se propagera aux widgets sur l’écran d’accueil. En parallèle, les moteurs de recherche auront de quoi demander à l’utilisateur de les définir comme application par défaut.
Autre élément à venir : une mise à jour du parcours utilisateur permettant de modifier l’assistant par défaut. Au menu, un écran pour changer, un autre pour ajuster les permissions… et une « formulation plus claire » des infos relativesà la vie privée.
De la matière issue du procès Epic
L’article 6(4) impose de permettre l’installation d’applications tierces ou de magasins d’applications tierces.
Sur ce volet, Google envisage un programme de certification des marketplaces, moyennant « des frais raisonnables » pour leurs éditeurs. Il affirme ne pas avoir encore finalisé les détails d’implémentation.
Autre piste : implémenter des modifications sur le sideloading. En l’occurrence, celles sur lesquelles Google s’est engagé aux États-Unis dans le cadre de son litige avec Epic Games. Elles réduisent le nombre d’écrans nécessaires pour autoriser une application à en charger une autre. Les détails sont là aussi à finaliser.
Des « résumés par IA » pour répondre au DMA
Dans les cartons, il y a également un service développé avec Apple pour faciliter le basculement d’iOS vers Android et vice versa. Il est en bêta depuis décembre 2025. En toile de fond, l’article 6(9) du DMA, qui impose la portabilité des données.
Pour y répondre, Google a deux options : le service Takeout et l’API Data Portability. Cette dernière a été enrichie en 2025 avec, en particulier :
- Intégration des données des appareils Pixel et Nest
- Possibilité, pour les utilisateurs, d’accorder à des tiers un accès à durée déterminée (30 ou 180 jours)
- Possibilité, pour les développeurs, de filtrer les exportations par plages de dates
L’article 6(10) impose de fournir aux entreprises un accès aux données générées dans le cadre de leur utilisation des services soumis au DMA. En 2025, Google y a ajouté, entre autres, le nombre d’ouvertures et de réouvertures des Shorts sur YouTube (sans exigence de durée minimale de lecture). En parallèle, il a intégré divers « résumés par IA » dans les consoles de certains produits. Par exemple Google Play.
Des abonnements aux téléchargements, le programme External Offers s’étend doucement
Google Play continue aussi à évoluer pour répondre aux exigences de l’article 5(4). Lequel impose notamment de permettre aux entreprises utilisatrices de conclure des contrats hors des plates-formes soumises au DMA.
La réponse de Google s’appelle External Offers. Ce programme s’adresse aux développeurs qui proposent des applications aux utilisateurs situés dans l’Espace économique européen (UE + Islande, Liechtenstein et Norvège). En y adhérant, ils sont censés pouvoir afficher des liens vers des offres contractualisables sur leurs propres sites web. En août 2025, le mécanisme fut mis en place pour l’achat d’abonnements et de contenus numériques intégrés. Il l’a été en décembre 2025 pour le téléchargement d’applications.
Consentement : des engagements en Italie portés à l’échelle de l’UE
En 2025, Google a avancé sur la mise en conformité avec un autre article du DMA : le 6(12). Celui-ci lui impose de fournir des conditions générales d’accès équitables aux entreprises utilisatrices de son moteur de recherche et de sa boutique d’applications. Cela doit inclure la mise en place d’un mécanisme de règlement extrajudiciaire des litiges. Confié au CEDR (Centre for Effective Dispute Resolution, organisation à but non lucratif basée à Londres), il est en place pour Google Search depuis avril 2025. Il l’est pour Google Play depuis novembre 2024.
Sur la feuille de route, il y a aussi l’implémentation, à l’échelle de l’EEE, des engagements que Google a pris auprès de l’autorité de la concurrence italienne. Acceptés en novembre 2025 à la suite d’une enquête, ils visent à clarifier les effets du consentement – ou de son absence – pour le partage de données entre ses services.
Illustration principale © JuliusKielaitis – Shutterstock
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